La nuit tombe, et le silence s'installe dans ma chambre. Ces moments de solitude, je commence à m'y habituer, même si je les redoute. Allongée sur mon lit, je fixe mn téléphone, parcourant d'anciens messages. Cela fait plusieurs mois que je me suis éloignée, presque inconsciemment, de ceux que je considérais comme des amis.
Je lis quelques messages récents de Lalya et Farah. Elles m'ont écrit plusieurs fois, mais j'ai rarement eu la force de répondre. Ce soir, je ressens le besoin de lur écrire, alors je commence par Lalya.
Moi : "Salut, Lalya. Désolée pour mon silence... Juste des jours un peu compliqués."
Je mets un moment avant de voir une réponse.
Lalya : "Enfin ! Tu t'es décidée à sortir de ta caverne ? On commençait à croire que t'avais disparu."
Je ris doucement, même si son message me laisse un goût amer. Je sais qu'elle plaisante, mais il y a quelque chose dans son ton qui me rappelle que mon absence a laissé des traces.
Moi : "Désolée de vous avoir inquiétées, vraiment. C'est juste... compliqué."
Lalya : "T'inquiète, c'est juste que tu nous manques. C'est pas la même chose sans toi."
Je ferme les yeux. La culpabilité me serre le cœur, mais je ne trouve pas les mots pour lui expliquer. Je sens que si je parle, elle ne comprendra pas vraiment. Pour elle, tout se règle avec une sortie ou une soirée entre amis.
Mon téléphone vibre à nouveau, mais cette fois, c'est un message de Naël. Son nom s'affiche, et je ressens un léger pincement au cœur. Naël, avec son calme et sa discrétion, a toujours été quelqu'un de présent, même de loin.
Naël : "Salut Ava, j'espère que tu vas bien. Si tu veux parler un de ces jours, je suis là."
Je lis et relis son message. Il n'est pas comme les autres ; il ne me demande rien, ne me reproche rien. Il offre juste... une écoute, silencieuse et respectueuse. Je commence à écrire une réponse, mais je m'arrête. Que pourrais-je lui dire ? Que mes journées sont lourdes, que je ne sais plus qui je suis, que je me sens perdue ?
Finalement, je réponds simplement :
Moi : "Merci, Naël. Je vais essayer de te répondre un de ces jours."
Je reste allongée, fixant mon téléphone, en proie à des pensées que je n'arrive pas à apaiser. La nuit s'étire, et je plonge une fois de plus dans ce monologue intérieur qui devient mon échappatoire.