Épisode 03

1082 Words
03 C'est le seul cours que nous avons ensemble, et je remercie la Déesse de la Lune chaque jour qu'il soit nul en sciences. J’utilise chaque occasion pour lui rappeler à quel point je suis bon dans le seul domaine où il échoue. Rien n’est plus satisfaisant que de sentir son regard noir sur le côté de mon visage après avoir répondu juste à toutes les questions, même celles qu’il pose au prof. Je sais que son ego ne supporte pas ça, alors évidemment, je le fais tout le temps. — Travail en groupe, tout le monde ! L'annonce de ma prof fait gémir toute la classe, moi le premier. — Arrêtez de vous plaindre, ça me donne mal à la tête, dit-elle. Je vais être sympa, vous travaillerez en binôme. Venez prendre un numéro, celui qui a le même numéro que vous sera votre partenaire. J’attends que presque tout le monde soit passé avant d’aller chercher le mien : numéro huit. Je cherche dans la salle en demandant qui a le numéro huit, mais personne ne répond. L’imbécile prétentieux supplie Mme Maxine d’échanger son numéro, mais je n’écoute même pas et continue de chercher. Quand je réalise que tout le monde est déjà en duo, je retourne au bureau de la prof, un peu frustré d’avoir perdu autant de temps. — Je ne trouve pas le numéro huit. Elle lève les yeux au ciel avant de pointer du doigt un Julian qui semble s’ennuyer. — C’est Raiponce, là-bas. — Oh non, pitié ! Je me tourne vers elle en suppliant. Écoute, Johanna, je suis ton meilleur élève. Fais-moi une faveur et échange-moi avec quelqu’un d’autre, je t’en prie ! Il ne sait même pas nommer les parties d’une cellule ! — Au moins, moi, je sais écrire "cellule" ! Il crie derrière moi. Sans me retourner, je lui fais un doigt d'honneur avant de reporter mon attention sur ma prof, qui semble amusée. — Je t’adore, Aiden, vraiment. Tu es l’un des meilleurs élèves que j’ai jamais eus. Mais lui, il a besoin d’aide… désespérément. Désolé, mais tu vas devoir faire équipe avec lui. — Qu’est-ce que je t’ai fait au juste ? Je lève les yeux au plafond avant d’aller m’asseoir à côté de cette créature répugnante. Je sors mon carnet et mon stylo, essayant désespérément d’ignorer son odeur infecte. — Le projet est assez simple. Je vais vous envoyer des guides par mail, parce que personne n’a le temps d’imprimer tout ça. Vous devez choisir un animal de notre région et l’étudier en détail. Je veux tout savoir sur lui, aucun détail n’est trop insignifiant. Ce serait mieux s’il vit près de notre ville pour que vous puissiez l’observer en vrai. Mettez-y du sérieux, c'est une grosse partie de votre note. Vous avez le reste du cours pour choisir un sujet. Elle sort un magazine et commence à lire tandis que la classe s’anime de discussions. Nous restons silencieux. Déjà que je ne supporte pas de respirer le même air que lui, alors bosser avec lui ? Hors de question. Mais je ne laisserai pas mon meilleur cours être gâché par cet abruti. — Je fais tout et je mets ton nom dessus. Je marmonne sans le regarder. — Quoi ?! Pas question, je veux faire ma part aussi ! Je roule des yeux tellement fort que j’ai l’impression qu’ils vont rester coincés. — Si tu aides, on va échouer. T’es nul en sciences, encore plus en bio. Mets ta fierté de côté et laisse-moi faire. — Non ! Je manque de lui arracher la tête en me tournant vers lui, mes yeux brillant derrière mes lunettes. — Je dois essayer, je vais apprendre. — Fais comme tu veux, entraîne-moi dans ta chute. Je grogne tandis qu’il me montre les crocs avec la même agressivité. — Détends-toi, Juju, quelqu’un pourrait te voir. Il couvre immédiatement sa bouche en me lançant un regard noir. Un sourire en coin s’étire sur mes lèvres. — On devrait faire les loups, propose-t-il derrière sa main. — Ça me va. Il y a une petite meute à la lisière de mes terres, on pourra les observer. Il acquiesce pendant que je prends des notes. — J’espère vraiment que tu crèveras un jour. Et voilà, il ne peut pas s’empêcher de briser un moment de paix. — Et moi, j’espère que ton âme sœur te rejettera vendredi. Je croise les doigts. Je lui renvoie son regard assassin. — Il mérite de brûler vif. Je lance alors que mon père et moi jouons au basket sur le terrain du pack. — Ne dis pas ça ! Il me réprimande pendant que je marque enfin un point. — Si vous enterriez la hache de guerre, je suis sûr que vous pourriez être de bons amis. — Il a brûlé mon atelier de peinture ! Je crie en repensant aux innombrables tableaux partis en fumée. Des heures et des heures de travail réduites en cendres en quelques minutes. — Parce que tu lui as coupé les cheveux. Je lève les yeux au ciel. — Je les ai donnés à "Locks of Love". J’ai rendu un enfant malade très heureux. Je souris fièrement. — C’était quand même mal. Si tu ne veux pas passer ta vie à haïr quelqu’un, tu dois tourner la page. Il me met un dunk en pleine face, scellant sa victoire. — Tu as déjà un sale caractère, ne laisse pas ça te bouffer. — Merci, Dr. Phil. Je rentre au pack house et me dirige vers le salon, envahi de couples enlacés. Demi-tour immédiat vers ma chambre. Presque tout est en cartons, prêt pour mon déménagement dans l’appartement de l’Alpha. Un sourire s’étire sur mon visage en pensant au fait que je serai bientôt Alpha. Je le suis déjà dans les faits, mais avec ma moitié à mes côtés, je deviendrai l’un des plus grands Alphas que ce monde ait jamais connus. J’ai hâte de rencontrer cette merveille. --- **Point de vue de Julian** Aujourd’hui est le jour. Le jour où je deviens Alpha de ma meute et où je rencontre ma compagne. Cette pensée fait légèrement trembler le coin de mes lèvres, mon corps me supplie de sourire, mais je me retiens. Je rêve de ce moment depuis que j’ai compris que je serais Alpha un jour, et ce jour est enfin arrivé. — Julian, tu es prêt ? On doit partir pour la cérémonie ! Ma mère crie depuis l’étage du bas.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD