Verena, le 23 septembre 2008Verena regardait sa montre pour la dixième fois. Elle aurait dû téléphoner à l’aéroport pour savoir si l’avion de Catherine serait à l’heure. Elle avait promis à sa mère d’aller chercher sa cousine à Cointrin.
Les trois dossiers qu’elle avait eus à traiter dans la matinée étaient plus complexes que prévu et elle avait pris beaucoup de retard.
Elle contempla brièvement son visage dans un miroir, en suivant légèrement le tour de ses yeux et de sa bouche avec ses doigts. Elle ignorait alors que son assistante la regardait. Elle se recoiffa rapidement, puis se donna quelques toutes petites gifles sur les joues, pour leur donner de la couleur.
« Brave Verena, se dit l’assistante, elle ne prend jamais de temps pour elle. C’est la générosité même mais tout est à sens unique avec elle. Elle donne, elle donne, elle ne reçoit rien. Toutes ces femmes qui viennent ici déposer leur détresse. Elle prend ça sur ses épaules, elle rassure, conseille. Mais qui prend soin d’elle ? »
La jeune femme réalisa alors qu’elle n’avait jamais entendu Verena parler d’elle-même, évoquer un projet personnel. Pas plus qu’elle ne l’avait vue en compagnie d’un homme. Enfin, pas depuis Matthias… mais elle n’avait jamais osé poser de question depuis qu’il avait disparu.
Verena donna encore quelques directives et rappela à sa collègue qu’elle ne reviendrait pas cet après-midi. « Ma cousine arrive d’Amérique. Je dois m’en occuper, la véhiculer. Ma mère en fait une question de principe et je ne veux pas d’histoires… » Elle empoigna son sac, ses clés, et tapa légèrement sur l’épaule de la jeune femme en passant à côté d’elle. « Je compte sur toi ! On se revoit demain matin ! » Et elle claqua la porte.
L’assistante eut un sourire. « La maison tournera sans toi, Verena, pas de souci. » pensa-t-elle avant de retourner à sa place pour répondre au téléphone.