Il hésita à en dire plus. Comment expliquer qu’avoir une voiture maintenant risquait de casser tout ce qu’il essayait de construire avec Lina ?
Liam : Fais-moi confiance, papa, je préfère faire sans, pour l’instant.
Papa : Bon, d’accord, si c’est ce que tu veux
Liam : merci quand même.
Quand il raccrocha, il resta un moment silencieux. Il attrapa son carnet et nota quelques mots : Elle a vu juste, et moi je commence à voir clair aussi.
Le lendemain, devant l’école, Liam arriva, le sac en travers de l’épaule, et aperçut Yassine déjà installé, un sourire malicieux aux lèvres.
Liam : Yo ! lança-t-il, encore un peu essoufflé.
Yassine : Eh bah, t’étais en forme, mec, plaisanta-t’il
Liam s’assit à côté de lui, reprenant son souffle.
Liam : Mec… j’ai eu chaud hier avec mon père.
Yassine : Ah ouais ? Qu’est-ce qu’il t’a encore sorti ? demanda-t-il , curieux.
Liam fit un geste vague, entre exaspération et amusement.
Liam : Il a proposé de m’acheter une voiture… soi-disant pour me faciliter les déplacements. Tu te rends compte ? Si j’avais accepté, je serais grillé direct devant Lina. Ha ha ha.
Yassine : Mais frérot, t’es vraiment déterminé, on dirait.
Liam : Bien sûr que oui. Et je ne peux surtout pas me permettre de tout gâcher maintenant. Chaque détail compte.
Yassine : Donc… c’est quoi la suite du plan ?
Liam : Honnêtement, je ne sais pas encore, mais je compte bien l’inviter au ciné. Hier, quand on est rentrés, il y avait plutôt un bon feeling. Je pense qu’elle va accepter.
Yassine hocha la tête, impressionné.
Yassine : Hum… pas mal.
Soudain, Salma apparut, marchant droit vers eux, les bras croisés et le regard furieux.
Salma : Liam !! on peut parler ?
Il soupira intérieurement, sentant que ça allait être tendu.
— Euh… oui, bien sûr…
Elle le fixa droit dans les yeux, furieuse.
Salma : Sérieusement ? Tu me laisses plantée juste pour aller rejoindre Lina ?! T’étais en train de me parler, et pouf… tu disparais !
Liam : Dés… désolé Salma … en fait…je ..
Salma : En fait rien Liam ! ( coupa-t-elle, sarcastique et sans se soucier du ton ) Et puis cette Lina… franchement, je ne comprends pas ce que tu lui trouves. Et ne cherche pas à nier, ça se voit trop qu’elle te fait effet.
Liam : …
Salma : Et ça ne m’étonne pas. Elle fait toujours pareil : joue la carte de « sainte-ni-touche », et toi… tu tombes dans ses bras comme un idiot. … elle se donne trop un genre . Toujours à faire la fille discrète alors qu’elle adore qu’on là regarde
Il leva lentement les yeux vers elle. Son regard était calme, mais quelque chose s’y durcissait.
Liam : Salma, ne parle pas d’elle comme ça devant moi.
Elle laissa échapper un petit rire, presque moqueur.
Salma : … Oh allez, je dis juste ce que tout le monde pense.
Il inspira profondément, sa voix posée mais ferme.
Liam : Non, tu dis ce que toi tu penses. Et je te demande juste une chose : garde ça pour toi, surtout quand je suis là.
Elle fronça les sourcils, piquée.
Salma : Depuis quand tu prends sa défense ? Tu la connais à peine !
Il la fixa droit dans les yeux, sans un geste de recul.
Liam : Depuis que j’ai décidé de ne plus tolérer le manque de respect envers qui que ce soit. Peu importe qui ils sont.
Un silence lourd s’installa. Elle croisa les bras.
Salma : Tu dramatises… c’est juste la vérité.
Il attrapa son sac, prêt à partir.
Liam : Peut-être. Mais devant moi, ce genre de vérité, je n’en veux pas.
Il la regarda une dernière fois, ferme.
— On se voit plus tard.
Il s’éloigna, la laissant seule avec sa frustration.
À la fin des cours, ils étaient tous les quatre réunis pour avancer sur l’exposé. Les chaises raclaient le sol, les feuilles se froissaient, et l’air semblait lourd, chargé de tension.
Salma parlait peu, observant chacun de leurs gestes. Liam et Lina, eux, travaillaient côte à côte, échangeant des idées, se penchant sur le même document, parfois un sourire, parfois un regard qui durait une seconde de trop. Salma tapotait nerveusement son stylo.
Salma : on avance ou pas ? Parce que là, on n’est pas là pour faire connaissance.
Lina leva les yeux, surprise, mais Liam , pour éviter une nouvelle crise, répondit avant elle, calmement.
Liam : On avance, ne t’inquiète pas, ( dit-il en se tournant vers Lina. ) Tu peux lire ta partie ? elle est bien structurée
Lina hocha la tête et commença à lire.
Salma détourna le regard, la mâchoire crispée. Sa jalousie n’était plus cachée. Elle se voyait, se sentait, et cette fois, Liam ne fit rien pour l’apaiser. Chaque rire discret de Lina, chaque regard échangé avec Liam la piquait comme une aiguille invisible. Elle tapotait nerveusement sur sa calculatrice, fronçait les sourcils, incapable de se concentrer.
Liam : Tu veux que je relise cette partie ? demanda-t-il doucement, en tendant la feuille vers Lina.
Lina : Oui, merci, répondit-elle, concentrée mais souriante.
Salma penchait la tête, percevant chaque geste de Lina comme une provocation silencieuse. Chaque mouvement de celle-ci semblait l’irriter davantage. Yassine, assis à côté, lançait des coups d’œil gênés, conscient de la tension qui flottait dans l’air.
Quand le travail fut enfin terminé, Salma se leva brusquement.
Salma : Moi, je m’en vais, dit-elle froidement.
Yassine : Je viens avec toi, répondit- il .
Ils s’éloignèrent, et Yassine lança un dernier regard vers Liam.
Seuls à présent, Liam se leva lentement, ramassant ses notes. Ses yeux suivirent Lina qui rangeait les siennes avec cette précision tranquille qui continuait de le fasciner.
Liam : Tu rentres tout de suite ? demanda-t-il, un léger tremblement dans la voix qu’il s’efforça de masquer.
Lina : Oui… oui, pourquoi ?
Liam : Je me disais… comme on a fini un peu tôt, on pourrait… enfin, je pouvais t’inviter quelque part.
Lina : Où ça ?
Liam : Tu sais, je suis nouveau dans la ville, donc je ne connais pas trop les endroits… Tu aimes aller où ?
Elle réfléchit un instant, son regard se perdant vers les grandes portes vitrées.
Lina : Il y a un mini-snack près du port. Ce n’est pas chic, mais c’est vivant. Les gens sont simples, chaleureux… j’aime bien y aller.
Liam : Parfait. À vos ordres, chef, dit-il avec un sourire discret.
Même s’il n’avait jamais fréquenté ce genre d’endroit, Liam se sentait capable de jouer le rôle d’un jeune homme modeste, à l’aise dans la foule. Le contraste avec sa vie habituelle lui donnait un frisson discret, presque amusant.
Lina le conduisit jusqu’au snack qu’elle aimait. L’endroit était animé, chaleureux, rempli de rires et de conversations qui se mêlaient en un bourdonnement joyeux. Les tables en bois grinçaient sous le poids des assiettes, et l’odeur des frites et des pâtisseries flottait dans l’air.
Liam s’arrêta à l’entrée, observant autour de lui avec une curiosité retenue. Chaque détail lui semblait étrange et nouveau : les clients bruyants, les serveurs souriants qui se faufilaient entre les tables, les lumières légèrement vacillantes qui donnaient au lieu un air vivant et familier à la fois.
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