Lina le remarqua immédiatement. Il paraissait hésitant, presque comme un étranger dans un monde qui ne lui appartenait pas. Un petit sourire amusé se dessina sur ses lèvres.
Lina : Alors, qu’est-ce que tu en penses ? ( demanda-t-elle d’un ton léger, cherchant à ne pas le mettre mal à l’aise.)
Il détourna les yeux de l’agitation autour d’eux et esquissa un sourire qu’il voulait assuré.
Liam : C’est agréable, ( répondit-il calmement, choisissant ses mots avec soin. ) Oui… agréable.
Elle haussa un sourcil, amusée par son attitude.
Lina : Tu observes beaucoup, ( dit-elle, taquine. ) On dirait presque que c’est la première fois que tu viens dans un endroit comme ça.
Liam : C’est pas ça, ( répondit-il aussitôt, un peu sur la défensive. ) T’inquiète.
Elle le regarda attentivement. Il essayait de paraître confiant, mais dans son regard transparaissait une curiosité sincère, cette façon discrète de capter chaque détail, de ressentir la chaleur des gens autour, leur simplicité. Cela la surprit… et l’intrigua.
Lina : Tu n’as pas l’air perdu, ( ajouta-t-elle avec un sourire taquin. )
Liam : Pas du tout, ( répondit-il d’une voix tranquille. ) J’apprécie juste l’ambiance.
Lina : Alors ça me rassure, ( dit-elle, les yeux brillants. )
Il hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.
Pourtant, le mensonge flottait toujours entre eux, invisible mais présent.
Mais pour l’instant, il choisit de l’ignorer. De profiter du moment.
De la compagnie de Lina, de la chaleur du lieu… sans penser aux complications de son monde réel.
Après quelques heures, la musique résonnait encore dans leurs oreilles lorsqu’ils quittèrent la soirée. Ils riaient sans vraiment savoir pourquoi, portés par l’euphorie de la nuit, par cette légèreté rare où tout semblait simple.
Lina : On a bien ri quand même, ( souffla-t-elle en rajustant sa veste. )
Liam : Oui… ça faisait longtemps, ( répondit-il avec un sourire sincère. )
Ils marchaient côte à côte, sans se presser. Le silence qui s’installa n’était pas gênant ; au contraire, il avait quelque chose de doux, presque complice.
Lina : Tu sais… ( dit-elle après quelques pas, un brin hésitante, ) le pont n’est pas loin. On pourrait y aller à pied.
Il tourna la tête vers elle.
Liam : Pourquoi pas ?
Le chemin était calme, éclairé par des lampadaires fatigués.
Arrivés au pont, Lina s’arrêta net. Elle s’appuya contre la rambarde et contempla l’eau sombre, ponctuée de reflets dorés.
Lina : Quand j’étais petite, je venais souvent ici avec mes parents, ( dit-elle doucement. )
Liam : Vraiment ?
Lina : Oui. ( Elle sourit, teintée d’une pointe de nostalgie. ) On restait là pendant des heures. Je regardais les bateaux passer.
Elle désigna du regard les silhouettes immobiles, amarrées un peu plus loin.
Lina : Mon rêve, c’était de monter un jour sur l’un de ces yachts.
Liam : Un yacht ? ( répéta-t-il, légèrement surpris. )
Lina : Oui, ( répondit-elle en levant les yeux vers lui, Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. ) Je sais, ça peut paraître bête… voire impossible. Mais pour moi, c’était la liberté. Partir loin. Sans regarder en arrière.
Liam : Et finalement, tu as pu réaliser ton rêve ? ( demanda-t-il doucement. )
Lina : Non, jamais, ( répondit-elle. ) Mes parents n’avaient pas assez d’argent pour ça. Et au fil du temps, j’ai abandonné l’idée… Ça reste juste un rêve pour moi.
Il la regardait parler, pas seulement ses mots, mais ses expressions, la façon dont sa voix changeait lorsqu’elle évoquait ses souvenirs. Lentement, il s’approcha d’un pas, presque imperceptiblement.
Liam : Tu sais… les rêves d’enfants ne sont jamais bêtes, ( dit-il calmement. ) Ils disent beaucoup de qui on est.
Elle tourna la tête vers lui. Leurs regards se croisèrent. Le vent semblait suspendre le temps autour d’eux, et le silence qui s’installait était plus dense que jamais.
Il baissa les yeux un instant, hésitant. Puis, avec douceur, il fit glisser lentement sa main vers la sienne. Ses doigts frôlèrent ceux de Lina, hésitants. Puis, doucement, il prit sa main. Elle sursauta légèrement.
Lina : Liam… ( murmura-t-elle, surprise. )
Elle le regardait, cherchant une explication qu’il ne donna pas. Il ne lâcha pas sa main. Ils restèrent ainsi, immobiles, à se fixer, comme si le monde autour d’eux avait disparu.
Il s’approcha encore un peu, juste assez pour sentir son souffle, assez pour qu’elle n’ait plus besoin de mots. Sans brusquerie, sans urgence, il se pencha vers elle et l’embrassa. Un b****r simple, suspendu, comme si le temps s’était arrêté.
Le pont, la nuit, les yachts, les rêves d’enfance… tout s’effaça autour d’eux. Il ne resta plus que ce moment.
Puis, brutalement, le b****r s’interrompit.
Lina recula d’un pas, puis d’un autre. Son souffle était rapide, son regard fuyant, ses mains crispées sur ses bras.
Son visage s’était fermé, elle évitait son regard.
Lina : Mais… qu’est-ce qu’on vient de faire ? ( lança-t-elle, plus sèche qu’elle ne l’aurait voulu. )
Il resta silencieux un instant, comme pris au dépourvu.
Liam : Je… je suis désolé, Lina, ( murmura-t-il, la voix basse, pleine de retenue. )
Elle le regarda un moment, puis passa devant lui, prête à partir.
Liam : Hé… ( dit-il en la rattrapant doucement par le bras. )
Elle se dégagea aussitôt, le regard dur, et tourna les talons.
Liam : Lina ! ( appela-t-il. )
Elle accéléra le pas, puis se mit à courir, disparaissant dans l’obscurité du pont, sans jamais se retourner. Elle disparut dans l’obscurité du pont, laissant Liam seul, immobile, la main encore suspendue dans le vide , choqué, la gorge serrée. Le vent soufflait sur le pont, comme pour effacer ce qui venait de se passer, laissant derrière lui un silence lourd et glacé.
Lina arriva chez elle, et la porte d’entrée claqua doucement derrière elle.
— Bonsoir, Lina…
Elle ne l’entendit pas. Ou peut-être qu’elle ne voulait pas l’entendre.
Elle traversa le salon sans ralentir, monta les marches deux par deux et entra dans sa chambre. La porte se referma derrière elle dans un bruit sec, définitif. Elle s’y adossa aussitôt, comme si ses jambes venaient de lâcher.
Sa respiration était courte, ses mains se posèrent sur sa poitrine, cherchant à calmer un cœur qui battait trop vite. Elle ferma les yeux, revivant le b****r, ce souvenir brûlant qu’elle ne pouvait chasser.
Elle se laissa glisser le long de la porte pendant quelques secondes, puis se redressa brusquement, prise de panique à l’idée de ce qu’elle venait de ressentir. Elle se sentit coupable, confuse… et complètement dépassée.
Dans la salle de bain, l’eau de la douche coula longtemps. Trop longtemps.
Lina resta immobile sous le jet, laissant l’eau masquer ses pensées… mais rien n’y faisait. Même les yeux fermés, elle voyait encore son visage, ses lèvres, le pont, le vent… tout revenait.
Elle sortit enfin, les cheveux encore humides, et retourna dans sa chambre. Sans même se couvrir correctement, elle s’allongea sur son lit. Le plafond devint son seul horizon.
Elle tourna la tête d’un côté, puis de l’autre, incapable de trouver le sommeil.
Finalement, elle porta une main à ses lèvres, comme si le b****r y était encore accroché. Son cœur battait trop vite, et l’image de Liam restait gravée dans ses yeux et dans sa poitrine.