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2167 Words
Brianna Le lendemain matin, je suis réveillée par les rayons du soleil qui filtrent à travers la fenêtre. J’entrouvre les yeux en grognant. Les images de la veille me reviennent en mémoire malgré la sensation de martèlement insupportable dans ma tête. Je m’assois manquant de me cogner la tête contre le toit de la voiture. Les vibrations de mon téléphone résonnent dans mon sac posé à l’avant. Je le récupère tant bien que mal, non sans lâcher quelques jurons au passage et clique sur la notification m’indiquant un nouveau message. Je me suis occupé de nous réserver une table pour le petit-déjeuner. Enfile tes vêtements et retrouve-moi à l’intérieur. Xx. H Je grommelle tout en verrouillant mon téléphone. Je remarque la tenue soigneusement pliée et posée sur le siège conducteur. Je l’enfile le plus rapidement possible puis descend de voiture, faisant bien attention à fermer derrière moi. Les coups de marteau continuent de cogner contre mon crâne. J’entre dans le petit café où une douce odeur mélange de sucré et de salé m’accueille immédiatement. Je jette un coup d’œil tout autour de moi à la recherche de mon fiancé que je repère assis à une table située dans un coin. — Bree ! Je sursaute, surprise. Prenant une longue inspiration je me retourne pour me retrouver nez à nez avec Matthew. Des images de notre b****r de la veille dans la piscine, subitement interrompu par mon envie pressante, me reviennent en mémoire malgré moi. Et merde. Il ne manquait plus que ça. — Ça va ? me demande-t-il les sourcils froncés me sortant de mes pensées. J’acquiesce, un sourire aussi naturel que possible aux lèvres. — Un peu fatiguée, mais ça va. Merci. — Tant mieux. J’ai entendu dire que ton gars avait déboulé en pleine nuit peu de temps après que Rose et moi soyons partis, poursuit-il après une minute d’hésitation. Je jette un coup d’œil furtif en direction de Hari. Ses yeux suivent les miens. Un rire sans joie s’échappe de ses lèvres. — Le voici donc, le fameux. Je soupire : — Ecoute Tew… — C’est bon, j’ai compris. (Il m’adresse un sourire furtif. Son regard jongle entre Hari et moi.) Sache juste une chose. (Il s’arrête finalement sur moi.) Hari n’est pas ta seule option. Il m’embrasse furtivement sur la joue et s’éloigne. Ce n’est qu’une fois qu’il a disparu de ma vue que je recouvre suffisamment mes esprits pour rejoindre Hari dont le regard est rivé sur l’endroit où vient de disparaître mon ex-petit-ami. Je m’assois face à lui. — C’était lui ? — Oui. Il bondit de sa chaise, prêt à le suivre. — Hari. (Je l’attrape par la manche de son manteau et le force à se rasseoir. Il essaie une nouvelle fois de se lever, mais j’attrape son visage et d’un geste ferme le force à me regarder.) Ce n’est pas la peine. — Il croit qu’il peut profiter de toi à volonté quand tu es bourrée ? demande-t-il une pointe de colère dans la voix. — Nous étions tous les deux bourrés, je le rectifie. Et puis, aller te bagarrer avec lui quant à ce qui s’est passé ne changera rien à la situation. — Si jamais je l’y reprends… — Hari. (Ma voix est froide et ferme.) Arrête. Silence. Il prend une bouchée de sa torsade, la mâchoire crispée, le regard colérique. — J’aurais dû me douter qu’une chose pareille… — Continue comme ça et je me casse, je le préviens. Il marmonne dans sa barbe tout en finissant sa torsade sans dire un mot de plus. Le petit-déjeuner se déroule dans une étrange atmosphère, mais au moins je réussis à faire passer cette horrible migraine qui me casse la tête à coups de marteau depuis le réveil. Comme à son habitude Hari règle la note pour nous deux. Ce n’est qu’une fois que nous prenons la route pour aller chez Bobby et ma mère qu’il se décide enfin à relancer la conversation. — Mon père et Hortense vont divorcer. Je me tourne vers lui. — Quoi ? — Le coup de Gwenaëlle à Londres était la goutte de trop. Ça et le fait que les médecins ont découvert qu’il souffrait de la maladie de Charcot. Oh merde. — Depuis longtemps ? je demande. — Aucune idée, il n’est pas rentré dans les détails. Il nous a un peu annoncé ça comme un cheveu sur la soupe. — Hari, je… — Tout ce que je sais, c'est qu’il aimerait que cette histoire de divorce soit vite réglée, ajoute-t-il me coupant la parole. Je lui adresse un sourire compréhensif puis détourne le regard. Du coin de l’œil, je peux voir que nous venons de passer la maison de Bobby et ma mère. — Qu’est-ce que tu… Il bifurque un peu plus loin en direction d’un petit sentier qui mène à une promenade assez sympa. Nous nous arrêtons juste à l’entrée et descendons de voiture. Ma main dans la sienne, nous entamons le chemin en silence, chacun de nous perdu dans nos pensées. Je me colle contre lui et pose ma tête sur son épaule. — Je suis désolé, finit-il par dire. — Désolé pour… — M’être énervé de la sorte. — En même temps je n’ai pas été toute rose non plus. Loin de là. Il soupire. — Écoute, si tu veux que nous annulions nos fiançailles, c’est possible. — Annuler les fiançailles ? je répète sourcils froncés. — Hmmm mmmm. Je relève la tête : — C’est ce que tu veux ? — Non bien sûr que non. Mais peut-être que toi… — J’ai dit que je pensais que cela ne nous ferait pas de mal de prendre un peu de temps pour nous, pas que je voulais rompre, je l’interromps. Matthew et moi nous sommes embrassés sous l’effet de l’alcool, c’était une erreur et cela ne se reproduira plus. — Tu es sûre de toi ? Il me jette un coup d’œil dubitatif. — Oui. Mensonge, chuchote une petite voix à l’intérieur de moi, quel garçon qui n’est pas intéressé irait te dire « Il n’est pas ta seule option ? ». Une onde d’agacement me parcourt de la tête aux pieds à cette idée que je m’empresse de réfuter en attrapant le visage d’Hari entre mes mains. — Il n’y a que toi, je lui assure dans un souffle. Je plaque mes lèvres contre les siennes et l’embrasse tendrement. Ses bras se referment autour de ma taille et me soulèvent. J’enroule mes jambes autour de ses hanches et ondule contre lui tandis qu’il me plaque contre le premier tronc venu. Un râle rauque s’échappe de ses lèvres. Ses mains me retirent mon jean ainsi que ma petite culotte. Je gémis. De ses longs doigts tièdes et doux, il fait pression sur le point sensible entre mes cuisses, qu’il caresse et pince envoyant une onde électrisante le long de ma colonne vertébrale. — Bordel Hari, je peste la voix saccadée. L’emprise de mes jambes se resserre autour de sa taille afin de le tirer au plus près de moi. — Pressée ? demande-t-il un sourire taquin sur les lèvres. — Ferme-là et fais-moi l’amour, je réponds d’un ton faussement autoritaire. Il rit, rapproche sa bouche de mon oreille : — A vos ordres, Madame. Il attrape son pantalon et son boxer qu’il baisse suffisamment de façon à pouvoir sortir son membre que j’attrape et caresse de manière provocatrice. Un son rauque s’échappe des tréfonds de sa gorge. Je rapproche ma bouche de son oreille : — Toi aussi tu aimes ça, pas vrai ? Le souffle haletant, il acquiesce. — Mais je préfère ça, ajoute-t-il d’une voix rauque. Avant que je ne puisse rétorquer, il me soulève et me pénètre d’un puissant coup de rein. — Hari… Mon être entier se révulse sous l’intensité du plaisir qui monte en flèche. Mon corps monte et descend contre le tronc de l’arbre tandis qu’il me pilonne avec fougue, ses doigts experts dessinant de petits cercles sur mon c******s en parallèle. Je crie, l’appelle. Mon cœur s’emballe. Mes doigts s’enfoncent dans sa nuque. Ses râles et mes gémissements de plus en plus forts résonnent tout autour de nous se répercutant d’un point à l’autre. Des étoiles apparaissent devant mes yeux. Je rejette la tête en arrière, le corps tremblant. Je perds la raison, je perds pied. Dans un dernier mouvement, je lâche prise. J’enfouis ma tête dans le creux de son cou, un sourire au coin des lèvres. Son corps tiède et moite continue de se mouver contre le mien. — À ton tour de jouir pour moi, je souffle en aspirant sa peau entre mes dents. Il me répond d’un râle profond. Quelques secondes plus tard, je le sens qui me rejoint dans les abysses du plaisir où nous nous abandonnons à un moment de suspens. — Je t’aime, je souffle contre sa peau. Je relève lentement la tête, mon regard immédiatement submergé par l’océan émeraude du sien. Ses lèvres effleurent les miennes : — Je t’aime aussi. (Il m’embrasse et se retire.) On ferait mieux d’y aller, ajoute-t-il la voix saccadée. Il se détache de moi le temps de se rhabiller. J’en fais de même, l’esprit encore étourdi par le manque de sommeil et la partie de sexe intense que nous venons tout juste d’avoir. Comme à l’allée, il attrape ma main dans la sienne et me guide en sens inverse le long du chemin. Je peux sentir mon cœur battre la chamade sous l’effet du sentiment de plénitude qui s’empare de moi. Nous reprenons la voiture et redescendons vers la maison de Bobby et ma mère. Sans grande surprise, cette dernière nous accueille comme si c’était Noël avant l’heure. Du moment où elle referme la porte derrière nous à celui où nous allons nous asseoir dans la cuisine, elle ne tarit pas d’éloges quant à sa joie d’enfin faire connaissance avec Hari. — Depuis le temps que j’entends parler de vous. Du coin de l’œil, je peux voir Hari sourire discrètement. Je lève les yeux au ciel et secoue la tête. Ma mère s’active dans la cuisine, ouvrant et fermant les placards. Le bruit de la porte d’entrée attire notre attention. — Ce doit être Bobby, dit-elle levant furtivement les yeux de la quiche qu’elle met au four. — Il n’est pas au travail ? — Il l’était, mais je l’ai prévenu de la visite surprise de Hari. Bon sang. Mon futur beau-père nous rejoint dans la cuisine, le sourire aux lèvres. — Bonjour tout le monde ! Hari se lève, son côté homme d’affaires de retour le temps pour lui de se présenter. Le regard de Bobby jongle entre lui et moi. Son sourire s’élargit quand il lui serre la main. — Bienvenu dans la famille. Il lui donne une tape chaleureuse sur le bras non sans jeter un regard plein de sous-entendus dans ma direction. Je lui réponds en faisant les yeux ronds, puis détourne la tête comme si de rien n’était. — Si vous voulez bien m’excuser…, poursuit-il en rejoignant ma mère toujours affairée à préparer le repas. Hari soupire et se rassoit. — Ça va ? je lui demande. Il acquiesce. — Du côté des parents, il ne te restera plus qu’à rencontrer mon père. — Pas faux. Il m’embrasse, une lueur satisfaite et soulagée dans le regard. Il attrape ma main sous la table et entrelace nos doigts ensemble. Nous passons le déjeuner et une bonne partie de l’après-midi ainsi, main dans la main à manger un bout et boire du café tout en discutant avec Bobby et ma mère, tous deux curieux d’en savoir plus à son sujet. À mon plus grand soulagement, il se prête au jeu de question-réponse sans trop rentrer dans les détails, se contentant de leur raconter ce qu’il y a à savoir au sujet de son parcours, de sa famille et de son ex-femme. Ces trois sujets abordés, nous en venons à parler de notre coup de foudre éclair et de sa demande de fiançailles. Les lèvres de ma mère s’étirent en un sourire discret à la mention de cette histoire. — Quels sont vos projets après le mariage ? demande-t-elle une pointe de curiosité dans la voix. — Nous n’y avons pas encore réfléchi. — D’accord. J’étais juste curieuse de savoir. Elle nous sourit puis se lève pour débarrasser la table. Je lui donne un coup de main. Bobby et Hari quant à eux en profite pour préparer quatre tasses de chocolat chaud. — Au fait Hari. (L’intéressé se tourne vers nous.) Bree vous a bien prévenu que nous comptons sur vous pour le 24 décembre ? Son regard interrogateur croise le mien. Je lui réponds d’un signe de tête discret lui faisant silencieusement part de mon accord. Les traits de son visage se détendent. Un sourire à la fois discret et enthousiaste vient étirer le coin de ses lèvres. — Ne vous en faîtes pas. Je serai là. ** ** ** ** **
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