Hari
Vous êtes bien sur la messagerie de Brianna Andrews. Je ne suis pas disponible pour le moment, alors laissez-moi un message et je vous rappellerai.
Je clique sur le bouton raccrocher pour la énième fois de la soirée. Un soupir exaspéré s’échappe de mes lèvres tandis que je glisse mon téléphone dans la poche arrière de mon pantalon et retourne au salon où mon père, Gladys et Cody m’attendent. Je me laisse tomber dans le fauteuil face à notre paternel, mon frère et ma demi-sœur assis sur le canapé à ma droite.
— Où en étions-nous ?
— Papa nous expliquait son intention de vendre ses différentes propriétés, hormis la maison dans les Hamptons, récapitule Gladys.
— Afin de pouvoir payer les frais du divorce, mes soins à venir et répartir ce qui restera entre vous quatre, ajoute notre paternel.
— Nous trois, tu veux dire.
— Non. Vous quatre. (Gladys, Cody et moi échangeons un regard confus.) Il y a… Il y a quelque chose dont il faut que je vous parle. Voilà… Hortense et moi…
— Ça ne date pas d’hier ? l’interrompt Cody.
Gladys lui assène un coup de coude dans les côtes. Les lèvres de notre père s’étirent en un sourire triste, nostalgique.
— Non, effectivement.
— Si ce n’est que ça…
— Je l’ai connu avant vos mères. (Un drôle de silence s’installe, le temps que nous encaissions l’information. Son regard jongle lentement de l’un à l’autre de nos visages.) Nous avons même eu un fils ensemble.
Nos voix surprises et nos protestations accueillent la nouvelle. Gladys et Cody se lancent dans toute une série de questions tandis que je le regarde, hagard me demandant s’il s’agit là d’une mauvaise blague où non. Il poursuit son histoire que nous tâchons de suivre tant bien que mal, malgré la sidération générale. Il commence par revenir sur les détails de sa première idylle avec Hortense, il y a une petite trentaine d’années de ça. Leur histoire a duré un an.
Hortense était venue aux Etats-Unis pour une année d’études. Ils se sont rencontrés sur les bancs de la fac et quand bien même cela sonne très cliché, le coup de foudre a été immédiat entre eux. Le seul petit souci, c’est que Madame s’était bien gardée de lui dire qu’elle était fiancée et que son beau l’attendait sagement en Irlande pour l’épouser.
— Hortense était issue du clan Doherty et fiancée à Connor McDonnell, destiné à hériter des terres importantes de ses parents à leur décès. A la fin de son année d’études, elle a rompu avec moi et est retournée en Irlande où elle a épousé Connor de suite après son retour, afin de faire passer l’enfant qu’elle attendait pour le sien. Le piège a marché et neuf mois plus tard votre frère est né sous le nom de Caederic McDonnell.
J’attrape mon paquet de cigarettes et en sors une que j’allume à la va vite.
— Quelle s****e, je crache en tirant une longue taffe.
Gladys me lance un regard en coin. Quoi ? C’est vrai.
— Comment as-tu su pour l’existence de Caederic ? demande-t-elle.
— Hortense m’a appelé quelques mois après sa naissance pour me dire ce qu’il en était. De mon côté, je venais de rencontrer la mère de Cody, dans l’espoir de passer à autre chose, mais ce simple coup de fil a suffi pour foutre le bordel dans ma vie. Après quoi, Daniella et moi nous sommes séparés et j’ai rencontré Anna.
— Et pourquoi avoir quitté maman pour Hortense, après ce qu’elle t’a fait ?
— Parce que j’étais trop bon, trop con. Quand Hortense est revenue vers moi, elle n’a pas fait que jouer de ses charmes. Elle s’est aussi arrangée pour que je la prenne en pitié en me disant ô combien elle regrettait son attitude et ô combien elle en payait le prix cher. Elle a été rejetée aussi bien par sa belle-famille que sa propre famille.
J’écrase ma cigarette dans le cendrier et attrape l’un des verres d’eau posés sur la table que j’avale d’une traite.
— Pourquoi « rejetée » ?
— Pour la simple et bonne raison que la vérité sur Caederic a fini par éclater. Petit, Caederic ressemblait plus à Hortense qu’à moi, mais cela a changé en grandissant. Connor et ses parents ont fini par faire un test de paternité et une fois les résultats en main, ils ont confronté Hortense, preuves à l’appui. Le divorce a été prononcé. Les enfants, Caederic compris, ont eu le choix entre partir aux Etats-Unis avec leur mère ou rester en Irlande. Gwenaëlle et Hayley ont opté pour la première option, Caederic pour la seconde. Après quoi, les McDonell ont fait signer des papiers à Hortense comme quoi elle renonçait à ses droits parentaux sur lui, et ça a été la fin du chapitre irlandais pour elle.
Un rire amer m'échappe.
— On nage en plein délire.
Je me laisse retomber contre le dossier de mon fauteuil, la tête appuyée dans une main. Les informations fournies par notre père tournent en boucle dans mon esprit. Idylle avec Hortense plus vieille que ce que nous ne le pensions, un demi-frère dont nous ne connaissions pas l’existence jusqu’à maintenant, un père qui ne s’est jamais remis de cette histoire et qui a recraqué à peine le retour de cette tentatrice croqueuse de fortune sur le territoire.
— Ce n’est pas tant le fait de nager en plein délire, intervient Gladys après une petite minute de silence. (Je relève la tête.) Hortense a juste une fois de plus fait preuve d’une capacité à flairer le bon filon et s’en emparer au moment le plus opportun.
— C’est vrai, acquiesce notre père. En se tournant vers moi, c’était une manière pour elle de s’assurer à pouvoir maintenir le même niveau de vie que celui qu’elle avait dû laisser derrière elle en Irlande. À la différence que mes affaires à moi n’avaient rien à voir avec tout ce bordel d’héritage familial transmis de père en fils et je ne sais quoi.
— Ni avec des histoires de clans, ajoute Cody. (Gladys lui assène un nouveau coup de coude dans les côtes tout en lui lançant un regard réprobateur.) Quoi ? Après tout on n’en sait rien.
— Et ce ne sont pas nos affaires, riposte-t-elle.
Cody lève les yeux au ciel. Je jette un coup d’œil en direction de notre père.
— Où en est…
Je suis interrompu par les vibrations de mon téléphone. Je l’extirpe de ma poche le cœur battant.
— Excusez-moi.
Je m’empresse de décrocher tout en regagnant le bureau afin de pouvoir discuter tranquillement. Je sens mon être entier se détendre tandis que je referme la porte derrière moi.
— Bree, je souffle soulagé.
Son rire discret me parvient de l’autre côté de la ligne.
— Oui, c’est moi.
Sa voix est à la fois pâteuse et guillerette. Je fronce les sourcils.
— Tu es bourrée ?
— Mmm, ça se pourrait bien. (Des rires retentissent derrière elle. Je jette un coup d’œil à l’heure. 00h30.) Tu me manques, ajoute-t-elle soudainement plus sérieuse.
Je soupire tout en m’appuyant contre la porte.
— C’est toi qui as décidé qu’il fallait que nous prenions nos distances quelques jours, je lui rappelle.
— Oui, mais je ne suis plus aussi convaincue que ce soit ce que je veux.
Mon cœur fait une embardée dans ma poitrine à l’entente de ses mots. J’inspire et expire lentement avant de répondre :
— Que veux-tu dans ce cas ?
Silence. La cohue continue de résonner en fond.
— Toi, souffle-t-elle.
Je ferme les yeux.
— Bree…
— BREEEE ! s’époumone un jeune au loin.
Je sens une pointe de jalousie s’éveiller en moi.
— Qui est-ce ?
— Mon potentiel p******l.
— Pardon ?
— Jaloux ? me provoque-t-elle.
— Brianna…
La voix du jeune homme résonne une fois de plus au loin. Je serre le poing, la mâchoire crispée.
— J’arrive ! (S’adressant à moi, elle ajoute :) Je vais devoir te laisser, mon p******l s’impatiente.
— Tu n’as pas intérêt, je l’avertis.
— Sinon quoi ?
— Tu ne préfères pas savoir.
— Avant de menacer, tu ferais mieux de sauter dans ta voiture et me rejoindre rapidement. Ton rival embrasse aussi bien que toi, si ce n’est mieux. Alors je te laisse imaginer ce que ça peut donner au lit.
Un frisson désagréable me parcourt le long de l’échine tandis que des images de mon cauchemar me reviennent en mémoire. Elle l’a embrassé. Elle a embrassé un autre mec. Il s’en faut de peu pour que mon poing n’atterrisse dans le mur à côté de moi.
Sa voix résonne une fois de plus à travers le téléphone imitant le bruit des secondes qui s’écoulent.
— Attention Stanford, le pari s’impatiente.
Elle raccroche.
**
L’appel terminé, je sors du bureau en trombe et m’empresse d’aller récupérer quelques affaires à la va vite tout en géolocalisant le téléphone de Bree. Je peux sentir mon cœur tambouriner dans ma poitrine et mes tempes comme sur le point d’exploser de colère. Le sac sur l’épaule, je descends au salon. Mon père, Gladys et Cody se tournent vers moi.
— Il faut que j’aille retrouver Brianna. Je vous laisse Hayden. Je serai de retour dans la soirée.
— Rien de grave ? demande mon père.
J’ignore sa question et ajoute :
— Faîtes comme chez vous.
Sans un mot de plus, je fais demi-tour et regagne le parking. Je choisis ma voiture la plus rapide dans l’espoir d’arriver à Spring Valley avant que Brianna n’ait le temps de faire une connerie. Malgré mon pied sur l’accélérateur, le trajet me semble durer une éternité. Lorsque j’arrive enfin devant la maison de Fanny, deux heures se sont écoulées et ma colère n’est toujours pas retombée. Le moteur coupé, je saute de voiture claquant bruyamment ma portière au passage. Au loin, un chien aboie.
— Ta gueule ! je crie.
Je passe le portail de la maison et m’arrête devant la porte d’entrée contre laquelle je frappe de toutes mes forces. Les aboiements retentissent de plus belle.
— Brianna !
Mes coups se font plus forts, plus rapides. Je tambourine de toutes mes forces tout en criant son nom. À l’intérieur, quelqu’un allume des lumières. Quelques secondes après, la porte s’ouvre sur un monsieur d’une quarantaine d’années.
— Mais enfin, vous êtes…
Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase et force le passage. A l’étage, j’inspecte les chambres une par une, jusqu’à trouver ma fiancée à moitié somnolente sur un matelas gonflable. J’avance jusqu’à elle, le visage ferme et impassible. Une lueur surprise parcourt son regard.
— Qu’…
Je l’attrape par le bras et la force à se lever.
— Ramasse tes affaires, on s’en va.
— Hari…
— Maintenant !
Elle sursaute. Je ne la lâche pas du regard tandis qu’elle s’empresse d’enfiler ses chaussures et de rassembler ses affaires, avant de me suivre. Le père de Fanny claque la porte derrière nous. J’ouvre la portière arrière.
— Monte, je lui ordonne.
Elle hésite. Je la pousse à l’intérieur et m’installe à mon tour tout en prenant soin de fermer la voiture derrière moi.
— p****n de merde, c’était quoi ça ? peste-t-elle.
Je me tourne vers elle.
— C’était quoi…
Je l’attrape par la nuque et plaque mes lèvres contre les siennes. De ma main libre, je déboutonne mon pantalon que je fais glisser le long de mes jambes avant de l’enlacer. Je me détache de sa bouche, la respiration haletante.
— Tu m’as menacé d’aller voir ailleurs si je ne venais pas, alors me voilà. Maintenant… (Je rapproche ma bouche de son oreille. Mes doigts se referment sur son pantacourt que je lui retire d’un geste vif. Elle frémit :) Laisse-moi te prendre.
Je l’attrape par le poignet et la tire à moi. Elle se hisse et s’assoit sur mes jambes de manière à me chevaucher. Je glisse mon bras autour de sa taille, la soulève et la pénètre d’un puissant coup de rein tout en faisant pression contre son c******s. Son cri de plaisir emplit le petit habitacle autour de nous alors que je la prends et la caresse en même temps. Ses mains derrière ma nuque, elle se colle un peu plus contre moi.
Nos corps se mettent à onduler l’un contre l’autre dans des mouvements sensuels et fougueux. Mes râles se mêlent à ses gémissements. J’enfouis ma tête dans le creux de son cou où je mordille la peau avec ardeur. Elle rejette la tête en arrière, soupire d’extase. Mes coups de boutoir soulèvent son corps qui claque contre le mien. Je vais et viens, sans jamais ralentir jusqu’à é******r en elle tandis que son corps se tend entre mes bras, telle une poupée désarticulée.
Nos voix s’appellent à l’unisson. Je referme mes bras autour de son corps la maintenant fermement tout contre moi. Sa tête retombe contre mon torse. Son souffle tiède vient caresser la peau de mon cou. Les battements de son cœur ralentissent jusqu’à reprendre leur rythme normal. Elle bâille, cligne des yeux comme pour se forcer à rester éveillée.
Le sourire aux lèvres, je la tire de façon à l’allonger dos contre la banquette, mon corps au-dessus d’elle, un bras autour de sa taille. Mon regard ancré au sien, je m’immisce entre ses cuisses faisant pression contre son point sensible. Elle gémit.
Ma bouche proche de son oreille, je souffle :
— Laisse-moi te rappeler une chose… Je suis le seul à pouvoir te faire sentir comme ça.
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