Pour détendre l’atmosphère, Bella Dior proposa :
— Et si on faisait quelque chose ensemble ? Un jeu, un film, peu importe. Juste pour changer d’air.
Mais Lina déclina aussitôt :
— Non merci. Je suis fatiguée, je vais dormir.
Elle se leva sans attendre de réponse, le visage fermé, et quitta le salon pour se réfugier dans sa chambre.
Une fois seule, elle s’assit au bord de son lit, les pensées embrouillées. Un détail lui revenait en tête : le dessert qu’elle avait spécialement préparé pour Mourad la veille… qu’il n’avait même pas goûté. Un soupir lui échappa. Un mélange de déception et de résignation.
Mais très vite, elle se reprit. Ce n’est pas plus mal, pensa-t-elle. S’il l’avait mangé ce soir, c’est Jennah qui en aurait profité. Et ça, je ne l’aurais pas supporté.
Elle se coucha en silence, le regard tourné vers le plafond, incapable de trouver le sommeil.
De leur côté, Mourad et Jennah venaient d’arriver devant un restaurant d’un luxe discret mais éclatant. La devanture brillante, les lumières tamisées et l’accueil personnalisé donnaient l’impression d’être dans un film. Jennah, perchée sur ses talons, se sentait comme une star : tous les regards étaient pour elle du moins, elle l’imaginait.
Mourad s’approcha du maître d’hôtel et demanda une salle privée, souhaitant que ce dîner se déroule loin des regards indiscrets.
À peine installés dans l’espace VIP, Jennah sortit son téléphone. Elle prit quelques poses, filma la table décorée avec goût, et captura des bouts de conversation muette pour ses followers, affichant une vie qu’elle voulait parfaite.
Une fois leurs plats commandés, elle lança d’un ton provocant :
— Tu sais, si tu voulais de l’intimité, on aurait pu aller dans une chambre d’hôtel… C’est plus simple.
Mourad la regarda sans sourire.
— Je ne voulais pas que les gens te voient dans une tenue aussi dénudée. Ce n’est pas... convenable.
Jennah soupira.
— Tu exagères. J’ai juste voulu être sexy pour toi.
— Je comprends l’intention. Mais là, tu en fais trop, Jennah.
— Bon... changeons de sujet, j’ai pas envie de plomber la soirée, dit-elle en haussant les épaules.
Elle se pencha légèrement vers lui, le regard brillant :
— Dis-moi, qu’est-ce que tu aimes chez moi ?
Mourad esquissa un léger sourire, cherchant ses mots avec prudence. Jennah, elle, n’attendit pas sa réponse pour enchaîner :
— Moi, j’aime ton charisme. Ta prestance. Et surtout… j’aime que tu sois difficile à atteindre. Ça me motive encore plus.
Elle jouait avec la paille de son cocktail puis ajouta, mi-sérieuse, mi-joueuse :
— Je vais pas te mentir, Mourad. T’es exactement mon genre. Et je te veux. Si tu me choisis pas, je vais te harceler, je te préviens !
Elle rit à sa propre provocation, mais Mourad, lui, resta calme.
— Quand je dis non, c’est non, répondit-il simplement. Mais pour l’instant… je réfléchis.
Jennah sourit, persuadée qu’elle finirait par le faire flancher.
Du côté de la villa, le calme avait repris ses droits. Zaynab, privée de son téléphone, traînait autour de la piscine. Elle s’ennuyait profondément, ne trouvant rien d’assez stimulant pour occuper son esprit. Le silence l’irritait presque autant que les souvenirs de la journée.
À l’intérieur, Bella Dior et Khoudia étaient installées sur le grand canapé du salon, absorbées par une émission légère à la télévision. Le contraste entre leur calme et l’agitation intérieure de Zaynab était flagrant.
Pendant ce temps, après leur dîner, Jennah proposa à Mourad d’aller marcher au bord de la mer. Il accepta.
Ils avancèrent lentement sur le sable tiède, bercés par le bruit apaisant des vagues. Jennah marchait près de lui, collée à son bras comme une femme déjà conquise. Elle se sentait belle, chanceuse, et surtout privilégiée.
— On est bien là, non ? souffla-t-elle.
Elle sortit instinctivement son téléphone, mais lorsqu’elle vit le regard de Mourad, elle comprit qu’il n’approuvait pas. Elle rangea l’appareil sans protester, préférant ne pas gâcher le moment.
Puis elle s’arrêta net, se plaça face à lui et le regarda dans les yeux.
— Mourad… Je veux être ta femme. Tu sais, je t’avais déjà remarqué bien avant cette aventure. Une photo de toi avec tes associés a beaucoup tourné sur les réseaux. Comme beaucoup d’autres filles, j’ai craqué sans même te connaître en vrai.
Il resta silencieux un instant, puis répondit avec calme :
— La décision finale ne m’appartient pas totalement. Il y a un cadre, des attentes...
— Mais si tu veux quelqu’un, personne ne peut s’y opposer, non ? dit-elle en le fixant.
— C’est vrai. Mais je veux prendre le temps de vous connaître toutes avant de choisir. Je ne veux pas me précipiter.
Un court silence s’installa, puis Jennah se pencha légèrement, les lèvres prêtes à rencontrer celles de Mourad.
Mais il recula immédiatement, son regard dur.
— Ne recommence plus jamais ça, Jennah, dit-il d’un ton sec.
Déstabilisée, elle s’excusa aussitôt, un peu honteuse. Ils reprirent le chemin de la villa en silence.
Une fois arrivés à la villa, Mourad et Jennah entrèrent dans le salon. Khoudia s'était endormie devant la télé, la tête posée contre un coussin, tandis que Dior était encore éveillée.
— Alors ? demanda-t-elle en les voyant arriver. Comment s’est passée votre soirée ?
Jennah, radieuse, répondit immédiatement avec un sourire satisfait :
— C’était trop bien...
Pendant ce temps, Mourad aperçut une silhouette à travers la baie vitrée. Sans dire un mot, il sortit du salon et se dirigea vers la piscine.
Dehors, Zaynab était en train de nager. Elle l’avait remarqué, mais continua ses longueurs sans lui adresser un regard. Mourad resta là un moment à l’observer en silence.
Puis soudain, elle sortit de l’eau. Trempée, elle s’approcha de la chaise longue près de lui, attrapa une serviette et s’enroula dedans.
Mourad la fixait toujours.
— Pourquoi tu nages à cette heure-là ? lui demanda-t-il.
— Je m’ennuyais, répondit-elle en essorant ses cheveux. Tu m’as pris mon téléphone, tu te souviens ?
— Et c’est de ma faute ? répondit-il d’un ton sec. Tu joues les innocentes alors que t’as fait la p**e en parlant avec un autre homme pendant que t’étais avec ton prétendant.
Zaynab le regarda, choquée.
— Tu... Tu es vraiment insupportable. Et grossier, en plus de ça.
— Tu m’as poussé à bout, Zaynab, répliqua-t-il sans adoucir son ton.
Zaynab détourna le regard, blessée. Elle avait le cœur serré, mais ne voulait pas lui donner le plaisir de la voir abattue.
— Tu sais quoi ? T’as pas à me parler comme ça, souffla-t-elle en resserrant sa serviette contre elle. Si t’as un souci avec moi, t’as qu’à l’assumer clairement au lieu de m’humilier comme ça.
Mourad la fixa longuement, la mâchoire serrée. Il n’était pas habitué à ce qu’on lui tienne tête de cette façon, encore moins de la part d’une fille qu’il savait fière et souvent distante.
— Rentre, finit-il par dire. Il est tard.
Zaynab hocha la tête, puis s’éloigna sans rien ajouter, les pieds encore mouillés laissant des traces derrière elle. Elle monta directement dans sa chambre, sans croiser personne.
Mourad, lui, resta seul près de la piscine, le regard dans le vide.
Le lendemain matin, les prétendantes se retrouvèrent dans le jardin, autour de la table dressée près de la piscine pour le petit-déjeuner. L'ambiance était douce, mais une absence se fit vite remarquer. Mourad n’était pas là.
— Il est où, Mourad ? demanda Lina en observant les alentours.
— Peut-être qu’il dort encore, suggéra Khoudia, en versant du jus d’orange dans son verre.
— Non, répondit calmement Bella Dior. Il avait une réunion ce matin avec des associés. Il est déjà parti.
Les filles, rassurées, reprirent tranquillement leur repas. Toutes… sauf Zaynab, qui haussa les épaules, visiblement indifférente.
La conversation prit une autre tournure quand Khoudia lança, un sourire en coin :
— Et sinon Jennah, raconte-nous un peu ta soirée d’hier...
Jennah se redressa, fière, et commença à raconter les grandes lignes du dîner et de leur balade au bord de la mer. Puis elle ajouta, mystérieusement :
— Il s’est passé quelque chose, mais je préfère garder ça pour moi.
Son ton énigmatique piqua la curiosité de toutes, y compris celle de Zaynab, pourtant d’habitude peu concernée.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Khoudia, intriguée.
— Hmm... un petit truc, répondit Jennah en esquissant un sourire tout en jouant à la femme énigmatique.
— Tu mens, lâcha Lina, visiblement agacée. Il ne s’est rien passé du tout.
— Et toi, tu sais ça comment ? répliqua Jennah. Crois-moi, il s’est bien passé quelque chose.
Elle se mordilla légèrement la lèvre, accentuant le mystère. Lina fronça les sourcils, clairement jalouse. Khoudia, elle aussi, semblait troublée.
A suivre