Chapitre 7

1482 Words
Mourad ne put s’empêcher de sourire. Le constat était clair : le choix allait être un véritable casse-tête. — Humm… tu es très élégant ce soir, fit remarquer Khoudia avec un sourire discret. — Merci à vous, mesdames, vous êtes toutes resplendissantes. Il prit place à table, saluant les regards braqués sur lui. — Moi je ne comprends pas pourquoi vous êtes toutes aussi bien habillées, lança Bella Dior, malicieusement. On dirait que vous allez en soirée. Vous aviez prévu de sortir ce soir ou quoi ? — Non, pas du tout. Mais c’est notre toute première soirée avec Mourad… donc c’est normal qu’on ait voulu marquer le coup, répondit calmement Khoudia. — C’est vrai, reconnut Dior en souriant. En tout cas, vous êtes toutes magnifiques. Et toi, mon frère, toujours aussi charmant. — Merci, ma princesse, répondit Mourad avec un clin d’œil complice. La tension semblait légère, mais derrière les sourires polis, il sentait déjà les rivalités silencieuses s’installer. — Mourad, est-ce qu’on pourra faire une petite sortie tous les cinq ? demanda Jennah d’un ton enjoué. — Et vous aimeriez aller où ? répondit-il en les observant toutes les quatre. — Moi je dirais un restaurant, proposa Khoudia avec douceur. — Et moi une boîte de nuit, lança Jennah en souriant largement. — On fera les deux… mais seulement si vous êtes sages, répondit-il avec un sourire malicieux. — Oh les filles, vous avez entendu ? On a intérêt à bien se tenir si on veut sortir ! s'exclama Jennah. — Aucun souci, répondit Khoudia aussitôt. On saura se comporter. Toutes semblaient réjouies, sauf Zaynab. Elle esquissa un petit sourire, un peu nerveux. Mourad le remarqua tout de suite. — Qu’est-ce qui te fait sourire comme ça, Zaynab ? demanda-t-il. — Je n’ai plus le droit de sourire maintenant ? répliqua-t-elle sèchement. — Bien sûr que si, mais je suis curieux… là, je ne vois pas ce qu’il y a de drôle. — Tu veux vraiment savoir ? lui lança-t-elle. — Oui. — Eh bien, j’ai l’impression que tu nous traites comme des gamines. Il faut être sages pour avoir droit à une sortie ? Tu es sérieux ? — Oh non… Encore toi, Zaynab. Tu deviens pénible à la longue, soupira Jennah en levant les yeux au ciel. — Désolée d’avoir dit tout haut ce que tout le monde pense, Jennah, répliqua Zaynab d’un ton sec. — C’était juste une petite blague, ma belle. Redescends un peu, tenta de temporiser Khoudia. — Ok, ça suffit. Je parlais à Mourad, pas à vous, s’emporta Zaynab en fusillant les autres du regard. Mourad préféra se taire. Il savait qu’entrer dans ce genre de débat ne mènerait à rien. Zaynab avait un caractère explosif, et elle détestait qu’on lui donne des ordres, même déguisés en plaisanterie. Elle ressemblait à ces filles trop gâtées, habituées à ce qu’on plie devant leurs humeurs. Le dîner se déroula malgré tout dans une ambiance globalement agréable. Le repas était délicieux, le chef de la villa avait su impressionner tout le monde. Une fois terminé, Mourad invita les prétendantes dans le salon. Ils trinquèrent ensemble pour célébrer leur première soirée à Qatar. Toutes sauf Zaynab. Elle préféra se retirer dans sa chambre. Pour clore cette première soirée dans la villa, les prétendantes et Mourad avaient organisé une petite fête en toute intimité. Musique douce, lumière tamisée, quelques rafraîchissements… L’ambiance était détendue. Jennah profita d’un moment où tout le monde était occupé à discuter pour s’approcher de Mourad et l’isoler un peu. Elle voulait ce moment rien qu’à eux. Elle l’attrapa doucement par la manche. — Mourad, tu peux venir un instant ? J’aimerais te parler. Il la suivit sans hésitation, curieux de ce qu’elle avait à lui dire. — Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il une fois à l’écart, dans un coin du jardin. — Rien de grave, rassure-toi. Je voulais simplement qu’on discute un peu, juste tous les deux, dit-elle d’une voix douce. — Tu veux parler de quoi ? — De toi. J’ai envie d’en apprendre plus, de mieux te connaître. Tu sais, Mourad… tu comptes déjà beaucoup pour moi. Il fronça légèrement les sourcils, surpris. — Ah bon ? — Oui, ça t’étonne ? — Disons qu’on se connaît depuis quoi… deux ou trois jours à peine ? répondit-il, sceptique. — Les sentiments ne se commandent pas, répliqua-t-elle en haussant légèrement les épaules. — C’est vrai. Bon, vas-y, qu’est-ce que tu veux savoir ? — Quel est ton type de femme ? — Honnêtement ? — Oui, répondit-elle avec un sourire charmeur. — Je ne sais pas trop. Je n’ai pas eu beaucoup de relations sérieuses. Mais une chose est sûre : je ne supporte pas les filles capricieuses ou au caractère toxique. — Comme Zaynab ? lâcha-t-elle du tac au tac. — Tu penses qu’elle est comme ça ? — Tout le monde le voit. Depuis le début, elle passe son temps à se plaindre, à appeler ses parents, à dire qu’elle veut rentrer à Dubaï. Elle ne cache même pas que tu ne l’intéresses pas vraiment. Elle l’a dit elle-même : elle est là uniquement parce que son oncle l’a forcée. Mourad resta silencieux, absorbant l’information sans la commenter. — Même Khoudia, elle fait genre elle t’apprécie, mais je ne suis pas convaincue. Elles veulent juste ce que tu représentes. Moi, ce que je ressens, c’est sincère. Il l’observa sans la couper. — Tu m’apprends des choses, répondit-il calmement. — Mourad, je t’aime. Et je veux ce qu’il y a de mieux pour toi. Je suis la femme qu’il te faut, crois-moi. — J’ai hâte d’en apprendre davantage sur chacune d’entre vous. Jennah posa une main légère sur son bras et lui adressa un clin d’œil. — Tu verras. Je suis bien plus qu’un joli visage. Je suis tout ce que tu cherches, même si tu ne le sais pas encore. Mourad la regarda partir avec assurance. Il aimait cette confiance qu’elle dégageait. Elle savait ce qu’elle voulait, et elle le voulait lui. Ce séjour au Qatar s’annonçait mouvementé. Cette conversation en aparté avec Jennah avait permis à Mourad de cerner un peu mieux sa personnalité. Il commençait à distinguer certaines dynamiques entre les prétendantes. Mais il était tard, et la fatigue commençait à se faire sentir. — Je crois qu’on devrait aller se coucher, demain une nouvelle journée nous attend, dit-il. — Oui… même si avec toi, je ne ressens aucune fatigue, répondit Jennah avec un sourire enjôleur. — Ah ouais ? Mourad se leva et tendit naturellement la main pour l’aider à se relever. Ils prirent ensuite le couloir ensemble, d’un pas tranquille. Arrivés devant la chambre de Jennah, elle le serra brièvement dans ses bras. Un geste surprenant, légèrement déplacé. — Bonne nuit, Mourad, souffla-t-elle en le regardant intensément. — Bonne nuit, Jennah, répondit-il simplement, avant de se détourner. Elle avait ce charme calculé, cette manière de séduire qui l’intriguait. Mourad sentait qu’elle n’était pas là pour perdre son temps. Il avait envie de percer ce mystère. Alors qu’il s’apprêtait à entrer dans sa chambre, une impulsion le traversa. Il changea de direction et se dirigea sans réfléchir vers celle de Zaynab. En entrant, il la trouva allongée sur son lit, absorbée par son téléphone. Lorsqu’elle le vit, elle se redressa immédiatement, visiblement surprise. Il referma calmement la porte derrière lui. — Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle, sur la défensive. — Il faut vraiment que tu changes ta façon de me parler, Zaynab. Je ne vais pas tolérer longtemps ton manque de maturité. — Si tu n’es pas content, tu dégages de ma chambre. J’en ai marre de vous tous, déclara-t-elle avec agacement. — Qu’est-ce qui te rend aussi aigrie ? demanda-t-il, essayant de garder son calme. — Je ne suis pas aigrie. — Alors pourquoi tu agis comme ça ? — Parce que je suis comme ça avec les gens que je n’aime pas. Son ton, tranchant, laissait peu de place à l’interprétation. Mourad restait interdit. Il se demandait si elle était simplement mal élevée ou profondément blessée. — Tu veux dire que tu ne m’aimes pas ? demanda-t-il, les sourcils froncés. — Tu ne l’avais pas deviné ? Écoute-moi bien : je suis ici parce que mon oncle m’a forcée. Je me fiche totalement de toi. J’aime déjà quelqu’un d’autre. — Sauf que tu ne pourras pas être avec lui, Zaynab. Tu le sais aussi bien que moi. C’est moi… ou tu deviens la seconde épouse d’un homme de 80 ans, imposé par ta famille. Elle le fixa, l’air furieuse. Mais au fond d’elle, elle savait qu’il disait la vérité. — Tu ressembles à un gamin arrogant, mal éduqué. Je plains tes parents. Mourad sentit la colère monter. — Moi aussi, je plains les tiens, d’avoir une fille aussi insolente. Cette joute verbale l’avait profondément agacé. Il n’aimait ni le ton ni les propos. A suivre...
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