Bella Dior observait Khoudia avec attention. Cette dernière semblait résolue à dénicher la moindre chose qu’elle pourrait avoir en commun avec Mourad. Sa détermination était presque amusante.
— Et toi, Zaynab, tu aimes les chiens ? demanda Bella Dior en se tournant vers elle.
— Non, c’est ma phobie, répondit Zaynab sans lever les yeux de son téléphone.
— Ah bon ? Pourquoi donc ? s’enquit Bella Dior, un brin curieuse.
— Je ne sais pas, Dior, mais je ne supporte pas quand les chiens sont trop proches de moi, avoua-t-elle calmement.
— Et si mon frère te choisissait et qu’il décidait d’en adopter un ? relança-t-elle.
Bella Dior n’en perdait pas une miette. Zaynab l’intriguait de plus en plus. Elle donnait l’impression de se dévoiler avec parcimonie, comme si elle pesait chaque mot. Mais Bella comptait bien creuser un peu plus.
— Moi, je serais ravie ! s'exclama Khoudia en souriant.
— D’accord, Khoudia, mais la question était pour Zaynab, insista Bella Dior. Alors, Zaynab ?
— Tant que le chien reste en cage, il n’y aura aucun problème. Mais je n’accepterai jamais qu’il se promène près de moi, répondit-elle avec assurance.
— Ok, répondit simplement Bella Dior.
Elle ne pouvait s’empêcher de la juger intérieurement. Pour elle, Zaynab incarnait parfaitement l’image de la fille pourrie gâtée, exactement ce que Mourad détestait chez une femme. À ses yeux, elle semblait déjà occuper la dernière place. Elle-même misait davantage sur Khoudia, mais préférait rester neutre. Hors de question de la pousser à prendre trop confiance.
Au même moment, Jennah fit son entrée dans le salon, vêtue d’un maillot de bain un peu trop audacieux pour une simple fin d’après-midi. Elle lança d’un ton enjoué :
— Dior, tu viens ? On va se baigner.
— Non merci, je suis trop fatiguée pour nager, répondit calmement Bella Dior.
Elle trouvait cela un peu précipité. À peine venaient-elles de poser leurs valises que Jennah pensait déjà à la piscine. Décidément, cette fille ne perdait pas de temps.
— Tant pis. Quelqu’un d’autre veut venir avec moi ? demanda Jennah en balayant la pièce du regard.
— Moi, répondit Zaynab en se levant sans hésiter.
— Parfait. Je t’attends dans le jardin, lança Jennah avant de quitter la pièce.
Zaynab la suivit peu après, sans un mot de plus. De son côté, Khoudia restait concentrée sur son documentaire animalier, visiblement peu intéressée par les éclaboussures ou les jeux dans l’eau.
Soudain, des éclats de rire retentirent depuis le jardin. Les voix des filles se faisaient entendre jusque dans le salon. Khoudia fronça les sourcils, visiblement agacée.
— C’est impossible de suivre le documentaire avec tout ce vacarme ! lança-t-elle, furieuse.
— Désolée ma belle, murmura Bella Dior, un peu gênée.
Sans attendre, Khoudia se leva brusquement.
— Je reviens, je vais leur demander de baisser le ton, annonça-t-elle.
Mais alors qu’elle s’apprêtait à franchir la porte, elle tomba nez à nez avec Mourad. Il portait un short et une serviette posée sur l’épaule, manifestement prêt à rejoindre la piscine.
— Mourad ! Tu m’as fait peur, dit-elle en sursautant.
— Désolé, répondit-il avec un sourire.
— Ce n’est rien... Où vas-tu comme ça ? demanda-t-elle aussitôt.
— Le bruit des filles m’a réveillé, alors j’ai décidé d’aller me baigner avec elles, expliqua-t-il simplement.
— Ah... d’accord.
— Et toi, tu allais où avec cet air pressé ? l’interrogea-t-il à son tour.
— Euh... je... j’allais me changer. Je vais aussi me baigner, répondit-elle précipitamment.
— Parfait, rejoins-nous là-bas alors.
— Oui, j’arrive tout de suite, répondit-elle avant de s’éclipser rapidement.
Mourad s’avança ensuite vers Bella Dior, qui ne put retenir un petit rire amusé.
— Pourquoi tu ris ? demanda-t-il, intrigué.
— Parce qu’elle t’a menti.
— Sérieux ?
— Oui, elle allait justement sortir pour dire aux filles de faire moins de bruit, parce que leur vacarme l’empêchait de suivre son documentaire. Mais dès qu’elle t’a vu, elle a changé d’avis.
Mourad éclata de rire à son tour.
— Genre, elles changent toutes leur discours pour me plaire.
— Exactement. Des suiveuses. Bon courage à toi, franchement, je ne sais pas comment tu vas faire avec elles, conclut Bella Dior avec un petit sourire.
— Ne t’en fais pas, je gère, lança-t-il en partant vers la piscine.
Bella Dior éteignit la télévision, puis monta s’allonger dans sa chambre, un léger sourire au coin des lèvres.
Mourad rejoignit les filles au bord de la piscine. À peine l’aperçurent-elles que Jennah sortit prestement de l’eau pour venir à sa rencontre. Son bikini était aussi audacieux que son attitude : elle semblait clairement vouloir attirer son attention.
— Mourad, tu viens nager ? demanda-t-elle d’un ton enjôleur.
— Exactement, répondit-il simplement.
Sans attendre, elle lui attrapa le bras et le poussa sans ménagement dans la piscine. Il eut tout juste le temps de jeter sa serviette sur une chaise longue pour éviter qu’elle ne soit trempée.
— Mais qu’est-ce qui te prend ? lâcha-t-il, surpris par son geste.
— Désolée, mon beau, répondit-elle en souriant avec insistance.
Elle ne semblait même pas remarquer qu’il n’avait pas apprécié son initiative. Il soupira intérieurement et commença à nager pour se détendre. Quelques minutes plus tard, Jennah revint vers lui et passa ses bras autour de ses épaules. Il la tenait par les hanches, sans grand enthousiasme.
Zaynab, elle, faisait des allers-retours tranquilles dans l’eau, sans un mot, mais le regard fixé sur eux.
— Tu es tellement craquant, Mourad, murmura Jennah à son oreille.
À ce moment précis, Khoudia fit son entrée dans la piscine. Elle portait un bikini élégant qui soulignait sa silhouette. Son arrivée ne passa pas inaperçue. Elle plongea directement et nagea jusqu’à eux.
— Que faites-vous ? demanda-t-elle en les rejoignant.
— Et en quoi ça te regarde ? répliqua sèchement Jennah.
— Ce n’était qu’une question, pas une attaque, répondit calmement Khoudia.
— Les filles, s’il vous plaît, pas de dispute, intervint Mourad.
À peine avait-il fini de parler que Zaynab sortit de l’eau, visiblement agacée.
— Où tu vas, chérie ? lança Jennah avec un faux air innocent.
— Je préfère monter. Ce que je vois ici ne me plaît pas, répondit Zaynab sans se retourner.
— Tu serais pas un peu jalouse, par hasard ? ricana Jennah.
— Moi ? Jalouse de quoi ? Franchement… Allez, ciao, conclut Zaynab avant de disparaître à l’intérieur.
Mourad suivit des yeux sa démarche assurée. Toutes ces femmes étaient splendides… mais il se rappelait que la beauté ne faisait pas tout. Heureusement que son choix ne se limitait pas à l’apparence, sinon il les aurait toutes prises.
— Elle a toujours cet air hautain, c’est insupportable, commenta Jennah en roulant des yeux.
Ils continuèrent à profiter de la piscine jusqu’à la tombée de la nuit, puis chacun monta se préparer pour le dîner.
La nuit était tombée. Zaynab venait d’enfiler sa tenue pour le dîner prévu ce soir-là. Malgré les apparences, son cœur n’y était pas. Depuis leur arrivée, elle se forçait à jouer le jeu, mais au fond, une seule envie la tenaillait : partir.
Elle avait déjà du mal à supporter les autres prétendantes. Tout sonnait faux, tout transpirait la stratégie. Chacune semblait prête à tout pour séduire Mourad. Cette course à l’affection lui donnait la nausée. Ce n’était pas du tout son monde.
Et Mourad… elle ne savait plus quoi penser de lui. Elle l’avait cru posé, réfléchi, peut-être même mature. Mais elle s’était trompée. Aux yeux de Zaynab, il se comportait comme un opportuniste, un homme qui se délectait de l’attention qu’on lui portait. Elle était persuadée que, sitôt ce séjour terminé, il n’hésiterait pas à profiter de chacune de ses prétendantes.
Elle poussa un long soupir, cherchant à se recentrer avant de rejoindre la salle à manger. Elle sentait déjà que ce repas serait un nouveau moment désagréable à traverser.
En entrant dans la pièce, toutes les filles étaient déjà là, même Bella Dior. Seul Mourad manquait à l’appel. Elle afficha un sourire de façade et lança :
— Coucou les filles, vous êtes magnifiques ce soir.
Elles répondirent toutes par un "merci", à tour de rôle, mais aucune ne prit la peine de lui retourner le compliment. Sauf Dior, fidèle à sa douceur :
— Merci, tu es très jolie toi aussi, Zaynab.
— Merci ma belle, répondit-elle avec sincérité.
Jennah, elle, la dévisageait de haut en bas. Zaynab ne comprenait toujours pas cette fille. Un jour gentille, l’autre jour froide, presque agressive… Cette instabilité l’agaçait profondément.
Lorsqu’il entra dans la salle à manger, Mourad balaya la pièce du regard. Toutes les prétendantes étaient déjà installées, chacune plus apprêtée que l’autre. Robes élégantes, maquillages soignés, coiffures impeccables…
A suivre