Chapitre 3.

2482 Words
AZHAR Je suis douloureusement tiré de mon sommeil par mon téléphone qui sonne. Je soupir, le visage dans l'oreiller et fourre ma main dans ma poche pour le retirer. C'est le collège qu'appelle. Je décroche. - allô ? Surveillante - Monsieur Lasri ? - ouais ? Surveillante - c'est Azhar ? Je décale ma tête pour libérer ma bouche. - p****n ouais Surveillante - pourquoi vous n'êtes pas en cours ? Je peux parler avec ton responsable ? - j'suis pas en cours parce que j'suis en train de dormir et y'a personne chez moi avec qui tu peux parler Surveillante - je vous attends dans le bureau du cpe ! - pourquoi wesh ? Surveillante - parce que vous n'êtes pas en cours alors que vous sensé y être ! - crie pas s'te plaît j'viens de me réveiller Surveillante - vous avez une heure Puis elle raccroche. Je baille en me recalant correctement dans mon lit. Il est 8h30, hors de question que je me lève à cette heure. Je suis même trop claqué pour me lever tout court. La lumière de dehors filtre mes volets pour venir éclairer légèrement l'obscurité de ma chambre. Je passe mon pouce sur ma lèvre qui me paraît enflé. p****n j'ai trop mal. La porte de ma chambre s'ouvre. Je lève les yeux pour voir ma mère ranger mes vêtements repassés dans mon armoire. Elle sort en silence et referme ma porte. Si je me bouge pas pour aller en cours c'est elle qui va avoir des problèmes. L'assistante sociale la menace déjà de lui retirer la garde de Nabil et moi. Comme elle est suicidaire, elle a pas le droit de nous garder mais impo on s'éloigne d'elle. Ça fait que l'assistante sociale est toujours sur notre dos. Si je vais pas en cours ou que j'ai des problèmes avec la justice, elle m'enlevera de la garde de ma mère. J'essaye de me tenir à carreaux. J'évite les flics et les embrouilles. Juste une seconde en gardav' et c'est finit pour nous. Faut que je me lève et que j'aille en cours p****n. Je force sur mes bras endolori et me lève. Je vais à la salle de bain prendre une douche. Je ressors avec une serviette autour de la taille puis vais prendre mon petit déjeuner dans la cuisine. Je me sers un verre de lait parce que ma mère déteste qu'on boit à la bouteille et le boit en regardant dehors. Il fait grave beau et y'a du monde au quartier de bon matin. Je file m'habiller dans ma chambre. J'enfile un jeans, un polo rouge et enfonce ma caquette dans ma tête. Je prends mon sac de cours et sors de ma chambre. Ma mère est assise dans le salon en train de couper les pommes de terre. Je la regarde un moment puis vais mettre mes chaussures. Je quitte l'appart sans dire un mot. À peine le pied posé dehors que je m'allume une clope. Je recrache la fumée et marche jusqu'à l'arrêt mais je m'arrête quand j'aperçois une C63 arrivée sur moi. Elle s'arrête à mes pieds et la fenêtre passager se baisse. Je vis F au volant dans un p****n de beau costume. F - holà niño - holà F - où est-ce que tu vas ? - en cours F - c'est pas un peu trop tard là ? - j'ai pas le choix F - tu t'es battu ? - mon oncle m'a allumé F - il est venu - ouais. Comment tu sais ? F - il m'a appelé, il cherche après Pallocino - t'as pas parlé j'espère F - je t'ai dis que je dirais rien, ça reste qu'entre nous tu peux me faire confiance quand même - t'es le meilleur pote de mon père, tu comprends que je me méfie F - faut pas mon petit. Je suis là pour vous protéger sache-le - j'ai pas besoin qu'on me protège et je m'occupe déjà de ma famille F - ouais... Comment va ta mère ? - je sais pas F - tu veux que je passes la voir ? Je fronce les sourcils. - reste tranquille. Pourquoi tu veux passer la voir ? F - peut-être que ça te rassurerai - nan, laisse la tranquille. Je veux pas que tu l'approche, ni elle ni mon frère F - ça va calme-toi. Vas-y monte, je te conduis en cours Je jette ma clope et monte à bord de sa nouvelle voiture. - t'en a fais quoi de l'autre ? F - je l'ai brûlé. Elle était pas assuré J'acquiesce. On arrive au collège, F me pose et se taille. J'entre et vais directement dans le bureau du cpe. J'en ressors avec deux heures de colle p****n. Je monte dans ma salle de cours et toque. Prof - entrez J'ouvre la porte et entre. Je donne le bout de papier que m'a fait le cpe à mon prof. Il le lit puis me fait signe d'aller m'asseoir. Je cherche Neyla du regard et la vit dans une table seule au fond de la classe. Je vais m'asseoir à ses côtés comme un automatisme. Elle relève la tête pour me regarder m'installer. Prof - votre casquette s'il vous plaît Je la retire en passant ma main dans mes cheveux. Le prof se lève, les sourcils froncés et vient vers moi. Prof - qu'est-ce qu'il s'est passé ? Merde, mon visage. - je suis tombé des escaliers Prof - vous voulez aller à l'infirmerie ? - nan tranquille Il tourne le regard vers ma camarade. Prof - Neyla vous pouvez lui donner le cours ? Neyla - oui bien sûr Il retourne à son bureau. Je regarde Neyla qui sort son cahier et l'ouvre à la bonne page. p****n ils ont écrits deux pages de cours. Je la vois retourner à ses exercices. Je regarde le reste de la classe, ils sont tous silencieux en train de taffer sauf deux personnes. Aymane et Adnane. Ces deux zgegs étaient en train de rire comme des porcs. Heureusement qu'ils sont au fond de la classe parce que le prof a pas l'air de les entendre. Je repose mon regard sur Neyla. Ses cheveux tombaient devant elle et ça m'empêchait de voir son visage. - tu peux m'expliquer le cours s'te plaît ? Elle relève la tête en balançant ses cheveux en arrière et me regarde dans les yeux. Neyla - t'as pas compris ? J'ai même pas lu. - ouais Elle se tourne un peu plus vers moi et reprend son cahier. Elle commence à jacasser mais je l'écoute pas. Je vois juste ses lèvres bouger et j'entends sa voix. Je suis figé sur son jolie visage. Elle est douce, belle et intelligente. Elle est tout ce que je mérite pas. Elle est l'interdiction. Le fruit défendu. La seule femme que je m'étais juré de laisser tranquille. Je devrais pas l'approcher mais je peux pas résister. Elle m'attire vers elle comme un aimant. Je me sens bien près d'elle. Neyla - tu ne m'écoute pas... Elle a un petit sourire en coin et j'acquiesce sans dégager une seule émotion. Neyla - comment veux-tu que je te fasse comprendre si tu ne m'écoute pas ? Je hausse des épaules sans la quitter des yeux. Elle est sacrément belle. p****n, elle est réel ? Est-ce que je suis le seul à voir ? Je suis le seul à ressentir tout ce qu'elle dégage ? Je remarque qu'elle a baissé les yeux, sûrement gênée par mon regard beaucoup trop intense. Je suis en train de me perdre. ? - Oh Azhar ? Je tourne la tête vers Aymane et Adnane qui sont venus à ma table. Aymane - oh t'es au courant pour ce matin ? - ce matin ? Adnane - ton frère s'est fait taper Je fronce les sourcils. - comment ça il s'est fait taper ?? J'ai haussé la voix. Adnane - doucement frère tu vas alerter le prof - je m'en bats les couilles ! Il s'est tapé avec qui ? Aymane - avec Walid Je serre la mâchoire. Il s'est encore battu avec ce pd et je suis sûr que c'est pour cette p**e d'Anaïs. Aymane - et il veut le retaper à 12h - je vais l'e*****r ! Je serre les poings comme never. J'ai tellement les nerfs que je me retiens d'aller n****r cette p**e de Walid. Je regarde Lila. La meilleure pote d'Anaïs. Elle est en train de travailler. Même elle j'ai envie de la soulever. Je lève la main brutalement pour interpeller le prof. Prof - oui ? - finalement je veux bien aller à l'infirmerie Prof - d'accord. Qui veut l'accompagner ? - Lila va m'accompagner Je me lève et me dirige vers elle. Je lui retire le crayon des mains alors qu'elle me regarde mi-terrifiée mi-choquée. - bouge-toi Elle se débat même pas alors que je la tiens fermement par le bras. Prof - doucement voyons ! - c'est que je suis pressé Je sors de la classe en entraînant Lila avec moi. Lila - j'ai fais quoi ? - t'as cinq secondes pour m'expliquer ce qui s'est passé ce matin Je la tire par le bras. Lila - tu me fais mal ! - trois secondes ! Lila - ok ok ! Y'a Nabil qui est venu parler avec Anaïs pour un truc et ça a pas plut à Walid alors il est arrivé et a frappé Nabil. C'est parti en boucan c'est tout - c'est tout ? Je vais t'arracher tes extensions pauvre conne ! Je la pousse contre le mur et la fusille du regard. - envoie un message à ta pote et dit lui de sortir de cours maintenant Je fais de même avec Nabil. - t'as le numéro à Walid ? Lila - ouais - envoie lui un message aussi Lila - je pourrais retourner en cours après ? - nan, avance Elle avance devant moi et je la suit jusqu'au fond de la cour. Personne peut nous voir d'ici. Nabil arrive le premier. Dès qu'il me voit en compagnie de Lila, il s'arrête. Je m'avance vers lui et lui prend la tête entre mes mains pour constater les dégâts. Y'a rien. Tant mieux. Je souffle de soulagement sous son regard triste. - je t'avais dis d'arrêter de zoner autour d'elle frère, c'est une meuf à problème Nabil - j'y peux rien. Tout me ramène à elle Il est piqué je le sais mais bordel il s'attire que des problèmes avec elle. - laisse tomber pour de vrai Nabil, je rigole pas Il acquiesce. Je lui tape les joues puis le lâche. - retourne en cours Nabil - il veut qu'on se tape à 12h - je vais arranger ça, je suis là pour ça Il acquiesce une seconde fois et fait demi-tour. Je prie pour pas qu'il croise Anaïs sur le chemin. Cinq minutes après on attend toujours. Lila - elle dit qu'elle peut pas sortir - dit lui qu'elle a intérêt d'être là dans les prochaines cinq minutes sinon j'viens la chercher par les cheveux Lila - dac. Et Walid il arrive là Elle pointe devant nous du doigt. Je lève la tête et vois l'autre pd avancer avec une démarche de tapette. Je me détache du mur en attendant qu'il approche plus pour le choper. Cinq mètres et je fonce sur lui. Je le tiens par le cou. - donc toi, tu frappes mon frère et tu veux remettre ça à 12h ? Walid - il cherche l'embrouille ! Je ris de nerfs. - je vais t'exploser Walid, je vais te faire du sale Je reserre ma prise autour de son cou. - menace ou frappe encore mon frère et c'est moi qui te tombe dessus, tu piges ? Je te ferais le pire des massacres Walid parce que je vois que tu fais un peu le barbot depuis que tu te tapes des meufs Walid - rien à voir - approche, parle ou même regarde mon p'tit et tu sais ce qu'il t'arrivera. Je préviens une fois pas deux Il acquiesce et je le relâche. - tire-toi maintenant Il se tire sans se retourner une seule fois. J'espère qu'il a comprit, je rigole pas. Je n***e tout pour ma famille, bats les couilles des conséquences. Lila - elle me répond pas. On peut retourner en cours ? - appelle la Lila - elle me répond pas par message tu crois qu'elle décrochera à mon appel ? - on va la chercher. Elle est dans quelle salle ? Lila - t'es sérieux ? - ouais ! Elle passe devant moi et je la suit. On entre dans le bâtiment et on tombe nez à nez avec Anaïs. Quand elle me voit, elle comprend de suite. Anaïs - je vais t'expliquer - je t'avais dis quoi Anaïs ? Anaïs - écoute... - répond à ma question Anaïs - de plus m'approcher de lui. Mais c'est lui qu'est venu me parler, je lui ai dit plusieurs fois de partir avant que Walid arrive - tu le fait espérer ! Anaïs - nan c'est faux - me prend pas pour un c*n, j'vais te briser ! Anaïs - j'ai envie de me mettre avec lui Azhar, je l'aime. C'est pas des blagues Je ris. C'est une comique cette fille bordel. - va te faire foutre et bien profondément s****e ! Tu peux baratiner qui tu veux j'en ai rien à foutre mais pas mon refton Ses yeux sont suppliant. Anaïs - je suis sincère Je la chope par les cheveux. Elle grimace mais ne se débat pas. - le fait pas espérer je t'ai dis ! Garde tes sentiments pour toi et ne zone plus autour de lui. Elle continue de me supplier du regard. Mais je vais la briser. - tu lui niquera pas le cœur Anaïs - wallah que j'en ai pas l'intention - ta gueule, ta gueule, ta gueule ! Anaïs - Azhar... - tu sais que je vais te n****r ? Elle baisse les yeux. - me zehef pas plus Anaïs. Si j'entends... Anaïs - t'entendra rien Je la regarde longtemps puis acquiesce avant de la relâcher. - vaut mieux pour toi Lila s'empresse de la prendre dans ses bras. Je le sépare et pousse Lila vers la sortie du bâtiment. - bouge-toi, on y va On laisse Anaïs et on retourne en cours. La sonnerie retentit avant qu'on rejoigne nos places. Je regarde Neyla s'empresser de ranger ses affaires et elle se tire sans m'adresser un seul regard ou un seul mot. Je regarde Aymane et Adnane qui passe par ma rangée pour se tirer. - eh, elle a quoi ? Aymane me regarde. Aymane - elle a levée la main pour t'accompagner Cette révélation me coupe le souffle et fait bondir mon cœur exactement comme quand elle me sourit.
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