Banks présent
Le claquement d’un volet la réveille brusquement. Banks ouvre les yeux, un peu désorientée.
Elle est dans son lit, chez elle. Encore un de ces rêves… ou plutôt un souvenir en habits de rêve.
Elle se frotte les yeux, grogne doucement. Une odeur de café flotte dans l’air, et à travers la fenêtre entrouverte, elle entend des rires.
Curieuse, elle se lève, enfile un short et un t-shirt, puis descend pieds nus dans le jardin. Ce qu’elle découvre la fait froncer les sourcils.
Autour de la table du petit déjeuner, ses parents discutent tranquillement avec… Mr et Mme Greys.
— Qu’est-ce que… ? Vous déjà là ?
dit Banks avec un demi sourire.
Mme Greys se tourne vers elle, sourire chaleureux aux lèvres.
— Banks ! Toujours aussi ravissante, ça fait longtemps chérie. Viens t’asseoir, on t’a gardé du pain grillé.
--oui, c'est vrai je prévoyais passer aujourd'hui....
--eh bien, nous t'avons devancé..
intervient Mr greys
Elle s’assoit, . Son père lui verse du jus d’orange comme si tout était parfaitement normal.
— On parlait justement de toi, glisse sa mère.
— Très bien, j’aime ce genre d’introduction, réplique Banks en croquant dans une tartine.
Mr Greys rit.
— Toujours aussi directe.
— Allez, arrêtez de tourner autour du pot. Qu’est-ce que j’ai encore fait ?
— Rien, assure sa mère. C’est plutôt ce que tu vas faire.
— Et ça ne m’inquiéter, dit-elle en posant lentement son verre.
Mme Greys croise les bras, l’air détendu.
— Tu sais que comme chaque année, on part en croisière avec la famille de Ways.
— Oui, soupire Banks. Le grand rituel des riches qui veulent se ressourcer à Dubaï ou à Bali.
— Cette fois, ce sera la Grèce, précise Mr Greys, ravi.
Banks hausse les épaules.
— Tant mieux pour vous. Bonnes vacances.
Son père échange un regard complice avec Mme Greys.
— Justement, comme d’habitude, on a prévu que vous restiez à la maison avec Troy et ray.
Banks s’étouffe presque avec sa tartine.
— Attendez… quoi ? Encore ? Mais j’ai vingt ans maintenant ! Je peux rester seule. J’ai même une alarme, des caméras, et un chat. Je suis parfaitement capable de survivre une semaine sans surveillance parentale !
— Ce n’est pas une question de capacité, dit sa mère, douce mais ferme. C’est une question de tradition. Et de sécurité.
— Et puis, ça vous fait du bien de vous retrouver entre jeunes, ajoute Mme Greys. Vous avez grandi ensemble, après tout.
Banks roule des yeux.
— Sauf que je ne suis plus une gamine. Et surtout, j’ai pas envie de supporter Promise et ses tentatives de séduction ridicules devant Troy.
Son père tente de masquer un sourire amusé.
— Elle n’a pas changé, hein ?
— Elle est même pire, marmonne Banks.
— Ce sera une semaine, coupe Mme Greys. Et après ça, tu pourras faire tout ce que tu veux, d’accord ?
Banks croise les bras, boudeuse.
— J’ai pas le choix, hein ?
— Pas vraiment, admet son père.
Elle soupire longuement, puis se lève, résignée.
— Très bien. Mais je préviens : si je finis par enterrer quelqu’un dans le jardin, ce sera pas de ma faute.
— Tant que ce n’est pas Troy, répond Mr Greys en riant.
Banks esquisse un sourire. À peine.
Mais au fond d’elle, quelque chose lui dit que cette semaine ne va pas ressembler aux précédentes.
Et ça, c’est ce qui l’inquiète le plus.
Quelques jours plus tard :
Troy – Présent
Je traîne des pieds dans le couloir, un verre de whisky à la main, l’air de celui qu’on envoie en camp disciplinaire. Et d’une certaine façon, c’est exactement ce que c’est.
—cette fois ci, il est question d'une semaine.
Je pousse la porte du living room avec mauvaise volonté. Ray, quant à lui, est parfaitement serein. Lui, il n'a presque jamais été mêlé à leurs querelles. Moi, je suis juste fatigué d’avance.
j'ai vingt trois ans. J’ai ma propre vie. Ma saison debute dans quelques semaines . Des potes avec qui je pourrais être en ce moment. Mais non. Parce que tradition, parce que sécurité, parce que c’est mieux ainsi. C’est rien de tout ça. C’est juste du contrôle parental qui refuse de mourir.
Je m’affale sur le canapé À côté de Ray. Je prends une profonde inspiration. Respire. C’est qu’une semaine.
—je sens que je vais aimer me payer ta tête cette semaine...
je pousse ce dernier qui atterri au sol dans un éclat de rire agaçant..
Puis, soudainement promise débarque dans l’entrée comme un parfum entêtant qu’on n’a pas demandé. Suivie, comme toujours, de Ways qui, elle au moins, a la décence de saluer poliment avant de s’installer dans le fauteuil le plus éloigné de moi.
— Tu m’as pas dit bonjour, Troy... boude Promise en venant s’asseoir un peu trop près. Beaucoup trop près.
— Salut, je marmonne en me redressant, histoire de mettre un minimum de distance.
Elle s’accroche à mon bras comme si c’était une habitude. Je me dégage doucement, sous couvert d’aller me reservir.
— Tu veux que je t’accompagne ? minaude-t-elle en me suivant déjà.
— Non
— On est censés cohabiter, pas fusionner, je lance en ouvrant une autre bouteille.
— Oh, tu dis ça maintenant, mais tu vas voir, cette semaine va nous rapprocher, j’en suis sûre.
j'entends Ray rire et ça en devient agaçant..
Je me retiens de soupirer. À peine j’ai le temps de verser deux verres que la porte d’entrée claque de nouveau.
— Frèèèère ! s’écrie Leon en débarquant avec son éternel sourire d’enfant fier.
— C’est ouvert, donc j’entre ! lance Louis en suivant de près.
Liam n'est pas loin derrière. La b***e est au complet.
Et comme à chaque fois, ils s’installent comme chez eux. Ils hurlent, ils rient, ils se passent la console, ils commandent déjà des pizzas à quinze heures.
Ways , reste calme, dans un coin. de temps en temps, elle lance des coups d'oeil à leon.
Je vois son regard se perdre un instant, son sourire s’éteindre un peu. Elle se lève discrètement et va s’installer sur la terrasse. Personne ne la suit.
— Elle est cheloue, elle, murmure Leon à mon oreille.
Je ne réponds pas. Je regarde par la baie vitrée, la silhouette de Ways assise seule sous le parasol. Et étrangement, ça me dérange. Pas qu’elle soit isolée. Mais que ça me dérange, justement.
— Elle est avec Banks, en plus, ajoute Leon, comme si c’était un crime.
je fronce les sourcils, car je sais que la cible de la rancoeur de Léon n'est que Banks mais cette pauvre prend les balles perdues...
Ce nom suffit à tout faire monter d’un cran en moi.
la porte s'ouvre à nouveau pour laisser entrer Banks...