J'examine le ciel nuageux de New-York par le hublot du jet. Je n'arrive pas à croire que je reviens dans cette ville. Je regarde en face de moi, je le vois. Alec est assis sur son siège me scrutant du regard, je détourne les yeux, ça me trouble. J'ai l'impression de faire face à une personne que je n'ai jamais connue. Après notre affreuse sortie du centre. Nous sommes retournés au domaine en Italie, on y est resté une semaine. Ales s'est montré cruel, imposant et parfois amoureux ce qui me trouble le plus chez cet homme. Il n'est pas normal...
Malgré les soins que j'ai reçus cette semaine, je ressens toujours la douleur des clous enfonçant ma peau, et je ne parle pas de mon ventre où j'ai reçus un coup de pied phénoménal du monstre.
Et aujourd'hui on retourne à New-York. Alec doit retourner à son entreprise, et selon lui, il va me laisser faire mon stage comme prévu au sein de sa société. On va s'installer ici comme un couple normal, un couple amoureux, alors qu'on ne l'est pas du tout.
Alec ne m'a pas touché contre ma volonté en Italie, il a clairement dit qu'on fera l'amour dès que je serais prête à me donner à lui. Il me laisse mon libre arbitre, selon lui ce n'est pas un violeur. Mais une personne qui v***e toutes les lois et m'arrache à ma vie sans mon constamment n'est-ce pas un violeur ? Il ne m'a peut-être pas v***é physiquement mais psychiquement il l'a fait.
Je soupire en détachant ma ceinture, Alec fait de même ensuite il prend son portable et répond à un appel qu'il vient de recevoir. Il me fait signe de le suivre tout en continuant la discussion avec son interlocuteur. Il parle d'un projet en Afrique du sud, à ce que j'entends il va assiéger une partie de son entreprise là-bas, et en Afrique du nord.
Si je ne le connaissais pas, j'aurais surement eu une impression de lui plutôt agréable, un homme d'affaire ambitieux qui cherche la réussite. Malheureusement je le connais assez bien pour avoir l'image parfaite de lui, le diable en personne se cachant derrière l'apparence d'un homme d'affaire ambitieux.
Nous quittons l'appareil, une voiture noir nous attend fièrement à quelques mètres. Alec s'avance vers cette dernière, un homme en costume noir et lunette nous ouvre la portière. Le chauffeur je suppose.
Je grimpe en premier et m'installe sur la banquette arrière, Alec fait de même en s'installant à côté de moi toujours en train de parler à son interlocuteur.
-Je vous enverrais les dernières opérations, ensuite vous ferez ce que j'attends de vous ! Dit-il avant de raccrocher.
Je détourne la tête vers la vitre et je contemple les rues Newyorkaise. Toujours autant de gens, les embouteillages, les bagarres, je me demande comment serait New-York sans toute cette agitation ?
Nous roulons assez longtemps ensuite la voiture s'aventure dans l'un des quartiers les plus chics de cette ville. Le chauffeur se gare devant un immeuble qui porte bien le nom de gratte-ciel ou tour de cristal. Les lumières des autres tours Newyorkaise illuminent avec élégance les baies vitrées de cette tour, on dirait un magnifique jeu de lumière qu'on voit que dans les films. J'ai vécu assez longtemps dans cette ville pourtant je n'ai jamais été témoin d'une telle beauté.
Quand je tourne le regard, je surprends Alec en train de me fixer d'un air presque doux. Je secoue la tête, et je ris de moi-même, la douceur n'est pas un terme qu'on peut utiliser en ce qui concerne Alec, c'est un monstre, et un monstre n'a d'yeux que pour lui-même.
Nous entrons dans l'immeuble, un agent souhaite le bonsoir à Alec, et nous continuons de marcher jusqu'à un grand élévateur doré. Alec entre dans l'ascenseur en me demandant de le suivre en suite il introduit un numéro et ce dernier referme ses portes.
Un silence pesant envahit soudainement l'habitacle. Mes muscles sont tendus, et je sens des larmes s'installer involontairement au creux de mes yeux. Que cherche-t-il à faire de moi ? Pourquoi fait-il tout ça ?
Un « dring » annonce qu'on est arrivé à destination. Les portes dorées s'ouvrent sur un grand couloir, Alec s'avance en premier jusqu'à une porte, il sort une clef et la ouvre. Ensuite il me regarde en me faisant signe de rentrer. Et c'est ce que je fais, je ne m'attarde pas à imaginer aux choses étranges ou bizarres qui vont se trouver là-dedans, je suis fatiguer autant physiquement que moralement, alors je me dis que ce n'est qu'un appartement. Et c'est le cas, je me trouve dans un salon luxueux ou une immense baie vitrée montre fièrement les lumières de New-York. Ales referme la porte ensuite il avance en enlevant sa veste. Il porte une chemise crème qui lui va à merveille.
Je soupire en m'avançant vers la baie vitrée ensuite je plaque ma paume de main sur le verre froid, comme si j'avais la force de brisée cette vitre sans effort. On se trouve à une hauteur incroyable, tout me semble petit de là. Je ferme les yeux un instant m'imaginant voyager à travers l'espace-temps, un espace-temps ou je serais libre, libre et libre.
-Chinois, ça te dit ?
Je me tourne pour faire face à Alec il est torse nu à présent, j'avale ma salive de travers en m'insultant de tous les noms quand je réalise que mon corps réagit quand même à cette vue.
-Quoi ? Dis-je dans un murmure presque inaudible.
-Pour le diner ? Tu aimes bien la cuisine chinoise non ?
Je hausse des épaules.
-Chinois, oui ça va.
Je réalise que je meurs de faim, je n'ai pas avalé grand-chose durant le voyage, j'avais autre chose à faire. M'apitoyer sur mon sort.
-D'accord je vais passer le commande. Et je vais prendre une douche vite fait, tu me rejoins ?
Pardon ? Le rejoindre sous la douche ? Je n'arrive pas à discerner si c'est un ordre ou une proposition. Je prends le risque quand même.
-Non, ça va aller, je prendrais ma douche plus tard dans la soirée.
Il soupire lourdement, mon cœur bat la chamade. Va-t-il me punir ? Encore ? Non, il ne fait rien, il acquiesce silencieusement puis il part vers la salle de bain je présume.
Pendant ce temps je visite l'appartement, je trouve que c'est assez simple pour un endroit aussi tape à l'œil, c'est l'une des qualités d'Alec, il a un gout irréprochable pour la décoration. Il ne part jamais dans l'exagération, c'est simple et chic. Je continue ma visite tranquillement. Je remarque une cuisine toute équipée, une deuxième salle de bain, une chambre digne d'une famille royale, une terrasse magnifique...
(Dring ! Dring !)
La sonnette retentit en me faisant sursauter. Je surprends Alec torse nu avec un pantalon décontracté se dirigeant vers la porte d'entrée. Ses cheveux semblent encore mouillés.
C'est le livreur de notre dîner, on est à New-York après tout, si on veut faire un chinois à deux heures du matin c'est faisable, et il est vraiment deux heures trente du matin merde. Heureusement qu'on est samedi.
Alec prend la commande ensuite il referme la porte. Nous nous installons au salon comme un vieux couple marié et on mange notre repas.
Je me demande comment sera cette « nouvelle vie » avec Alec ? Il a changé, je n'ai plus en face de moi l'homme que j'ai connu, mais celui que j'ai vu pour la première fois de ma vie, celui qui m'a arraché à ma vie d'avant.