Le lendemain de la foire agricole, un brouillard épais enveloppait Tôtes, estompant les contours des maisons et des champs dans une grisaille ouatée. Dans la maison de Charles Bovary, l’atmosphère était aussi pesante que le ciel. Les odeurs familières de camphre et de cire, mêlées à celle des provisions rapportées de la foire – beurre, miel, pommes – saturaient l’air, renforçant le sentiment d’enfermement d’Emma. Assise à la table de la cuisine, elle épluchait des pommes avec une lenteur presque hypnotique, son couteau glissant sur la peau luisante. Deux mois après leur mariage, la routine de leur vie – les murs gris de la maison, les visites médicales de Charles, les silences qui s’étiraient entre eux – l’écrasait. Mais depuis la veille, un nouvel élément bouleversait son esprit : Léon Du

