Lya
Je rentre chez moi et me glisse sur mon lit. Une bonne nuit de sommeil s'impose. Bien sûr, il faut que je sois interrompu par mon téléphone qui sonne. Sinon ce n'est pas drôle.
C'est Hugo. Tiens, ce n'est que maintenant qu'il m'appelle.
-Salut Hugo.
-Mio tesoro, je ne te dérange pas ?
-J'allais me coucher, pourquoi ?
-J'aurais aimé que tu viennes à ma rescousse. J'ai besoin de toi au plus vite.
Qu'est-ce qu'il a encore foutu ? Si c'est pour un rien qu'il m'appelle ça ne va pas le faire. Il sait que je suis très fatiguée en ce moment alors si c'est une blague de sa part, ça ne va pas me plaire du tout.
Je me lève et commence déjà à m'habiller.
-Besoin d'aide pour exactement ? Dis-je suspicieuse.
-Une femme beaucoup trop collante qui me suit depuis des jours. Alors oui, je lui ai donné quelques orgasmes, mais je pense qu'elle ne comprend pas le mot "non, c'est fini". Alors, je suis dans les toilettes et si tu pouvais venir pour faire croire que tu as besoin de moi ou quelque chose d'autre, ça serait idéal.
Je souffle. De mieux en mieux. Je crois qu'il m'aura tout fait. Me déplacer juste pour ça. Comme si c'était mon problème, il n'avait qu'à pas coucher avec elle.
-Tu peux venir ou pas ? Je te devrais un service et peu importe lequel mais là, je ne peux plus ! Dit-il visiblement affecté.
-Bon d'accord j'arrive ! Tu es où exactement ? Dis-je dans un soupir excédé.
-Au bar à une centaine de mètres de ton appartement. Avec l'enseigne en bleu.
-Je suis là dans deux minutes. Tu ne bouges pas. Je te jure que tu me l'a revaudras celle-là. Tu m'énerves tu le sais ça !
-Merci mio tesoro. Tu es la meilleure des amies.
Je raccroche et enfile un jean et tee-shirt noir. Je brosse mes cheveux pour un semblant de normalité et sort de mon appartement, un peu énervé.
J'entre dans le bar et vois Hugo et une femme collée à elle. Il est visiblement débordé par cette femme et ne sait plus quoi faire. Je le vois dépasser et cette femme qui ne comprend pas qu'il ne veut pas d'elle. Une grande brune, lèvre pulpeuse. Le corps d'une mannequin. Tout ce que je n'ai pas.
Que vais-je dire pour le sortir de là ? Dois-je me faire passer pour une amie ? Sa sœur ? Sa femme ? Autant y aller fort d'un coup et faire comprendre cette femme.
Je m'approche d'eux et essaie de prendre une expression choquée et énervée. Il faut bien jouer le jeu jusqu'au bout. Hugo m'aperçoit et souris.
-Comment oses-tu me faire ça Hugo ? Pourquoi tu m'as fait ça ? Dis-je faussement hors de moi.
Je jubile à l'intérieur quand je vois le regard décomposé de la femme. Qu'elle parte, ça nous arrangerait à tous.
-Je suis désolé mio tesoro. Je ne savais pas où j'avais la tête. Je t'aime et je ne veux pas te perdre. S'il te plaît.
Ça fait bizarre de l'entendre dire ça, mais je ne dois pas y penser. Ce n'est que du cinéma.
-Non. Tu vas voir ce qui va t'arriver. Me tromper avec cette...femme !
La réalité me rattrape et je tente de ravaler la boule qui s'installe dans ma gorge.
-Attends mais tu as quelqu'un ? Je ne savais pas ça ! Je ne veux pas être mêlée à votre couple, je n'étais pas au courant, dit-elle paniquée.
-Il vaut mieux que tu t'en ailles. Tout de suite si tu ne veux pas avoir de problème. Et surtout ne revient pas, dis-je menaçante.
Elle claque ses hauts talons contre le parquet du sol de ce bar. Enfin parti.
-Merci Lya. Bordel, je n'en pouvait plus. Tu devrais devenir comédienne ou actrice, j'y ai presque cru moi-même qu'on était marié, dit-il d'un grand sourire.
J'hoche la tête et ne réponds pas. Je commence à partir du bar, mais une main attrape mon poignet. Délicatement. Il me met face à lui et je vois son visage froncé. Il doit se demander ce qui m'arrive.
-Qu'est-ce qui se passe ?
Je le savais.
-Rien. Je suis juste fatigué. Et puis j'en ai marre. Je veux juste pouvoir passer une nuit pour moi sans que je sois dérangé pour des histoires aussi dérisoires.
Ses sourcils se froncent un peu plus et pose ses mains sur ses hanches.
-Je ne comprends pas. Si tu n'avais vraiment pas envie de venir, tu n'avais qu'à dire non, Lya. Je ne t'ai pas forcé non plus.
-Tu n'es pas forcément au centre de l'attention à chaque fois Hugo. Ce n'est pas toi le problème, mais l'autre. Il m'appelle jour et nuit, je n'en peux plus !
-Thibault ? Tu veux que j'aille le voir. Que je lui règle son compte. Tu vas voir qu'il va m'entendre, commence-t-il en colère.
-Non laisse tomber. Je peux me débrouiller seule. Je vais y aller, car je travaille demain et j'ai déjà bien tardé pour pas grand-chose, dis-je tristement.
Comme si la violence résolvait tous les problèmes. Je le laisse en plan et remonte dans mon appartement. Je n'avais même pas fait gaffe que je n'avais pas fermé mon appartement.
Je reçois un message. C'est Hugo.
Je suis désolé, je n'avais pas vu que tu allais aussi mal. Je te dérange pour des problèmes si futiles alors que tu ne vas pas bien. Je suis désolé mio tesoro. Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là.