5. Sweet 15th Birthday

3596 Words
Pdv Rabia   Deux jours après   Je lui souris quand il entra dans mon bureau.   Ibrahim : Tu ne te reposes jamais ? C'est l'heure de la pause.   Moi : Tu me paies assez pour que je ne prenne pas de pause ! T'inquiète, je vais commander quelque chose.   Ibrahim : Je t'invite ! J'aimerais que l'on parle.   Moi : C'est le mari qui m'invite ou le patron ?   Ibrahim : Le mari.   Je lui souris.   Moi : Ça tombe bien, aujourd'hui j'ai du temps pour le mari, mais pas pour le patron.   Il sourit.   ***************   On se rendit dans un des grands restaurants du Plateau. J'étais surprise, il m'avait amenée dans le restaurant où on avait eu notre premier rendez-vous, il y a des années, pour une simple pause ! J'espère qu'il n’avait pas une désagréable nouvelle à m'annoncer. Il tira ma chaise et je m'assis, puis il s'assit en face de moi, après avoir enlevé sa veste.   En attendant que notre commande nous soit servie, je pris la parole la première.   Moi : Chéri, tu as quelque chose à me dire ? Ce n'est pas grave, j'espère.   Ibrahim : Non ! Tu vas même sourire, je t'ai fait venir pour parler de notre fille. Tu sais, c'est bientôt son anniversaire. J'aimerais qu'on marque le coup.   Moi : C'est pour cela que tu m'as fait venir ici ? Juste pour me parler de ta reine ?   Ibrahim : Non, j'avais aussi envie de passer une heure dans ce lieu idyllique avec toi. Ça nous boostera pour la suite de la journée. J'unis l'utile à l'agréable.   Je souris.   Moi : Tu voudrais qu'on marque le coup pour son anniversaire ?   Ibrahim : Oui ! Elle va avoir 15 ans. C'est quand même grâce à elle qu'on est ensemble aujourd'hui.   Moi : Humm, donc tu m'as épousée juste parce que je suis la mère de ta fille. Si je n'avais pas eu Anta, tu ne m'aurais pas épousée.   Ibrahim : Même sans Anta, je serai revenu vers toi. Disons qu'elle m'a ouvert les yeux plus vite.   Moi : Heureusement, que tu es toujours aussi beau parleur. Là, tu viens d'échapper à ça, de la guerre froide.   Il éclata de rire.   Moi : Tu veux organiser une fête pour son anniversaire ? On le fait chaque année, ce ne sera pas '' marquer le coup ''.   Ibrahim : En fait, je pense qu'on pourrait passer le jour de l'an à Johannesburg chez Driss. Depuis le temps qu'elle nous parle de cette ville. On pourrait y rester jusqu'au 3.   Je souris.   Moi : Si tu lui organises une surprise pareille, tu resteras l'amour de sa vie.   Il sourit.   Moi : Sérieux, c'est une bonne idée. Driss et Kelly vont sauter de joie. Moi aussi, ça me fera trop plaisir de revoir mon frère et de découvrir enfin Johannesburg.   Ibrahim : On pourrait amener aussi les amis qu'elle voudrait avoir là-bas. Un billet de plus ou de moins, ça ne me gêne pas.   Moi : Sérieux, ta fille va adorer.   Ibrahim : Mais j'espère bien. Il faut qu'on commence les démarches dès demain. Il faut prévenir Driss et demander le visa.   Moi : J'appellerai Driss dès qu'on retournera au bureau et s'il est ok, on l'annoncera à Anta, ce soir. *********   Pdv Anta   Le soir   Je sautai de joie quand mon père m'annonça qu'on allait à Cap Town pour mon anniversaire. Je n'aimais pas faire les bisous, mais là, il méritait un bisou. Depuis le temps que je rêvais d'aller à Johannesburg, mon oncle Driss m'en parlait tout le temps. Mes parents m'avaient promise de me laisser y aller un jour. Ça fait deux ans que j'attendais qu'ils tiennent leur promesse. Mon père rit. Il fallait si peu pour le rendre heureux.   Moi, très reconnaissante : Merci, Papa !   Papa : Je pense que je vais commencer à te faire chaque jour une surprise. J'adore quand tu me fais des bisous.   Moi : Tu es le meilleur papa au monde.   Papa : Je le sais.   Papi, qui était avec nous dans le salon : On y va tous ?   Papa : Oui ! Et Anta a le droit d'inviter qui elle veut.   Papi : Chouette, je pourrais inviter Lamine ?   Papa : Papi, il ne faut pas incruster tes amis. C'est Anta qui décide. Papi bouda. Mais moi, je ris en retournant m'asseoir. Je savais qu'il titillait mon frère. Mon père ne refusera pas de payer le billet pour son neveu.   Moi : J'invite Lamine.   Papi : Merci Sœurette.   Moi : De rien. J'invite aussi Zeyna.   Papa : Et qui d'autre ?   Moi : Personne.   Ma mère, surprise : Même pas Mohamed ?   Moi : Non ! Il a déjà prévu quelque chose pour le jour de l'an.   Maman : Ah oui ?   Moi, mentant : Il me l'a dit, quand j'étais chez lui. Il prévoit une fête avec ses amis le 31 décembre.   Maman : Ça m'étonnerait qu'il préfère une soirée avec des amis à un voyage en Afrique du Sud.   Moi : Maman, Mohamed est un garçon, il ne réfléchit pas comme les filles. Tu peux me croire, je le connais très bien Mohamed. Il ne renoncera pour rien au monde à sa soirée, par contre on peut rajouter Youssou parmi les invités. *************** Pdv Rabia Notre projet de vacances séduisit plus de monde que prévu. Quand mes parents apprirent que nous partions passer les fêtes de fin d'année à Johannesburg, ils s'ajoutèrent au voyage. Tout le monde avait promis d'aller voir Driss et personne n'avait jamais tenu la promesse. Alors cette fois, on avait fait d'un pied deux coups. On allait tous à Johannesburg, même Assane était de la partie. Pour les billets d'avion, finalement, nous n'eûmes à payer que le billet de Youssou. Mes parents prirent en charge le billet de Zeyna et Sokhna refusa de nous laisser payer le billet de Lamine. On n'eut pas trop de difficultés à obtenir le visa pour l'Afrique du Sud. Ma mère étant trop superstitieuse, on partit en deux groupes. Personnellement, je ne croyais pas à cette rumeur qui dit que ça porte malheur à toute une famille de voyager ensemble. Mais personne n’avait pu convaincre ma mère que nous partions tous en même temps. Mes parents et Zeyna quittèrent Dakar le 23 décembre et ma famille, accompagnée de Lamine et de Youssou, nous envolâmes pour l'Afrique du Sud le lendemain. Nous fîmes une petite escale au Kenya avant d'atterrir dans la ville de destination. Driss, Kelly et le père de cette dernière nous accueillirent à l'aéroport. Ils nous acheminèrent dans deux voitures vers la jolie maison que nous avions louée.   *******************   Pdv Anta   Le lendemain de notre arrivée à Johannesburg   Zeyna : Anta, lèves-toi ! Ça fait trois heures que tu dors.   Moi, en grognant : Pitié, Zeyna, je suis fatiguée.   Zeyna : C'est le jour de Noël, tu ne vas pas passer Noël à dormir. Tout le monde est déjà levé. Tu ne peux pas être plus fatiguée que les autres. Vous avez pris les mêmes vols. Sérieux, on a une revanche à mettre en place. Je compte mettre au moins deux photos sur f*******:. Allez, lève-toi. Courage, demain, tu pourras faire grasse matinée. Djougal (lèves-toi).   Elle tira la couverture et je me redressai en rouspétant. Mais Zeyna rit, victorieuse. Zeyna : Non, mais je t'ai dit qu'il faut que ce c*n de Mohamed comprenne que tu es très heureuse sans lui.   Je souris. Quand Zeyna avait appris que je n'avais pas invité Mohamed, mais son frère Youssou, elle avait dansé de joie. J'étais en train de changer et elle aimait ça. Si ce voyage avait eu lieu avant ce qu'il m'a fait à la soirée, je l'aurai naïvement invité à Johannesburg. Mais le b****r forcé, c'était la goutte de trop. J'étais en train de faire le deuil sur notre amitié. Il ne veut plus de moi, tanpis, mais qu'il assume. Je veux passer mon anniversaire avec les gens qui m'apprécient vraiment. Il ne veut pas me dire ce qu'il me reproche. C'est son affaire. Mais il n'est plus question qu'il me fasse des sales coups indéfiniment. J'ai tellement rêvé de Johannesburg, je n'avais aucune envie de faire de cette ville, le théâtre de nouvelles souffrances. Je veux garder de mes 15 ans à Johannesburg, des souvenirs merveilleux. Je ne sais pas comment Mohamed a réagi en apprenant que j'avais invité son frère et pas lui. Pour Zeyna, il devait être très jaloux, mais ça m'étonnerait, il s'en fiche pas mal de moi. Ma mère ne m'avait fait aucune remarque, donc ça voulait dire qu'il lui avait confirmé qu'il ne voulait pas venir.   Moi : Tu sais, il s'en fiche que je ne l'ai pas invité.   Zeyna : Il ne s'en fiche pas. Crois-moi, tu viens de lui montrer que tu ne cours plus après son amitié et que tu n'as plus peur de lui. Maintenant, on va lui montrer que tu as une vie de rêve et que tu es très heureuse sans lui. Il n'est pas indispensable. Walay, on va se prendre plein de selfies avec son frère et il verra combien on s'est amusé ici. C'est sûr que son frère parlera tout le temps de notre voyage. Walay, kholeum dina tangue ni safara (je t’assure son cœur bout). Vas prendre une douche. Nous allons dîner ce soir chez les parents de Kelly.   *********   Les parents de ''Aunty'' Kelly vivaient dans un quartier de la banlieue nord de Johannesburg. A 10 mn en voiture de la maison où nous logions. Aunty Kelly, c'était la femme de mon oncle Driss. Ils s'étaient mariés, il y a 3 ans à Londres où ils s'étaient rencontrés pendant leurs études. C'était une belle jeune femme grande défenderesse du Nappy Hair. Ses cheveux étaient juste magnifiques. Elle avait un joli teint noir. D'origine sud-africaine, elle avait fait découvrir son pays à tonton Driss qui l'avait suivie un an après. Elle avait 30 ans et était la deuxième d'une famille de trois enfants. Elle travaillait comme mon oncle dans une ONG. On pouvait vraiment le dire :elle avait la beauté du corps et du cœur. Tout comme Tonton Driss d'ailleurs. Les deux frères de ma mère étaient trop beaux. Oui, Mohamed se la pète, alors qu'il n'arrivait même pas à la cheville de mes oncles. Walay, kham sa bopeu da bakh tchi nitt (c’est bon de se connaître à sa juste valeur). S'il se prenait à sa juste valeur, il serait plus modeste. La mère de Kelly était médecin et son père était un avocat à la retraite. Ils devaient avoir l'âge de mes grands-parents paternels. Très soignés et attentionnés, ils nous avaient accueillis, les bras ouverts. Mes parents et mes grands-parents les avaient rencontrés à Londres, il y avait trois ans, lors du mariage. C'était l'occasion rêvée pour rencontrer ceux qui n'avaient pu assister à ce mariage. La famille de Kelly était une famille de bons vivants et ils avaient invité bien du monde ce soir. Moi, ça m'intimidait beaucoup. Je n'aime pas le monde. Zeyna, elle, était comme un poisson dans l'eau. Il faut dire qu'elle parlait parfaitement l'anglais, donc elle échangeait facilement avec tout le monde. Elle avait choisi une belle robe blanche et rose qui semblait bien plaire à quelques cousins de Anty Kelly. Elle était vraiment belle ce soir. Je le reconnais. On fit la fête jusqu'à tard dans la nuit.   *********   Les autres jours suivants, on joua aux touristes, visitant la ville et ses monuments. Zeyna jouait au paparazzi. Le moindre geste était l'occasion de prendre une photo. Chaque fois qu'on découvrait un nouvel endroit, elle se débrouillait pour prendre Youssou en photo. Ce dernier croyait que l'intérêt que lui portait Zeyna était innocent, s'il savait qu'il était le pion central de la stratégie de ''bonlo khol'' (chauffer le cœur). Sérieux, elle était sadique. Pour la soirée du jour de l'an, après avoir dîné en famille, Tonton Assane et Zeyna et moi, nous allâmes faire la fête chez un cousin de Kelly . Il s'était passé un miracle. J’avais mis mon premier jean slim. C'était une idée de Zeyna. Elle avait dû me supplier à genou. Pour elle, puisque Mohamed n'arrêtait pas de se moquer de mon physique, il fallait que je lui prouve que j'étais capable d'être féminine. Elle m’avait promise que c'était juste pour une soirée et les photos. J'avais fini par accepter, ça peut aller pour un pantalon plus moulant, mais j'avais dit niet pour une robe. On avait donc acheté un pantalon jean noir, un haut marron et des ballerines noires. Quand mes parents m'ont vue arrivée avec un pantalon jean slim, ils étaient restés bouche bée. J'en étais même gênée. Mais ils reconnurent aussi que ça m'allait vraiment et que je devrais adopter ce genre de tenue. Je sentais que ça allait donner des idées à ma mère. Mais même si elle m'achète des robes ou des trucs girly doumako sole. Qu'elle ne rêve pas. Zeyna voulut que je lâche mes lunettes, mais sans elles, j'étais prête à ne pas sortir. J’avais beaucoup de mal à voir surtout la nuit. Elle m'avait donc laissée les porter. Zeyna avait mis une robe vraiment sexy qui dessinait son joli corps sans être vulgaire avec des hauts talons. On lui aurait facilement donné 18 ans, surtout avec son maquillage. Vue la manière dont mon père la regardait pendant le dîner, il n'appréciait pas sa tenue. Mais mes grands-parents sont assez relaxes avec elle. Vers 23h, le petit frère d'Aunty Kelly et un cousin vinrent nous chercher. Je sentais que mon père n'était pas trop content de nous laisser sortir. Mais Tonton Assane avait promis de veiller sur nous. La fête avait lieu à l'appartement d'un cousin d'Aunty Kelly. On était sûrement les plus jeunes, on avait l'air un peu plus âgé que notre âge, donc notre présence ne gênait pas. Les sud-africains savent mettre l'ambiance et surtout ils semblent qu'ils aient moins de problèmes avec les filles rondes Deux somptueuses femmes rondes habillées avec une tenue sexy mettaient le feu sur la piste. Et avec une Zeyna déchaînée, j'ai fini par rejoindre le dance floor. Oui, moi Anta, je me suis lâchée, comme jamais je ne m'étais lâchée de toute ma vie.   ******************   Pdv Rabia   Le lendemain   Je me levai et pris une bonne douche, puis je retournai m'habiller. Il dormait profondément. La nuit avait été longue. Avec le reste de la maisonnée, nous sommes restés à discuter et à fêter le jour de l'an, jusqu'à 2h du matin. Mais Ibrahim et moi n'avions fermé l'œil qu'à 3h30. Il était difficile pour mon papa poule d'accepter que sa fille soit encore dehors à une heure aussi tardive. J'avais essayé de le rassurer. Mon frère et les proches de Kelly veilleront, mais il ne s'était endormi que quand la fatigue l'avait submergé. Je sais qu'il avait dû mal à voir notre fille grandir, mais il faudra qu'il s'y fasse. Ce n'est plus un bébé. Moi, j'étais contente qu'elle soit sortie. Je n'aimais pas qu'elle reste dans son coin. Habillée d'une robe à manches courts, je me rendis dans la chambre des filles pour vérifier qu'elles étaient bien rentrées. Elles dormaient, je refermai sans bruit la porte et descendis dans la cuisine. J'y trouvai ma mère.   Maman : Hello, Baby, bien dormi ?   Moi : Oui et toi ?   Je lui fis la bise.   Maman : Bien dormi. Elle portait un jogging violet. Cela faisait bientôt 15 ans que la vie nous avait réunies. Au fil des années, nous avions appris à nous connaître. Papa et elle m'avaient faite la grande surprise de se marier, il y avait 7 ans. Pendant deux ans, ils avaient renoué leur relation en cachette. L'annonce de leur mariage nous avait tous surpris. Mais la surprise laissa vite place à la joie. J'étais contente qu'ils se soient pardonnés leur erreur du passé. Maty avait alors raison, ils avaient encore des sentiments l'un pour l'autre. Elle avait eu aussi raison pour Alioune et Sokhna. Elle avait ce don. Elle était comme un radar, elle décelait les couples potentiels. Elle avait été la seule à ne pas être surprise du mariage de mes parents.   Maman : Tu prends quelque chose ?   Moi : Un café. Comme d'habitude.   Elle me servit une tasse de café et un croissant, puis s'assit à la table de la cuisine face à moi. On était toujours les premières à nous lever dans cette maison.   Moi : Tu les as entendus rentrer ? Moi, j'étais KO.   Maman : Non ! J'étais KO aussi. Mais quand je me suis levée au petit matin pour prier, j'ai été dans leur chambre. Elles dormaient, donc elles sont rentrées avant 6h.   Moi : Ok ! J'espère qu'elles se sont bien amusées.   Maman : Oh, je pense qu'elles se sont bien amusées. Ta fille adore être avec Zeyna et Assane, même si elle ne danse pas, elle a sûrement apprécié d'être avec eux.   Nous avions à peine fini de manger quand Zeyna entra dans la cuisine. Elle était en tee-shirt vert et legging blanc.   Zeyna : Bonjour, Mamie, bonjour tata Rabia. Elle nous fit la bise. C'était drôle de l'entendre nous appeler ainsi. Ma mère était sa tante, et moi, j'étais sa cousine. Mais je pense qu'à cause de ma fille, elle se refusait à m'appeler par mon nom.   Maman : Bin, tu es bien matinale !   Zeyna : Il est 10h30. Ce n'est pas bien matinal. Quelqu'un a ouvert la porte de la chambre et ça m'a réveillée.   Maman : C'était moi. Je m'excuse. Je voulais juste vérifier que vous étiez rentrées.   Zeyna : Ce n'est pas bien grave. Je me serais réveillée avant 11h, c'est sûr. J'avais mis un réveil.   Maman : Ta copine dort toujours, j'imagine. Même s'il y avait une bombe, elle ne va pas se réveiller.   Elle éclata de rire.   Maman : Sinon, c'était bien la soirée ?   Zeyna : Oui. On s'est bien amusé, même Anta.   Moi, intéressée : Ah oui ?   Zeyna : Sérieux, tata Rabia, elle s'est beaucoup amusée.   Je souris, vraiment heureuse. Maman : On devrait la laisser ici. Je ne l'ai jamais vue aussi heureuse. Je ne sais pas comment tu as fait Zeyna pour la convaincre de s'habiller comme ça.   Moi : Oui! Zeyna, comment as-tu fait ? Moi, ça fait des années que j'échoue à ce que tu viens de faire hier. Dis-moi quel est ton secret. J'aimerais l'utiliser à Dakar.   Elle rit malicieusement.   Zeyna : Tata, si je te le dis, ça ne sera plus mon secret.   Maman, se moquant : Il faudra la laisser ici à Johannesburg.   Moi : On restera toutes les deux, alors. Je ne mettrai jamais les pieds à Dakar sans ma fille. Son père me tuera si je rentre sans sa princesse.   Ma mère rit. Mais elle savait que j'étais sérieuse. Ibrahim ne rentrera jamais sans Anta. Déjà qu'il avait eu beaucoup de mal à accepter qu'elle soit sortie. Je n'étais pas aussi protectrice avec lui. Quand je regardais Zeyna, c'était une fille comme elle que je voulais que ma fille soit : libre et sûre d'elle. Hier, en les voyant sortir, j'avais eu une révélation. Elles étaient différentes et ça ne servait à rien de vouloir faire d'Anta une Zeyna ou une mini moi. Je ne ferais que la braquer. Il fallait plutôt lui apprendre à se libérer de ses complexes. Ce n'était pas en la forçant à faire un régime pour devenir comme Zeyna qu'elle sera heureuse. Je ne sais pas comment Zeyna était arrivée à la convaincre mais elle y arrivait et cela me donnait des idées.   Moi : Zeyna, je viens de trouver un cadeau pour les 15 ans d'Anta. J'aurai besoin de ton aide.   ********* Pdv Anta   Deux jours plus tard Zeyna : Allez, Anta, fais vite.   Moi : J'ai presque fini.   Je sortis de la douche et me sécha avec une serviette. Puis l'enroulant autour de ma taille, je la rejoignis dans la chambre.   Zeyna, impatiente : Sérieux, Anta, il est 10h45.   Moi : Écoutes, on ne va pas sauver le soldat Ryan. Je ne vois pas pourquoi tu me presses comme ça.   Je cherchais dans ma valise la tenue que j'allais mettre.   Zeyna : Tout le monde est déjà prêt. On ne va pas sortir ici à midi. On aura moins de temps à passer à faire du shopping.   Moi : Si tu continues comme ça, je ne pars plus.   Elle s'assit sur le lit et ne dit plus un seul mot. Je pris ma tenue et retournai m'habiller dans la salle de bain. J'étais plus pudique que Zeyna ''gnak feyda'' (sans honte). Elle avait passé la journée hier à me supplier de conserver le look de la soirée. Elle m’avait soulée toute la journée. Zeyna était plus collante qu'une sangsue. Selon elle, je devais rentrer à Dakar métamorphosée. Mohamed devait me voir changée pour que je gagne définitivement la bataille. Si je rentrais à Dakar et qu'il me voyait toujours mal fagotée comme j'étais, il aura une raison de plus de se moquer de moi. Zeyna ne m'avait jamais dit des mots aussi crus. Elle m'avait toujours proposée de me relooker, mais jamais elle ne m'avait faite des critiques sur ma manière de m'habiller. Elle m'a tellement bassinée avec Mohamed que j'ai fini par dire oui. Ce matin, en me levant, je regrettai déjà. Mais j'avais déjà donné ma parole. Mamy, ma mère et Aunty Kelly étaient de la partie. Je ne pouvais pas reculer. Ce relooking, c'était mon cadeau d'anniversaire et c'était trop tard pour le refuser.   ********** Nous ne rentrâmes à la maison que vers 18h. On avait acheté tellement de choses que nous fûmes obligés d'acheter d'autres valises. Ma mère et Mamy m'avaient laissé leurs cartes bancaires et si moi j'ai honte de certaines choses, Zeyna était prête à en profiter. Mais je n'avais pas été la seule à m'acheter des choses, chacune s'était faite plaisir, même Aunty Kelly. Les garçons nous accueillirent surpris, mais seul mon père osa demander si on allait tout envoyer à Dakar par container. Loool!   ********* Vers 20h, nous allâmes diner dans un beau restaurant. La famille d'Aunty Kelly était présente. Le dîner fut gargantuesque et j'eus droit à un grand gâteau délicieux. Oui, mes 15 ans resteront inoubliables.
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