Pdv Anta
Quand je me couchai sur le lit, je soufflai de bonheur. J'étais fatiguée. Je les avais laissés devant la télé. Je ne tenais plus. Mon portable posé sur la commode sonna : Bonne nuit, ma Princesse. J'espère que tu vas bien. Papa qui t'aime très fort.
Je souris. Mon père était trop chou, chaque fois que je dormais hors de la maison ou qu'il était en mission, je recevais chaque nuit un doux message. Même si je le trouvais trop ''Teletubbies'', j'aimais bien recevoir cette marque d'affection. Je lui répondis : Tout va bien, mon Papounet. Dors bien toi aussi.
Je ne lui dis pas que je l'aimais. Il le savait, ce n'était pas mon truc de dire ce genre de truc.
Un autre message arriva. C'était Zeyna : Coucou, Twin, j'espère qu'il ne t'a pas encore fait pleurer. Sinon rek dis-moi, je lui règle son affaire.
Moi ; Non ! Il ne m'a rien fait.
Zeyna : J'espère que tu ne me dis pas cela pour défendre encore ce c*n.
Moi : Non ! Il ne m'a rien fait. Tu sais que je te dis tout.
Maty : Ok ! Alors bonne nuit. Rêves de moi, bisous !
Moi : Bonne nuit, bisous.
Je reposai le portable. Il ne m'avait rien fait, mais il me dira ou me fera quelque chose de blessant, dès qu'il en aura l'occasion. Ce soir, on n'avait pas été seuls, c'est pourquoi il était resté courtois avec moi. Je ne savais vraiment pas pourquoi il était devenu aussi ignoble avec moi. Pourtant avant c'était mon meilleur ami. Je l'ai toujours connu. Dans tous mes souvenirs les plus lointains, il a toujours été là. J'ai même des photos de lui et moi quand j'avais moins d'un mois. Nos mères sont meilleures amies, alors on a grandi ensemble. Il a presque deux ans de plus que moi. Nos mères nous appelaient affectueusement mari et femme. À l'époque, je passai au moins un week-end par moi chez lui. Il venait aussi à la maison. On aimait beaucoup jouer au football. Il me disait que j'étais la fille la plus cool. Puis un beau jour, quand il est arrivé en 6 ème, il m'a brutalement rejeté. Il me narguait, m'humiliait dès qu'on était seul. Oh, il m'a tant fait pleurer. J'aurais voulu tellement savoir ce que j'avais fait, ce qu'il me reprochait. Pour Zeyna, Mohamed avait juste montré son vrai visage. Il ne m'aimait pas et était mauvais. La méchanceté n'avait pas d'excuses, ni d'explications. Il fallait que j'arrête de pleurer et que je réagisse. Parce qu'en le laissant faire, il finira par me marquer au fer rouge. J'avais du mal à croire que Mohamed soit mauvais et qu'il me déteste réellement. Sa mère était une femme douce. un chien ne fait pas un chat. De plus, il aimait vraiment ma mère. Nitt meunoul beugeu yaye bagn dome (une personne ne peut pas aimer la poule et détester son poussin). Mohamed ne me détestait, il m'en veut pour quelque chose. Mais il avait fallu un moment que je me décide à ne plus revenir chez ma Tourondo. Cette été, il avait été plus cruel que d'habitude. Il avait profité du fait que j'étais sous la douche dans la salle de bain commune pour se cacher dans l'armoire. Je ne l'avais pas vu et innocemment j'avais laissé tomber ma serviette pour me mettre du lait sur le corps. Il avait attendu que je commence à mettre ma petite culotte pour sortir en riant. Le choc que ça me fit. ''Je voulais voir toute la graisse que tu as sous tes vêtements. Décidément, tu es plus grosse que je ne le pensais'' m'avait-il lancée. Rapidement, j'avais caché mon corps avec ma serviette, ce qui n'était pas une mince affaire, vue que j'avais encore ma culotte en bas des jambes. ''Je n'ai jamais vue une culotte aussi grande. Tu as vraiment de grosses fesses''. Il était parti tout joyeux de son exploit et moi, complètement dévastée. Quand Zeyna apprit ce qu'il m'avait fait, elle fut très en colère et voulut le dénoncer à ma mère. Je lui avais fait promettre de ne rien dire. Cela pourrait attrister ma mère et Tata Maty. Elle accepta de garder le secret, mais en contrepartie, je ne devais plus remettre les pieds ici. Ce que j'avais fait jusqu'à aujourd'hui. Zeyna était horrifiée que ma mère m'ait forcée à venir. ''De toutes les manières, m'avait-elle prévenue, s'il te refait un truc aussi s****d. Je préviens ta mère. J'espère que pendant ce week-end, il se contenterait que de m'appeler ''Bouboule'' ou de me dire ''vas faire l'émission ''Avant j'étais gros'' ''. De toutes les manières, j’avais fermé la porte de la chambre à clé. Je serai tranquille pour la nuit. Sur cette triste pensée, j'enlevai mes lunettes et les posai sur la commode, puis je me couchai.
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Le lendemain
Je me réveillai vers 7 heures. Je n’étais pas matinale le samedi, mais avec Mohamed sous le même toit, je ne pus dormir plus longtemps. C'était mon réveil psychologique. Par précaution, je fermai la chambre à clé et amenai la clé avec moi dans la salle de bain commune. Après ma douche, je retournai m'habiller. Je restais pensive dans ma chambre, jusqu'à ce que j'entende la voix de Tata Maty dans le couloir. Je la rejoignis. On discutait un moment dans la salle à manger jusqu'à ce que Tonton El Hadj nous rejoignit pour le petit-déjeuner. Les autres dormaient encore. Vers 10h, je sortis avec Tata Maty. Elle allait faire des courses à Sandaga. Quand elle finit ses courses, elle me força à choisir des habits comme cadeaux. Sérieux, je n'avais pas besoin de nouveaux habits, mais j'avais honte de dire non. Au moins, elle me laissa choisir ce que je voulais. Ce n'était pas comme Maman qui parfois me faire choisir des robes ou autres tenues girly. Je choisis une chemise à carreaux bleus et un pantalon noir. Par contre, elle me fit prendre des sandales noires. Je ne compris la vraie raison de ces achats qu'au moment du déjeuner, quand Tata Maty annonça à son fils qu'elle était d'accord pour l'anniversaire de ce soir, mais que j'allais l'y accompagner. Mohamed sourit en disant que sûrement je ne voudrais pas y aller. Ce que je confirmai, mais Tata Maty insista sur le fait que j'étais maintenant assez grande pour sortir, qu'il fallait que j'arrête de rester toujours entre 4 murs. Bref, comme toujours, j'allais devoir obéir. Seule dehors avec Mohamed, il allait me réduire en pâtée.
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Le soir
Dans le taxi qui nous amenait, Mohamed me mit en garde. Il n'avait pas voulu m'amener, donc j'avais intérêt à rester tranquille. Si je faisais quelque chose d'humiliant ou qui attirerait l'attention sur moi ou si je racontai ce que j'allais voir dans la soirée, dina ma rey. Pfff, moi non plus je ne voulais pas venir. Quand on arriva à destination, rien qu'à entendre la musique à fond, je déchantai. On entra dans une belle maison à Ngor, près de la plage. Mohamed me fit aussitôt faux bond. Je m'installai sur une chaise et observai les gens autour de moi.. Les tenues de certaines filles étaient juste scandaleuses. Je pense que je devais être une des plus jeunes de la soirée. Ils devaient tous avoir au moins 17 ans comme Mohamed. S'ils savaient mon âge, je ne serais pas la bienvenue, ici. C’est sûr. Vu que Mohamed lui-même me disait toujours que je n'avais pas encore 15 ans. Pourtant, c’était comme si j'en avais déjà. Mon annif, c’était le 2 janvier, c'était dans moins de 15 jours. Na ma bayi, am na 15 ans (qu’il me laisse tranquille, j’ai 15 ans), même mes parents disent que j'ai 15 ans. Un moment, des jeunes filles vinrent me servir, puis repartirent. Il n'y avait aucun adulte et chacun faisait tout ce qu'il voulait. Certains fumaient, d'autres dansaient indécemment ou buvaient de l'alcool. Je les observai tous bizarrement et sûrement tous se demandaient ce que je foutais là. Au milieu de la soirée, Mohamed réapparut avec une belle fille, habillée d'une robe super sexy et ils se collaient l'un à l'autre, sur le son d'une musique capverdienne, comme s'il n'y avait personne autour. Je les regardais, dégoûtée et Mohamed finit par le remarquer. Il serra fortement sa partenaire et lui donna un b****r. Les autres semblaient ne pas du tout être offusqué. Je détournai mon regard. A la fin de la série capverdienne, Mohamed sortis et à ma grande surprise, la fille vint s'asseoir à mes côtés. Elle me dit à l'oreille : Il est beau, n'est-ce pas ?
Je l'ignorai.
Miss Barbie : Eh, tu es sourde ou pas.
Moi : Bonsoir.
Miss Barbie, sans vergogne : Pfff ! Bonsoir, tu n'arrêtais pas de regarder mon mec. Tu le trouves beau, n'est-ce pas ?
Je me levai et quittai le salon. Je ne vais pas supporter et les moqueries de Mohamed et celle de sa copine. Elle me suivit dans le couloir.
Miss Barbie : Attends !
Elle m'attrapa la main.
Moi : Tu veux quoi ?
Miss Barbie : Je t'ai vue arriver avec Mohamed dans le même taxi. Qui es-tu ?
Moi : Demandes-le à ton copain.
Miss Barbie : Je l'ai fait, il m'a dit que tu n’es personne. Mais on ne vient pas avec ''personne''. Tu n'es pas sa sœur, ça c'est clair. Je sais qu'il n'a pas de sœur.
Je ris en mon fort intérieur. Non, mais elle n'ose pas être jalouse de moi. Miss Barbie qui est jalouse de Uggly Betty.
Moi : Je suis personne et non, je ne le trouve pas beau.
Miss Barbie : Tu as intérêt, parce qu'il ne joue pas dans la catégorie ''bouée gonflable ".
Me sentant blessée, je me rendis vers le jardin. Il faisait frisquet ce soir et ils étaient tous restés à l'intérieur de la maison. Je m'assis sur un des chaises du jardin. Ce que la copine de Mohamed m'avait dit était blessant. "Il ne joue pas dans la catégorie "bouée de gonflable". Pourquoi était-elle venue me dire une chose pareille ? Mohamed ne m'intéresse pas. Il a un franc succès chez les filles que je ne comprends pas. Qu'est-ce qu'elles lui trouvent toutes ? Cette fille que gagnait-elle à m'humilier ? Elle ne peut pas me jalouser, parce qu'elle sait autant que moi que Mohamed ne s'intéresse pas à moi. Je suis trop grosse pour ça. C'est vraiment de la méchanceté gratuite.
Mohamed : Eh, je t'ai cherchée partout ! Ne quittes pas le salon, je veux te garder à l’œil.
Je me retournai et lui souris. Alors il avait remarqué mon absence.
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Pdv Anta
Mohamed : Maman m'a dit de te ramener entière à la maison. Tu restes au salon. Même si je sais que tu ne risques vraiment rien. Les filles comme toi, je sais qu'on ne les v***e pas, même pour de l'argent.
Je perdis mon sourire.
Mohamed : Allez, on retourne à l'intérieur.
Moi, en colère : Je reste ici !
Mohamed : C'est quoi ton problème ? Tu n'as pas apprécié le b****r que j'ai donné à ma copine.
Moi : Tu délires complètement. Si tu veux, tu peux même lui f***********r. Ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Mohamed : Bin, tiens, je ne savais que tu connaissais l'expression "f***********r". Je t'ai vue nous regarder avec envie. Je ne savais pas que tu avais le béguin pour moi.
Moi : Oh ! Un peu de modestie. Tu ne m'intéresse pas. Je vous regardais avec dégoût. J'ai honte pour vous deux. Vous étiez juste indécent. Vas la rejoindre et laisses-moi dans mon coin. De nous deux, c'est toi qui sembles vouloir rester dans mes baskets.
Il éclata de rire.
Mohamed : Tu penses que j'ai des sentiments pour toi? Redescends sur terre et mires-toi Bouboule. Toi qui n'as jamais embrassé quelqu'un. Regardes-toi et regardes-moi. Je suis trop.
Moi, le coupant : ...Beau pour moi. Ça c'est sûr ! Mais il y a des mecs qui s'intéressent aux bouboules.
Mohamed : Bin, voyons !
Moi : Oui !
Je me levai et le toisa du regard. Sans prévenir, il me tira vers lui et m'embrassa. Je ne réagis pas, complètement choquée. Je fermai les yeux et me laissai faire. Tout à coup, il me relâcha et rit.
Mohamed : Remercies-moi de t'avoir donné ton premier b****r, Bouboule. Tu devrais faire attention à ton haleine.
Il s'en alla. Désemparée, je me rassis sur la chaise toute tremblante à cause de l'émotion et du froid. Mes larmes coulèrent. Il venait de m'humilier comme jamais je ne l'avais été. Je sortis mon portable de ma poche et envoyai un message : "SOS! Je viens de recevoir mon premier b****r''.
Mon portable sonna. Je décrochai.
Zeyna : What ??? Who kiss you ?
Elle criait sur le phone.
Moi : Mohamed !
Je pleurais.
Zeyna : C'est quoi ce délire ? Le mec qui te déteste le plus au monde.
Moi : Il voulait m'humilier.
Zeyna : Et tu te laisses faire ? Tu l'as bien giflé, j'espère. Si tu me dis non, c'est moi qui vais entrer dans le téléphone et te gifler.
Je pleurai de plus belle.
Zeyna : Ça suffit Anta. Il commence à dépasser les bornes. Réveilles-toi. Ki daf la yap (il se fiche de toi).
Moi : Je te rappelle !
Je raccrochai et pleurai. Quand je me calmai, je sortis de ma poche mon paquet de mouchoirs et me moucha. Je restais une demi-heure dehors puis retournai au salon. Quand je rentrai dans le salon, je le vis en train de danser joyeusement avec sa pimbêche. Cela me mit hors de moi. Pendant que je pleurais, lui dansais de joie. Zeyna avait raison. Dama niak diom (je suis sans vergogne). Je me rendis vers le couple.
Moi : Au fait, Mohamed ! Merci pour le b****r ! Maintenant, je sais pourquoi tu ne m'as jamais intéressée tu embrasses mal.
Il me regarda surpris.
Mohamed, en riant : Ouais, c'est ça !
Miss Barbie : Comment ça ? Le b****r de tout à l'heure ? Tu as embrassé cette truie ?
Sa copine était folle de rage et moi aussi.
Moi, en colère : Tu sais, qu'est -ce qu'elle te fait la truie ?
Je lui donnai une bonne gifle et quittai la maison. J'arrêtais un taxi. Je ne marchandai pas le prix. Je m'engouffrai dans le véhicule et acceptai le prix qu'il me proposa.
**********
Quand le taxi s'arrêta devant l'immeuble, je me relevai. Cela faisait 30mn que je l'attendais. Je n'avais pas osé sonner. J'aurais dû le faire et ainsi le mettre en mal avec ses parents, mais je n'ai pas osé. Il faut croire que je n'arrive pas à être aussi mauvaise que lui. Il sortit et paya. Le taxi s'en alla. Il vint vers moi. Apeurée, je reculai vers le mur.
Moi, le menaçant : Si tu me touches, je crie et je réveille tout le quartier.
Mohamed : Tu veux jouer à la rebelle, maintenant, mais tu me le paieras. Je te le jure, tu me le paieras.
Moi : C'est toi qui as commencé. Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu sois aussi méchant avec moi ?
Il ne répondit pas. Il passait la clé dans la serrure et ouvrit la porte. J'entrai après lui.
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Le lendemain
- Non, Anta, fan nala (je suis fan de toi) !
Zeyna était tout excitée sur l'écran. Elle sauta de joie sur son lit. Je l’avais appelée sur w******p.
Zeyna : J'aime que tu réagisses enfin. Mais là, tu as dépassé toutes mes espérances. Ça m'étonnerait que ça soit encore l'amour fou avec sa b***h là . L'humiliation en public que tu leur as fait, khana gnak diom,mais sinon kou nek dina kham bopeum ( à moins qu’il soit sans vergogne, ils vont tous les deux se tenir à carreaux).
Moi : Je me demande si je n'ai pas été trop forte dans ma vengeance.
Zeyna : Non, c'était parfait. Il fallait que tu tapes fort pour qu'il te lâche. Pour tout ce qu'il t'a fait toutes ces dernières années, ce que tu lui as fait c'est juste parfait. Ne culpabilises surtout pas. Sinon, tu as adoré ?
Moi : Adoré quoi ? Me venger ?
Zeyna : Non ! Le b****r !
Moi : Tu apprécierais un premier b****r volé ?
Zeyna : Non ! C'est vrai qu'il est trop c*n ce mec-là. I'm sorry, Twin. Mais ce n'est pas grave, quelqu'un te donnera un jour des baisers que tu vas apprécier.
Moi, gênée : Zeyna, parlons d'autres choses.
Elle éclata de rire.
Zeyna : Ok ! Parlons de ton birthday Party.
Moi : Quoi ? Mon Birthday Party,je le fêterai comme l'année dernière.
Zeyna : 15 ans ! Ça se fête. Je suis sûre que tes parents te paieront une fête inoubliable.
Moi : Ce n'est pas mon truc ! Et puis qui voudrais-tu que j'invite Mohamed ou mes camarades de classe ?
Elle fit la moue.
Zeyna : Toi-même, tu vois que ce n'est pas possible. Je le fêterai avec ma famille et ça me suffit. Organiser une mega fête pour m'entourer de personnes qui ne m'apprécient pas vraiment, ce n'est pas la peine.