Pdv Rabia
Le lendemain
J'entrai dans la chambre avec le plateau et le posai sur le bureau. Il dormait encore. Je glissai sous la légère couverture et m'approchai de lui. Il gémit et se retourna, puis m'embrassa.
Moi : Bonjour, mon Amour !
Ibrahim : Bonjour, Bébé !
Moi : Je nous ai préparés un petit déjeuner au lit.
Ibrahim, insatiable : Moi, j'ai envie d'un autre petit déjeuner.
Il m'attira vers lui. Je lui rendis son b****r, mais stoppai ses élans.
Moi : Le café va refroidir !
Il fit semblant de pleurer.
Ibrahim : Maman ne veut pas être gentille !
Moi, amusée : Non, maman ne veut pas. Son bébé est trop gourmand.
Il rit. Sérieux, il en voulait trop. Cette nuit, je lui avais fait sa fête. Khana nak, nitt dey nopalekou (un être humain n’est pas un robot). Maman a été assez gentille. Je l'avais suivi à Saly au lieu de relire mon dossier. J'avais été aux petits soins avec lui toute la nuit. J'avais profité du fait qu'on était seuls dans notre petite maison de vacances pour lui faire passer la ''nuit de l'année''. Même le jacuzzi a souffert hier et ce matin dès qu'il ouvre les yeux, il veut recommencer ? C'est une vraie batterie rechargeable. Moi, je ne pouvais plus. Je sais que toutes les femmes rêvent d'être autant désirées par leur homme. J’avais beaucoup de chance. Mais j’avais aussi besoin de repos. On était dimanche et les jours de semaine, je vivais 100 à l'heure. Qu'il me laisse me reposer. Non, Maman ne sera plus gentille, en tout cas, jusqu'à au moins mardi.
Moi, en riant : Allez, Maman va te donner une nourriture qui fait dépenser moins d'énergie.
Résigné, il se redressa et je lui posai le plateau sur les genoux. Je ne pus m'empêcher de caresser son torse nu. J'adorais le caresser.
Ibrahim : Rabia, tu ne peux pas me dire que tu ne veux pas que je te touche ce matin et tu continues de me caresser comme ça. Si tu ''le'' réveilles, tu vas t'en occuper. Je te le jure.
J'éclatai de rire et mis une distance potable entre nous. Je le regardai manger. Moi, j'avais déjà pris mon petit déjeuner dans la cuisine. Une sonnerie de portable me fit me lever. Je le sortis de mon sac et décrochai en quittant la chambre.
Moi : Allô, Maty !
Maty : Allô, Rabia ! Comment vas-tu ?
Moi : Je vais très bien. Je suis à Saly avec Ibrahim et toi ?
Maty : Je vais très bien. A Saly ? Dis donc, Madame profite ! Et les enfants, ils vont bien ?
Moi : Oui. Papi est chez Sokhna pour le week-end et Anta est chez mes parents.
Maty, une folle en liberté : Ibrahim et toi, tous seuls dans votre maison à Saly ? Mba rey ngako (tu lui as fait sa fête) ?
J'éclatai de rire.
Moi : Tu me connais, non ? Defar bamou bakh (Je suis toujours au top).
Maty, en riant : Wolounaleu (je te fais confiance) !
On rit à l'unisson.
Moi : Sinon ton mari et les enfants comment vont-ils ?
Maty : Ils vont bien. On ne s'est pas beaucoup parlé cette semaine, je venais aux nouvelles.
Moi : Tu sais, je suis toujours sur mon bilan financier. Dès que je l'aurais bouclé, on se fait un resto entre filles. Promis et c'est moi qui t'invite.
Maty : Je vais patienter. J'espère que je ne vais pas attendre jusqu'en février.
Moi : Oh, non !
Maty : Sinon, quand tu verras ta fille, dis-lui que méré nako (je lui en veux). Daf ma bayi carrément (elle m’a complètement zappée).
Moi : Non, n'en veux pas à ta Tourondo (ton homonyme). Tu sais qu'elle est casanière.
Maty : Oui, je sais, mais au moins avant elle venait me voir. Là, je ne l'ai pas vue depuis l'été.
Moi : Tu sais quoi, le week-end prochain, je te l'amènerai. Tu l'auras pour toi toute seule. Ça te va ?
Moi : Ok!
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Pdv Anta
La semaine suivante
Je rendis ma copie et sortis de la classe. Comme d'habitude, je venais de finir la première, mais pour ne pas passer pour une c***k. J'avais attendu qu'on sonne la fin de l'heure pour rendre ma copie. C'était une compo de ma matière préférée, les maths et je n'ai pas trop buté sur les exos. Mais je préfère ne jamais montrer que j'avais une longueur d'avance sur mes camarades pour éviter d'attirer plus d'attention. Déjà que sans le vouloir j'attirai le regard. J'étais dans une classe où j'étais la plus jeune, la plus intelligente, mais surtout d'après mes camarades de classe, la plus bizarre. J'étais au Cours Mariste de Hann, depuis la Maternelle. Petite, j'avais des amies et mes journées étaient rigolotes. Mais au CE2, on m'a fait sauter une classe et je les ai toutes perdues. Mes nouveaux camarades ne faisaient pas l'effort de me connaître et je n'en faisais pas non plus. J'ai été vite indexée comme la Patapouf de la classe. J'aurais pu les dénoncer à la maîtresse ou à mes parents, mais je n'aimais pas trop les histoires. Ma seule revanche, c'était de continuer à être première de ma classe, à être la préférée des profs et à rafler tous les prix d'honneur. Jusqu'à aujourd'hui, j'y suis arrivée et ça commence même à ''attirer'' le respect de mes camarades. Depuis le début de l'année, certains commencent à me demander gentiment de leur expliquer les cours. Je n'ai plus de moqueries ou de blagues bizarres de leur part, même si au fond je sais qu'ils me trouvent tous étrange. Zeyna dit que c'est parce qu'en S, il n'y a que les intelligents : ceux qui sont assez intelligents pour voir que je suis une personne merveilleuse et ceux qui ont assez de jugeote pour m'amadouer afin que je leur explique les cours. Enfin, bref, je ne suis pas rancunière, alors chaque fois qu'on me demande d'aider, je le fais et puis, ça me plaît de me faire petit à petit des amis. Même si Zeyna me dit que ce sont des ''fake friends''.
À l'extérieur, Papi me rejoignit. On attendit un quart d'heure. Mon père finit par arriver.
Moi, me plaignant : Papa, ça fait un quart d'heure qu'on t'attend.
Papa : Je suis désolé, j'ai eu une réunion qui a duré plus longtemps que prévu.
Chaque vendredi, il tenait à venir nous chercher à l'école. Moi, ça ne me dérangeait pas que le chauffeur vienne nous chercher comme les autres jours. Mais bon, papa est papa. Il tient toujours à nous montrer qu'on comptait beaucoup pour lui.
Arrivée à la maison, je pris une douche et mis un haut bleu, un jean ''normal'' noir (vous ne me verrez jamais avec un jean slim) et des baskets bleus. Puis je me peignis les cheveux et les attachai. Malgré moi, je rangeai quelques affaires dans mon sac. Sérieux, je n'avais aucune envie de passer le week-end là-bas. Mais quand ma mère a décidé quelque chose, même le Président de la République doit s'exécuter. J'avais essayé de lui faire comprendre que je voulais aller chez Papy et Mamy, mais elle avait dit niet. Je n'ai pas insisté, je n'ai pas voulu lui dire les vraies raisons pour lesquelles j'y allais de moins en moins. Maman arriva vers 19h et elle ne mit même pas les pieds dans sa chambre. Elle demanda qu'on vienne me chercher et je la trouvai déjà assisse dans sa voiture. Je mis mon sac à l'arrière de la voiture et m'installai sur le siège passenger. Je mis ma ceinture et Maman démarra. Pendant le trajet, elle me posa plusieurs questions sur ma journée. Je donnais les réponses les plus courtes que je trouvais. Sérieux, je n’avais pas envie de discuter. Aujourd'hui, on avait pris les vacances de fin d'année et j'aurais voulu les commencer autrement qu'en allant me faire lapider chez Tata Maty. C'est sûr que dès lundi, je passerais une heure sur skype avec Zeyna à lui raconter les vacheries qu'il m'a faites. Il ne manquait pas d'imagination dans ce domaine.
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Devant l'immeuble du supplice, ma mère se gara et on descendit. Je pris mon sac et la suivit. On se rendit au 2ème étage, elle sonna et Tata Maty, qui sûrement nous attendait impatiemment, nous ouvrit.
Maty : Vous voilà enfin, je croyais que vous ne viendriez plus.
Maman : Je suis descendue tard du boulot. Le temps que j'arrive chez moi et que je vienne.
Maty : Ce n'est pas grave, coupa Tata Maty.
Elles s'embrassèrent.
Maty : Bonsoir, ma chère Tourondo !
Moi : Bonsoir, Tata Maty !
Elle m'embrassa joyeusement et je me forçai à sourire. Elle me dit combien elle était contente de me voir. Elle nous mena au salon où on trouva Tonton El Hadj son mari et Youssou son fils cadet qui regardait la télé. Ils me saluèrent chaleureusement. Tonton El Hadj nous invita à nous asseoir, mais ma mère expliqua qu'il se faisait déjà tard.
Maman : Avant de partir, dis au moins bonsoir à ton beau-fils. Youssou va appeler Mohamed.
Ce dernier s'exécuta. Quelques minutes après, il revint avec lui.
- Tata Rabia ! Dit-il en allant directement l'embrasser.
Maman : Mon Goro, tu deviens de plus en plus beau.
Il sourit fièrement.
- Merci, Tata, c'est pour que tu sois toujours fière de moi.
Maman : Oh, je serais toujours fière de toi. Tu vois, je t'ai amenée ta femme, aujourd'hui.
- Oui, je vois ça ! Tu ne sais pas combien ça me fait plaisir. Je vais bien m'occuper d'elle. Namone nako (elle m’avait manqué) !
Ils éclatèrent tous de rire. Visiblement, il arrivait encore à tous les berner. Personne ne savait que depuis des années, il était mon ex meilleur ami