Après une journée d’eau calme, les premiers nuages étaient arrivés les uns après les autres avant de former peu à peu un énorme couvercle aux volutes anthracite. La nuit avait succédé à l’après-midi sans qu’il y paraisse. L’air subitement étouffant pesait sur les têtes. Au loin, les éclairs zébraient le ciel sur l’arrière des puys éloignés. Les paysans, qui avaient commencé les foins très en avance, observaient les lourds moutonnements sombres avec inquiétude. Pourvu que leur vallée soit épargnée ! Partout dans la soirée s’élevait le roulement des charrettes qui se dépêchaient de transporter le fourrage à l’abri. Peu habitués à être dehors à une heure aussi tardive, les bœufs avaient besoin d’être stimulés. Des cris d’encouragement s’élevaient ici et là. Des senteurs sucrées se répandaient

