Préface
Préfacede Christa Delahaye
« Ceux qui voudraient étudier l’histoire intime de notre époque devraient l’étudier dans son œuvre [celle de Malot] ». — Théodore de Banville 1
Publié en feuilleton dans le journal Le Temps dès novembre 1871, Souvenirs d’un blessé est un des tout premiers romans de guerre qui paraissent à l’issue du conflit franco-prussien de 1870. Durant la période qui s’étend de 1872, année de parution du recueil de poèmes L’Année terrible de Victor Hugo, à 1892, qui voit la publication de La Débâcle de Zola, nombreux sont les écrivains de la « génération 1870 » — comme ils ont été souvent désignés — qui cherchent à rendre compte du traumatisme de la guerre et de la défaite. Maupassant est de ceux-là, qui a vingt ans lors de la déclaration du conflit et qui ne publiera pas moins d’une vingtaine de nouvelles de guerre 2. Mais on peut citer aussi Alphonse Daudet, J.-K. Huysmans, Henri Céard, Léon Hennique, Paul Alexis, et à la suite de Claude Digeon 3, George Sand, Théophile Gautier, Alexandre Dumas fils, Juliette Lambert, Francisque Sarcey, Ludovic Halévy, Vincent d’Indy, Camille Lemonnier 4 qui, tous, ont contribué à nourrir la bibliothèque de la guerre franco-prussienne. Mais, par leur focalisation souvent réduite à la volonté « de cacher la défaite sous de petites victoires 5 », aucun de ces récits n’a l’envergure de celui de Malot qui cherche à donner une chronique des hostilités dans leur totalité et dans leur vérité 6.
Malot a quarante ans à la déclaration de la guerre. Il vit des jours heureux à Fontenay-sous-Bois auprès de sa femme Anna et de leur fille Lucie, âgée de deux ans. Après avoir travaillé pendant cinq années dans des rédactions parisiennes, il a fui l’agitation de la capitale pour se consacrer entièrement à l’écriture de son œuvre. Mais, dès septembre, « voyant sa maison placée sous les feux du fort de Nogent, Fontenay-sous-Bois déserté 7 » et alors qu’Anna a épousé un Allemand en premières noces et que le fils né de ce premier mariage, s’est engagé dans l’armée prussienne, Malot « choisit, à contre cœur […] d’emmener femme et enfant en Suisse. Le statut d’Anna nécessite cette sécurité. En France, elle pourrait être accusée d’avoir des affinités avec l’ennemi […], comme du côté allemand on peut, à l’inverse, lui reprocher ce mariage avec un Français 8 ».
En novembre 1870, Malot revient à Tours, siège du gouvernement de la Défense Nationale de Gambetta, où officient ses amis Jules Simon, Jules Ferry… Il pense s’engager dans la garde nationale ; il propose ses services, ne reçoit aucune réponse. Partout il ne voit que désordre et contradiction. Que fait Gambetta ? Que cherche-t-il à faire ? Dès ce moment, Malot critique sévèrement le gouvernement provisoire : « Au reste nous n’avons que ce que nous méritons puisqu’après la dictature de Napoléon, nous subissons celle de Gambetta. Il serait injuste de ne pas reconnaître que celui-ci n’est pas celui-là. Dans la situation où nous étions il a eu la force, la grande force de ne pas désespérer, ce qui est beaucoup ; et de cela il faut lui savoir gré. Le malheur est qu’avec de l’audace et de l’enthousiasme il ne s’est pas trouvé en lui le sens politique ». Aussi Malot renonce-t-il à son projet.
Dès le début des combats, Malot doute des chances de la France. Cette lucidité extraordinaire, finalement assez inconcevable au moment où le pays entier croit en une guerre éclair, Malot la doit tout d’abord à un déplacement en Allemagne effectué quelques années plus tôt, en 1866. A cette occasion, il a pu constater « la remarquable organisation militaire prussienne ». L’armée allemande est non seulement bien supérieure en nombre à celle de la France, mais elle est surtout mieux préparée et mieux encadrée. De plus, Malot est très critique envers Napoléon III : « L’Empire qui a tout désorganisé chez nous ne doit pas avoir amélioré l’armée, tout se tient en décadence comme en pourriture ; peut-être en est-il de notre armée comme de tout et n’a-t-elle que l’apparence, une surface, un vernis. Alors où allons-nous ? »
Et après Sedan, il note en date du 20 novembre 1870 :
« Nous avons mérité l’Empire pour nous être laissés gouverner par un homme que nous savions un gredin ; que méritons-nous maintenant pour nous laisser entraîner par des gens que nous savons des cervelles creuses, des tambours qui n’ont que le son. Accepter pour directeurs des hommes qui ont si bien tourné et retourné le pour et le contre qu’ils ont perdu le sens du juste et de l’injuste ; ils plaident de leur mieux l’affaire de la France, mais pour eux, c’est une affaire, et en fin de compte, pourvu qu’ils aient bien plaidé l’honneur est sauf ; s’ils perdent c’est que l’affaire était mauvaise et puis ils ne l’ont pas choisie, ils ont été nommés d’office. Aussi, si nous sommes condamnés à mort, ce sera notre faute, non la leur ; ils nous ont donné tout ce qu’ils avaient : “des phrases”. »
Ces lignes sont extraites d’un Cahier 9, inédit à ce jour dont de larges extraits ont déjà été publiés dans un article intitulé Hector Malot, chroniqueur de guerre engagé 10. Car, dans ce Cahier qui débute le 5 août 1870 pour s’achever le 5 février 1871, Malot tient en effet la chronique du conflit : « Il va se passer ici le plus formidable spectacle de ce temps ». A défaut de servir directement le pays, il entreprend un tour de France en train qui passe par Orléans, Lyon et, suivant l’armée de Bourbaki, gagne le Jura puis la Suisse. Au contact des acteurs de la guerre qu’il rencontre dans les wagons de troisième classe, lieu propice aux conversations informelles, il consigne avec précision dans son Cahier les bruits et les rumeurs qui courent dans la population. Ses annotations témoignent de la justesse de ses analyses. Souvent, il est pris pour un espion et frôle l’arrestation. Après la capitulation, il revient chez lui : sa maison est sans dessus-dessous. Sa correspondance avec Hugo a disparu, de même que la presque totalité de son manuscrit de Sans famille 11.
C’est dans ce contexte qu’en 1871 il débute l’écriture des Souvenirs d’un blessé, sous l’œil des Prussiens qui occupent sa maison. L’idée de ce roman lui est venue pendant son voyage. Emu par le grand nombre de blessés encombrant les gares en attente de trains pour retourner dans leurs familles, il écrit, le 3 novembre 1870, l’idée d’un « roman à faire » :
«Le voyage en France est en ce moment lugubre ; dans les gares et en wagon on ne rencontre que des blessés qui sortis des hôpitaux retournent à leur pays : jambes coupées, bras amputés, balafres au visage. Et tous ces éclopés jeunes et vaillants. Que vont-ils faire dans la misère où nous entrons. Comment vont les accueillir celles qui les aimaient. Il y a là un roman à faire : le Blessé, volontaire par amour revenant estropié après avoir vu tout ce qu’il y a de caractéristique dans cette guerre, et remercié par celle qu’il aime.»
Pour être au plus près de la réalité, Malot complète ses notes personnelles en demandant aux maires de La Bouille et d’Etrépagny de retranscrire les combats qui ont eu lieu dans leurs communes. Il puise aussi des faits dans la lecture des journaux étrangers.
A sa publication en deux volumes intitulés Suzanne et Miss Clifton chez Michel Lévy en 1872, l’ouvrage fait l’objet d’une analyse de Zola publiée dans le journal La Cloche le 23 mai de la même année. Zola s’intéresse à Malot depuis que Taine a attiré son attention sur cet auteur débutant. En 1865 Taine a en effet encensé les deux premiers volumes des Victimes d’amour : ses ouvrages, écrit-il, « sont excellents de tout point, et, si l’on excepte Madame Bovary, égaux aux meilleures œuvres de fiction qui aient paru depuis dix ans » 12. Souvenirs d’un blessé enthousiasme à nouveau Taine qui juge le roman « excellent, plein de faits, non encore exploité, instructif au possible 13 ». Dans la foulée, Zola souligne que beaucoup de romans de guerre qui paraissent à l’époque, ont peu d’intérêt parce que, regrette-t-il, ils collent trop à l’événement. En revanche, il écrit à propos du roman de Malot :
«Ce qui m’a ravi dans les Souvenirs d’un blessé, c’est la méthode littéraire. L’auteur s’est imposé un cadre immense. Il entendait promener son héros sur tous les points de la France pillée et brûlée, afin de donner un tableau complet de l’invasion. […] L’esprit de M. Malot se prêtait merveilleusement à cette résurrection d’un vaste ensemble par l’exactitude des petits détails. C’est […] le système employé par Stendhal dans son récit de la bataille de Waterloo. L’armée est on ne sait où ; on se bat quelque part ; à l’horizon, le canon gronde. Et sans nous mettre au milieu de la bataille, l’écrivain fait passer sur nous un vent de mort, l’effarement de la défaite, l’écroulement de tout un monde, la débandade du troupeau humain.»
Pour Zola, Souvenirs d’un blessé est un roman qui sort du lot. On peut même lire dans son jugement le projet d’un de ses propres romans à venir La Débâcle qui paraîtra vingt ans plus tard en 1892. Ce n’est pas la première fois que l’œuvre de Malot nourrit celle de Zola. Henri Mitterand a retrouvé dans le dossier préparatoire de La Conquête de Plassans, une remarque de Zola concernant un certain « roman de Malot 14 » et a ainsi pu attester l’influence décisive de l’abbé Guillemittes dans la genèse de l’abbé Faujas. Mais on pourrait aussi signaler l’intérêt pour le monde minier que Zola puise dans Sans famille pour écrire Germinal 15…
S’il souligne « la force du propos » due pour l’essentiel à la relation dans ses détails les plus insignifiants de la vie d’un simple soldat, Zola avance néanmoins une critique : quelquefois, déplore-t-il, « le récit tombe dans le bavardage » un peu comme si le romancier « s’était trop pressé ». Dans Le Roman de mes romans 16, Malot veut bien reconnaître que la faiblesse du roman peut venir de son engagement et de sa volonté à vouloir dire la vérité, loin des préoccupations esthétiques de l’art pour l’art : « Je passe volontiers condamnation sur le reproche que vous m’adressez d’avoir été trop vite, mais j’ai voulu que mon roman servît à aviver et entretenir la haine de l’Empire, et de pareilles visées sont toujours contraires à l’art ». Mais pour sa défense, il insiste sur la force du ressenti qui, à ses yeux, est primordiale.
Dans les Souvenirs d’un blessé, le ressenti est porté par le récit à la première personne de Louis Goscelin d’Arondel durant l’année du conflit qui s’étend de juillet 1870 à juillet 1871. Elevé dans le mépris de l’Empire par un précepteur honnête homme, républicain, Louis s’engage sans conviction dans des études de droit à Paris. Il mène alors la vie de bohème des riches héritiers entre l’amour des courses hippiques, celui du jeu et des actrices. Quatre ans plus tard, alors qu’il gagne Tarbes pour officier dans l’administration des haras, il rencontre la belle Suzanne Bordenave. C’est une jeune fille de Cauterets, Mlle Lacaze de Libourne, qui servit de modèle à cette bourgeoise aguicheuse, à l’imagination romanesque dont Louis tombe follement amoureux. Sur un coup de tête, il décide de faire la guerre pour les beaux yeux de Suzanne qui soutient l’Empire et qui déclare de manière formelle qu’elle n’épousera qu’un militaire, un héros !
Louis s’engage sans tarder et part alors à la recherche de son régiment. Mais tous ses déplacements, tous ses efforts pour le retrouver sont contrecarrés par une armée en déroute, des officiers qui ne sont pas à la hauteur de la situation, qui n’ont pas de cartes ou qui ne savent pas les lire, qui ignorent tout de la géographie, qui ne prennent pas en compte les conditions climatiques, et qui se ridiculisent dans des ordres et contre-ordres en cascades… C’est la quasi-totalité des opérations qui marquèrent les grandes phases du conflit — à l’exception du Paris assiégé et de la Commune — qui sont données à voir du point de vue du personnage engagé dans l’action et qui ne peut que constater que les troupes sont lancées à la mort pour un improbable sauvetage de l’Empire 17. L’écriture, au plus près des événements qui ont réellement eu lieu, s’enracine dans le Cahier et restitue le désarroi et la souffrance du soldat, le désarroi et la souffrance d’une armée martyre.
Néanmoins, dans la chronique de ce qu’il faut bien appeler la débâcle de nos armées, le romanesque n’est pas oublié. Présent dans les deux rencontres amoureuses qui ouvrent et ferment le récit, il se niche aussi dans des scènes qui combinent le tragique de la guerre au picaresque de l’aventure : l’errance du soldat Louis à la recherche de son régiment introuvable ; l’odeur de la mort qui voisine avec celle du boudin ; la méfiance des paysans qui se manifeste dans la contradiction de leurs propos ; le suspense du franchissement des lignes ennemies pour tenter d’entrer dans Paris assiégé… La scène du soldat espion aussi est des plus savoureuses. Pour ne pas attirer l’attention et être sûr d’obtenir un laissez-passer délivré pour la circulation des animaux de boucherie, Louis n’hésite pas à revêtir le costume d’un conducteur de bestiaux : et, tout en prétextant un déplacement pour le ravitaillement des troupes, il peut transporter des messages codés sans attirer l’attention 18. Ainsi, de nombreuses situations semblent plus fictionnelles que réelles. Pourtant elles se composent de la juxtaposition d’une multitude de petits faits qui sont, comme Malot le fait dire à son personnage, au plus près de la réalité.
Les scènes qui se déroulent la nuit, comme les visions de Paris assiégé du haut d’une colline, sont très poétiques. Parce que la nuit, doublée du silence, est encore plus inquiétante que la bataille. Mais aussi parce que le ciel étoilé rougi par les balles est un spectacle fascinant. C’est d’ailleurs la nuit, au cours d’un incendie, que Louis fait la connaissance de miss Harriet Clifton, cette riche anglaise passionnée de voyages et d’explorations lointaines. Miss Clifton met sa fortune au service des blessés en suivant les armées dans une solide voiture aménagée en pharmacie et portant la croix rouge de Genève. Il la retrouvera en Suisse où elle l’assistera lors de l’amputation de son bras. Il y aura de nouvelles rencontres au Havre et des projets d’avenir. Le Cahier montre combien Malot est sensible à la nouvelle société qui naîtra de tous ces événements tragiques. Après la Commune de Paris, il faudra consolider la République naissante sur de grands projets sociaux et sur une école à repenser. S’appuyant sur les travaux des pédagogues Pestalozzi et Froebel, Louis et Harriet se tourneront alors vers l’éducation des plus jeunes. Le chemin accompli par notre héros, en partie avec son ami Homicourt rencontré par hasard à Sedan, pour poursuivre la résistance coûte que coûte en tentant de semer le désarroi dans les lignes ennemies, permet à Malot de justifier son projet en déclarant d’une formule définitive : « Si j’avais attendu, j’aurais pu, il est vrai, mettre dans mon roman ce qui est dans l’histoire ; j’ai préféré essayer que pour une part si faible qu’elle fût, on mît dans l’histoire un peu de mon roman 19 ».
1 Cité par E. Flammarion in « Avertissement », Clotilde Martory, 1895.
2 La nouvelle qui lui apportera célébrité et consécration est Boule de suif, nouvelle qu’il fait paraître dans le recueil coordonné par Zola Les Soirées de Médan (1880).
3 Claude Digeon, La Crise allemande de la pensée française (1871-1914), Paris, PUF, 1959.
4 L’ouvrage du Belge Camille Lemonnier parut sous le titre Sedan à Bruxelles en 1871 ; puis sous le titre Les Charniers chez Lemerre en 1881. Il a été republié en 2011 chez Mémorielles.
5 La Crise allemande de la pensée française, op. cit.
6 Malot revient encore sur le conflit dans les deux derniers tomes de L’Auberge du monde : dans le dernier chapitre d’Ida et Carmélita et surtout dans le dernier volume Thérèse (1875). « Ce dernier volume, où nous assistons aux terribles événements de 1870 et de 1871, sans perdre un instant de vue le héros ni les acteurs essentiels du drame, est traité avec une mâle vigueur qui ne s’interdit point toujours l’attendrissement. Il laisse dans la mémoire une impression forte et durable », Jules Levallois, Echo, 17 février 1876 in Malot, Hector, Le Roman de mes Romans, Flammarion, 1896, Réédition in Cahiers Robinson, n°13, 2003, p. 217.
7 Thomas-Maleville, Agnès, Hector Malot, L’Ecrivain au grand cœur, Editions du Rocher, 2000, p. 141.
8 Ibid.
9 La ponctuation et les soulignements des extraits du Cahier sont ceux de Malot.
10 Agnès Thomas-Maleville, « Hector Malot, chroniqueur de guerre engagé » in Historia, novembre 1996, p. 30-33.
11 In Le Roman de mes romans, 2003, op. cit. p. 50 et 97.
12 Cité par F.W.J. Hemmings in « La critique d’un créateur : Zola et Malot », Revue d’histoire littéraire en France, janvier-mars 1967, p. 55-67, p. 56.
13 Lettre inédite du 27 février 1872.
14 Un curé de province et Un miracle.
15 Ida-Marie Frandon, Autour de « Germinal » : la mine et les mineurs. Genève : E. Droz/Lille : Librairie Giard, 1955.
16 Op. cit.
17 Pour une analyse détaillée des opérations militaires présentes dans le roman voir Thierry Chevrier, « Souvenirs d’un blessé », in Diversité de Malot, Cahiers Robinson, n°10, 2001, p. 181-199.
18 L’anecdote figure dans le Cahier. En date du 3 novembre, Malot écrit : « J’insiste d’autant plus pour aller à Paris et il est décidé qu’on me donnera tous les moyens dont on dispose. En même temps on me met en rapport avec M. Flèche ancien consul à Mogador qui a tenté l’entreprise et qui est revenu à Tours après avoir échoué. Le soir un conseil de guerre est tenu. M. Flèche ayant perdu la femme qu’il avait épousée depuis un an s’est engagé par désespoir dans les éclaireurs à cheval ; avant d’entrer en campagne il a voulu aller à Paris embrasser ses parents. En même temps il porte deux lettres du gouvernement de Tours au gouvernement de Paris, l’une roulée dans un vieux cigare, l’autre avec laquelle il a fait une cigarette. Il se rase et s’habille en conducteur de bœufs. Il va jusqu’à Chartres en chemin de fer, de là à pied par les chemins détournés […]. Pendant huit jours il cherche à percer les lignes prussiennes de Versailles à Longjumeau muni d’une carte de circulation achetée 40 francs à un piqueur de bœufs. Il est arrêté à Châtenay enfermé avec 12 Bavarois pour être jugé comme espion le lendemain, dans la nuit il enjambe par-dessus les Bavarois endormis et se sauve. N’ayant plus d’argent (il a dépensé 500 francs) il revient par le même chemin à Chartres où le préfet le reçoit et le renvoie à Tours ».
19 In Le Roman de mes romans, op. cit. p. 50.