8.Les bruits du camp s’éteignirent peu à peu, mais nous entendîmes encore pendant assez longtemps, dans le calme du soir, les détonations lointaines de l’artillerie ; un coup, deux coups, une salve qui faisait bondir le cœur ; puis le silence descendit sur nous. Mais ce silence succédant brusquement au tapage de la journée avait quelque chose d’inquiétant et de fiévreux ; l’esprit n’étant plus secoué par les coups de canon restait agité par la curiosité, et sans pouvoir se reposer sur rien de précis il se troublait de plus en plus en subissant les influences de la nuit toujours si puissantes dans l’angoisse. Que s’était-il passé derrière ces bois ? Et par cela seul que l’œil ne pouvait percer les ombres, il semblait que l’esprit était plus lourd à franchir les espaces. La victoire ? la dé

