I– Alors, à demain, Antoine ? – À demain, c’est ça, Mademoiselle Raymonde... Et merci bien. Antoine Baujoux replaça son chapeau sur ses cheveux blonds coupés court, et s’en alla en courant dans la direction de la ferme, où, depuis sa Première Communion, il remplissait l’office de petit berger. On n’aurait certes pas reconnu, dans ce vigoureux garçonnet au teint hâlé, le pâle blondin de jadis. L’âme s’était aussi développée, comme le corps. Antoine était un bon petit garçon, très reconnaissant, très pieux, pas toujours facile de caractère, mais cédant vite aux raisonnements – surtout lorsqu’ils lui étaient faits par Mlle Mathilde ou par Raymonde. La tante et la nièce n’avaient jamais cessé d’exercer une surveillance morale sur le fils de la pauvre Ernestine. C’étaient elles qui lui avai

