bc

Ça va encore être ta fête

book_age0+
detail_authorizedAUTHORIZED
1
FOLLOW
1K
READ
like
intro-logo
Blurb

Un recueil de chroniques sur la vie ordinaire de femmes extraordinaires.

On dit souvent que chaque jour est une fête mais quand tu y regardes de plus près, tu t’aperçois que ce n’est pas toujours la tienne : y’a des jours, c’est pas ton jour…

Forte du succès de son précédent Ça va être ta fête ! Cécile Delacroix complète son éphéméride et nous livre une nouvelle série de chroniques drôles, caustiques ou plus graves. Elle nous raconte ces petits moments du quotidien qui mettent en scène des femmes, mais des hommes aussi, confrontés à la réalité parfois aride du couple, du travail, de l’amitié ou de la famille.

Et parce que leurs préoccupations pourraient être les nôtres, l’on se prend à s’inquiéter avec elle de ce qu’il adviendra de la menteuse de la Saint-Patrick, du chômeur de la Saint-Arsène ou de la cuisinière de la Sainte-Perrine.

Découvrez le second volume de chroniques qui proposent une immersion dans la vie de femmes qui vivent un quotidien si proche du nôtre.

EXTRAIT DE Premier dimanche de mars Fête des grands-mères

C’est une gentille petite fille, avec deux nattes bien serrées qui pendent sur ses épaules et des yeux noirs un peu trop graves pour son âge. À ses parents, on dit : « Oh, mais qu’elle est sage cette petite, et tellement raisonnable ! » Et, parce qu’elle lit toute la journée, on ajoute : « Elle doit être très intelligente. »

Je ne sais pas si elle est très intelligente mais c’est vrai qu’elle a appris à lire toute seule, en recopiant les lignes du journal austère et sans image que rapporte son père, le soir, et qui s’appelle Le Monde. C’est un drôle de titre, pour un journal noir tout plat, de porter le même nom qu’une boule bleue toute ronde.

Le dimanche midi, ses grands-parents viennent déjeuner à la maison. C’est la tradition, ça ne se discute pas. On mange du poulet avec des pommes de terre et un légume vert qui change chaque semaine parce que c’est bon pour la santé. Eux, ils apportent le dessert, un vrai gâteau de pâtissier, dans un carton rose avec de la ficelle dorée.

Après le déjeuner, Grand-Père va s’allonger parce qu’il est vieux, et Grand-Mère s’ennuie un peu. Alors elle appelle la petite auprès d’elle et demande : « Tu ne voudrais pas me lire une histoire ? J’aime bien entendre ta voix. » Et comme la gamine est fière de savoir déjà lire, elle va chercher un livre - mettons, au hasard, les Contes des mille et une nuits - et elle lui lit une histoire.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Cécile Delacroix est née à Paris à la fi n du siècle dernier. Danseuse classique contrariée, pianiste laborieuse, elle s’est fi nalement résignée à une carrière de juriste, sans pour autant perdre de vue son goût pour la créativité ou renoncer à ses ambitions artistiques. C’est en s’inspirant de sa vie mais aussi de celle de ses soeurs, de ses consoeurs, de ses amies qu’elle a écrit ces chroniques, pour le simple plaisir de réinventer des histoires de tous les jours.

chap-preview
Free preview
2 janvier Saint-Basile
2 janvier Saint-BasileÇa crépite, ça chante, ça chauffe, ça réconforte. Les feux, c’est comme les nouveau-nés ou les aquariums, tu peux les regarder en silence pendant des heures sans t’ennuyer, c’est toujours les mêmes et jamais pareil. Moi, j’aime le feu. Peut-être parce que je n’ai pas eu de foyer lorsque j’étais enfant, comme me le disait l’autre jour la petite Machin Truc, là, comment elle s’appelle déjà, c’est trop bête, j’ai oublié son nom. Ah zut, ça m’agace, je l’ai sur le bout de la langue. Je ne connais qu’elle pourtant, la petite brune si jolie, avec une fossette à gauche, un chignon et des anneaux d’or aux oreilles. Moi, j’aime le feu. Celui des allumettes avec lesquelles tu n’avais pas le droit de jouer quand tu étais petit et que tu frottais les unes après les autres pour respirer l’odeur du soufre quand on ne te surveillait pas. Celui de ta première clope faussement désinvolte à la sortie du collège. Celui de la cheminée devant laquelle tu te pelotonnes les soirs d’hiver et qui te cuit le visage tandis que ton dos est glacé. Celui de la bougie d’anniversaire de l’âge que tu ne pensais jamais atteindre. Et voilà justement, aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Un beau chiffre tout rond. Celui qui te fait adulte, dit-on. Celui qui t’autorise à établir tes premiers bilans, à tracer dans ta tête des colonnes « plus » et des colonnes « moins » pour savoir si tu es parvenu là où tu voulais aller quand tu étais jeune. « Tu veux faire quoi plus tard ? », m’avait demandé sœur Odile-Marie qui dispensait les cours de français, de dessin, de géographie et qui dirigeait aussi la chorale le lundi midi après la cantine, au foyer. Ah ah, eh oui, elle se trompait la fille au chignon, finalement. Elle n’a rien compris, elle n’a pas écouté. J’avais bien un foyer en fait. À sa question je lui avais répondu « pompier » à la bonne sœur, ça l’avait fait rire, elle s’était moquée : « C’est pas très original comme idée, elle m’avait dit, tous les gamins en rêvent. » Pardon sœur Odile-Marie, mais quand on est une fille, si, pompier, c’est plutôt original. Tellement original, d’ailleurs, qu’on ne m’a pas laissé faire et j’en garde encore un souvenir cuisant. « Pas de fille à la caserne, sauf au plumard. Ou à la cuisine, pour les moches », m’avait dit le capitaine Mollard, avec un regard méprisant. Ah, tiens, lui, j’ai pas oublié son nom. Ni ses cheveux gras, son odeur de tabac froid et sa face de grenouille grêlée de trous d’acné. Pour un pompier, je te dis pas la déception au niveau du fantasme, il était en s*x-appeal mode négatif, valait mieux pas qu’il aille vendre les calendriers de la nouvelle année en porte-à-porte, ça n’aurait rien rapporté. Pas de fille. Alors pompier, non. Pompier, je ne peux pas l’inscrire dans ma colonne des « plus ». Tant pis, il est temps de me rendre à la raison et de garder la tête froide, on ne peut pas grandir sans avoir des regrets. Cela dit, grâce à la bonne soirée que je suis en train de passer, des regrets, j’en ai de moins en moins. Hou là, il faudrait que j’attise un peu, le feu s’étouffe. S’il s’éteignait, ce serait un mauvais présage et j’ai vraiment pas besoin de ça. Je vais souffler sur les braises. Souffler sur les braises, j’ai toujours su faire. « Si tu n’es pas plus gentille avec les autres, tu brûleras en enfer », disait sœur Odile-Marie. Tout va bien, ça repart. Les flammes montent joliment cette fois, c’est rouge, c’est jaune, c’est gai, ça danse pour moi, pour mon anniversaire. Je pourrais jeter dessus le fond de ma canette de bière, histoire de m’offrir un petit feu de Bengale en bonus. Oui, tiens, bonne idée, je vais faire ça. Vraiment, c’est un coup de chance si j’ai pu sortir ce soir. La porte du centre laissée entrouverte, un air de liberté derrière la grille, un train pris sans ticket, quelques pièces mendiées pour acheter deux packs de six, un grand brasier pour me tenir compagnie. C’est mon meilleur anniversaire. J’ai sacrément bien fait de venir jusque-là pour incendier la sale baraque du sale capitaine Mollard. Ah, ça y est, je m’en souviens du nom de la brunette au chignon. Maintenant je revois nettement son badge agrafé sur sa blouse blanche, avec marqué dessus Dr Karine Réchaud, médecin psychiatre. Troubles maniaco-dépressifs aigus, sévères tendances pyromanes, elle a écrit sur mon dossier. En gros. En rouge. En souligné. La s****e. Elle habite où celle-là ?

editor-pick
Dreame-Editor's pick

bc

Supplier le Retour de la Luna Rejetée

read
1K
bc

L'Infidélité de Mon Mari : Mon Cadeau d'Anniversaire ?

read
6.3K
bc

Mon boss & moi

read
353.9K
bc

J'ai Embrassé un Inconnu, et depuis, mon Ex ne me Lâche plus

read
1K
bc

J'ai Giflé Mon Fiancé et Épousé Son Ennemi Milliardaire

read
3.8K
bc

Destinée à l'Ennemi de Mon Ex après la Renaissance

read
1K
bc

Après le Divorce, Mon Ex et Mon Fils Me Réclament

read
1K

Scan code to download app

download_iosApp Store
google icon
Google Play
Facebook