J’entendis chez la crémière une affreuse petite vieille chuchoter en clignant de l’œil de mon côté : Il y a ma foi de petites niaises qui ont trop de chance ! – Certes oui, repartit une autre commère en haussant les épaules et en bourrant de tabac son nez velu, trop de chance, puisqu’elles ne savent pas en profiter ! – Ta ! ta ! ta ! ça viendra, ricana une troisième. Les plus madrées sont celles qui se font le plus longtemps prier. Si j’avais compris ça dans le temps, moi qui vous parle, je n’en serais pas réduite à l’unique consolation que voici. Et entrouvrant la poche de sa robe, elle montrait le goulot d’une bouteille de wiskey. Vous pouvez juger de ma honte et de mon embarras pendant ce dialogue effronté. J’allais sortir avec mon pot de lait ; mais la crémière ayant ajouté à demi-voi

