Prologue
Après sa discussion avec sa grand-mère, Manuella était perplexe à l'idée de retourner à Dakar chez son mari.
Certes elle ressentait pour lui quelque chose de spécial mais la peur qui l'animait à l'encontre de sa belle-mère ne la quittait pas pour autant et devoir retrouver Ndèye Fatou lui provoquait des maux de gorges.
Elle marchait dans les rues de St-Louis, l'esprit en bataille. Elle ne laissait personne indifférente mais elle ne faisait pas attention aux regards indiscrets. Elle n'était pas consciente de sa beauté et se refusais de se donner de la valeur. Malgré ce manque de confiance en elle, elle demeurait attirante.
Elle marche jusqu'à la plage et s'assoit sur le sable, faisant face à la mer.
Le vent fouettait son visage et faisait ressortir son innocence. Ses yeux devenait plus lumineux sous le coucher du soleil. Elle avait le regard perdu et l'inquiétude se lisait facilement sur son visage.
Un jeune homme qui faisait du sport s'arrêta devant elle et la dévisagea sans retenue. Manuella s'en rendit compte et le fixe du regard à son tour.
Elle ne se gêne pas de lui faire savoir qu'il dérangeait.
- Avez-vous perdu quelque chose Monsieur ?
Le jeune Homme revient sur terre et cligne des yeux.
- Ah excusez-moi Madame, c'est juste que j'adore vos yeux, ils sont hypnotisants.
Manuella fronce les sourcils et lui regarde l'air de lui demander s'il était sérieux. Le jeune homme sourit et vient s'assoir près d'elle.
- Manuella : Qui vous a permis de venir perturber ma solitude ?
- Le jeune homme : Je me permets de vous déranger car j'ai envie de faire connaissance avec vous.
- Manuelle : Vous êtes effronté hein.
- Le jeune homme : C'est juste que j'ai dit ce que j'avais dans la tête.
- Manuella : Hum, et bien je suis désolé Mr mais je n'ai pas le temps de faire connaissance avec vous.
Manuella se lève et s'apprête à partir.
Le jeune homme fait de même mais lui tient le bras.
- Excusez-moi de vous avoir fait peur mais je ne suis pas là pour vous faire du mal. Je voulais juste faire connaissance.
- Drôle de façon de faire connaissance cher Monsieur.
- Je m'en excuse. Je me nomme BATHIE et je suis Photographe professionnel.
- Enchantée Bathie. Pouvez-vous retirer votre main de mon bras ?
Ce que fit Bathie tout en gardant le regard rivé sur les yeux de Manuella.
- Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, ce n'était pas mon intention de vous faire peur ni d'être désagréable. J'adore vos yeux et j'aimerais vous offrir une séance photo professionnelle.
- Manuella : ça ne me tente pas, désolée.
Manuella marche vers la route pour rentrer chez elle et Bathie décida de la suivre.
La jeune fille aux yeux bleus s'en rendit compte aussitôt et s'arrêta non loin de la route principale.
- Manuella : Rentrez chez vous Bathie, ce que vous avez à dire ne m'intéresse pas.
- Bathie : Vous ne m'avez pas encore dit votre nom, Mademoiselle aux yeux bleus.
- Manuelle : Qui vous dit que j'en ai envie.
Manuella hèle un taxi et s'y engouffre sans que Bathie ne puisse réagir. Il sourit et se promit de ne jamais oublier ce jolie visage qu'il venait de rencontrer. Il se résigne et traverse la route pour rentrer chez lui.
Sur la route du retour, le téléphone de Manuella sonne, elle décroche et entend la voix de marième à l'autre bout du fil.
- Mme Ndao, grand-mère te cherche partout. On doit aller chez la prêtresse avant ...
- Manuella : Je suis à l'angle Marième, je n'ai pas oublié. J'avais juste envie d'être seule quelques minutes.
- On t'attend alors.
Elle arrive à la maison quelques minutes plus tard.
Grand-mère demanda aux filles de se préparer et de la retrouver chez la prêtresse.
Cathy qui avait l'habitude d'aller chez la prêtresse prévient les filles sur les précautions à prendre.
- Cathy : Vous devez vous habillez qu'avez une robe simple, sans artifice. Ce n'est pas la peine de mettre des sous-vêtements. Juste un slip vous suffira si vous ne pouvez pas vous en passer. Portez un pagne léger en dessous de votre robe car cela vous servira à prendre le bain là-bas. Pas de boucles d'oreille, ni de bracelet. Ensuite, je vous préviens, vous n'avez pas le droit de répéter ce que vous avez vu là-bas à qui que ce soit.
- Manuella : Ah ça devient compliqué hein. Tout ça pour un bain.
- Marième : Ce n'est pas n'importe quel bain ma chérie. On va voir celle qui détient le symbole de nos ancêtres.
- Cathy : Merci Marième ! Faisons vite avant que Grand-mère ne s'énerve encore.
Les filles s'habillent comme leur a demandé Cathy et sortent de la maison. Elles prennent un taxi qui les amène dans un autre quartier loin de chez eux.
Une fois devant une vieille maison, la voiture s'arrête et les filles sortent du taxi après avoir payé.
Cathy qui connaissait les lieux, devance les autres à petits pas.
------------------- Manuella --------------------
On entre dans la maison et le calme qui y régnait était frissonnant. Je suivais les filles à l'intérieur mais je reconnais que l'endroit était bizarre.
On est dans une vielle maison, sombre et une odeur de poulet mort titille nos narines. Seynabou qui était muette depuis notre entrée, me tient la main. Ce qui me fait savoir qu'elle avait peur. Je la regarde de haut en bas et me souvient de tout ce qui s'est passé entre nous au paravent. Je retire ma main et avance vers Cathy.
Une jeune fille était assise dans la cour de la maison, une calebasse entre ses mains. Nous la saluons et elle nous demande de rincer nos mains dans la calebasse avant d'entrer dans le salon. Ce que l'on fit dans broncher.
Elle nous installe puis retourne sur ses pas.
Elle est trop silencieuse cette fille.
- Seynabou : Cette maison me fait peur.
- Marième : Et qu'est ce qi te fait peur ? C'est une maison comme les autres non.
- Seynabou : Je ne sais pas mais je ne me sens pas à l'aise.
- Cathy : Reste tranquille et fait ce qu'on te demande de faire.
- Manuella : Pouvons-nous prendre des photos ou filmer ce qui se passe ici ?
- Cathy : Fil... quoi ?
- Marième : Elle est folle cette fille.
- Non mais c'est bon de découvrir nos cultures. Dis-je en sortant mon téléphone.
- Cathy : On ne montre pas tout ma chérie. Chaque famille a ses secrets et les secrets doivent être bien gardés.
- Marième : Essaye pour voir...Tu finirais par voir une queue sortir de ton c*l et tu verras.
Nous rions aux éclats pendant que la jeune fille qui nous avait accueillis revient vers nous avec des colliers en cauris. La blancheur des cauris les rendait rayonnante.
Elle se dirige vers Cathy et lui fait signe de la tête.
On dirait que la fille est muette. Elles adoptent le langage des signes puis Cathy nous demande d'entrer à tour de rôle dans une chambre à côté pour nous déshabiller.
J'y vais avec Cathy et après m'être déshabillé, je prends le pagne que j'avais avec moi et l'attache au-dessus de ma poitrine.
- Cathy : Maintenant je vais te mettre ce collier de cauris autour du coup et tu vas nous attendre au salon.
Elle joint acte aux paroles puis je sors la laissant seule dans la chambre.
Les filles vont se changer une à une puis Cathy nous rejoint habillée comme nous.
- Seynabou : On fait quoi maintenant ?
- Cathy : On attend.
- Où est grand-mère dans tout cela ? Dis-je.
- Marième : Elle est surement avec la prêtresse.
- Seynabou : Quand on parle du loup.
Grand-mère entre dans le salon et regarde les filles à tour de rôle.
- Bien, vous êtes prête on dirait. Vous allez me suivre toutes à l'arrière-cour de la maison. Mame Ndiaya vous y attend.
- Manuella : C'est qui Mame Ndiaya ?
- Cathy : La prêtresse.
Grand-mère sourit en voyant comment Cathy tenait et comprenait à sa culture.
- Suivez-moi sans vos chaussures et tachez de rester tranquille, faites ce qu'on vous demande sans poser de questions je vois que la curiosité va tuer certaines. Dit-grand-mère en me jetant un regard avant de nous tourner le dos....................
Les filles obéissent et marchent à petit pas.
Elles traversent un couloir et à travers une porte, puis accèdent à la cour arrière. L'obscurité était bien présente dans l'enceinte. Seule un lampion éclairait l'endroit.
Du sable au sol, un grand canaris au coin et un mortier au milieu de la cour sont bien visible. On voit au loin un arbre, un autre mortier et des pierres aux côtés.
Une vieille Dame est debout devant le mortier du milieu.
Elle est habillée d'un pagne et d'une robe en wax. Un foulard attaché à la tête, elle nous regarde à tour de rôle.
- Les enfants soyez les bienvenues ! Approchez !
Grand-mère nous guide vers la prêtresse et remet à cette dernière un grand sachet noir puis rebrousse chemin.
- Seynabou (chuchote) : Elle nous laisse ici ? et seules en plus ?
Depuis quand a-t-elle peur cette fille ?
Je la regarde de haut en bas et reporte mon attention vers la prêtresse. Cette vielle dame aussi bizarre soit sa maison, est d'une beauté éblouissante. Et à travers son visage, on pouvait voir qu'elle est un mélange de mystère et de pureté.
- Mame Ndiaya : Bienvenue parmi vos ancêtres Je vais vous demander de suivre étape par étape ce que nous allons faire et je ne me répéterais pas. Donc ouvrez bien vos oreilles et soyez attentives.
Nous faisons un oui de la tête. Mon cœur battait très fort car je ne sais pas ce qui m'attendait avec cette dame. Mais derrière cette peur, une curiosité inexplicable m'animait. Donc j'étais bien décidé d'être attentive à tout ce qui va se passer ce soir.
- Mame Ndiaya : Vous allez piler dans ce mortier ce mil à tour de rôle. Chacune d'entre vous aura sa part. Ma petite fille va vous aider diviser se mil à part égale. Chacune doit piler sa part jusqu'à avoir une poudre bien homogène. Une fois que vous aurez terminé, je vous dirais ce qui va en suivre.
Comme elle venait de le dire, la fille qui nous avait accueilli et qui se trouve être sa petite fille nous donne à chacune, une petite calebasse contenant du mil.
Elle nous demande nos âges à chacune.
Et moi qui croyais qu'elle était muette ?
Eh bien, j'ai dû me tromper alors.
- La fille : Vous allez moudre le mil que vous tenez entre les mains, ensuite vous allez le passer au tamis avant de réserver votre part dans votre calebasse.
- Seynabou : Ensuite ?
- La fille : Vous attendez.
Donc comme elle nous l'a demandé, on se met en rang suivant notre âge. Puisque j'étais la benjamine, j'étais derrière les autres. Seynabou passe son tour, ensuite Cathy puis Marième et enfin moi.
Ce n'était pas évident car s'était la première fois que je le faisais. Cathy me disais comment faire et j'ai pris beaucoup plus de temps que les autres.
Une fois que nous finissons ce rituel, la petite fille de Mame Ndiaya nous guide vers l'arbre qui était au fond de la cour.
- Vous pouvez poser vos calebasses tout autour de ce mortier et à tour de rôle comme tout à l'heure. La plus âgée devant et la benjamine derrière.
Nous le faisons sans broncher.
La jeune fille revient avec une calebasse remplie de lait caillé mais on pouvait voir qu'elle contenait autre chose de plus que le lait caillé.
On se regardait à tour de rôle. Cathy savait que je me posais des questions dans ma tête car je la regardais avec un air inquiet. Mais elle me rassure rien qu'avec un regard.
- Maintenant vous allez donner trois coup de pilon chacune dans le mortier posé près de l'arbre puis boire dans cette calebasse trois vers de lait caillé. Certes, ce n'est pas seulement du lait caillé mais ce n'est pas désagréable je vous rassure.
Nous sourions car on sait bien qu'elle a dû remarquer le visage que nous faisions y'a à peine quelques secondes.
Comme tout à l'heure, Seynabou est à la tête de file, elle donne 3 coups de pilon dans le mortier avant d'aller boire dans la calebasse que tenait la fille qui nous guidait.
Ce qui me rendait toujours perplexe, c'est que Mame Ndiaya était toujours assise à la même place sans ciller. Elle ne faisait que nous regarder faire et en silence.
Cette dame est pleine de mystère. Cela ne doit même pas me choquer vu ce qu'elle représente pour la famille.
Donc quand mon tour est venu, j'avais remarqué que le mortier n'était pas vide. Il y'a des écorces dedans et je fais comme ce que mes sœurs viennent de faire. Trois coups de pilon puis je vais boire dans la calebasse.
Hum, ce n'est ni sucré ni très amer mais ce n'est pas agréable non plus.
En bouche, cela ressemble à de la poudre de mil mélangé avec du lait caillé.
Mame Ndiaya me sort de mes pensées.
- Bien, maintenant vous allez vous assoir à tour de rôle sur cette grande pierre. Les autres, suivaient ma petite fille en attendant que je termine avec Seynabou.
On le fait comme elle nous l'a demandé.
On se met debout à l'autre côté de la cour tournant le dos à Mame Ndiaya. Selon Cathy, on ne doit pas suivre ce qu'elle fait en ce moment.
Pendant ce temps, on discutait de tout et de rien mais l'obscurité me faisait très peur. J'ai tenu la main de Cathy quand j'ai entendu un chat miauler.
- Hey ce n'est qu'un chat. Dit Cathy avec un sourire rassurant.
- Ne me dit pas que tu n'as pas peur cathy. Cet endroit me rend malade. Dis-je
- Certes je frissonne mais pas tant que ça. J'ai l'habitude de venir ici, donc je sais comment ça se passe.
- Donc est ce que tu peux me dire ce qui va se passer avec Mame Ndiaya.
- Marième : ça par contre, elle ne pourra pas te le dire car c'est secret.
- Cathy : Oui comme vient de te le dire Marième, chacune d'entre nous passera la voir en solo et ce qui se fera ou dira là-bas ne va concerner que la personne qui y sera et non les autres. Donc c'est secret.
- Donc si je comprends bien, je ne dois répéter à personne ce qui se passera avec Mame Ndiaye devant cet arbre. Demandais-je
- Cathy : Oui tu as tout compris.
Seynabou traverse la cour de la maison en pleurs et toute mouillée.
Waouh ! « Perché lei sta piangendo"
- Cathy, dit moi ce qui m'attend derrière. Pourquoi Seynabou pleur-t-elle ?
- Cathy : ça par contre, je ne le sais pas. Tout ce que je sais, est que Mame Ndiaya a des visions. Elle voit tout, le passé, le présent et le futur.
C'était à son tour, donc Cathy nous laisse seul pendant que je me posais des multitudes de questions.
C'est ainsi que l'on continu les rituels jusqu'à ce que mon tour vienne.
Je marchais vers l'arbre en traînant les pieds. J'ai peur de l'inconnu, et cela depuis mon enfance.
Mon cœur battait à la chamade, ma respiration s'accélérait.
- Grouille toi Adjara Manuella Diagne, on en a pas toute la nuit quand même. Cria Mame Ndiaya à mon encontre.
J'avale ma salive de travers et failli m'étouffer avec. J'hâte le pas.
- Mame Ndiaya : Assied toi sur cette pierre et fait face à l'arbre.
Je fais ce qu'elle me demande et me trouve à la position assise face à l'arbre. Elle me demande de fermer les yeux. Je l'entendais commencer à dire Bissmilah et dire des incantations que je ne comprenais pas du tout. Puis elle puise de l'eau dans un canari qu'elle verse sur ma tête.
Elle m'a demandé de fermer les yeux, mais je n'étais pas du même avis, il fallait que je vois ce qu'elle faisait.
Mais dès que l'eau est entrée dans mes yeux j'ai failli prendre mes clics et mes clacs et partir. Mes yeux picotaient et ça faisait mal.
- Aïe, mame mes yeux brulent. Dis-je en gigotant mais elle me maintenait tellement fort que je n'ai pas pu me lever.
- Je t'avais demandé de les fermer non. C'est bien fait pour toi petite curieuse. Dit Mame Ndiaya en continuant son manège..........
*
*
*
Pendant ce temps, Grand-mère et les filles sont assises dans la cour loin de Mame Ndiaya. Les filles devaient attendre que leurs corps deviennent secs avant de porter leurs habits.
Grand-mère égrène sont chapelet pendant que Marième et Cathy discutent entre elles sous le regard perdu de Seynabou.
- Cathy : Seynabou, qu'est-ce que tu as ? On dirait que tu as vu un fantôme.
- Marième : Je me posais la même question.
Grand-mère jette un regard furtif à Seynabou et fait comme si de rien était.
Seynabou qui elle venait de se rendre compte que les filles lui parlaient, revient à elle s'assoie plus confortablement.
- Seynabou : Il n'y a rien les filles. Je pensais seulement à ma mère.
- Marième : Hum si tu le dis.
Grand-mère reste toujours de marbre.
Manuella les rejoins toutes trempées, les yeux rouges. Mame Ndiaya qui était derrière elle, arrive avec une natte à la main. Elle l'étale au sol et fait appelle à sa petite fille.
Les filles avaient toujours les colliers en cauris, elles s'alignent sur la natte posée au sol. Puis La petite fille de Mame Ndiaya les remet à chacune sa robe. Les filles enfilent leur robe au-dessus de leur pagne.
- Mame Ndiaya : e*****z vos pagnes et remettez les à ma petite filles. Vous allez les laisser ici. Elle vous remettra à chacune un pagne blanc que allez porter en dessous. Si vous finissez, asseyez-vous et faîtes face à moi. Toujours la plus âgées devant.
La petite fille de Mame Ndiaya les rejoint avec des pagnes blancs entre les mains. Elle donne à chacune le sien et récupère les pagnes qu'elles avaient sur elles puis remet un autre plus grand à Mame Ndiaya et se met à l'écart.
La prêtresse fait passer le pagne sur la tête des filles en répétant dans paroles inaudibles.
Elle répète l'action plusieurs fois avant de donner le pagne à sa petite fille. Elle s'assoit par terre et noue des fils blancs pendant quelques minutes avant d'appeler les filles une à une afin de l'attacher autour de leur tailles en silence.
Une fois que le tour de Manuella arrive, la prêtresse demande aux autres filles d'aller patienter au salon.
Il ne restait que Manuella, grand-mère et Mame Ndiaya.
Cette dernière prend la main de Manuella et le regarde quelques secondes avant de jeter un regard furtif à Grand-mère.
- Ma petite fille. Tu devais venir ici depuis ton enfance. Mais malheureusement cela ne s'est pas produit comme ça. Avant de te marier aussi, fallait venir me voir et malheureusement aussi tu ne l'as pas fait. Je sais que ce n'est pas de ta faute mais celle de tes tuteurs.
(Silence)
- C'est celle dont tu me parlais n'est-ce pas ? Dis Mame NDIAYA à l'encontre de grand-mère.
- Oui, c'est elle.
- Je te préviens que ta vie ne sera pas du tout repos, tu vas rencontrer des obstacles encore et encore. Mais seul ta dévotion et ton courage vont t'aider à sortir de l'impasse. Ta vie de couple sera compliquée de temps à autre mais si tu es patiente tu arriveras à gagner la guerre car y'aura plusieurs batailles. Ces femmes qui entourent ton mari sont plus que diaboliques mais Dieu tranchera et la vérité remportera la médaille. Mais il faut que tu ouvres bien tes oreilles et tes yeux. Tu peux être très impulsives parfois et irréfléchie mais il est temps que tu changes de comportement face au monde qui t'entoure. Dans le cas contraire, tu vas finir par te heurter à un mur et tu vas payer les pots cassés.
- Manuella : Mame Ndiaya, comment faire pour ne plus répondre à la provocation de ces femmes ? Elles me mènent la vie dure.
- Elles n'ont encore rien fait, c'est pour cela que je te préviens. A ton retour, tu feras face à une situation compliquée, mais n'oublie jamais que le meilleur reste à venir et qu'il te suffit de patienter, de faire les choses bien et d'être vigilante face à elles. Je vais te remettre un collier que tu dois porter où que tu sois. Ce collier ne doit pas quitter ton corps. Grâce à ce collier, tu seras prévenu s'il y'a un danger qui te guette. Tant que tu auras ce collier avec toi, tu seras sur la bonne voie et j'aurais une connexion avec toi mais si tu le perds, je ne pourrais rien pour toi même si c'est Dieu qui protège.
- Manuella : Comment un collier pourrais me prévenir sur ce qui va se passer ?
- Tant que le collier sera avec toi, tu vas rêver d'un enfant qui pleure à chaudes larmes si et seulement si un mauvais sort t'est jeté ainsi que les malheurs qui vont roder autour de toi et de ton couple. Ainsi, tu pourras me prévenir ou en parler à ta grand'mère et nous ferons le nécessaire pour ta protection. Mais si tu le perds, tu seras à la merci de ces femmes et des autres que tu ne connais pas. Grâce aux rêves que tu feras, on pourra faire des prières et demander à Dieu de te protéger à temps. Aussi, ne néglige jamais la prière, aie tes ablutions toujours avec toi. Respecte les consignes et tu verras que la vie sera beaucoup plus souple pour toi. On ne peut tout dire mais fait attention aux gens qui t'entourent et tu pourras te sauver et sauver ton ménage avec.
Manuella jette un regard à sa grand-mère et reporte son attention sur ce que faisais Mame Ndiaya.
Cette dernière lui remet un sachet remplie d'un mélange de poudres et d'autres éléments.
- Tu vas mettre ceci dans l'encensoir et tu vas parfumer ton corps avec tous les soirs jusqu'à épuisement. Tu restes en contact avec ta grand-mère, elle te dira quoi faire à chaque étape. Arrête de te comporter mal avec ton mari car il n'est pas fautif sur ce qui arrive à votre couple. Soit plus douce et compréhensive avec lui, même s'il fait des choses que tu n'aimes pas. Une fois que tu seras à Dakar, des nouvelles te sauront donnés. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, garde en tête que Dieu sait mieux que quiconque ce qu'il fait. Et il fait les choses au bon moment.
- Manuella : Merci pour tout Mame.
- Vous pouvez rentrer maintenant. Que Dieu vous accompagne où que vous soyez.
- Amine ! Disent Manuella et sa grand-mère.
En suivant sa grand-mère à l'extérieur, Manuella se rappelle d'une chose. Elle se retourne vers Mame Ndiaya et lui dit :
- Mame Ndiaya et pour ma progéniture ?
- Hum ma petite fille soit patiente, tout viendra au moment venu. Tu en auras mais je ne pourrais pas te dire quand car comme je t'ai dit tout à l'heure, on ne dit pas tout ce que l'on voit. Laisse tout entre « les mains Dieu ».
Manuella rejoint les autres et elles quittèrent la maison de la prêtresse pour rentrer chez eux.
---------------------- A suivre ------------------
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