Hello guys !
J'espère que vous allez bien.
Une nouvelle partie ! Et j'espère que vous allez apprécier. Invitez vos amis à lire !
Pour les mots en wolof, ne vous inquiétez pas, c'est traduit à côté (cela ne va pas gâcher le sens du texte).
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Le matin de bonne heure,
Manuella et Mansour sortent de la maison habillés en tenue traditionnelle africaine. Avec un maquillage soft et classe, Manuella est sublime dans sa robe en Bazin garni de perles. Elle tenait un grand sac et un coffret cadeau d'où il était écris It's a boy, décoré en bleu.
Mansour récupère le sac et les cadeaux après avoir ouvert le capot arrière de sa voiture et y range les bagages pendant que sa femme s'installait dans la voiture.
***
Pendant ce temps,
Bineta était en pleine préparation pour baptiser son fils comme il se doit. Elle se faisait belle dans sa chambre à l'aider d'une maquilleuse professionnelle qui s'occupe d'elle comme une reine.
Les invités commencent à venir, et surtout les hommes qui remplissent déjà le salon décoré sous les couleurs du bleu et du blanc.
Un buffet bien dressé attire l'attention et tout autour des ballons et autres accessoires rendaient plus beau le festin qui s'offre à nous.
Abdou Karim et Tacko géraient l'organisation et donnaient des directives aux serveurs. Fadel était assis dans un coin de la salle avec des lunettes noir aux yeux.
On pouvait apercevoir les parents, et amis de la famille. Tonton Mahmoud Abass Fall s'occupait de ses invités et invite l'imam à s'asseoir près de lui sur le canapé du salon.
Le père de Bineta, Tonton Madior, entre dans le salon en compagnie de son fils et d'autres hommes en saluant l'assemblée.
Tonton Mahmoud va à son encontre et le salue chaleureusement avant de l'installer.
- Tonton Mahmoud : Bienvenue Madior !
- Merci mon frère. Comment vas-tu ?
- Tonton Mahmoud (souriant) : Super bien alhamdoulilah, à part que je vieilli maintenant.
- Et bien c'est normal hein, nous n'avons plus 20 ans quand même.
- Tonton Mahmoud (heureux) : Et on devient grands parents.
- Voilà !
- Tonton Mahmoud : Où es ma femme chérie ?
- Oh, tu connais les femmes. Elles prennent tout leur temps rien que pour se faire belle.
- Tonton Mahmoud : J'imagine, tu n'as pas encore vu Maïmouna et son grand boubou. Les femmes adorent les cérémonies en grande pompe.
Ils rigolent ensemble et rien qu'à leur regard, on pouvait percevoir la fraternité qui les liait.
- Tonton Mahmoud (interpellant l'ami de son fils) : Fadel, appelle-moi Cheikh Ibra s'il te plait.
Celui-ci s'en alla une fois l'information reçu.
Les hommes sont assis en cercle dans le salon, certains sur les chaises, d'autres sur les canapés et le reste sur la moquette. Les discussions animaient les lieux et la familiarité était quasi présente.
Quelques minutes plus tard, Cheikh Ibra arrive suivi d'une femme couverte d'un voile sur la tête et le bébé entre les mains, enveloppé d'un pagne spécial baptême scintillant sur les couleurs de l'or.
Il l'a conduit jusqu'à l'imam et souffle quelque chose à l'oreille de son père. La jeune femme s'assoit sur la moquette, devant l'imam et pose le bébé sur elle.
Le griot demande à tout le monde de s'asseoir et de porter leur attention sur la cérémonie.
- Le griot : « nio gui lène di niane ak deglou, togg lène té maye imam nope, nio gui toude khalé bi »
Ce dernier salue l'assemblée comme le veux la tradition et commence la cérémonie.
*
*
*
Au même moment, Bineta avait fini de s'habiller. Elle porte un boubou blanc immaculé et des bijoux en or très classe. Sa coiffure et son maquillage ne cache en rien à sa beauté au naturelle. Sa noirceur d'ébène était plus accentue et éclatante. Elle est rayonnante !
La porte de la chambre s'ouvre sur Manuella avec les mains pleines de cadeaux.
- Bonjour ! Où est la nouvelle maman ?
Tout le monde se tourne vers elle.
Bineta sourit dès qu'elle rencontre le regard de son amie. Celle-ci salue les professionnelles de beauté avant de s'approcher du lit où était assise Bineta.
- Manuella : Ma fofolle d'amour, tu m'as tellement manqué.
Elle lui saute presque dessus et lui fait un gros câlin en signe d'amitié.
- J'avais dit je n'allais pas te parler de sitôt mais tu m'as manqué aussi ma princesse.
Manuella se détache d'elle et la reluque, le sourire aux lèvres.
- Une vrai femme africaine. Tu es magnifique et ceci même est un petit mot face à ta beauté.
Bineta éclate de rire et lui demande de venir s'asseoir près d'elle.
La maquilleuse et son assistante range leurs affaires pendant que les amies discutaient calmement.
- Manuella : Je viens de voir les hommes dans le salon, je pense que la cérémonie à commencer.
- Bineta : Oui, ma belle sœur attitrée vient d'amener mon fils pour le baptiser.
- Manuella : Je raffole de la bouillie avec le lait caillée et les raisins secs, ooooh.
- Bineta : Tu seras servi inchallah, n'oublie pas que c'est Tacko qui s'en occupe toi aussi.
- Manuella : Mon dieu j'ai hâte de voir cette peste.
- Bineta : Elle n'a pas changé. Elle est là toujours follement amoureuse de son mari. Et je te dis, elle a sélectionnée le meilleur service traiteur de Dakar pour la cérémonie.
- Manuella : Je suis passée aux alentours du salon, j'ai vu le buffet. C'est appétissant ! Mais Ne penses-tu pas que c'est Karim qui est plus fou d'elle.
- Bineta : En tout cas ils sont adorables et il est difficile de ne pas les aimer à premier vu.
- Une voix : Sauf ma belle-mère !
Les filles se tournent vers la voix et sourient chaleureusement.
Tacko venait d'entrer dans la chambre en compagnie de Zeynab.
Elles sont habillés simples et classes.
- Tacko : Est-ce bien toi Manuella ?
- Manuella (joyeuse) : Oui ma chérie !
- Zeynab : St-Louis est doux dé, tu as embellit machallah.
- Tacko : Ah oui, tu as même pris du poids. ça se voit que ta grand mère t'a gâté hein.
- Manuella (faussement choqué) : Oh arrêtez ! ne me portez pas le mauvais oeil.
- Bineta : Zeynab, c'est à cette heure-ci que tu arrives ? Je t'attendais depuis ce matin pour les chaussures que je devais porter.
- Zeynab : Excuse-moi ma belle. Y'avait des embouteillages sur la route.
- Bineta : Si tu étais sortie à temps, les embouteillages ne t'auraient pas bloqué.
Zeynab secoue la tête en signe de tu parles trop et lui remet un sachet puis s'assoie près des autres.
- Bineta (à zeynab) : Et ton mari, il va bien ?
- Zeynab : Je pense que oui.
- Tacko : Tu ne sais vraiment pas s'il va bien ou pas.
- Zeynab : Ne gâchez pas ma journée les filles. Souleymane Jules Diop n'est vraiment pas le mari de mes rêves. Et surtout que je ne suis pas là pour parler de lui.
Après cette phrase, Manuella semble surprise et l'air inquiet, elle plisse des yeux.
- Bineta : Je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer.
- Tacko : Moi aussi hein. Et quand comptes-tu nous le présenter ?
- Zeynab : Suis-je venu ici pour parler de mon foutu mari ?
- Bineta : Non mais nous voulons en savoir plus sur lui. Tu ne nous as jamais rien dit le concernant.
- Zeynab : Tu dois le connaître Bineta. C'est lui qui t'avait fait ta robe de mariée.
- Bineta (surprise) : Qui Jules ?
- Zeynab : Lui-même.
- Bineta : Mais c'est un ange lui !
- Zeynab : Pas avec moi en tout cas.
- Tacko : Te frappe-t-il ?
- Zeynab : Non
- Bineta : Il est incapable de faire du mal à une femme. Jules est ton mari ?
- Zeynab : Mais moralement il se fou royalement de notre mariage. Je n'étais pas intéressée mais je me suis dit que je devrais faire des efforts comme je suis déjà dedans. Mais là je n'en peux plus. Il passe tout son temps avec son assistante.
- Bineta : Qui Sophie ?
- Zeynab : Elle-même.
- Tacko : De toute façon, tu as intérêt à faire des efforts. Tu es une femme alors agis en tant que telle et utilise ton charme.
- Zeynab : C'est mal le connaître. Une de mes tantes m'a amené toutes sortes d'armes séductrices mais il s'en bat les couilles si tu veux tout savoir. Il ne me donne même pas l'occasion de lui faire plaisir.
Pendant toute leur discussion, Manuella était muette et se posait énormément de questions. Le fait d'entendre le nom de Souleymane dans la discussion l'inquiète. Elle ne comprenait pas ce qui se passait.
- Bineta : En tout cas, je sais que c'est un homme très cool et responsable. Ma grande sœur Karina le connait mieux que moi mais c'est un cool boy. Il est respectueux et responsable.
- Manuella : Excusez-moi les filles, vous parlez du Styliste qui s'occupait de toutes les tenues de Bineta au mariage ?
- Bineta : Oui
- Manuella : Donc vous vous connaissiez avant.
- Zeynab : Non, c'est une longue histoire ma chérie. Il s'avère que c'est mon cousin. Et un mariage arrangé a été fait.
- Manuella (choquée) : Ah ouais !
La porte de la chambre s'ouvre sur Mame Diarra qui tenait le bébé dans ses mains. D'autres femmes la suivent et pénètre la chambre avec des chants.
Mame Diarra donna le bébé à sa maman en lui disant :
- Je te présente Mouhamed Mansour Fall
- La griotte : « aaaah souniou dome, souniou séri masalla law la thiat. Jegg diam ak ndiarigne défo fi wakho fi lou niaw Ndiaye diatta ndiaye. Sa goro geureum nala, say mbokki dieukeur geureum nagn la, say kharitou dieukeur geureum nagn la. Ya gui togg di yakk di défar, yakho fi wakho fi lou niaw, do khélou sa goro, doko sani lokho »
La griotte faisait les éloges de Bineta pendant que les filles tenaient à tour de rôle bébé Mansour.
- La griotte : « wayé nak khalé bi toudé nagn ko kou bakh, kou beug niit, ame yité, Mansour Ndao yalla lakoy bayel, foum ma fekk téral ma, alalam bolé wouko ak kène kone tour bi mérité nako »
- Tacko (chuchotant sur l'oreille de Manuella) : C'est l'homonyme de ton cher mari.
- Manuella : Ah bon ! Ooooooh mon chéri d'amour (en faisant des bisous au bébé).
Les femmes parlaient encore et encore en remerciant Bineta et sa famille. Tata Maïmouna entre dans la chambre en compagnie des autres tantes de Cheikh Ibra et la mère de Bineta, Tata Lala.
Celle-ci se lève du lit, arrange sa tenue et s'approche d'elles.
Sa belle-mère l'embrasse au front et la présente à d'autres femmes qui étaient présente.
La joie et l'harmonie se lisaient sur leur visage.
- Tata Maïmouna : Je suis tellement contente de ma belle-fille que je ne sais plus quoi dire d'elle. Elle n'est même pas ma belle-fille mais ma fille. Bineta est une fille très bien éduquée machallah. Elle se soucie de tout le monde est son visage est ouvert à tous. « meusso ma def, wala ga wakhma louma nakhari, amega yarr, amega personnalité ». Je prie Dieu pour qu'il nous donne une longue vie, jusqu'à ce que ta progéniture te rende le centuple de ce que tu fais pour nous. Si aujourd'hui mon fils est devenu ce qu'il est en ce moment, c'est grâce à toi pour la majeure partie. Mais merci Mme Fall.
Sur ces mots, Tata Maïmouna fait un gros câlin à Bineta pendant que Tata Lala pleurait de joie.
Ce qui couronne le tout, Tata Maïmouna sort beaucoup de billets de banque et les jette sur Bineta en guise de Cadeau. Toute l'assemblée s'exclame et les applaudissements fusent de partout.
La fête devenait de plus en plus belle et les serveurs se faufilaient entre les invités pour les servir chaleureusement.
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On retrouve les garçons dans le salon discutant de tout et de rien.
Sur le visage de Mansour, on pouvait desceller nettement la joie et la surprise sur son visage.
- Fadel : Non mais, Félicitation Grand !
- Karim : Tu l'as mérité bro. Tu es toujours là pour nous.
- Mansour (heureux) : Je n'ai jamais pensé que tu donnerais mon nom à ton fils alors que papa est là, tu as des parents qui auraient pu devenir l'homonyme de ton fils.
- Cheikh Ibra : C'est normale que je donne le nom de mon fils à mon meilleur ami et frère. On s'est connu depuis l'enfance et même sans cela, nous sommes de la même famille donc c'est normal.
- Mansour : En tout cas je suis plus qu'heureux. Je n'arrive même pas à te montrer mes sentiments.
- Fadel : Il ne faut surtout pas qu'il prenne les habitudes de coureur de jupon chez toi hein.
- Karim : Parfaitement d'accord avec toi Bro. Il est hors de question que le prince prenne ses habitudes.
- Cheikh Ibra : J'y veillerai personnellement.
- Mansour (rire) : « bou beugoul djiguène khana goor lay beug » C'est normal d'aimer les femmes, je suis un homme vous aussi.
- Karim : Un homme pas comme les autres.
- Fadel : Jamais sérieux lui.
- Mansour : Et toi dans tout cela ? Tu es trop louche boy, il faut que j'enquête sur toi.
- Fadel : Pour savoir quoi ?
- Mansour : Tout ! C'est louche mais on ne connait plus grand-chose de toi frère.
- Fadel : « dougeul si lou sa yone nekk » Je suis un sage moi, je boss puis rentre chez moi. Même les femmes, je n'ai plus leur temps.
- Cheikh Ibra : Et dans tout cela, qu'est-ce que tu fais comme boulot maintenant ?
- Fadel : Je suis un businessman.
- Karim : Trop vague ça.
- Fadel : Tout ce qui peut me faire une rentrée d'argent je suis preneur.
- Cheikh Ibra : Fait attention à toi pour ne pas entrer dans des trucs louches.
- Fadel : Ne vous inquiétez pas pour moi. Et toi Mansour, j'ai aperçu Manuella tout à l'heure mais elle est ravissante hein « kiko done topato ndar nakhou ko dé moway »
- Mansour : « téguil say beut si sama alal » Elle est ma femme donc c'est normale qu'elle soit aussi séduisante.
- Fadel : Hum Marianna est en route hein.
Mansour lui jette un regard qui voulait tout dire.
- Karim : Comment ça Marianna est en route. Elle est rentrée au Maroc non ?
- Fadel : Elle y était mais en ce moment, elle est à Dakar.
- Cheikh Ibra : tu es informé hein toi.
- Fadel : Elle a appelé Mansour, il y'a quelques minutes.
- Mansour : Donc tu écoutes derrière les portes maintenant.
- Fadel : Non mais, tu l'avais mis sur haut-parleur boy et je passais aux alentours des toilettes quand je vous ai entendu.
- Cheikh Ibra : Mansour, fait attention. Tu sais bien que tu n'auras pas une deuxième chance avec Manuella. Elle vient de rentrer alors fait gaffe.
- Karim : Vous croyez vraiment que Marianna est un problème ? Oh que non, c'est Ndéya qui en est un.
- Mansour : Ce n'est pas mon procès à ce que je sache !
- Cheikh Ibra : Oui mais nous sommes tes amis et quand on voit un danger te guetter, c'est de notre ressort de t'avertir.
Une jeune dame vient vers eux et appelle Cheikh Ibra.
Celui-ci se lève et la rejoint.
La journée se passait super bien au baptême, Bineta s'est habillée une deuxième fois avec une tenue africaine de couleur orange. Chants et tam tam battaient à leur rythme pour célébrer cette journée qui fut belle et rythmée.
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On retrouve Souleymane en plein activité dans son atelier de couture. Sophie à ses côtés, ils sont concentrés sur leur travail.
Un client entre avec un sachet à la main. Sophie va à son encontre et s'occupe d'elle pendant que Souleymane s'asseyait devant la machine à coudre.
Le tailleur, Modou se leva et prend un agenda avant de se diriger vers Sophie. Pendant ce temps, Jules manipulait son téléphone avant de composer un numéro.
- Allô Cheikh !
- ...
- Oui je vais mieux alhamdoulilah.
- ...
- En ce moment, je ne ressens plus les douleurs et je suis en pleine forme.
- ...
- Je voulais te dire que j'ai eu à faire ce matin les aumônes que tu m'avais dit.
- ....
- D'accord, je vous tiendrai au courant inchallah.
- ...
- En tout cas merci pour tout et salue Sokhna Alima de ma part.
- ...
Il raccroche et pose le téléphone sur la table avant de prendre une robe déjà cousu pour l'emballer dans un sachet.
Sophie revient vers lui en se dandinant. Elle a une démarche féline et très classe.
Souleymane la regarde avec attention et sourit sans s'en rendre compte.
- Sophie : Que nous vaut ce sourire éclatant.
- Jules : Je me rappelle de ta bêtise d'hier.
Ils éclatent de rire tous les deux.
- Sophie : Méchant garçon, il ne faut pas ramener cela sur la table.
- Jules : Non mais Sophie tu es incorrigible. Comment peux-tu te comporter ainsi avec cet homme.
- Sophie : Il voulait me montrer qu'il était audacieux et je l'ai remis à sa place point.
- Jules : Karina va passer récupérer les habits de sa sœur dans quelques minutes. Mais je vais rentrer tout de suite, Aïssatou a besoin de moi en urgence.
- Sophie : Qu'est ce qu'elle a la sœur ?
- Jules : Je ne sais pas encore. Mais j'y vais tout de suite.
- Sophie : Bien, on s'appelle alors.
- Jules : Il se peut même que je passe chez toi ce soir.
- Sophie : Excellente idée ! Ma mère a préparé du couscous pour le diner.
- Jules : « oh thiéré way » Je ne vais rater ça pour rien au monde et les discussions avec ta mère me manquent. A tout à l'heure alors.
Il lui fait un clin d'œil avant de sortir de l'atelier.
Modou, le tailleur, le retrouve à l'angle de la rue.
- Patron !
Souleymane se retourne et le voit courir vers lui.
- Oui Modou.
- J'ai un service à vous demander.
- Jules : Oui je t'écoute.
- Modou : Au fait, je sais que nous traversons une situation difficile en ce moment mais j'ai une urgence et je ne sais quoi faire.
- Jules : Dit moi, c'est quoi le problème.
- Modou : Il faut que j'aille au village ce soir, ma mère est très souffrante et je n'ai pas d'argent en ce moment. Je voulais savoir si vous pouviez me prêter de l'argent et après le récupérer sur mon salaire.
- Jules : Toi aussi Modou, tu es un frère et un collaborateur donc je dois te venir en aide quoi qu'il arrive. Une fois arrivé chez moi, je te fais un transfert d'argent, ceci n'est pas un problème.
- Modou : Merci patron, merci.
- Jules : A tout à l'heure !
Souleymane continue sa route et arrive chez lui quelques heures plus tard.
En rentrant dans la maison, il entend des voix se quereller. Il pénètre dans l'enceinte de la maison et rejoint le salon à grand pas.
A son entrée, il constate que sa grande sœur Aïssatou et ses parents sont en train de se disputer. Le front plissé, il observe sans un mot.
- Papa Abdou : Tu vas rentrer chez ton mari tout de suite. Une bonne épouse n'abandonne jamais son foyer pour des détails.
- Maman Djeynaba : Mais Aladji, t'entends-tu parler ? Ne vois-tu pas ce qu'a fait ton gendre à ma fille. Tu ne vois pas ses bleus au visage ?
C'est en ce moment que Jules, pose son regard sur sa sœur ainée et le choque se lit sur visage. Mais il ne disait rien.
Pendant ce temps, Aïssatou ne s'arrêtait pas de pleurer. On pouvait lire la douleur, la tristesse, l'angoisse à des kilomètres de son visage.
- Jules : Que se passe-t-il ici ?
Les parents détournent leur regard vers Jules et Papa Abdou semblait de plus en plus en colère.
- Papa Abdou (en colère) : Il se passe que ta sœur est sur la voie de suivre tes pas. Je ne sais pas ce que j'ai fait à Dieu pour qu'il me donne des enfants qui se foutent de ce que je peux penser ou vouloir.
- Maman Djeynaba (en colère) : Aladji, le problème vient de toi. « tay fok ma wakh la deug »
- Papa Abdou : Les enfants sont comme ça à cause de toi Dieynaba. Si les enfants osent me défier c'est juste à cause de toi. Je ne leur demande qu'une seule chose, c'est de vivre avec leurs conjoints comme il se doit « seuy ak mougn niou ande, boufa mougn amoul lepp diekh ».
- Maman Dieynaba : Abdou Diop, tu dois savoir que nos enfants ne sont plus des enfants. On ne doit pas les imposer une vie qu'ils ne veulent pas NON. Si leurs mariages ne fonctionnent pas, c'est à cause de toi.
- Papa Abdou : Ah on m'accuse maintenant de leurs bêtises !
- Maman Dieynaba : La bêtise a été le fait de leurs imposer leurs conjoints. Aïssatou n'est plus une petite fille. Et elle ne mérite pas d'être battue par son époux comme si elle n'avait pas de famille pour la protéger. Et c'est à cause de ton comportement que ce jeune homme croit que tout est permis avec ma fille. « dafa doy, diouralou mako mbam ».
- Papa Abdou (surpris) : Tu oses vraiment me parler ainsi Dieynaba.
- Maman Dieynaba : J'en ai assez de me taire. Je te respect beaucoup Aladji mais là ça suffit. Ma fille reste avec moi. Dit et fait ce que tu veux.
Pendant tout ce temps, Aïssatou suffoquait en pleurant. Souleymane ne voulant pas se mêler de la dispute de ses parents, s'approche de sa sœur et lui tend la main.
- Souleymane : Suis-moi.
Aïssatou ne se fait pas prier, elle se lève et part avec son frère pendant que Papa Abdou éclatait de colère.
- Papa Abdou : Reviens ici fille indigne.
Maman Dieynaba se lève du canapé et laisse son époux en rogne pour rejoindre sa chambre avec le visage en feu.
Elle répétait des mots inaudibles mais sa colère était visible à des milliers de kilomètre.
- M. Dieynaba (entrant dans la chambre) : Je pense qu'Abdou Diop a perdu la tête. Comment peut-on être si insensible à la douleur que ressent sa propre fille ? « ki est ce que liguéyou niou ko, non li tayouko »
Maman Dieynaba prend son téléphone et compose un numéro. Son interlocuteur décroche et elle se lance aussitôt sur les réprimandes.
- M. Dieynaba : « Boulma ni Allô Adja » Je me rends compte que vous n'avez non seulement pas éduqué votre fils mais aussi vous n'êtes pas une sage personne. Comment pouvez-vous maltraiter la fille des gens et être tranquille dans votre coin. Sachez que l'on ne récolte que ce que l'on a semé. Je me suis tue trop longtemps et voici que vous faites de ma fille une serpillère. Je ne l'ai pas mis au monde pour que vous la traitiez ainsi.
- ...
- M. Dieynaba : Laisse-moi finir, Dit à ton fils de ne plus poser ses pieds chez moi, car il n'a plus d'épouse ici alors il a intérêt à la libérer le plus vite possible b***e d'incapable.
On laissa Maman Dieynaba dire ses quatres vérités à la belle-mère de sa fille.
Dans la chambre de Souleymane, on retrouve une Aïssatou beaucoup plus calme. Elle fixait un point invisible pendant que son frère lui demandait de lui raconter ce qui s'était passé.
- Souleymane j'ai mal. Je me demande ce que j'ai fait pour mériter un tel comportement de la part de ma belle-famille. Dit Aïssatou en prenant un vers d'eau qui était posé sur la table de chevet et le boire en un trait.
- Raconte-moi tout, ce n'est pas bon de garder pour toi toutes ces choses négatives.
- Je veux bien mais je ne sais même pas par où commencer mon frère. J'ai vécu tellement de choses là-bas que c'est devenue trop à raconter.
- Souleymane : D'accord, j'ai tout mon temps pour t'écouter. Mais si tu n'es pas prête aussi, je te laisse du temps.
- Je vais juste te faire un résumé.
- ...
- Tu sais bien que mon mariage a été arrangé.
- Comme le mien aussi
- Et bien c'est la pire des choses que papa a eu à faire. Je ne lui pardonnerai jamais tout ce que j'ai eu à vivre dans cette demeure. Mon mari faisait semblant devant les gens pour montrer qu'il tenait à moi, qu'il m'aimait mais c'est tout son contraire. C'est un manipulateur et pervers narcissique. Je ne sais pas comment j'ai fait pour atterrir dans cette maison sinistre mais je suis désolée pour moi, j'ai fini par perdre goût à la vie.
- Souleymane (désolé) : Ne dit pas cela ma sœur.
- Si, ... je pense que j'ai fait du mal à Dieu, c'est pourquoi il m'a infligé cela.
- Je ne suis pas d'accord avec toi. Tout cela est à cause de Papa. S'il ne s'était pas immiscer dans nos vies, on serait heureux.
- Ma belle-famille ne me supporte pas, au début ils faisaient semblant mais c'est 2 mois après que j'ai commencé à noter les changements. Ma belle-mère montait ses filles contre moi et elles me faisaient vivre l'enfer. Lorsqu'elles voulaient me provoquer, elles chantonnaient des mots blessants auxquels je n'ai jamais répondu. Je ne peux pas tout raconter en un seul mot mais elles sont de vraies vipères. Quand mon mari descend du travail, ma belle-mère fait son possible pour lui raconter du n'importe quoi sur moi. Elle est allé même jusqu'à dire à mon mari que je ne passe pas la journée à la maison et je ne demande jamais la permission. Quand je cuisine, personne ne mange, mon mari me cri dessus à tout bout de champ, il me giflait au début quand il était énervé mais il a fini par me frapper comme s'il était sur un ring de boxe avec un homme. Et la chose qui me fait le plus mal, c'est qu'il a une vie intime malsaine.
- Comment ça ? dis Souleymane très en colère.
- Il ... il ...
- Il quoi Aïssatou
Souleymane se lève et fait les 100 pas. La colère se lisait sur son visage, ses nerfs tendus.
- Je ne vais pas me faire répéter Aïssatou, il quoi ?
- Il me faisait faire des choses que je n'aimais pas du tout, je ...
- ...
- Il voulait me pénétrer par derrière à chaque fois qu'il avait envie de moi, quand je refusais, il me forçait à le faire et c'était douloureux.
Aïssatou éclate en sanglot.
Elle ne pouvait plus se retenir.
- Aïssatou (en pleur) : Il me pénétrait par force, il me violait chaque soir. Je me sens sale et impure. Je ne sais plus où j'en suis dans ma vie. J'ai ....
Elle ne pouvait plus continuer, elle était blessée au fond de l'âme.
Souleymane ne pouvait plus se retenir, il sort de la chambre laissant sa sœur dans le désarroi et la faiblesse. Il entre toc à la porte de la chambre de sa mère et celle-ci lui demande d'entrer.
- Ma. Dit-il en entrant.
- Oui Souleymane.
- Va voir Aïssatou, elle est inconsolable et ce qu'elle vient de me raconter est insupportable, il faut que je règle quelque chose.
Sur ces mots il sort de la chambre de sa mère. Cette dernière la suit presqu'en courant car Jules marchait à grand pas vers la sortie de la maison.
- M. Dieynaba : Souleymane où vas-tu ? Attend, ne fait pas une chose que tu vas regretter mon fils. Il n'en vaut pas la peine.
Avant même de terminer, son fils était déjà parti.
Maman Dieynaba est épuisée par ces évènements. L'air fatiguée, elle retourne à l'intérieur de la maison.
Pendant ce temps, Souleymane était dans le taxi en direction de chez l'époux de sa sœur.
On ne sait pas l'idée qu'il a en tête mais il est fou de colère.
***************** a suivre