7. Faire face

2089 Words
Un soulagement de courtes durées pour MJ, car quelque chose la chiffonne... Elle laisse Adrien discuter de tout ça sur le trajet de retour, avec leur insolent enfant tandis qu’elle réfléchit sérieusement. Il y a quelque chose qui l’effraie depuis des années, une chose qui lui retourne complètement l’estomac... Quand son mari lui demande si elle se sent bien ce soir-là alors qu’ils se couchent dans leur lit, elle répond presque facilement, acquiesçant sans mal. Mais non, elle se sent étrangement fébrile, et elle rumine une partie de la nuit. Elle sait que son Alpha sait qu’une chose la turlupine, mais il sait aussi qu’elle ne voudra en parler que lorsqu’elle l’aura décidé. Donc il s’endort de son côté, ouvrant ses bras pour quémander une étreinte, la laissant néanmoins admirer le plafond quelques heures... Pareil le lendemain, tandis qu’elle maquille des cernes de six pieds de long et qu’il repose la question, elle persiste et signe : tout va bien ! Adrien lève les yeux au ciel et vient poser un b****r sur sa joue, filant se préparer un café pour bien débuter la journée ! MJ, elle, se prépare mentalement... Il est temps sans doute, il est assez grand, il faut qu’elle lui demande directement ! Il est encore tôt, peut-être que son fils dort, mais tant pis, elle le réveillera ! Pourtant quand elle frappe à sa porte, il est déjà prêt. - Depuis quand tu frappes à la porte ? J’pensais que t’étais chez toi ici et que tu n’ferais pas un truc pareil ! Il l’imite, jouant avec les limites comme il a l’habitude de le faire avec elle. Mais cette fois sa mère n’entre pas dans le conflit et s’assoit sur son lit encore défait. Elle regarde vaguement autour d’elle, posant un instant ses yeux sur le deuxième lit inutilisé depuis des années. Le violon de son fils s’y trouve, ainsi que ses feuillets et elle se doute qu’il s’y installe pour jouer. Difficile de savoir pourquoi elle s’attarde sur cette affirmation qu’elle se fait seule, elle est terriblement émotive ! Elle se détourne donc, retrouvant les iris naturellement noisette de son fils. Ils ont cette spécificité de donner cette impression de devenir férocement noir à mesure de la colère qu’il ressent. Cependant, en temps normal, le jeune homme arbore une jolie teinte ocre d’un verre de cognac. Avec son air sérieux et ses traits fin, il donne l’air sévère ! Mais qu’il est beau de voir ses yeux briller d’or quand il se concentre sur sa musique... Son petit a bien grandit ! - Je suis venue te parler de quelque chose... Aussitôt son fils change son attitude et la rejoint sur le matelas, s’installant confortablement, invitant presque sa mère à faire pareil. - Je me demandais quand vous alliez m’en parler. Elle lui lance un regard interrogateur et lui non plus n’est pas certain de saisir la situation. Il hausse les épaules et conserve le silence, l’encourageant à parler. Elle soupire alors et elle ne peut s’empêcher de se torturer les mains, geste qui n’échappe pas à son ado qui commence sérieusement à s’inquiéter. - Maman ? Il ne l’appelle que rarement comme ça, et elle sait qu’elle est en train de le rendre nerveux. Elle le regarde alors, piteuse, et se lance enfin. - Dis-moi, est ce que tu es... Heureux ? - Quoi ? Bon, à la grimace du gamin, il ne comprend rien. Et c’est sans doute normal, elle-même ne déchiffre pas forcément pourquoi elle se sent si démunie. Ses émotions vibrent bien trop fort et c’est loin de lui ressembler ! Mais elle le sent bien trop fort, ce poids sur l’estomac qui n’a fait que prendre de la place au fil des années. Il faut qu’elle en parle ou cette chose va continuer de grandir jusqu’à l’écraser. - Ce lien, on ne peut rien faire contre ça et je sais que tu le sais. Mais justement, vous voir comme ça, je m’inquiète tellement pour toi... Andréa se crispe sitôt la mention de son marquage, elle l’a sentie se tendre comme un arc. Sur la défensive, il la laisse parler, semblant maintenant analyser les mots pour y pressentir un quelconque piège. Cependant il finit par demander, sans doute plus brutalement qu’il ne le souhaite, un peu trop agacé par la direction que ça prend. - Tu t’inquiètes de quoi au juste, j’comprends pas ? - Hé bien... Il est qui il est pour toi, et... Andréa est ce que tu seras heureux de cette façon ? - De quelle façon ? - En t’éloignant sans cesse de lui ? - Oh ! Peut-être qu’avec Tata, vous aimeriez que je sois tout excité à son c*l et que je vienne vous parler de pondre ses gosses ? - Mais non enfin, et Marianne n’a rien à voir je t’assure. Ce n’est que moi qui... Mon fils, tu es... Je suis fière de toi, tu sais ! Tu es vraiment un enfant incroyable. Je crois que tu pourras toujours t’en sortir dans la vie. Tu es intelligent, fort et débrouillard ! Mais à ce sujet. J’ai peur de ce qu’il se passera. Le jeune homme soupire, ne sachant pas réellement ce qu’il doit dire ni même quoi penser. C’est un sujet qu’il n’a absolument pas envie d’aborder avec elle cependant il ne peut pas remballer sa mère qui semble si fragile en cet instant. De plus il le sent depuis un moment, sa mère n’est pas en état et il doit la ménager, même quand ça lui semble compliqué. - Qu’est-ce que tu veux que je t’dise ? - Mais rien... Enfin... Andréa, est-ce que tu... Est-ce que tu as déjà été pensé à tout ce qu’il s’est passé ? Ce serait normal, tu sais... - Hey oh stop ! J’comprends rien à ce que tu m’veux ! Sois claire ! - Es-tu en colère ?! - Pourquoi j’serais en colère ? J’comprends pas ton délire. - Parce qu’il y a plein de choses dont tu es déjà privé ! Une partie de ton futur est... déjà choisi ! Je n’ai pas réussi à te protéger et tu ne pourras pas faire tous ces choix... Le gosse ne l’est plus autant et il comprend ce qu’il se dit bien mieux que s’il entendait le fil de ses pensées. Il doit réellement serrer les poings pour se contenir, c’est vrai, p****n il ne veut parler de ça ! Mais il le voit, elle en a besoin, et c’est de sa mère dont il s’agit... Il sait que ses phéromones s’affolent légèrement sous le coup de pression, heureusement elle ne peut pas le savoir ! Doucement il tire sur son lien comme l’on tirerait sur un fil invisible et il s’y accroche comme il l’a fait ces dernières années. Il le sent, fort et ferme, coulant entre ses doigts, le liant indéniablement à lui. Ça va mieux... - Je vais bien maman, je... je suis en colère contre moi. Mais je vais bien. - Contre toi ? - Ce que tu viens de dire, je l’ai pris à Mael. C’est moi qui ai dit de faire ça. - Mais Andréa je crois que... - Arrête ! Vraiment, juste j’veux pas parler d’ça avec toi. Je... S’teuplait Elle se ravise et réfléchit à toute vitesse, cherchant rapidement quoi répondre. Elle n’avait pas imaginé qu’il puisse ressentir quelque chose de similaire, et n’est-ce pas pire à ses yeux ? - Tu te souviens de l’anniversaire d’Alice il y a deux ans ? - Ouais c’est pas mieux comme sujet de conversation hein ! - Ecoute ! Pourquoi depuis ce jour-là tu... Y a cette distance si froide entre vous ? Il s’est passé quelque chose ? - Tch... J’arrive pas à croire que tu veux m’faire dire des trucs comme ça... Il passe sa main dans ses cheveux jais, laissant sa mèche lui retomber partiellement devant les yeux. - Il s’est passé un truc mais tu comprendrais pas ! - Essaie toujours - Il m’a laissé sa veste. - ... Tu as raison, j’ai besoin que tu m’expliques... - ’Tain - S’il te plait... Il râle une fois de plus, construisant mentalement sa phrase avant d’oser se lancer. - Il m’a ramené à la maison, et... J’avais besoin de ses phéromones, alors il m’a filé sa veste et il est parti. D’un geste anodin, il montre juste ledit vêtement qui traine toujours dans sa chambre et qu’elle a déjà vu. Elle ignorait cependant qu’il appartenait à son neveu ! - Depuis, je le lave et lui rends, puis il me la rapporte... à nouveau... - Je vois. Bien sûr, elle comprend. Elle est Oméga et même si elle s’insurge bien forte de sa liberté, elle se plonge bien souvent dans les effluves de fraises qu’elle devine toujours dans l’odeur de son Alpha. Cela a toujours eu le don de l’apaiser, lui prouvant qu’elle peut compter sur lui. Alors c’est simple d’imaginer que son fils ait besoin de sentir son Alpha lui aussi ! Et même si elle ne se retient pas vraiment de se caler contre lui la nuit pour s’en engorger, lui n’est qu’un gosse, et il se suffit. Ils ont juste trouvé un équilibre... - Donc depuis, tu... - J’accepte qu’il m’aide. Il la fixe un moment, toujours farouche à l’idée de mieux expliquer le fond de sa pensée. Mais il voit bien que sa daronne n’y met apparemment pas du sien et cherche bien plus loin qu’il ne le souhaite. - m***e, maman, avant j’voulais pas de son aide ! Si je le sentais trop fort sur notre lien, je... Enfin il pouvait pas ! Mais là... ça va... Il peut ! Un peu... - Oh d’accord. Je vois ! C’est bien clair pour elle en effet ! Les adultes ont donc mal compris la situation. Ils ne sont pas froids et silencieux, ils s’acceptent mieux. MJ ne sait pas dans quelle mesure c’est le cas, mais elle voit surtout que son fils ne considère plus son lié comme un poids ! D’ailleurs, elle ne souvient pas de l’avoir entendu parler de lui comme “l’autre abrutie” comme il avait l’habitude de le faire. - Donc tu... - Je vais bien. On va très bien alors stop vous en mêler ! - Tu devrais lui en parler ! - Hein ? - De ce que tu ressens vis à vis de lui, que tu t’en veux. - Mais y a pas moyen que tu laisses tomber ! Ca te regarde pas j’te dis ! Il commence à réellement s’énerver et elle le sent directement. Mais la discussion l’a partiellement soulagée, son gosse ne s’est pas montré fermé et elle lui en est reconnaissante. Alors si elle peut pousser, juste un peu... - Tu ne regrettes pas ? - Quoi ? - De t’être lié à lui ? - p****n mais ! C’est ça que tu crois ? Mael est à moi ! C’est mon Alpha et il le restera, aucun de vous n’a à dire quoique ce soit ! Regretter quoi bordel, vous comprenez rien... Il explose littéralement et il est évident que cela clôt la conversation. L’ado est fiché dans une position défensive, les sourcils froncés tandis qu’il tire encore et encore sur son lien. Il se retient férocement de plonger son nez dans le sweat de son lié, et puis de toute façon son odeur n’y est plus vraiment. Sa mère se relève et elle semble franchement mieux. C’est déjà ça ! Elle a retrouvé son air fier qu’elle arbore habituellement et elle lui lance un sourire trop moqueur alors qu’elle s’apprête à sortir. - Arrête de faire l’abrutie trop fier et parle avec lui. - C’est bon, sors maintenant ! - Il pourrait même te parfumer ton oreiller si tu lui demandais ! L’ado sursaute presque tandis que l’idée se dessine et il rougit légèrement. Heureusement la vieille ne peut le voir, elle est déjà sortie. Par réflexe alors, il attrape effectivement le coussin et le lance sur la porte. C’est complètement c*n, y a pas de raison qu’il veuille faire un truc pareil... ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆ Prochain chapitre : L’appel dans sa tête ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD