8. L'appel dans sa tête[Part 1]

1395 Words
C’est une magnifique journée qui se dessine à travers la fenêtre et Mael en est ravi. Il adore sincèrement quand le beau temps revient. Il peut alors aller s’allonger dans le parc du coin pour lire ses comics. Justement, il avait dans l’idée de redécouvrir sa vieille série de Flashs qu’il a eu tant de mal à compléter et dont il est si fier. Il doit avouer aussi que ça lui fera franchement du bien ! Sa peau est toujours si blanche, preuve d’un manque de mélanine évident que même la fin de l’hiver n’excuse pas ! Si ce n’était que ça, non il faut qu’il arrête de penser à ”ça" Il est un peu à cran depuis la veille, c’est vrai, au point d’en avoir sauté le diner. Il ne connait pas encore tous les détails, mais Andréa s’est battu et cette seule affirmation résonne en lui comme une bombe. La sensation semble s’incruster dans ses doigts, l’éprouvant de multiples micro-explosions partout dans son corps. Il a l’impression que depuis justement, son coeur pompe de l’adrénaline sans s’arrêter, le laissant haletant et sur la défensive... Il a préféré s’isoler pour cette raison, ne souhaitant pas se montrer maladroit avec les personnes qu’il aime, car,rien à faire,il ne parvient pas à se calmer... C’était l’heure de son cours de math et c’est arrivé comme ça ! D’un coup, tout a éclaté autour de lui et il a compris que ça venait de son marqué. Il s’est brutalement levé de sa chaise, presque brulé, et n’a même pas cherché à s’expliquer en sortant. Il ne l’aurait sans doute pas pu de toute façon, toutes ses pensées étaient bien trop confuses, presque hurler dans son crâne dans une langue inconnue, le laissant sourd à toutes formes de cohérence. Il était simplement assis en classe, parfaitement paisible, et d’un seul coup, il avait senti l’ensemble des muscles de son corps se contracter furieusement, les veines en feu ! Son instinct s’était manifesté d’un coup, l’affublant d’une seule et unique certitude, il devait se rendre auprès d’Andréa ! L’Alpha aux commandes, les secondes étaient des heures à ses yeux et même s’il savait que sa perception était complètement faussée, il ne lui est pas venu une seule fois l’idée de s’arrêter pour réfléchir ! Évidemment, il obéissait toujours à son intuition lorsque cela le concernait, mais il n’a jamais atteint le bâtiment ou l’Oméga était censé se trouver de toute façon. À peine arrivé à mi-chemin, il a été intercepté par l’infirmier du collège ainsi qu’une dose d’inhibiteur d’hormones. Mais c’était loin de suffire et Mael n’a pas réellement pu comprendre. L’ado a humé l’air, comprenant que l’adulte était un innocent bêta et qu’il n’était pas du tout la personne qu’il devait rejoindre ! Alors il allait simplement l’ignorer, lui et les aiguilles des inhibiteurs, mais il a rapidement reçu une dose de plus et cette fois, les choses semblaient bien plus fluides. Il n’a pas fallu longtemps pour que le temps reprenne un semblant de logique, mais clairement, tout était insuffisant ! Au mieux, Mael comprenait surtout qu’il ne se contrôlait qu’à moitié ! Il sous-pesait son instinct qui hurlait “Oméga, Oméga, Oméga” en boucle, tandis que le docteur lui disait qu’il ne pouvait pas y aller. Très honnêtement, il se fichait bien d’avoir le droit ou pas, il allait le prendre. Rien n’aurait pu le persuadé du contraire là de suite, pas même une dose supplémentaire qu’on lui a tout de même infligée, le rendant vaseux. Pourquoi fallait-il faire taire son intuition, lui était bien décidé à le suivre coute que coute. Mais sa mère était arrivée, juste là, les sourcils froncés en le voyant vaciller. Mais c’est elle qui a dit ce qu’il fallait... “Andréa va parfaitement bien, il n’est pas blessé, MJ et Adrien viennent de le rejoindre et s’occupe de lui. Tout va bien, trésor, je te le promets !” Alors il s’était arrêté, l’appel assourdissant cessant instantanément. L’ado avait soufflé, grognant d’un air complètement paumé. Il n’avait jamais pris d’inhibiteur de sa vie et il en faisait la déplaisante découverte... Tout tournait autour de lui et même le sol lui jouait des tours, devenant mou sous ses pas. Il pense que sa mère a fait des reproches à l’infirmier à ce sujet, mais en réalité il n’en est pas certain. Il l’a laissée le guider jusqu’à la voiture, car malgré tout, il ne risquait rien même autant affecté par le traitement. Après un peu de repos, il n’y paraitrait pas, même si on vient de lui filer une dose de cheval ! Il s’était donc étalé la veille avec la certitude de souffrir de chacune de ses articulations le lendemain, mais fort heureusement ce ne fut pas le cas... En réalité, il va même très bien ce matin si on retire cette furieuse envie de voir son marqué. Ce n’est pas dans ses habitudes, mais il se terre là, planqué dans son antre presque en boudant. Il a envie de sentir sa fragrance unique, bon sang qu’il en a besoin... Ça tiraille, et tout ce qu’il a trouvé pour se contenter, c’est de tire sur son lien comme un forcené. Encore et encore, comme un os à mâchouiller, il se brique dans sa présence, s’enveloppant de cette sensation enivrante. Andréa est là, et ses poumons peuvent une fois de plus se gonfler d’air ! On lui a dit que tout allait bien pour lui et dans tous les cas il le sent, mais ce n’est sans doute pas assez. Il se freine c’est vrais, mais cela reste supportable pour l’instant, glissant sous ses doigts ce lien invisible. Intact et éternel, le faisant franchement ronronner au fond de sa tanière. C’est presque facile et rassurant, Andréa est là, acceptant sa présence... Si peu et pourtant bon... L’adolescent grogne son contentement, sincèrement ravi, il se lève finalement. C’est presque la fin de l’année et bientôt, il va entamer le lycée tandis que sa frangine de six ans va sauter une classe de plus... Il s’avère que la petite est sincèrement douée pour les sciences et les math et malgré son jeune âge, elle est déjà en CE1, bien qu’elle va directement suivre les cours des CM1 à partir de septembre. Sa soeur est un petit génie comme le chantonne souvent son père au téléphone, et Mael sait que ses parents s’inquiètent pour elle. Il a déjà été mentionné de la faire entrer dans une école plus axer, cependant il n’y en a pas réellement dans les parages. Ironiquement, la seule est celle située justement non loin du travail de Paul. C’est une situation légèrement stressante pour le jeune Alpha, car il est au courant de tout cela. C’est une opportunité réelle pour Alice et il est certain que l’ainé se sent coupable d’emprisonner ainsi sa famille. Bien sûr, il n’est pas question qu’il ne se sépare d’Andréa, il n’y arriverait pas. De plus, ses proches n’ont jamais agi de façon à lui faire sentir qu’ils vivaient mal la situation. Même s’il reste conscient que sa mère aimerait pouvoir vivre auprès de son Alpha, elle reste douce et aimante, faisant systématiquement passé son bien-être en premier lieu. De son côté, son père n’a que rarement manqué l’occasion de les rejoindre pour le week-end et il passe son temps au téléphone dès qu’il rentre du travail... En ce qui concerna Alice, ils restent aussi terriblement freinés par son jeune âge... Elle arrive à grands pas vers ses sept ans, certes, mais justement, c’est encore si jeune ! Alors ils se disent que cela ne peut pas non plus être si mal de patienter encore et de voir comment les choses évoluent ! Qu’importe cependant, il a hâte de grandir ! Il ne peut peut pas encore actuellement, mais ce n’est plus si loin selon lui ! Il a quatorze ans et bientôt, il va pouvoir faire comprendre qu’il peut vivre seul. C’est une idée presque obsessionnelle pour le jeune homme, un peu étrange de plus. Bien que ses professeurs de primaire peuvent en douter, il est loin d’être un solitaire. Il aime vivre auprès de ses proches et rentrer chez lui avec l’idée de rejoindre un foyer chaleureux. Mais plus ses gâteaux d’anniversaire comptent de bougies, plus une chose devient de plus en plus claire : il souhaite faire son nid.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD