13. L'amitié c'est trop frustrant [Part 2]

1829 Words
- Maman ? - Mmmh ? Face à l’évier, elle maugrée de constater une panne de lave-vaisselle. MJ ne voit pas forcément l’air soucieux de son gamin, ça l’agace déjà suffisamment de devoir se taper une corvée supplémentaire. Cependant elle a tout de même perçu une pointe d’inquiétude dans la voix de son fils, alors quand le silence devient long elle finit par se tourner vers lui. Il est un univers différent ou MJ voit une telle crainte sur les traits de son bébé, et d’un coup elle brule de farcir le malheureux qui est responsable des maux qui habite son tout petit ! Elle lâche l’éponge et se précipite vers lui et, sans se soucier de ses mains pleines de savon, elle se mue dans les yeux de l’ado, cherchant une victime. - Qu’est ce que tu fous tain’ ! - Il s’est passé quoi ? - Rien ! Je voulais juste te demander quelque chose ! C’est à propos de Mael. Et pour une raison stupide sans doute, parmi son air affligé, il se met à rougir comme un c****n et sa mère se calme d’un coup, la surprise agitant ses traits avant de sourire malicieusement. Pourtant elle ne dit rien, finissant simplement par s’éloigner de nouveau d’Andréa pour reprendre sa corvée. - Mael donc. Y a-t-il un problème ? - Je sais pas si on peut dire problème. Juste, je sais pas trop ou j’en suis. J’crois... - À quel niveau ? Elle s’en doute bien sûr, mais elle préfère s’en assurer. Ce n’est même pas pour agacer le grand enfant, bien que ce soit aussi amusant en un sens, mais sans doute que le dire concrètement l’aide aussi en un sens. - Je sais pas si... Y a pas plus. - Pas plus de quoi ? - Tu crois que c’est normal de vouloir plus ? Enfin j’ai souvent envie de plus de contact avec lui, mais je sais pas si c’est normal ! - Pourquoi ça ne le serait pas ? - Parce que ce sont pas des contacts amicaux, mais plutôt... Amoureux ? Enfin en tout cas physique ! Seigneur qu’il fut compliqué pour la mère de famille de rester stoïque face à ces mots. L’assiette qu’elle lave depuis le début de la conversation brille pour les années à venir, mais elle est bien loin de se rendre compte qu’elle astique la même chose depuis trop longtemps. - On parle de s**e ? - Arf ! p****n maman... Elle ose alors ! Elle jette un coup d’oeil derrière elle, voyant son fils avachi, la tête planquée dans ses bras. Pourtant ses oreilles et la base de sa nuque découverte sont visibles et horriblement rouges. - Pas que le s**e. Je crois. Juste tu vois, y a aussi que parfois... p****n te fout pas de moi, mais ça m’arrive d’avoir envie de l’embrasser ou de le prendre dans mes bras. - Donc pas sexuellement ? - m***e ! Tu vas vraiment te foutre de moi là ?! - Mais je ne me moque pas, je te pose vraiment la question. - Mais je te l’ai dis, c’est pas que ça ! - Donc si je résume, parfois t’as envie de bisous et de calins et parfois tu penses aussi à... Amusée, elle laissa sa phrase en suspens, sachant qu’elle était sans équivoque pour autant. - Ouais c’est ça, je crois... Mais Andréa ne s’offusque pas, au contraire. Il semble vraiment mal en ce moment et même si elle trouvait la situation adorablement divertissante quelques secondes avant, cela retombe bien vite en comprenant la détresse de son fils. Alors une fois de plus elle abandonne la vaisselle et s’installe face à lui. - Dis moi le fond de ta pensée Andréa. N’ai pas peur des mots et dis les choses comme elles le sont. - Tain... C’est juste que je pensais que c’était parce que j’allais entrer en chaleur ! Alors que je pense à des trucs comme ça, bon bah voilà. Mais ça s’arrête pas et j’ai que ça en tête. Je sais pas trop ce que ça veut dire ni quoi faire ! C’est sûr qu’il va s’en rendre compte... - Il doit même déjà se douter de quelque chose ! - Super... Elle hésite un instant avant de finalement se décider elle attrape la main du gosse toujours mal en point et le visage planqué dans ses bras. À son contact pourtant, il se redresse et il arrive enfin à la regarder dans les yeux. Certes, ses joues sont toujours rougies et tout dans sa posture montre qu’il est mal à l’aise, mais il reste droit et fier malgré tout. - Est-ce que tu aimes Mael ? - Justement ! Je sais pas... Et j’aime pas du tout ça ! - Si tu ressens tout ça, tu ne penses pas que c’est une réponse à cette question justement ? - Ouais et si c’est juste parce qu’on est lié ?! - Oh, tu crois que c’est simplement ça ? - ... J’ai peur que ce soit juste ça ouais... J’arrive pas à comprendre si c’est juste parce qu’il est mon Alpha ou si vraiment je... ça quoi. MJ prends le temps de réfléchir à la situation, choisissant soigneusement quoi dire. Dans les faits, ce serait merveilleux qu’effectivement, les deux garçons tombent amoureux l’un de l’autre ! Cependant, ce n’est pas une bonne raison d’aimer malgré tout... Elle comprend donc les doutes de son gamin bien trop ingrat et elle aimerait juste pour voir apercevoir le coeur des gens pour être certaine de ce qu’il en est. - Jusqu’ici, vous étiez amis non. - Ouais. - Et vous gériez ça dans ce sens. Y a pas de raisons de penser que tes sentiments ne soient pas réels, je pense. Peut-être que s’il n’était pas ton Alpha, la situation serait différente. Mais je me demande si tes sentiments sont justement moins profonds ou vrais juste parce que votre lien a joué un rôle. - J’vois ce que tu veux dire... - Vous étiez déjà marqué, pourtant vous n’étiez qu’ami ! Donc je me dis que c’est plus que ça. - Je... je veux pas me tromper tu vois. Je veux pas que ça nous mette dans une situation de m***e ! - Je comprends vraiment ce que tu veux dire. Tu penses lui en parler ? - Arhhhh... Je sais pas ! Je sais qu’il doit savoir qu’un truc tourne pas rond avec moi et je sais pas ce qu’il en pense. Mais vla, j’ai peur de... qu’il me rejette et puis quoi... - Mael ?! On parle bien du même gamin qui te regarde avec vénération et te suit partout ? - Ça veut pas dire qu’il a aussi envie de tout ça ! Rien à changé pour lui, j’ai bien surveillé ses phéromones et tout, mais ça ne change pas d’habitude. Y a que moi qui soit pas comme d’hab... Sa mère ne réprime pas sa moue peu convaincue. Elle ne connait pas les sentiments de son neveu, mais elle a toujours pensé qu’il y avait une forme d’amour inébranlable chez lui. Difficile de savoir si c’était amoureux, juste... Il aimait Andréa dans un ensemble si grand qu’il semblait pouvoir jouer tous les rôles dont l’Oméga pouvait avoir besoin. - Mmmh... Fais-lui juste confiance. - Je lui fais confiance ! - Alors, fonce... - Mais si je ne suis pas amoureux, mais que ce sont juste mes phéromones et que... - Andréa stop toi là ! Les phéromones peuvent influencer le désir, pas le créer... Si tu devais juste prendre en compte ce que tu ressens, sans penser à ces histoires de phéromones, tu te penserais amoureux ? - Ouais... Je crois ouais... - Je crois ? - Ouais je crois ! J’veux dire, je réagis pas pareil pour lui. C’est vraiment quelqu’un à part pour moi. Mais ca c’est... Enfin non. Si c’était juste parce qu’il est mon lié, alors c’est pas obligé de devenir comme ça... Juste ça n’aurait rien changé... - Je pense aussi... Ce lien favorise les situations amoureuses, et il est forgé la plupart du temps pour cette raison, mais il existe des pairs “amis” et tu le sais. Vous en faites partie pour l’instant. L’adolescent se passe une main sur son visage, l’air plus serein et étrangement plus adulte. En un sens, juste là, Andréa lui rappelle beaucoup Adrien ! Oui c’est vrai que son fils ainé lui ressemble beaucoup, mais dans le fond, il est aussi comme son père... - En tout cas tu ne devrais pas t’inquiéter pour Mael. Je crois qu’il t’aime tellement qu’il fera toujours tout pour ne jamais te blesser ! - Ouais bah je veux pas qu’il sorte avec moi juste pour me faire plaisir hein ! - Ahah ! Je ne dis pas ça ptit ingrat... Je pense juste qu’il est soucieux de toi et qu’il trouvera toujours une façon de te protéger. Si tu lui parles de tes sentiments et qu’il ne partagent pas les mêmes, ce dont je doute, il fera tout ce qu’il faut pour que la situation te soit le plus favorable, mais jamais il ne te mentirait. - ... Ouais t’as raison, c’est un c****n qui pense d’abord aux autres plutôt qu’a lui ! - D’abord à toi quand même hein. Tu n’as pas idée de la façon dont Mael te chérit. Sans un mot, Adrien les rejoint dans la cuisine, s’étonnant de les trouver assis à discuter si sérieusement. D’un simple regard vers sa femme, il interroge et elle lui sourit malicieusement. - On se demandait si tu voulais bien finir la vaisselle ! - Sérieusement ? - S’il te plait ? - Très bien, mais pour l’histoire d’Andoni, c’est toi qui t’y colles ! - Oh mer...credi ! Surtout, ne fais jamais d’enfants ! Quoique... Des mini Mael ça serait si mignon... Le père soupire, prêt à lourdement entendre son fils râler lui qui avait toujours détesté ce genre de sous-entendu... Pourtant aucune plainte ne vint, et Adrien se tourne vers son gamin pour voir ce qu’il en est. Andréa laisse découvrir un air qu’aucun des deux parents ne lui ont jamais vu ! Ses traits sont doux et il sourit comme s’il était aux anges. Ses yeux perdus dans le vague montrent qu’il est en train d’imaginer justement la scène, voyant courir devant lui un enfant qui porterait leurs deux odeurs réunies... Bon sang, qu’il était grand à présent cet enfant qui hier encore grogné lorsqu’on lui parlait de bisous sur la joue... ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆ Prochain chapitre : Papa je crois que je veux plus... ☆:*‘¨’*:.☆(¯‘*•.¸,¤°’ ‘°¤,¸.•*‘¯)☆:*‘¨’**:.☆
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