Léonard avala d’un trait le vin épais et se servit un autre verre. — Je compatis à ton malheur et celui de ton fils. Mais basta, que me veux tu ? Car je suppose que ce n’est pas pour me proposer de renouer nos tendres relations que tu viens me voir dans mon antre. Le ton était plus doux, mais les yeux de Léonard brillaient encore plus qu’à l'accoutumée. La dame aux yeux pervers fouilla dans sa large manche. — En effet, voici ce que je viens de recevoir. Cécilia Gallerani sortit de son manchon une lettre, la déplia et la posa devant Léonard. Aucun des deux ne soupçonnait que je pouvais déchiffrer le langage des signes humains, aussi ne se préoccupèrent-ils pas de moi. Dans une belle écriture ample, la lettre adressée à Cécilia disait ceci. « De la duchesse Isabelle d’Este à son amie Cé

