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1116 Words
Jordan ne se répétait jamais deux fois. Quand il disait quelque chose, demandait quelque chose, soit la personne s'acquittait, soit ça se terminait mal pour lui. On dirait qu'il voulait garder un certain calme, mais Shannon, voyant la situation, intervient aussi. - Rex lâche là, y'a d'autres femmes ici qui seraient ravies de danser avec toi ! L'homme s'est tourné vers lui, puis m'a lâché. Jordan m'a raccompagnée jusqu'à ma chaise. Une fois installée, il s'est accroupi devant moi en fixant mon avant-bras. - Il y est allé fort dit donc ! - Pas qu'avec mon bras, je vais étouffer dans ce corset. Son regard anxieux m'a terrifié pendant un court instant, mais ensuite deux jeunes femmes se sont approchées de nous. Les deux femmes étaient blondes, pulpeuses, en somme, de belles femmes, à condition qu'elles aient une once de cerveau. Leur tenue mettait en évidence leur superficialité. Je me demandais laquelle avait fait le plus d'effort pour porter le moins de tissu possible sur elle. C'était presque choquant. Même une professionnelle était plus couverte. - Jordan vient danser avec nous, je te promets que tu ne le regretteras pas ! Gémie, l'une des deux, son ton était plus proche d'une proposition inappropriée que d'autre chose. - Oui, Jordan allé, vient avec nous ! Renchéris la seconde. Connaissant mon mari, il ne pouvait pas refuser. La maison de disques avait insisté pour qu'il passe le plus de temps possible à satisfaire les fans. Il me fixa un instant, puis se leva et s'en alla avec ces filles. Quant à moi, je tentais de respirer, mais mon asthme en avait décidé autrement. Shannon, apercevant le départ de son frère, s'approcha de moi. - Tu as besoin de quelque chose ? - Oui, de l'air, réellement ! Je ne devais pas être complètement fraîche, car il réagit tout de suite. En prenant mon bras, il m'a escorté jusqu'à la chambre que je devais occuper. Je me sentais si mal que je n'ai pas pu apprécier la décoration médiévale de cette chambre, notamment le superbe lit à baldaquin en bois massif. Les tentures qui tapissent les murs, la cheminée et les lourds rideaux suspendus aux fenêtres majestueuses. Il m'était vraiment difficile de respirer. J'ai fouillé dans mon sac qui était posé sur le lit et pris mon médicament, mais ça n'a pas été suffisant. Je me sentais oppressée, et mon corset ne faisait rien pour me soulager. - Je peux t'aider à quelque chose ? Me demanda Shannon paniqué. D'un geste de la tête, je lui ai dit oui, lui montrant que ma robe était fermée dans mon dos. Il s'est reculé et a levé les mains vers le ciel. - Oh non non non pas de ça ! J'appelle Jordan ! Je me demandais s'il était conscient que j'étouffais littéralement. J'avais l'impression de perdre la vie. Je me suis effondré en l'entendant. - Viens vite ! Elle ne peut plus respirer ! Il lui a donné une réponse. Je pense que c'était pour ouvrir ma robe, car c'est ce qu'il a fait un peu maladroitement. Dès qu'il vit mon corset, je l'ai entendu jurer. Jordan est arrivé à ce moment-là. Il m'a relevé et m'a fait tenir au baldaquin du lit, avant de délacer le corset aussi rapidement que possible. Je me suis à nouveau senti capable de respirer. Dans d'autres circonstances, cette action aurait pu être romantique. Jordan se reposa sur le lit, reprenant son souffle. Il avait dû courir pour arriver jusqu'ici. Shannon s'appuya contre le mur, encore sous le choc. - C'est bon, tu peux y aller ! Lui dit alors Jordan. Il ne s'est pas fait prier, mais il lui a demandé avant de quitter la pièce. - Tu redescends ? - Non ! Lui répondit-il. Il s'éloigna en prenant soin de fermer la porte derrière lui. Jordan me fixa intensément. Ses yeux étaient remplis d'inquiétude. - Ça va mieux ? - Oui ! Le rassurai-je. Rappelle-moi de ne plus mettre de corset ! Dis-je m'affalant à côté de lui sur le lit. Il s'est tourné vers moi, a posé la main sur le corset, remontant jusqu'à ma poitrine. - Jamais de la vie ! J'aime trop te les enlever ! Il affichait un sourire coquin sur les lèvres. Cela m'a fait rire puis il a commencé à enlever les attaches de devant, partant de ma poitrine et descendant lentement. - Tu es sûre que tu ne veux plus de corset ?! Me demanda-t-il taquin. - À bien y réfléchir, cela a quelques avantages non-négligeables ! Répondis-je. Il prit alors des airs sérieux, en repensant à ce qui venait de se passer. Je dois admettre que j'ai aussi ressenti de la peur. J'ai vécu des crises d'asthme et d'angoisse par le passé, mais jamais les deux en même temps. J'en rigolais là, mais il y a quelques instants, je ne savais pas si j'allais survivre, et cela me mit la chair de poule. - Ne me fait plus jamais une telle frayeur ok ? Je n'ai eu d'autre choix que d'approuver, et il m'a promis que je ne me retrouverais plus dans ce genre de situation. Autant que faire se peut, cela s'entend. Le reste de la soirée, et bien sûr la nuit, se déroula comme une seconde lune de miel. Une situation que nous avons malheureusement dû endurer de manière ordinaire, chez nous. Après avoir fait un tour dans la grande baignoire, qui se trouvait dans la salle de bain adjacente, où tout avait été organisé pour un moment de relaxation et de romantisme incomparable. Il y avait des bougies, des pétales de rose rouge, deux flûtes à champagne et du champagne. L'ambiance était idéale, et j'ai eu l'occasion de profiter pleinement de mon époux, dans un cadre romantique, et surtout inconnu pour nous. Nous avons passé cette nuit d'une manière extrêmement dévergondée. J'entends par là que nous n'avons presque pas fermé l'œil, comme si notre histoire d'amour était en train de démarrer, pleine de passion et de sensualité. Je fus étonnée par son endurance. Il n'était jamais rassasié, et moi non plus d'ailleurs, et nous voulions toujours le corps de l'autre. Au moment où les premières lueurs du soleil se firent voir, nous n'avions pas encore achevé notre marathon. Néanmoins, nous avons pris quelques instants pour immortaliser ces instants et en conserver une trace dans nos esprits. Depuis notre chambre, le lever du jour était tout simplement incroyable. Je me blottissais dans ses bras, devant la fenêtre. Il n'y avait aucune préoccupation, juste profiter du moment présent. Malgré tout ce qui s'est passé lors de ce mariage, je pense que cette nuit a été l'une des plus merveilleuses de ma vie. ...
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