Julia ne tarda pas à se lever quand son alarme se fit entendre. Il était presque cinq heures du matin. C'est le premier jour des examens officiels de son fils. Elle se dépêcha de préparer quelque chose pour la nourriture. Elle opta pour les spaghettis.
- Ça sent bon ici.
- Oui, je gère aujourd'hui. J'ai pris bien soin d'activer mon alarme hier soir. Réveille Nathan je te prie.
- Je vais le faire. Et cette fête hier ça a été ? Nathan m'a dit qu'il s'était bien amusé.
- Oui. Il m'a plaqué toute la fête pour s'amuser et danser. India avait disposé des jeux pour les enfants.
- C'est dommage, dit son frère avec hilarité. Un faux gentleman ton garçon.
- Arrête moi ça ! J'étais heureuse de le voir s'amuser. On dit qu'une séparation parentale est toujours néfaste pour l'état psychologique d'un enfant. Je crains que tout ça lui laisse des séquelles. Il a mal et je le sais mais je sais aussi qu'il ne veut rien laisser paraître. Je fais de mon mieux mais je ne pense pas pouvoir compenser l'absence de son père.
- Tu n'as pas à t'inquiéter, je suis là. Nous allons l'aider à surmonter cette étape haut la main. Et d'ailleurs mon neveu est un battant comme toi si les circonstances de sa naissance ne lui ont laissé aucune séquelle ce n'est pas maintenant qu'il va en avoir.
- Merci. J'ai rencontré quelqu'un hier tu sais.
- Vraiment ? Alors tu n'étais pas seule en fin de compte.
- On a un peu conversé. C'est un homme très perspicace, éduqué et éloquent.
- Tu lui trouves beaucoup de qualités pour une première rencontre. Fais attention à toi surtout. J'aimerais te savoir entre de bonnes mains.
- Je le sais.
Jérémy fouilla dans les vaisselles.
- Qu'est-ce que tu cherches ?
- Je vais préparer du chocolat. J'ai envie de quelque chose très sucré en ce matin. Un bon chocolat chaud par exemple.
- Ça ne t'as pas suffit cette chaleur accablante ?
- Je n'en ai rien contre.
- Je vois. Moi, mes tresses ne tiennent même plus à cause de ça.
- C'est compliqué d'être une femme, non ?
- Oui, je te l'avoue. Je m'occupe de ton chocolat et également d'emmener Nathan aujourd'hui.
- Ce n'était pas une charge pour moi de le faire.
- Je sais et je te suis grandement reconnaissante. Je vais avoir un bébé et je ne veux surtout pas que mon fils se sente mis de côté. Aujourd'hui est un jour très important pour lui, je veux l'accompagner et voir à quoi ressemble l'établissement où il va subir ses examens.
- C'est comme tu veux.
- Tu pourras passer le prendre en fin d'après-midi ?
- Ça me va.
L'instant d'après.
- On y va, oncle Jérémy.
- Aujourd'hui c'est une dame qui se chargera de t'emmener mon grand. J'espère que tu ne t'ennuieras pas avec elle. Succès à toi !
- Merci. J'ai apprécié ta compagnie mais j'aime encore plus celle d'une dame surtout quand il s'agit de ma mère.
Ils donnèrent libre cours à leur bonne humeur.
- Alors là j'ai l'impression d'entendre parler un vrai gentleman. Tope-là ! Qui est le meilleur ?
- C'est moi ! Répondit Nathan avec fierté.
- C'est fini l'humour les gars. Tu as tout pris fiston ? Tes effets géométriques ? Crayon, plume ? Je ne vais rien t'acheter à nouveau en pleine rue.
- J'ai tout pris maman.
- Je l'espère. Tiens, prends moi ça !
Sa mère lui tendit son argent de poche.
- Merci.
- Et moi grande sœur, je ne mérite pas de l'argent ? Dit son frère pour plaisanter.
Il était le roi de l'humour ce type.
- Tu es un grand garçon toi, tu sauras donc te débrouiller seul. Prenez toutes vos affaires. On part.
Jérémy partit pour son travail et Julia emmena son fils à son centre d'examen. Les lieux étaient bondés d'élèves.
- Alors mon cœur, tu gardes ton calme. Tu respires à fond. Et tout se passera bien. Le stress est normal, ça signifie qu'aujourd'hui est très important pour toi. Ton corps le réalise. Donne le meilleur de toi. Dis toi que tu as déjà réussi cet examen mais tu viens simplement le confirmer aujourd'hui. Ne te précipite surtout pas. Je crois en toi !
- Merci, maman.
- Ton oncle viendra te chercher plus tard. Sers toi de ton argent pour t'acheter quelque chose à manger dans les heures de pause. Ces trois jours vont être fatiguants, tu aimes faire un peu d'économies et je comprends mais si tu ne satisfais pas ton estomac tu ne pourras pas te concentrer sur les textes d'examens le ventre vide. C'est compris.
- C'est compris.
- Tu n'as pas soif. Je vais devoir partir à présent.
- Non, ça va. Bonne journée maman.
- Bonne journée mon bébé. Va te mettre près de la barrière, ce sera plus facile pour toi de rentrer au signal indiqué. Bon succès à toi ! Je t'aime. À ce soir !
- Oui, je vais rejoindre mes amis là-bas. Merci maman. Je t'aime aussi. À plus tard !
Une demi-heure plus tard.
- Bonjour Mme François. Votre collègue m'a donné un message à vous transmettre.
Jusqu'à quand va-t-elle devoir supporter ce nom ? Cela lui agaçait les nerfs mais elle tenta de se calmer.
- Bonjour Nancy. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Mme Lindor vous fait dire de motiver son absence. Elle est malade.
- Oh ! C'est grave ?
- Non, elle est un peu fiévreuse.
- D'accord. Je t'en remercie ma chère. Je m'en occupe.
Julia avait une journée remplie aujourd'hui et la maladie de sa collègue lui indiquait qu'elle allait devoir tout gérer toute seule ajouté au fait qu'elle avait une consultation à la gynécologie. Elle n'était pas certaine de pouvoir s'absenter au Secrétariat.
Elle avait des lettres à dactylographier. Elle était à bout de souffle un moment déjà. On dirait une personne qui aurait parcouru un kilomètre à pieds.
- Encore trois et je demanderai mon congé.
- Vous pensez que vous auriez la force de tenir trois mois de plus ?
Celle-ci se tourna. C'était le docteur Figaro.
- Bonjour docteur. Je ne vous ai pas entendu venir.
- Je dois venir chercher mes patients à présent ? Je vous rappelle que vous avez une consultation gynécologique aujourd'hui.
- Je vois que vous n'oubliez rien docteur. Je suis seule ici. Ma collègue est absente. Je crains de vous annoncer que je ne pourrai pas me faire ausculter aujourd'hui.
- Vous faites passer le travail avant la santé de votre bébé maintenant ?
- Non... Non. Je suis débordée et M. Richardson attend ces lettres. Consultez votre agenda et reportez ma date à un autre jour de la semaine je vous prie.
- Demain Dieu voulant, je vous attends. Et sachez donner la priorité aux choses qui vous intéresse vraiment.
- Merci docteur.
C'était le corps fatigué que Julia rejoignit sa maison en fin d'après-midi et malgré cela elle allait cuisiner. Elle opta pour de la purée de pois et du riz.
Elle avait téléphoné à India. Elle allait mieux, elle pourra donc reprendre le travail le lendemain.
Son frère est rentré un peu plus tard accompagné de Nathan. Sa première journée d'examen a été formidable. Il n'arrêtait pas de raconter tout ce qu'il avait fait.
Julia voulut se détendre un peu avec un bon film quand elle eut soudain envie de manger de la patate douce. Le soleil se couchait déjà. Il faisait nuit. Elle se préparait à sortir quand son frère lui proposa de sortir à sa place et de lui en acheter dans la pâtisserie du quartier voisin.
Elle s'en réjouissait tout en espérant que rien n'arriverait à son frère. Une trentaine de minutes plus tard ce dernier sain et sauf lui rapporta son péché mignon.