XXVIAvec ces rebondissements qui s’amoncelaient, Luc Dalban se devait de prendre du recul. Il en avait plus appris sur sa mère en quelques semaines que pendant ces trente dernières années. Plus il avançait dans sa connaissance, plus elle lui manquait cruellement. Il ne pouvait se résoudre à admettre que tout s’était arrêté pour elle, ce triste jour de juin 1980. Parfois, il se laissait tellement aller à la mélancolie, qu’il aurait préféré qu’on ne le retrouve pas à l’orée de ce petit bois, dans les herbes fleuries, près du chemin creux où cet homme l’avait découvert, gisant. Et bizarrement, il eut envie de revoir celui qui l’avait sauvé. Lucien Dartigues, l’artisan de son sauvetage, croupissait désormais dans une maison de retraite à La Baule, atteint d’un Alzheimer sévère. Il ne l’avait

