Chapitre 7

2483 Words
Cette dame avait donc partagé le lit de ma mère avec mon père. Je n’avais que huit ans mais je pouvais comprendre les choses. Je savais qu’une relation allait naître entre les deux. Mettez-vous à ma place un instant imaginez ce que j'ai pu ressentir, ce que mon frère pouvait ressentir après avoir vécu, une telle scène. J’aurais tellement voulu un retour en arrière. Un retour à la vieille époque. L’époque où ma mère nous réveillait en douceur tous les matins. L’époque où elle nous faisait des câlins, où il y avait quelqu'un qui se souciait de nous, de savoir si on était bien, l’époque où ma tendre maman lisait dans nos pensées. S'il y avait quelque chose que je regrettais le plus dans cette histoire, c'était mon impuissance, j'aurais peut-être pu empêcher les choses. Mais comment est-ce que j’aurai réussi à le faire. On n'avait rien vu venir nous étions une famille parfaite il y a de cela quelques mois et là notre vie avait complètement basculé. Plus les jours passaient, plus les choses devenaient compliquées. Notre père était de plus en plus distant. A la limite il nous évitait. Laura quant à elle avait l'habitude d'inventer des histoires que mon père croyait. Et comme si ça ne suffisait pas, il y avait son fils. Le petit prince que personne ne pouvait toucher, personne ne pouvait l’accuser il avait tout le temps raison et nous avions toujours tort. Il y avait souvent des petits problèmes du genre, on l'a tapé, on l'a griffé et sa mère utilisait cela comme excuse pour que notre père nous grande en retour. Il nous détestait de plus en plus, elle avait beaucoup de pouvoir sur lui. Il n'était plus le même, il était complètement différent comme s'il venait d'une autre planète. Mon frère et moi avions tenté plusieurs fois de faire en sorte qu'il revienne à la raison. Mais c'était impossible peu importe ce qu'on pouvait dire nous n’étions que de pauvres petits cons de pauvres petits orphelins qui vivent dans leur maison pourtant, sont livrés à eux-mêmes. Des mois passaient on avait pris le rythme. On avait l'habitude de faire la vaisselle, d'essuyer le sol et de tout faire à la maison. Le problème n'était pas de faire les tâches ménagères mais nous étions maltraités. Maltraités dans notre propre maison on souffrait énormément elle nous tapait dessus elle nous insultait tout le temps à la limite on devait entrer en dépression. Elle nous privait de nourriture et même son fils qui avait mon âge ne nous respectait pas. Il était le roi à la maison on faisait sa lessive on mangeait après lui et on avait pour obligation, surtout mon frère avait pour obligation de lui expliquer ses devoirs. On n’en pouvait plus pendant 3 mois, nous vivions dans un calvaire total. Dans une tristesse immense, dans un manque d'amour global. Le pire c'était quand mon père décidât de faire de Laura sa femme. Je me souviens encore de ce jour comme si c'était hier. Mon père était rentré du travail nous étions au salon comme d'habitude parce que Laura aimait avoir le contrôle sur nous. Alors mon père entra dans le salon tout ému comme s'il avait gagné au loto. Bien sûr on se demandait tout ce qu'il avait qu’est ce qui pouvait bien traverser l’esprit de mon père à ce moment précis ? Laure : Ah tu es là, d'un air étonné et en se levant de son canapé en cuir. Bruno : oui. je sais que je ne devais pas rentrer à cette heure, mais je ne voulais plus tarder Laura : tu as l'air bien content dis donc ... Bruno : oui parce qu’aujourd'hui je vais prendre une décision qui va changer à jamais ma vie et la tienne Laura : dis donc tu es plein de surprises toi Bruno : il le faut de temps en temps. les enfants est ce que vous pouvez aller dans votre chambre Quand mon père avait prononcé cette phrase, mon frère et moi avions senti quelque chose de négatif. On voyait que ça ne sentait pas bon et surtout que quelque chose allait se produire alors quand il nous avait dit de partir dans nos chambres, mon frère et moi étions restés au couloir. Mais d'abord nous avions fait exprès d'aller dans la chambre et quand on avait vu que le fils de Laura était concentré à faire quelque chose nous avions couru vers le couloir. On sait que ce n'est pas bon d'écouter aux portes mais là on n'avait pas le choix. Il y avait de fortes chances que mon père épouse cette dame et qu'en retour on souffre le martyre ou alors on se retrouve à la porte de notre maison. Vous imaginez des orphelins qui mendient dans la rue. Alors là ça aurait été la cerise sur le gâteau. Bruno : Laura, ça fait un moment qu'on se côtoie et même plus que ça, en rigolant Laure : où veux-tu en venir Bruno ? Bruno : quand j'ai perdu ma femme Grâce, c'était comme si le monde s'écroulait sur ma tête. Je ne savais plus quoi faire, j'étais meurtri et vidé. Puis tu es arrivé elle t'a confié à moi comme un ange et ma vie a complètement changé. Je sais que ce n'était pas prévu. Je ne sais pas ce que toi tu penses de ça mais ça fait déjà plus de trois mois que nous sommes des partenaires intimes. J'aimerais bien légaliser cela Laura : je ne vois toujours pas où tu veux en venir Bruno : je sais que tu vas sûrement dire non parce que tu trouves peut-être cela bizarre. J'ai été mariée à ta meilleure amie et aujourd'hui je veux te demander ta main Laura : tu es sûr que tu vas bien ? Il faut savoir que Laura faisait exprès. Elle n'attendait que ça de devenir la femme de mon père de pouvoir partager ses biens et que plus tard son fils hérite de tout. Alors elle avait toutes les tactiques pour se faire passer pour la victime et être totalement innocente aux yeux de mon père. Depuis le début elle le manipulait elle nous manipulait et lui, il ne voyait rien venir. On n'en pouvait plus de cela on ne pouvait plus supporter ça vous, imaginez, si elle devait être la femme de mon père Laura Bell, la femme de Bruno Bell, elle allait porter notre nom de famille le nom que ma mère avait porté le nom que je porte le nom que mon frère portait. On ne pouvait pas accepter ça Bruno : je veux que tu sois ma femme. Je ne veux plus que tu te caches ici mais je veux que tu m'accompagnes partout où j'irai Laura : Tu as pensé à tes enfants ? La folle, elle demandait ça comme si elle se souciait de nous il y avait anguille sous roche. Bruno : ils vont devoir s'adapter de toute façon ils ne sont plus bébé ils doivent comprendre que je dois refaire ma vie Laura : moi je t'aime et je suis prête à porter ton nom prête à être ta femme pour le meilleur et pour le pire. Mais tes enfants me détestent j'ai tout fait pour eux je fais tout pour qu'ils m'aiment pour qu'ils m'acceptent mais ils me rejettent Bruno : on verra avec le temps ce qu'on pourra faire Laura : mais il n’y a rien à faire Bruno ils me détestent et quand tu n'es pas là ils font des coups bas. Moi je ne sais plus quoi faire et je réfléchissais à quelque chose Bruno : tu réfléchissais à quoi ? Laura : on ne peut plus continuer comme ça clairement plus alors tes enfants tu les met en pension en internat ce que tu veux mais moi si je me marie avec toi je veux la paix chez moi Bruno : d'accord j'ai compris. Pour l'année scolaire prochaine ils ne vivront plus ici Laura : tu es vraiment le meilleur chéri. J'accepte de devenir ta femme A un moment précis mon frère et moi avions compris qu'on avait complètement perdu notre père. Elle avait vraiment réussi à détruire ce que ma mère avait mis tant d'années à construire. Je ne sais pas s'il se rendait compte de l'ampleur des choses mais tout ce que je sais c'est qu'elle n'avait aucune pitié. Tout ce qui l'intéressait, c'était l'argent de mon père et le respect qu'elle pouvait avoir des hommes, des femmes, des personnes qu'elle considérait comme minable de la société. Elle devait avoir ce prestige de devenir la femme du directeur des ressources humaines d'une entreprise à haute croissance. Avec une montée fulgurante. L’argent ne manquait pas à mon père, les relations n'ont plus. Il était un homme respecté par beaucoup. Le pire ou plutôt le mieux pour elle c'était que mon père était en très bonne relation avec le Président et patron de l'entreprise ou il travaillait il n'y avait aucun doute que ce dernier allait être nommé directeur général. Il avait fait toutes ses preuves et il était vraiment prêt à voir ce rôle. Laura n’allait pas lâcher l'affaire, nous étions impuissants et on ne pouvait rien faire. Parler à notre père n'allait plus servir à rien. Alors nous avons tout supporté tout subit jusqu'au jour de la fin d'année scolaire mon frère allait et moi au CM2. Un an s'est écoulé dans cette fameuse ville de Yaoundé. Cet un an, était la pire année de ma vie et de celle de mon frère mais c'était peut-être mieux pour moi et pour lui d’aller dans un internat. On n’avait pas trouvé d’internat qui me prenait, on n'avait trouvé aucune place. Alors pendant que mon frère prenait le départ pour sa nouvelle maison moi je devais rester un an de plus à subir cette femme. Celui qui me protégeait lui aussi était parti. Je priais juste que cette année, au CM2 passe aussi vite que possible, que je réussisse à mon examen de certificat d'école primaire et que j'entre enfin au collège pour pouvoir aller à l'internat. Je n'oublierai jamais cette fameuse année scolaire où j’ai souffert comme jamais. Tout ce qui me motivait, c'était travailler dur aussi dur que je le pouvais pour réussir mon année scolaire. Au début, mon frère venait le week-end à la maison jusqu'au jour où Laura pique une crise et dit à mon père qu'elle ne voulait plus le revoir. Laura : chéri j'ai quelque chose à te demander Bruno : oui mon cœur vas-y Laura : ça va faire quelques mois que ton fils est en internat. Je ne sais pas s'il obéissant là-bas mais à la maison il est très désobéissant il ne respecte rien même pas les règles que je mets en place. Moi je ne veux plus le voir ici les Week ends Bruno : mais tu sais très bien qu’il doit rentrer les week-end il est en internat toute la semaine alors c'est le minimum Laura : en ce moment je veux éviter tout type de stress. J'attends un enfant de toi ça fait déjà deux mois que je suis enceinte Bruno : et pourquoi tu ne m'as rien dit Laura : je ne sais pas, tu n'as jamais le temps tu es toujours au travail je n’ai pas trouvé le bon moment Bruno : et ça fait deux mois tu dis Laura : oui deux mois. J'ai vu le médecin et il m'a dit que je ne devais en aucun cas être contrarié. Ton fils est un élément de stress et donc un élément perturbateur pour ma grossesse. Si je pouvais éviter de le voir au maximum je serais à l'aise Bruno : d'accord, d'accord. Je vais voir au niveau de l'établissement ce qu'on peut faire. Mais d'emblée, je te préviens on ne pourra pas lui empêcher de venir pendant les vacances scolaires Laura : oui ça je sais. Je sais quand même comment fonctionnent les internats de mon pays Bruno : viens-là que je touche le ventre de ma femme enceinte Ils rigolaient, ils étaient heureux j'avais même l'impression que mon père n'avait jamais été aussi heureux de toute sa vie. Cela me mettait encore plus hors de moi. Savoir que je vivais dans une maison où mon père était là mais que j'étais aussi maigre qu'un enfant qui vivait seul dans la rue. Mes enseignants avaient demandé à savoir ce qui se passait parce que je tombais beaucoup malade j'étais vraiment en gros stress. Mais mon père déclinait à chaque fois le rendez-vous des enseignants. J'avais fait comme je pouvais et c'était très compliqué. Mon frère avait quand même réussi son année scolaire. Il était toujours aussi brillant, toujours aussi fort, il était toujours pris comme modèle par les professeurs de son établissement. Moi aussi j'avais eu mon certificat et enfin j'entrais au collège et j'allais en classe de 6e. Mon frère était heureux de me voir et ce qui était excellent c'est qu'on partageait la même chambre. Même si les 6e jusqu' à la classe de 3e devaient être à part et de 2nde à terminale étaient de leur côté. Mon père avec ses relations avait réussi à faire en sorte qu'on soit tous les deux dans une même chambre. Laura était jalouse car son fils n'était pas si brillant que ça. J'avais eu mon certificat de scolarité et à l'école j'avais eu une mention très bien, son fils quant à lui était parti dans un de ces grands collèges de riches. Elle lui faisait vivre sa meilleure vie, elle devait en profiter car mon père avait beaucoup d’argent. J’avais enfin rejoint mon frère qui allait en classe de première scientifique. Il avait toujours rêvé d'être un de ces grands scientifiques, mon père était un véritable modèle pour lui mais je pense qu'au fil des années cela avait complètement changé. Mais avant tout ça, Laura fut encore ses crises avant mon départ pour l’internat. Laura : tu n'as pas encore fini de faire tes valises espèce d'imbécile C’est comme ça qu’elle avait l’habitude de me parler. Et me criait dessus et elle m'a insulté tout le temps Thiméo : j'ai déjà fini Laura ; alors va rejoindre ton père dehors qu'il t'accompagne immédiatement. A force de te voir j'attrape des boutons. Enfin je serai libre dans ma magnifique maison avec mes enfants et mon mari J’avais l’impression qu’elle nous avait tout volé. Elle avait volé la vie de ma mère, elle avait volé mon père, elle avait volé notre vie entière. Elle attendait un garçon et j'avais l'impression d'être devant le prototype de ma famille. Un père, une mère et deux garçons. J'avais tourné le dos et ce jour-là je m'étais promis de ne plus jamais mettre un pied, un pied dans cette maison. Cette maison remplie de tristesse de solitude de souffrance de jalousie d'amertume.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD