Il n’y avait aucun doute. le poison de cette femme venait d’un charlatan, un marabout. On n’avait pas tardé à avoir l’efficacité de ce médicament mystique. Ma mère avait complètement changé les jours qui suivaient ce rendez-vous imprévu dans le bar avec Laure. les effets de ce poison étaient dramatiques et avaient duré sur une période considérable. Cela était fait exprès, pour que Laure s’insère bien dans la famille. Surtout, pour que ce soit ma mère qui lui donne cette appropriation de notre famille.
Dès le lendemain, ma mère faisait en sorte que Laure soit de plus en plus proche de la famille. Elle organisait des rendez vous, des repas et elle disait toujours du bien de Laura..
Cette dernière avait profité de l'état de santé de ma mère pour se rapprocher de mon père. j'avais eu à écouter une de leur discussion. Mon père était embarrassé, il était triste et surtout Il ne savait où mettre la tête.
Laure : Bruno je sais que tu ne m'aimes pas. Je n'ai pas tout fait non plus pour avoir une bonne image auprès de toi et de tes enfants. Mais, ce que tu ignores c’est que j'étais dans une situation vraiment dramatique. Maintenant ma meilleure amie ne va pas bien, les médecins ne trouvent rien et je ne sais quoi faire. Je veux juste être présente pour elle
Bruno : je t'ai peut être jugé trop vite. voir comment tu t'occupes de ma femme me fait vraiment plaisir. Je suis désolé pour le mensonge qu’elle m’avait raconté à ton sujet
C’est ça le plus dramatique. Ma mère avait dit à mon père que ce qu’elle avait raconté sur Laure était faux. Elle lui avait dit qu’elle avait raconté cela pour voir s’il voyait d’autres femmes. Son médicament avait vraiment des effets sur ma mère, des effets que je ne saurais expliquer jusqu'à aujourd'hui.
Laura : c’est de l’histoire ancienne. Je lui ai pardonné depuis. Nous sommes comme des soeurs tu sais...elle ne va plus au travail elle n'a même plus la force de cuisiner
Bruno : oui je sais. et cela me perturbe énormément. mon souhait c'est que tout revienne dans l'ordre
Laura : ta femme me fait confiance. Je ne sais pas à quoi elle joue en voulant nous rapprocher
Bruno : j'ai eu une discussion avec elle. elle me dit que si elle devait à partir de ce monde elle aimerait que tu t'occupes des enfants
Laura : je m'occuperai toujours d’eux comme s'ils étaient les miens
Bruno : je te remercie. Mais, je garde espoir, tout reviendra dans l'ordre
Mon père ne savait pas ce que Laura manigançait dans son dos. Il restait confiant, il savait que ma mère allait retrouver la santé et qu'elle allait arrêter ses hallucinations, mais très vite son état de santé se dégrada. Je me souviens encore de ce jour comme si c'était aujourd'hui. Nous étions à la maison, ma mère décida d'aller se coucher. Ce jour-là, mon père avait décidé de rentrer tôt du travail. il entra dans la chambre, il trouva ma mère couchée, il essaya en vain de la réveiller mais, cette dernière n'ouvrait pas les yeux. il décida de ne pas s'affoler. il prit le bout de papier qu'elle avait laissé sur le chevet du lit et commença à la lire.
Ma mère avait laissé ces quelques mots
Grâce : chéri, quand tu reviendras je serai sûrement morte. Mais, je veux que tu saches ceci: tu as été le seul et l'unique amour de ma vie. Je te laisse deux merveilleux enfants, les fruits de notre amour éternel. Je veux que tu t’occupes d’eux comme on l’a toujours fait. Je veux qu'ils continuent à vivre dans l'amour, je veux qu'ils grandissent dans la paix et je veux qu'ils gardent toujours un bon souvenir de moi. Ce que j'ai vécu avec toi n'est incomparable à rien d’autre. On savait très bien que cela devait arriver même si les médecins ne posaient pas de diagnostic fixe nous savions que je n'allais pas bien et que la fin était proche. Je remercie Laure d'avoir été à mes côtés pour ces jours douloureux. Mon souhait le plus cher et que tu construises ta vie, que tu la vive à fond comme tu l’as toujours fait que tu ne sois pas triste même si en ce moment tu es sûrement l’homme le plus détruit du monde.
Dis à mes enfants que je les aime, que je serai toujours à leurs côtés. et que quand ils seront perdus, quand ils seront tristes, quand ils ne sauront quoi faire, comment réagir face aux événements de la vie qu'ils regardent juste au ciel. Qu'il regarde juste au-dessus de leur tête il verront l'amour que j'ai pour eux. Je serai toujours avec toi, je serai toujours avec eux. Je serai toujours avec vous. je vous protégerai et je ne laisserai personne détruire cet amour que nous avons mis tant d'années à construire. je t'aime, je vous aime.
Mon père regarda le corps de ma mère et se mit à pleurer. il était impuissant il n'avait plus la force de rien faire il n'avait pas la force de parler il n'avait même pas la force de réagir. Il décida alors de s'asseoir à côté d'elle, de regarder son beau visage, de caresser ses douces joues, et de serrer très fort ses tendres mains. Quelques instants après il nous avait rejoint au salon.
Il nous fixe, il ne lâcha aucun mot, c'était la première fois de ma vie que je vois les larmes de mon père. Lui qui est un homme tellement fort, notre modèle, celui sur qui on pouvait compter toute notre vie.
Il était là devant nous, abattu tel une fleur qui avait fané. il se mit à genoux devant nous, je me souviens qu'il nous caressa les joues, il nous serra très fort dans ses bras. Mon frère pouvait comprendre ce qui se passait.
Moi, je n'osais même pas imaginer. je ne pouvais même pas croire que la femme de ma vie m’avait laissé si jeunes. à huit ans je me retrouvais orphelin.
Celle qui m'avait bercée de tendresse, d'amour, de joies, d'optimisme, de courage n'était plus là. Elle avait fermé les yeux plus aucun battement de son cœur ne se faisait entendre. Les articulations de son corps s'arrêtèrent. Plus aucune circulation sanguine, fonctionnement nerveux et j'en passe. Elle était juste là morte, partie dans l'au-delà. sûrement pour un nouveau monde.
Comme dans les contes d'enfants je l'imaginais partie au ciel vêtue d'une robe blanche avec une couronne telle une princesse ou encore une reine. et c'était ça j’avais perdu la reine de ma vie celle qui donnait un sens à ma vie un goût à la vie de mon père et à celle de mon frère. Nous étions alors livrés à nous-mêmes.
Une fois que mon père nous a lâchés, mon frère et moi avions pris la direction de la chambre. Je me souviens comment mon faire pleurait à chaudes larmes il se jeta sur le corps de ma mère et maudissait tous les dieux. Il n'arrivait pas à accepter que plus jamais on n’allait la voir. Le matin, le midi et le soir.
Il n’arrivait pas à supporter qu'elle ne soit plus là pour faire nos petits déjeuners, nos goûters, dîner nos balades préparer nos vêtements. Je n'arrivais pas à supporter l'absence de ses câlins, de ses bisous, de son amour tout simplement. C'était impossible qu'elle ne puisse pas nous laisser si jeunes. On pleurait en se lamentant qu'elle était partie Partie avec quelque chose que jamais personne ne pouvait remettre. La femme de ma vie la base de notre famille n'était plus là. Je me souvenais alors de tous ces films que je pouvais voir. Tous les films que j’avais vu avec elle, de tous les jeux qu'on partageait, de nos fous rires et même de ces engueulades. Plus je pensais à elle, plus mon cœur meurtri s'éclatait encore. Mon cœur avait éclaté en 1000 morceaux et elle était partie avec plus de la moitié de mon cœur.
Mon frère et moi nous recueillons devant son corps.
Mon père avait appelé Laure parce qu' au final elle était la seule personne vraiment proche de ma mère. Cette maison ne nous avait finalement pas porté chance. Laure arriva en tristesse, elle pleurait, elle était inconsolable. Elle avait décidé de faire à manger mais personne n'avait faim. elle avait alors fait une boisson consistante.
On ne pouvait imaginer que même cette boisson allait nous troubler toute la vie. En effet, elle avait continué avec son poison, car ce qu'elle avait fait boire à mon père n'était rien d'autre que de l'envoûtement. Elle était charmée et on a pu constater les effets de cela quelques jours après le deuil de ma mère.
Nous n'étions pas très proches de notre famille maternelle mais, quelques-uns avaient quand même assisté au deuil de ma maman. Sans plus. les jours passaient nous étions tristes ce n'était plus la même chose. Mon père a commencé à changer petit à petit. Il n’avait pas tardé à demander à Laure de s'installer à la maison. Elle avait pris pour prétexte qu'elle devait s'occuper de nous comme notre mère le faisait. Sauf que c'était le début d'une souffrance, une longue souffrance telle une maladie chronique douloureuse.
La fin de nos vacances n'avait aucun goût. Le moment de retourner à l'école arriva. Mon père avait pris la sale habitude de travailler sans cesse. il se levait tôt et il rentrait tard. Nous étions obligés de passer nos journée avec Laure et son fils.
Dès la rentrée des classes, on constata vite la différence. Deux mois après la mort de ma mère, Laure commença à montrer son vrai visage. Elle s’était installée à la maison, elle ne dormait pas encore dans la chambre de mon père mais cela n'allait pas tarder.
Laure : réveillez vous, en criant. Il n’était que 6h du matin
Raphaël : Tati on sait qu'on va se lever
Laure : réveillez-vous maintenant
On sursauta alors
Laure : vous devez faire la vaisselle avant de partir à l’école
Thiméo : avec maman, on ne faisait jamais la vaisselle le matin
Laura : maman n’est donc plus là. alors faites ce que je vous dis
Mon grand frère Raphaël était parti faire la vaisselle car il ne voulait pas que je la fasse. Mon père s'était levé à 7h du matin, il n'avait pas déjeuné et il avait pris la direction de son bureau. il ne nous a même pas demandé comment on allait, si on avait besoin de quelque chose. il était devenu une autre personne. il était tout simplement indifférent.
Quant à Laure, elle n’hésitait pas à nous rappeler tout le temps que nous étions des orphelins. Elle avait préparé le petit déjeuner de son fils. Il n’avait fait aucune tâche ménagère. Quand mon frère et moi voulions partir à l’école, elle nous interppela de nouveau.
Laura : qui va essuyer le sol là ?
Raphaël : Tati nous on part déjà
Laura : alors, soit c’est toi qui essuie soit c’est ton petit frère.n Comme tu veux montrer que tu me réponds là
Dans tout ça, on n'avait même pas déjeuné.
Raphaël : Thimeo va à l’école je vais le faire
Mon frère était resté pour nettoyer le sol de la maison. Il était arrivé en retard et avait été puni.
Laura venait juste de commencer son processus. Elle continuait toujours à empoisonner mon père pour le charmer. Le soir, quand nous étions rentrés, elle avait servi à manger à son fils et pas à nous. Notons qu’elle avait eu la permission de venir vivre chez nous car elle était censée veiller sur nous. Mon père lui donnait une somme à la fin du mois. Pour la remercier. Elle était un peu comme une nounou.
Quand mon père rentra, on essaya de lui expliquer cela mais, il ne nous croyait pas.
Raphaël : papa, on ne veut plus que Tati Laura reste avec nous
Bruno : les enfants, je suis fatigué hein… Je n’ai pas le temps de vos caprices
Thimeo : papa, tu sais ce qu’elle a fait à Raphaël, il a fait la vaisselle et a essuyé le sol
Raphaël : je suis arrivé en retard. Dans tout ça on n’a même pas déjeuné aujourd’hui. On n’a même pas mangé quand nous sommes rentrés
Bruno : les enfants, je ne paye pas Laura pour qu’elle fasse le ménage. Elle est là pour veiller sur vous. Donc, si elle vous demande de faire quelques tâches, ce n’est pas la fin du monde
On n’avait même plus cherché à insister. Le soir quand nous sommes partis nous coucher, Laura entra dans la chambre de mon père.
Bruno : tu as perdu ton chemin ?
Elle était en petite tenue. Comment est-ce qu’un homme en détresse pouvait réagir en la voyant à moitié nue à cette heure du soir ?
Laura : je suis venue t’aider à te changer les idées
Bruno : tu es un génie maintenant ? En rigolant.
Elle rigola aussi et sauta sur mon père. Elle se déshabilla sans perdre de temps. Mon père avait chaud car c’était une très belle femme. Il coucha avec elle dans le lit qu’il partageait avec ma mère. C’était une honte. C’était inadmissible. Mon frère et moi avions constaté cela le lendemain matin. On l’avait vu sortir en serviette de la chambre et mon père était encore couché. Mon frère était vraiment remonté après mon père, moi aussi.
Malheureusement, on ne pouvait rien faire. On avait décidé de partir tôt à l’école. On ne voulait pas qu’elle nous gronde de nouveau.