chapitre 35: Avant que la mort ne frappe.

2504 Words
Le lendemain. Le soleil filtrait déjà à travers les rideaux tirés, inondant la chambre d’une douce lumière dorée. Pourtant, à l’intérieur, tout restait silencieux. Allongée au milieu des draps froissés, Chloé dormait encore profondément. Ses cheveux éparpillés sur l’oreiller, ses lèvres légèrement entrouvertes, elle ressemblait à une princesse épuisée après la tempête. Debout près du lit, Lorenzo la fixait, les bras croisés, le regard sombre mais attendri. Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Trop de pensées, trop de peur de la perdre. Il la regardait respirer comme si chaque souffle lui appartenait, incapable de détourner les yeux. Mais soudain, la porte de la chambre grinça doucement. Le bruit rompit le silence. Lorenzo se retourna, les sourcils froncés, prêt à exploser. Son regard croisa celui de Carlos, qui tenait un plateau de petit-déjeuner à la main. Carlos (surpris) _ Qu’est-ce que tu fiches ici, toi ? T’étais pas rentré hier ou quoi ? Lorenzo (voix grave, froide) _ Et toi, de quel droit t’entres dans la chambre de Chloé sans frapper ? T’as pas compris hier quand je t’ai dit de plus t’approcher d’elle ? Ses yeux s’assombrirent aussitôt. On pouvait sentir la jalousie lui brûler les veines. Ses poings se serrèrent, sa mâchoire se crispa, prêt à exploser. Carlos, lui, resta impassible, un léger sourire au coin des lèvres. Il entra dans la pièce comme si de rien n’était, déposa calmement le plateau sur le canapé, puis se retourna pour faire face à Lorenzo. Carlos (d’un ton imposant) _ Si t’as des problèmes avec ta meuf, tu les règles dehors. Mais ici, t’es chez moi. Alors dégage avant que je ne te... Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. En un éclair, Lorenzo fondit sur lui. Ses mains se refermèrent brutalement autour du cou de Carlos, le plaquant contre le mur. Le bruit sourd fit trembler la pièce. Lorenzo (yeux rouges de rage) _ Je te vois venir, sale hypocrite. Tu crois que j’sais pas que ma meuf te plaît ?! Je te jure que si je te revois tourner autour d’elle, t’auras pas le temps de comprendre ce qui t’arrive. C’est la dernière fois que j’te préviens. La prochaine, j’te détruis. Carlos (étouffé, furieux) _ Lâche... moi... putain... lâche-moi ! Lorenzo finit par le relâcher, d’un geste brusque. Carlos s’écroula légèrement, toussant bruyamment, cherchant son souffle. À ce moment précis, un léger mouvement sur le lit attira l’attention de Lorenzo. Chloé venait de se réveiller. Encore à moitié dans le brouillard, elle cligna des yeux, confuse, ses cheveux en bataille. Ses yeux fatigués se posèrent sur les deux garçons en face d’elle, l’un debout, le regard noir, l’autre plié en deux, haletant. Chloé (faiblement, la voix endormie) _ Qu’est-ce qui se passe ici ? Lorenzo se retourna aussitôt. En entendant sa voix, toute sa colère s’évapora comme si elle n’avait jamais existé. Il s’approcha vite du lit et s’assit à côté d’elle, cherchant à la rassurer du regard, même s’il était encore agité à l’intérieur. Lorenzo (d’une voix douce mais nerveuse) _ Il se passe rien, ma puce... c’est rien, rendors-toi. Carlos, encore rouge de colère, se redressa lentement. Il lança un regard assassin à Lorenzo avant de se tourner vers Chloé. Carlos (amer, le ton cassant) _ Il se passe que ton mec est un taré, Chloé. Franchement, je sais pas ce que tu lui trouves. Sans attendre de réponse, il quitta la pièce en claquant la porte. Un silence lourd retomba dans la chambre. Chloé, maintenant bien réveillée, s’adossa aux coussins. Son regard croisa celui de Lorenzo, froid et interrogateur. Chloé (calme mais furieuse) _ T’as fait quoi à Carlos, Lorenzo ? Lorenzo, essayant tant bien que mal de contenir la colère qui lui brûlait le ventre, se leva lentement du bord du lit. Ses mâchoires se contractaient, son regard s’assombrissait, mais sa voix restait étrangement calme. Chloé (insistante) _ Réponds-moi, Lorenzo. Pourquoi Carlos a réagi comme ça ? Lorenzo (calme mais grave) _ Il se passe quoi entre ce type et toi ? Chloé fronça aussitôt les sourcils, totalement prise de court par cette question. Ses yeux s’écarquillèrent un instant avant qu’un rictus de colère ne vienne marquer son visage. Chloé (surprise) _ C’est quoi cette question que tu me poses ? T’insinues quoi, là ? Lorenzo (calmement, mais froid) _ Rien du tout. Je t’accuse de rien, Chloé, mais j’aime pas la manière dont ce gars te regarde, ni la façon dont il s’intéresse à toi. D’ailleurs, c’est décidé : on quitte cette maison tout de suite. On rentre chez nous. Chloé (fermement, le ton sec) _ T’as pas d’ordre à me donner, Lorenzo. Si je pars ou si je reste ici, c’est moi qui décide. Alors évite de me dicter ce que je dois faire, t’as compris ? Lorenzo la fixa un long moment, serrant les dents, tentant de se calmer. Malgré sa colère, quelque chose dans le regard de Chloé le désarmait. Ses yeux, même furieux, brillaient toujours de ce même amour qui le rendait fou. Lorenzo (voix intérieure) _ J’accepterai que tu me parles sur ce ton tant que tu continueras à me regarder avec ces yeux-là. Ces yeux qui brillent d’amour, même quand t’es en colère. Chloé (froide) _ Maintenant, sors de ma chambre. Lorenzo (calme mais ferme) _ Je t’ai dit qu’on rentre à la maison, Chloé. Arrête de faire ta têtue et va te préparer. Je vais... Chloé (hurlant soudain) _ SORS D’ICI, DÉGAGE ! Lorenzo (surpris, les yeux ronds) _ Mais pourquoi tu cries ? Je voulais juste... Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Chloé attrapa un coussin et le lui jeta dessus, puis un deuxième, les larmes commençant à lui monter aux yeux. Chloé (pleurant, la voix brisée) _ Sors de ma chambre avant que je ne m’énerve ! Allez, dehors ! Lorenzo (abasourdi, levant les mains) _ Ok, ok, c’est bon, calme-toi... je m’en vais. Mais je t’avertis, je serai dehors à t’attendre. Si tu descends pas, je viens te chercher moi-même. Chloé (criant, tremblante) _ Dehors ! Va-t’en d’ici, s****d ! Lorenzo resta figé une seconde, le cœur serré, avant de tourner les talons. Il quitta la chambre sans un mot de plus, claquant la porte derrière lui. De l’autre côté, Chloé éclata en sanglots, ses mains tremblantes serrant fort son oreiller. Chloé (murmurant entre deux pleurs) _ J’ai envie de pleurer toutes les larmes de mon corps... Papa, tu me manques tellement... Elle se recroquevilla sur le lit, enfouissant son visage dans les draps. Ses larmes coulaient sans qu’elle comprenne vraiment pourquoi : tristesse, colère, fatigue... peut-être un peu de tout. En bas, dans le salon, Carlos était assis sur le canapé, le regard vide, les traits tendus. Quand il entendit les pas lourds de Lorenzo descendre les escaliers, il leva la tête. Lorenzo passa devant lui sans un mot, sans même un regard, ouvrit violemment la porte et sortit en la claquant avec rage. Carlos (voix basse, entre les dents) _ Il se prend pour qui, ce type ? Ses doigts tremblaient légèrement. Il attrapa son téléphone, le sortit de sa poche et composa rapidement un numéro. Quelques secondes plus tard, une voix masculine répondit. Voix _ T’as eu la gamine ? Carlos (voix grave) _ Pas encore. Et je crois que ça va être plus compliqué que prévu. Voix _ Qu’est-ce que tu racontes ? Tu sais qu’on n’a plus beaucoup de temps. Carlos (calmement) _ Je sais, mais c’est pas de ma faute. Elle est pas si naïve que je le pensais. Et le pire, c’est son mari. Ce type est sur les nerfs et il compte pas la lâcher d’une semelle. S’ils se réconcilient, c’est fini, je pourrais plus rien faire. Voix (agacée) _ Quoi ?! Avec ce gars dans les parages, c’est mort. Il va falloir que j’en parle à la patronne. On doit agir vite. Carlos (curieux) _ Et ça veut dire quoi, “agir vite” ? Voix (froide) _ Pose pas de questions. Contente-toi de faire ce pour quoi on te paye. Rapproche-toi d’elle, peu importe les moyens. Carlos (agacé) _ Mais elle est sur la défensive ! Elle me calcule à peine, elle veut même pas que je la touche et... Voix (méprisante) _ T’es vraiment inutile, Carlos. Carlos (furieux) _ Tu... Bip... bip... bip. La communication venait d’être coupée. Carlos resta un instant immobile, la mâchoire serrée, avant de jeter violemment le téléphone au sol. Le choc fit trembler la table basse. À ce moment-là, Valentina apparut dans le salon, encore vêtue de sa robe de nuit, les cheveux ébouriffés. Elle s’avança en bâillant, puis s’assit nonchalamment sur le canapé en face de lui. Valentina (baillant) _ Bonjour... qu’est-ce que t’as, toi ? Pourquoi t’as cette tête de zombie ? Carlos (le regard noir, d’un ton curieux) _ Dis-moi plutôt... tu sais quoi exactement sur ce type, là ? Celui qui dit être le mari de Chloé. Valentina (soupirant) _ Bah, c’est son mari, justement. Je sais pas pourquoi Chloé t’a fait croire qu’elle était célibataire, mais elle t’a menti, mon chou. Elle est mariée depuis cinq mois déjà avec Lorenzo. Carlos (calmement, retenant sa colère) _ Et pourquoi elle vit ici, chez toi, au lieu d’être avec lui ? Valentina (haussant les épaules) _ Apparemment, ils se disputent. Chloé veut pas me dire pourquoi, et franchement, j’ai pas envie de fouiner. C’est leur histoire, pas la mienne. Carlos (voix grave, les yeux plissés) _ Et si Chloé ne l’aime plus... alors pourquoi il vient ici jouer les durs ? Valentina (calmement, un petit sourire aux lèvres) _ Qui t’a dit qu’elle n’aime pas son mari ? Sérieusement, Carlos, je te conseille de rester loin de cette histoire. Et surtout, emballe ton petit cœur avant qu’il ne s’attache à Chloé, parce que crois-moi, elle est folle de son bad boy. En plus, t’es même pas son genre de mec, je connais ses goûts par cœur. Carlos la fixa, les yeux rougis, la mâchoire serrée. Carlos (les dents serrées) _ Tu m’insultes, là ? Valentina (moqueuse, haussant les épaules) _ Non, désolée, mais c’est la vérité. Faut bien que quelqu’un te le dise. Bref, ce soir je veux qu’on sorte, j’ai repéré une nouvelle boîte de nuit, et je veux qu’on y aille avec... Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Son regard se posa soudain sur Chloé, qui descendait lentement les escaliers. Elle portait un gros pull beige et un jean boyfriend un peu trop large. Ses cheveux détachés tombaient en désordre sur ses épaules. On lisait la fatigue sur son visage, mais aussi une certaine détermination dans ses yeux. Valentina (souriante) _ Salut ma puce ! Je parlais justement du plan de ce soir. Approche, je veux qu’on aille en boîte, histoire de te changer les idées... Chloé (calmement, sans hésiter) _ Val... je vais rentrer avec Lorenzo. Valentina écarquilla les yeux, bouche bée. Valentina (surprise) _ Quoi ?! T’es sérieuse, là ? Carlos, qui jusque-là restait silencieux, se leva brusquement du canapé, les sourcils froncés, le regard noir. Carlos (voix grave, pleine de mépris) _ Comment ça, tu veux rentrer avec ce type ? Tu vois pas qu’il est complètement taré ? Chloé (surprise, le ton sec) _ Tu racontes quoi, Carlos ? Et c’est quoi cette manière de te mêler de ce qui ne te regarde pas ? Un silence lourd tomba aussitôt dans le salon. L’ambiance devint glaciale. Carlos, réalisant qu’il venait de dépasser les limites, esquissa un sourire maladroit, comme pour cacher sa gêne. Valentina leva les yeux au ciel et soupira, agacée. Valentina (fatiguée) _ Mon cousin chéri, tu peux nous laisser seules un moment, s’il te plaît ? Carlos ne répondit pas. Il hocha simplement la tête, les mâchoires contractées, puis quitta la pièce en montant lentement à l’étage. Dès qu’il fut parti, Valentina se leva, s’approcha doucement de Chloé et posa ses mains sur ses épaules. Valentina (inquiète, douce) _ Je vais pas te demander d’explications, mais promets-moi juste une chose : prends soin de toi. T’as pas bonne mine, ma puce. T’es toute pâle. Je sais pas ce qui se passe entre toi et Lorenzo, mais j’espère que vous allez trouver un terrain d’entente. Si jamais t’as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi, d’accord ? Je serai toujours là pour toi. Chloé (sourire faible, la voix tremblante) _ Je sais, Val. Merci de m’avoir laissée rester ici... t’es vraiment la meilleure pote du monde. Les deux jeunes femmes s’enlacèrent tendrement. Un câlin sincère, un peu long, un peu triste. Puis elles se détachèrent lentement. Chloé jeta un dernier regard à la maison, puis se dirigea vers la porte d’entrée. Valentina la suivit du regard, un petit pincement au cœur, partagée entre la peine de la voir partir et la joie de la savoir retrouver celui qu’elle aime. Dehors, l’air frais du matin vint caresser le visage de Chloé. Elle inspira profondément, cherchant un peu de courage. Et là, juste en face, elle le vit. Lorenzo était adossé contre sa voiture, les bras croisés, le regard fixé sur l’entrée. Il portait toujours son t-shirt noir moulant et un jean sombre, l’air impassible, presque froid. Mais dans ses yeux, il y avait une lueur qu’elle connaissait bien, celle d’un homme qui attend, inquiet, mais fier. Chloé (murmurant pour elle-même, à moitié amusée) _ Il est fou ou quoi... comment il peut rester planté là, en plein soleil, comme si de rien n’était ? Elle esquissa un léger sourire malgré elle, puis avança lentement vers lui. Lorenzo, en la voyant approcher, se redressa aussitôt et ouvrit la portière passager sans dire un mot, comme s’il savait déjà qu’elle viendrait. Chloé s’installa à l’intérieur sans discuter. Il referma doucement la portière derrière elle, contourna la voiture, prit place au volant, et démarra en silence. La voiture quitta lentement l’allée, s’éloignant de la demeure de Valentina. Aucun des deux ne parla, le silence s’installa, lourd mais étrangement apaisant. Chloé, la tête posée contre la vitre, ferma les yeux. Le vent glissait sur son visage, et malgré la tension encore présente, elle sentait une part d’elle se calmer. Mais derrière eux, à quelques mètres, une autre voiture démarra discrètement. Au volant, un homme entièrement vêtu de noir, le visage caché derrière un masque, observait leur véhicule avec une précision glaciale. Sur le siège passager, un pistolet équipé d’un silencieux reposait, prêt à servir. Homme (voix grave et glaciale) _ Il est temps qu’on se débarrasse de toi, Lorenzo De Santis. Son ton était sans émotion, froid comme la mort. Pendant ce temps, Lorenzo continuait de conduire calmement, le regard fixé sur la route, ignorant totalement que la menace rôdait juste derrière lui. De temps en temps, il tournait la tête vers Chloé. Elle, affalée sur le siège passager, semblait dormir paisiblement. Et lui, sans s’en rendre compte, esquissait parfois un sourire discret. Comme si, malgré tout ce qui se passait, la seule chose qui comptait encore, c’était qu’elle soit là, à ses côtés. À suivre...
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD