LE LENDEMAIN.
Le soleil tapait déjà fort, filtrant à travers les rideaux de la chambre. L’après-midi s’installait tranquillement, mais dans le lit, Lorenzo et Chloé étaient toujours lovés l’un contre l’autre, profondément endormis. Lorenzo ouvrit enfin les yeux après de longues heures de sommeil. Son regard se posa aussitôt sur Chloé, recroquevillée contre lui comme une enfant, son souffle léger caressant sa peau.
Un sourire discret se dessina au coin de ses lèvres. Il resta quelques secondes immobile, savourant cette image, puis il se décala doucement pour ne pas la réveiller. Avec tendresse, il tira le drap pour la couvrir, se redressa et sortit du lit.
Quelques minutes plus tard, après un passage rapide sous la douche, il ressortit de la salle de bain, frais, les cheveux encore humides. Il retira le bandage que le médecin lui avait posé, enfila un tee-shirt noir et un simple jogging assorti. D’un geste machinal, il referma la porte derrière lui et descendit vers le salon, silencieux.
DEVANT LA VIllA DE LORENZO.
Sous le soleil écrasant, une silhouette se tenait devant le portail, un papier froissé à la main. Une jeune femme d’à peine dix-huit ans, jean slim moulant, tee-shirt simple et sac en bandoulière au creux du bras. Ses cheveux lâchés cascadaient sur ses épaules, un peu en bataille. Elle plissait les yeux, visiblement agacée.
C’était Valentina, la meilleure amie de Chloé.
Elle leva les yeux au ciel, souffla bruyamment et appuya de nouveau sur la sonnette.
Val (marmonnant entre ses dents)
_ p****n… ça fait dix minutes que je tape sur ce bouton. Cette peste de Chloé m’aurait pas refilé une fausse adresse par hasard ?
Elle appuya encore, encore, et encore, comme si elle voulait réveiller tout le quartier. La sueur perlait sur son front, son visage crispé par la chaleur et l’impatience.
Enfin, le portail grinça légèrement, laissant apparaître le gardien, l’air endormi et surpris.
Gardien (méfiant)
_ Vous êtes qui, vous ?
Valentina leva les yeux au ciel, dramatique, une main sur la hanche.
Val (ironique)
_ Sérieux ? Dix minutes que je crève au soleil, j’appuie comme une malade, et toi, ta première question c’est « vous êtes qui » ? Mais frère, t’aurais pas un peu de logique ?
Le gardien fronça les sourcils, déstabilisé.
Gardien (perdu)
_ Vous voulez que je vous demande quoi d’autre ?
Val (tapant du pied)
_ Je sais pas moi… genre « Bonjour mademoiselle, comment puis-je vous aider ? Vous voulez un verre d’eau ? Vous fondez au soleil peut-être ? » Bref, un truc normal quoi !
Le gardien resta bouche bée.
Val (agacée, levant les bras au ciel)
_ Écoute, laisse tomber. Ouvre-moi, j’en peux plus. Je suis la sœur de la patronne, alors relax, tu vas pas perdre ton job.
Et sans lui laisser le temps de réagir, elle le bouscula et entra, d’un pas décidé.
Gardien (affolé)
_ Hé ! Mais… vous pouvez pas rentrer comme ça !
Valentina fit comme si elle n’avait rien entendu, déjà concentrée sur la villa. Le pauvre gardien hésitait à courir après elle, mais un coup de klaxon retentit derrière lui. Une voiture entra dans la cour.
C’était Marco au volant. Il gara sa caisse, claqua la portière et s’avança vers l’entrée. Son regard accrocha aussitôt la silhouette de Valentina, debout devant la sonnette de l'entrée qu’elle martelait comme si sa vie en dépendait.
Les yeux de Marco s’écarquillèrent.
Marco (murmurant pour lui-même, un sourire au coin des lèvres)
_ Mais… c’est qui ce canon encore ? Punaise, regardez-moi ce derrière une vraie dinguerie.
Il s’approcha d’un pas rapide et s’arrêta juste derrière elle. Valentina, toujours occupée à faire vibrer la sonnette, ne l’avait pas remarqué.
La voix grave de Marco claqua soudain dans son dos.
Marco (d’un ton posé mais ferme)
_ Eh, meuf… tu veux bien lui laisser une chance au bouton, là ?
Valentina sursauta violemment, manqua de tomber en arrière et se retourna d’un bloc. Leurs regards se croisèrent, et le temps sembla suspendu.
Un silence pesant s’installa, mais pas un silence gênant… un silence électrique. Val resta figée, bouche entrouverte.
Val (pensée intérieure, en mode panique)
Oh Mon Dieu, C’est quoi ce BG sorti d’un clip ? Seigneur, j’étais prête à l’insulter, mais avec une gueule pareille… pfff, je crois que pour la première fois de ma vie, je vais fermer ma grande bouche et jouer la fille timide. Il est trop mon style. Mais attends… c’est pas le mari de Chloé, j’espère ? Non, Seigneur, dis-moi que non.
Marco, lui, ne perdait pas une miette.
Marco (pensée intérieure, sourire malicieux)
Mais c’est quoi cette bombe ? Elle est carrément fraîche. J’espère que c’est pas encore une conquête de Lorenzo sinon, j’vais péter un câble. Celle-là… je veux absolument la goûter.
Leurs yeux ne se quittaient plus. Chacun attendait que l’autre parle, mais aucun ne bougeait. La porte s’ouvrit soudain, interrompant ce moment étrange. Lorenzo apparut dans l’encadrement, son regard dur et surpris à la fois.
Lorenzo (voix rauque, fronçant les sourcils)
_ Marco… c’est qui cette meuf ?
Valentina tourna brusquement la tête vers lui, toujours silencieuse, tandis que Marco gardait ce petit sourire amusé aux lèvres, les yeux pétillants d’intérêt.
Val (sourire au coin des lèvres)
– Salut, mec, Je suis là pour voir ma pote Chloé.
Lorenzo fronça les sourcils, piqué par ce surnom inattendu. Son regard s’assombrit aussitôt, mais il ne répondit pas tout de suite. À côté, Marco se mordait déjà la lèvre pour ne pas exploser de rire, comme un gamin pris en flagrant délit.
Lorenzo (calme mais ferme, la voix grave)
– J’ai un prénom. La prochaine fois que tu m’appelles “mec”, je serai un peu moins gentil.
Il lança ça froidement, puis tourna les talons sans même attendre de réaction. Val resta figée, bouche entrouverte, partagée entre l’envie de lever les yeux au ciel et celle d’éclater de rire.
Val (murmurant, un sourire amusé aux lèvres)
– Hum… il est chaud, lui.
La voix grave de Marco retentit juste derrière elle, lui donnant un léger frisson qui lui parcourut l’échine.
Marco (sourire en coin, amusé)
– Ouais… Lorenzo est un mec qui joue avec ses propres règles. Faut s’y habituer.
Val tourna les yeux vers lui, un peu surprise par la proximité. Sans répondre, elle entra dans le salon, pressée de voir Chloé. Marco la suivit tranquillement, ses mains dans les poches, et referma la porte derrière eux.
Dans le salon, l’odeur du café flottait encore dans l’air. Lorenzo était déjà assis sur le canapé, une tasse à la main, l’air concentré, comme si rien ne venait de se passer.
Marco alla s’asseoir près de lui, nonchalant, tandis que Val, légèrement mal à l’aise de se retrouver face à deux inconnus, choisit le canapé d’en face. Elle croisa les jambes et commença à balayer la pièce du regard, ses yeux cherchant désespérément Chloé.
Le silence fut vite rompu par la voix grave de Lorenzo.
Lorenzo (fixant Val, sérieux)
– Comment t’as fait pour atterrir ici, toi ?
Val fronça les sourcils et posa calmement ses yeux sur lui.
Val (d’une voix posée, mais avec une pointe d’impertinence)
– Comme je t’ai dit tout à l’heure, je suis la pote de Chloé. C’est elle qui m’a filé son adresse. Alors toi, t’es qui au juste ?
Marco, amusé par le ton de Valentina, entra aussitôt dans le jeu.
Marco (sourire taquin)
– Lui, c’est le mari de ta pote Chloé. Et moi c'est Marco son ami. Je peux savoir ton petit nom ?
Val soutint son regard, sans détourner les yeux.
Val (calme)
– Valentina mais appelle-moi Val, c’est plus simple.
Marco eut un petit rictus satisfait.
Marco (malicieux)
– Val ? Non… j’préfère Tina. Ça sonne plus doux, plus classe. Ça te va ?
Val sentit ses joues chauffer malgré elle. Elle détourna vite les yeux, cherchant à cacher ce rouge qui lui montait aux pommettes.
Lorenzo, qui observait la scène en silence, se leva brusquement. Il posa sa tasse sur la table basse avec calme, mais son regard, amusé, passa de Marco à Valentina.
Lorenzo (voix grave mais un brin ironique)
– Je vais chercher ta pote. Fais gaffe à ce gars… c’est un vrai coureur de jupons.
Il lança cette phrase comme une pique bien placée, puis monta les escaliers sans un mot de plus. Ses pas s’éteignirent dans le couloir du premier étage.
Val et Marco restèrent seuls dans le salon. Leurs regards se croisèrent aussitôt, comme attirés par une force invisible. Aucun ne détourna les yeux.
Val (pensée intérieure, en se mordillant la lèvre)
Heureusement que ce n’est pas lui, le mec de Chloé. Mais… si Lorenzo dit vrai, ça veut dire quoi alors ? Que ce Marco est du genre à enchaîner les filles ? Non, non, faut que je reste focus. J’suis pas un plan d’un soir, moi.
Marco (pensée intérieure, crispant sa mâchoire)
Non mais il est sérieux, Lorenzo ? Dire ça devant elle ? Il veut me saboter ou quoi ? C’est lui le king des femmes, et c’est moi qui prends l’étiquette de coureur ? Pas question, je vais pas la lâcher comme ça, celle-là.
Le silence régnait dans le salon, presque oppressant. On aurait dit que chacun d’eux retenait même sa respiration, comme s’ils jouaient à qui craquerait en premier. Leurs regards restaient accrochés, Val essayant de paraître cool, Marco soutenant le duel avec un petit sourire malicieux. Finalement, c’est lui qui décida de rompre le calme.
Marco (curieux)
_ Alors, t’as quel âge toi ?
Val se dandina un peu sur le canapé, comme si la question la prenait de court.
Val (faisant semblant d’être timide)
_ Euh… dix-sept ans. Mais dans quelques mois j’aurai dix-huit.
Marco haussa légèrement les sourcils, puis afficha un sourire au coin, satisfait.
Marco (sourire amusé)
_ Cool… ça me convient. Moi j’en ai vingt et un.
Val esquissa un petit sourire discret. Elle sentait déjà son corps frissonner sous le regard brûlant de Marco, qui ne la lâchait pas d’une seconde. Ses yeux glissaient sur elle sans honte, comme s’il voulait la déshabiller du regard.
Il reprit la parole, cette fois avec une curiosité feinte, mais un ton qui laissait deviner une arrière-pensée.
Marco (fouineur)
_ Et ton mec ? Comment il va ?
Val écarquilla les yeux une seconde, mais intérieurement elle éclatait de rire.
Val (voix intérieure, amusée)
Alors lui, il me prend pour une idiote ou quoi ? T’aurais juste pu dire “T’as un mec ?”, mais non, monsieur essaie de me piéger avec sa question détournée. Pas mal… j’aime bien ta technique.
Marco la fixait toujours, un peu impatient.
Marco (relevant légèrement le menton)
_ Tu dis rien ?
Val lui lança un petit sourire malicieux, puis sortit son mensonge sans trembler.