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1109 Words
Mia Je suis réveillée par le bruit familier que fait ma mère en entrant dans ma chambre. La porte s'ouvre lentement, laissant passer un flot de lumière douce et dorée, qui inonde l'espace et danse sur les murs. Un panier de linge propre, en osier tressé, repose entre ses mains. Les vêtements, soigneusement pliés, se mêlent à des draps aux couleurs pastel, créant un tableau de douceur et de chaleur. Ma mère, tout sourire, m'observe avec une expression à la fois joyeuse et malicieuse. Ses yeux pétillent d'une lumière vive, et un léger sourire se dessine sur ses lèvres, révélant une impatience douce : - Réveille-toi, ma petite marmotte. Sa voix est pleine de tendresse alors qu’elle tire les rideaux de ma fenêtre. La lumière du soleil, filtrée par le tissu léger, projette des rayons scintillants qui dansent dans la pièce, illuminant chaque recoin avec une chaleur réconfortante. Je laisse échapper une plainte, mes yeux se plissant contre cette clarté soudaine, et je couvre mon visage d’un oreiller moelleux. Mais elle ne me laisse pas de répit et retire l’oreiller avec une légèreté amusée : - Allez, lève-toi. Il est temps de sortir de ce cocon douillet, Mia. Son ton est à la fois ferme et affectueux. Je grogne, encore engourdie par le sommeil : - Encore un peu, s’il te plaît, maman. Ma voix rauque trahit mon état, et je me tourne sur le côté, espérant qu’elle comprendra. Elle fronce légèrement les sourcils, mais son sourire demeure, illuminant son visage : - Je sais que tu adores dormir, mais n’oublie pas que c’est un jour spécial. Elle marque une pause, son regard se faisant plus sérieux. C’est l’anniversaire de Noah aujourd’hui. À ces mots, mes yeux s’écarquillent d’horreur. Mon regard se fixe sur elle, cherchant une confirmation, alors que je me redresse d’un seul coup dans mon lit, les draps glissant autour de moi. - Oh non, je n’ai pas oublié… comment pourrais-je oublier… qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon frère ? Elle roule exagérément des yeux, un geste théâtral qui me fait sourire malgré moi : - Tu sais, j’ai l’impression que tu as un talent inné pour procrastiner. Elle dépose le panier à linge, émettant un léger bruit de tissu froissé, à côté de l’étagère de mon lit, créant ainsi un petit désordre organisé. Cependant, Noah mérite que tu fasses un effort aujourd’hui. Il dort encore, alors tu as tout le temps de filer lui acheter un cadeau. - Tu ne m’accompagnes pas ? demandai-je, une lueur de déception dans la voix. Elle pousse un soupir, ses épaules s’affaissant légèrement : - Je suis désolée, mais j’ai des obligations. Son regard se durcit un instant. Léa m’a donné sa lettre de démission, et je dois l’apporter à madame Collins. C’est important. Elle se penche vers le panier à linge qu’elle a posé au sol. Ses doigts effleurent les tissus avant de plonger à l’intérieur, en sortant une enveloppe blanche, parfaitement pliée. Elle me la montre, ses yeux s’illuminant d’une détermination douce : - Elle vient d’accoucher, alors elle ne peut pas y aller elle-même. Elle m’a suppliée de le faire, et je n’ai pas pu refuser. Elle est prête à ajouter quelque chose, mais soudain, son téléphone sonne dans sa poche, brisant le silence ambiant. Avec une précipitation presque instinctive, elle l’extirpe, un mouvement vif qui attire immédiatement mon attention. Elle porte le téléphone à son oreille, son expression changeant en un instant : - Allô ? Ah oui… je vois… Sa voix, d’abord légère, devient soudain plus grave, empreinte d’une concentration palpable. Je peux presque sentir l’intensité de la conversation qui s’installe entre elle et son interlocuteur. Elle me lance un regard furtif, un mélange de méfiance et de protection, comme si elle craignait que mes oreilles ne captent un fragment de ses échanges. Ses lèvres se pincent légèrement, trahissant une tension sous-jacente. Dans un geste délicat, elle dépose sa lettre sur l’étagère de mon lit, à côté de mes autres enveloppes. Le bruit du papier froissé résonne dans le silence de la pièce, créant une sorte d’écho de son agitation intérieure. Avant de quitter la pièce, elle laisse échapper rapidement : - Je vais prendre cet appel dans ma chambre. Je reviens tout de suite. Alors qu’elle s’éloigne, je reste là, entourée de la lumière dorée du matin qui filtre à travers les rideaux, le cœur battant à l’idée de devoir me préparer pour cette journée qui promet d’être spéciale. Une sorte d’excitation mêlée à une appréhension sourde m’envahit. Je descends enfin de mon lit, mes pieds touchant le sol frais, et je me dirige vers ma salle de bain, déterminée à me brosser les dents. La voix de ma mère s’élève à nouveau, résonnant dans l’espace, m’indiquant qu’elle est revenue dans ma chambre. - Chérie, je m’en vais. N’oublie pas le cadeau de Noah. Sa voix, à la fois douce et autoritaire, m’invite à réfléchir à la signification de cette journée. Puis, avec un claquement de porte, elle signale son départ, laissant derrière elle un silence chargé d’émotions. Lorsque je termine de me brosser les dents, le goût de la menthe fraîche encore sur ma langue, je sors de la salle de bain. Je me dirige directement vers mon armoire, le cœur battant d'une légère appréhension. J’ouvre les portes en bois, et le doux parfum de mes vêtements me parvient, mélange de tissus et de souvenirs. Je retire mon pyjama, laissant le tissu léger tomber négligemment sur le sol carrelé, et je choisis une nouvelle tenue, une robe qui reflète mon état d’esprit : à la fois audacieuse et délicate, comme un reflet de mes émotions tumultueuses. Une fois vêtue, je prends un tube de rouge à lèvres, son éclat brillant sous la lumière du matin, et l’applique avec soin. Mes gestes deviennent presque rituels, chaque mouvement chargé d’une intention soigneusement réfléchie. Je me regarde dans le miroir, observant le reflet d’une jeune femme qui aspire à la confiance. Mon regard se pose sur la lettre que j’ai écrite hier soir ; elle est là, sur le coin de mon étagère , attendant d’être saisie. Je tends la main, prête à l’attraper, mais un moment d’hésitation me fige. Cependant, alors que mes doigts effleurent l’enveloppe posée sur l’étagère, un frisson d’angoisse me parcourt, comme un courant électrique. Je réalise, avec une clarté glaçante, que l’enveloppe qui repose là n’est pas la mienne, mais celle de ma mère. Une crise cardiaque semble me menacer, mon cœur s’emballe à cette pensée troublante. Elle a emporté ma lettre, et c’est celle-ci qu’elle va remettre à madame Collins, sans se douter de la confusion que cela pourrait engendrer.
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