Mia
Allongée sur mon lit en étoile de mer, je me sens à la fois perdue et vulnérable. Mes cheveux, en désordre, s'étalent autour de moi comme un halo désordonné, capturant la lumière tamisée de la chambre. Je porte un vieux t-shirt trop large, décoloré par le temps, qui tombe négligemment sur mes épaules. Le tissu, doux mais usé, laisse entrevoir des traces de mon quotidien : quelques taches de café et des fils tirés qui témoignent de mes nombreuses soirées passées à traîner chez moi.
Mon pantalon de pyjama, un legging en jersey, est légèrement froissé et retombe sur mes jambes, comme si j'avais oublié de me changer depuis des heures. Les motifs colorés, autrefois vibrants, semblent maintenant ternis, reflétant mon état d'esprit. Mes pieds, nus, sont légèrement froids sur le parquet, et je les frotte l'un contre l'autre dans une tentative désespérée de réchauffer mes pensées.
Je m’étends, les bras écartés, comme si je voulais embrasser l’immensité de mes pensées tourmentées. À chaque respiration, je ressens la douleur de cette humiliation que Jenna m’a infligée. La moquerie dans sa voix résonne encore dans ma tête, ce moment où elle a osé me mépriser devant tout le monde, soulignant mes défauts avec une cruauté déconcertante. Je me souviens de son regard satisfait, comme si elle avait pris plaisir à me rabaisser.
Et puis, il y a Liam. Comment puis-je vouloir quelqu’un qui est si hors de ma portée ? Non seulement il sort avec Jenna, mais il appartient à un monde qui m'est totalement étranger. Sa famille est riche, entourée de privilèges et de connexions, tandis que moi, je lutte pour joindre les deux bouts. Je me sens comme une intruse dans cet univers éclatant, incapable de franchir les barrières sociales qui nous séparent.
À chaque fois que je ferme les yeux, l’image de Liam, la tenant dans ses bras, refait surface, me rendant encore plus consciente de ma solitude et de mon désespoir. L’angoisse me serre le cœur, tandis que je reste là, immobile, engoncée dans mes pensées, cherchant désespérément à échapper à cette scène humiliante qui ne cesse de me hanter.
Poussant un soupir d’exaspération, je me lève de mon lit, mes mouvements lents et pesants, comme si le poids de mes pensées m'alourdissait. Je me dirige vers mon bureau, un meuble en bois usé, couvert de livres éparpillés et de vieux carnets. C'est devenu mon habitude, chaque fois que je me rappelle que je ne pourrai jamais être avec Liam. Je fouille dans le désordre, mes doigts effleurant les pages jaunies avant de se poser sur une feuille vierge, immaculée, qui semble attendre mes mots avec impatience.
Je prends également un stylo, un vieux bic bleu dont l’encre est presque à sec, mais qui a encore assez de vie pour coucher mes pensées sur le papier. Je retourne à mon lit, m’asseyant sur le bord, le cœur battant d’anticipation et de frustration. La lumière tamisée de ma lampe éclaire la feuille, créant une petite bulle d’intimité dans ma chambre.
Je pose la feuille à plat sur mes genoux, puis je me saisis du stylo avec une détermination soudaine. Mes doigts se crispent autour du corps lisse du stylo, et je commence à écrire. Les mots jaillissent, presque frénétiquement, comme si chaque lettre était une libération. L’encre se répand sur la feuille blanche, formant des phrases qui expriment mes désirs les plus inavoués, mes fantasmes les plus secrets.
Dans mon esprit, la scène que je décris avec Liam prend vie. Je l’imagine me saisissant par les hanches, me plongeant dans un monde où nous ne sommes pas séparés par des barrières sociales. Je visualise ses yeux, pleins de désir, et je me sens frémir à l'idée de ses mains sur ma peau. Je me vois posant mes mains sur les vitres de sa voiture, l'excitation et la passion débordant entre nous, alors qu’il me possède avec une intensité brûlante.
Je me perds dans l'écriture, le monde extérieur s'effaçant peu à peu. Les mots se succèdent, se bousculent sur la page, et je me sens transportée dans un autre univers, celui où je peux avoir Liam près de moi. Je ferme les yeux un instant, savourant la sensation du stylo glissant sur le papier, puis je les rouvre pour continuer à écrire, mes pensées prenant vie sous mes doigts.
Chaque phrase que j’écris semble plus audacieuse que la précédente, décrivant des moments de passion et d’intimité. Je ressens l’excitation et la chaleur monter en moi, mes mains tremblant légèrement, mais je ne m’arrête pas. Je suis dans un état de transe, chaque mot m’éloignant un peu plus de la réalité, jusqu'à ce que je termine ma dernière pensée.
Une fois la dernière lettre écrite, je relâche le stylo, laissant échapper un soupir de satisfaction mêlé de mélancolie. Je regarde la feuille, pleine de mes désirs inavoués, et je me sens à la fois libérée et piégée. Comme toutes les autres lettres que j’ai écrites, elle rejoint une enveloppe que je dépose soigneusement sur l’étagère de mon lit. Je me laisse ensuite tomber lourdement dessus, mes yeux se fermant, ma frustration et mon stress s'évanouissant lentement dans l’obscurité douce de la nuit.