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1237 Words
Mia Assise dans le bus scolaire, je suis entourée de bruits familiers : le vrombissement du moteur, le cliquetis des ceintures de sécurité, et les rires des camarades qui se mêlent aux conversations animées. La lumière du soleil filtre à travers les fenêtres, créant des éclats dorés sur les sièges impeccables et neufs, d’un bleu vif qui donne une impression de fraîcheur. Mon regard est un peu perdu, errant par la vitre, observant les paysages qui défilent, flous et indistincts, comme mes pensées. Malia, assise à côté de moi, me raconte avec enthousiasme son week-end, ses yeux pétillants d'excitation. Sa voix résonne dans le tumulte ambiant, mais je peine à me concentrer. Mes pensées vagabondent, accrochées à des souvenirs récents. Lorsque le moment fatidique arrive, où elle réalise que je ne l’écoute pas vraiment, elle articule avec une exaspération palpable : - Ce n’est pas vrai ! Dans quel monde est-ce que tu es ette fois ? Sa voix, un mélange subtil de surprise et de reproche, me tire brusquement de ma rêverie. Je déglutis, un peu gênée, et lui lance un sourire maladroit, mes joues s’empourprant légèrement, trahissant mon embarras. - Désolée… c’est juste que je n’arrête pas de penser à ce qui s’est passé avec Chase. Malia glousse, son regard pétillant d’une curiosité malicieuse : - Tu sais que je suis toujours offusquée ? Novelas TV devrait te recruter ! p****n, ce que tu m’as raconté est digne d’une série télévisée. Je roule les yeux avec une exagération manifeste, tentant de dissimuler mon agitation : - Si tu ne fais rien pour me remonter le moral, je vais vraiment craquer sous le stress. Et si jamais il parlait de la lettre à quelqu’un d’autre ? - Calme-toi, Tunney. Je ne pense pas que cela risque d’arriver . Tu as posé pour lui comme il te l’a demandé, alors essaie de te détendre. - Eh bien… en réalité, je me suis fâchée et je suis partie. - Oh… tu es partie ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Je ne comprends. - Oui, je suis partie en colère parce qu’il a dit que je ne pourrais jamais avoir Liam. Il a insisté sur le fait que nous ne venions pas du même milieu et, qu’en plus, je n’étais pas son type de fille. Elle éclate de rire, secouant la tête de gauche à droite : - Ce bourgeois a vraiment du culot ! Non seulement il a eu l’audace de te demander de poser pour lui, mais il a aussi osé te sortir tout ça. - Il est encore plus malpoli que Jenna, c’est certain, répondis-je en passant une main dans mes cheveux. Je me sens complètement perdue. Et avec le fait qu’on soit dans la même classe, ça complique les choses, devrais-je faire comme si rien ne s’était passé ? - Je ne sais pas… Tu as vraiment été imprudente de poser pour lui, Mia. Tu lui as pratiquement montré tes seins ! C’est un miracle qu’il n’ait pas abusé de toi. Et d’où te déshabilles-tu devant un gars à qui tu n’as presque jamais parlé ?! - D’accord, Malia, j’admets que j’ai été stupide sur ce coup-là, mais il y avait une menace sous-jacente dans ses paroles. C’était comme s’il me mettait en garde, comme s’il insinuait que si je ne posais pas pour lui, il révélerait la vérité à Liam. - Peut-être que si tu l’avais laissé faire, tu aurais eu une chance avec Liam. Comment peux-tu te mettre presque nue devant Chase, qui est son meilleur ami, et espérer sortir avec lui ? Mon ami soupire et ajoute : - Restons simplement à notre place et laissons ces gosses de riches dans leur monde bien à eux. Lorsqu’elle termine cette phrase, le bus s’immobilise avec un léger grincement de freins devant l’entrée majestueuse de mon lycée. C’est une école réputée, où l’excellence académique est la norme. La plupart des élèves qui y étudient sont issus de familles aisées, des enfants de riches qui portent des vêtements de marque et affichent une confiance innée. Quant à moi, j’ai eu la chance inouïe d’y être admis, grâce à l’intervention bienveillante de monsieur Collins, le père de Chase, qui a plaidé en ma faveur. Il entretient une relation amicale avec ma mère, ce qui a sans doute joué en ma faveur. Je descends du bus aux côtés de mon ami, un sourire complice aux lèvres. Ensemble, nous avançons vers l’entrée du lycée, nos voix se mêlant dans une conversation animée. Une fois à l’intérieur, nous nous frayons un chemin à travers les couloirs animés, où les élèves discutent avec enthousiasme, leurs rires résonnant comme une mélodie familière. L’atmosphère est vibrante, mais je me sens décalée, comme si j’évoluais dans un monde à part. […] Nous nous installons à la dernière rangée de la classe, dans une zone stratégique où l’on peut se fondre dans l’ombre. Mon regard explore attentivement la pièce, cherchant instinctivement Liam, espérant croiser ses yeux pétillants qui illuminent son visage. Malheureusement, aujourd’hui, lui et sa b***e semblent absents, et une légère déception m’envahit, comme une ombre fugace dans cet environnement habituellement animé. Contrairement aux autres jours, où le professeur arrive ponctuellement, aujourd’hui, il se fait attendre. Ce contretemps nous accorde un moment de répit, une occasion précieuse pour échanger des mots furtifs. - Hier, c’était l’anniversaire de Noah. Vous avez organisé une fête ? Je réprime un rire, amusée par l’enthousiasme débordant de mon amie. - Arrête, c’est dégoûtant, articulai-je en secouant la tête. Malia est amoureuse de mon grand frère et elle ne l’a jamais caché. Si on avait organisé quelque chose, tu aurais été invitée. Noah est sorti avec ses potes après que ma mère et moi lui avons remis ses cadeaux. Un sourire se dessine sur mes lèvres, mais il s’efface rapidement lorsque la porte de la salle de classe s’ouvre dans un grincement. Liam est le premier à entrer, son allure décontractée contrastant avec l’atmosphère pesante qui s’installe. Il est suivi de Jackson et Aaron, mais c’est Chase qui attire mon attention. Il entre comme une ombre, son expression fermée et distante. Ses yeux sombres semblent scruter la pièce, mais je sens qu’il ne voit rien. Je me tends sur mon siège, mon regard se fixant sur Liam, comme si je voulais percer le mystère de ses pensées. Je scrute son visage, espérant y déceler un signe, une indication qu’il est au courant de quelque chose, mais il ne me regarde même pas. Ce mélange de soulagement et de déception me laisse perplexe. Lorsqu’il passe devant moi pour rejoindre sa place, son parfum envoûtant me fouette le visage, m’enivrant d’une sensation douce et troublante. J’en ai le tournis, comme si le monde autour de moi s’était estompé, ne laissant que cette fragrance délicate. Mais je n’ai pas le temps de profiter de l’odeur enivrante qui emplit la pièce. Une main se pose brusquement sur mon bureau, interrompant mes pensées. Je lève les yeux et découvre Chase, son regard perçant planté dans le mien. Il me dépasse avec une assurance tranquille, allant s’asseoir à sa place. Mon cœur s’emballe alors que je détourne le regard vers le bout de papier laissé sur mon bureau. Mes doigts tremblent légèrement en le saisissant. Les mots écrits au stylo noir semblent danser devant mes yeux : « Viens à la maison ce soir. Je n’ai pas terminé mon dessin. »
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