chapitre 8

1220 Words
Le temps passe. Je l’ignore. Ici, il n’y a ni horloge, ni fenêtre. Juste ce lit, ces murs sombres… et son absence. C’est insupportable. Depuis son départ, je ne dors pas. Mon esprit tourne en boucle. Ses mots, son regard… son souffle sur ma peau. Je ne veux pas y penser. Mais je ne peux pas l’empêcher. Et c’est bien ce qu’il veut. Quand enfin la poignée tourne, je me redresse brutalement. Mon cœur cogne. Non. Pas comme ça. Je ne dois pas lui montrer. Je me lève, les bras croisés, le regard dur. Il entre. Détendu. Arrogant. — Bonjour, ma douce. Je tes manqué ? Je serre les dents. Il sourit. — Ne réponds pas. Je connais déjà la réponse. Il avance lentement. Ses pas résonnent comme des coups de marteau dans ma tête. Il s’arrête à quelques centimètres de moi. — J’ai réfléchi. Peut-être t’ai-je trop privée de choix, ces derniers jours. Il penche la tête, faussement magnanime. — Alors aujourd’hui… tu vas décider. Je fronce les sourcils. Je me méfie. — Oh oui, un vrai choix. Il sourit de plus belle, les yeux brillants d’un éclat sadique. — Soit tu restes ici. Seule. Toute la journée. Pas de visite. Pas de bruit. Pas de… contact. Il laisse planer le silence. — Soit… tu viens me retrouver dans la salle d’en bas. Volontairement. Il se penche légèrement, sa voix devient un murmure suave. — Et là… je te montrerai des plaisirs que tu n’oses même pas imaginer. Je serre les poings. — Tu es malade. Il éclate de rire. — Et toi… tu es délicieuse quand tu mens. Il s’éloigne de quelques pas, mains dans les poches. Son dos droit, sa silhouette parfaitement contrôlée. Il se retourne soudain. — Une heure. C’est le temps que je te laisse pour choisir. Son regard me transperce. — Après… la décision ne t’appartiendra plus. Et il sort. La porte claque doucement. Je reste figée. Mon cœur bat trop fort. Ma gorge se serre. C’est un piège. Je le sais. Mais ce silence… ce vide... c’est pire que ses mains. Pire que sa voix. Je me hais de le reconnaître. Je tourne en rond. Je m’assois. Me relève. Encore et encore. Chaque minute me ronge. Et soudain… l’heure est écoulée. Je me lève. Je déteste ce que je m’apprête à faire. Mais je sors de la chambre. Je descends lentement les marches. La porte de la salle est entrouverte. J’entre. Il est là. Installé dans le grand fauteuil de cuir. Détendu. Sûr de lui. Quand il me voit, son sourire s’élargit. — Ah… quelle belle surprise. Il se lève, s’avance vers moi, lentement, presque félin. — Je savais que tu viendrais. Il caresse ma joue du bout des doigts. — Tu vois ? Le choix était une illusion. Son regard se fait plus sombre. — Ici, ma douce, tout mène à moi. Toujours. Je veux parler, le repousser. Mais il est plus rapide. Ses mains se posent sur mes hanches. Me serrent. — Ton corps le sait déjà. Bientôt… ton esprit suivra. Il me tourne lentement, me plaque doucement contre le mur. Sa bouche effleure mon cou. Son souffle brûlant me fait trembler. — Chaque pas que tu fais vers moi… chaque battement de ton cœur… c’est ma victoire. Il murmure à mon oreille. — Continue de lutter, Juliette ,encore un peu . Il s’écarte enfin, me laissant pantelante, le cœur au bord de l’explosion. Il recule, souriant. — Ce soir… nous irons plus loin. Prépare-toi. Le reste de la journée se traîne, étouffante. Je reste enfermée dans cette chambre, incapable de trouver le repos. Chaque fibre de mon corps est en tension. Chaque battement de mon cœur résonne trop fort. Je tourne en rond, encore et encore. Prisonnière de ces murs… et de lui. Son absence est devenue pire que sa présence. Il le sait. Quand la porte s’ouvre enfin, la nuit est tombée depuis longtemps. Derek entre, comme toujours : calme, sûr de lui. Il me toise un instant, amusé. — Comme tu es nerveuse, ma douce. Cela me touche presque. Je me redresse. Je veux lui répondre, l’insulter. Mais ma gorge est sèche. Il sourit, penche la tête. — Ce soir… nous allons commencer un nouveau jeu. Son regard brille d’un éclat dangereux. — Tu vas apprendre ce que signifie vraiment… obéir . Il claque des doigts. Deux hommes entrent. Silencieux. Vêtus de noir. Je recule instinctivement. — N’aie pas peur, dit-il en ricanant. Ils ne te feront rien. Ils sont là… pour t’habiller. Sans un mot, les deux hommes m’entraînent dans une pièce attenante. Je lutte, mais leurs mains sont fermes, précises. Ils me vêtent d’une robe de velours noir. Longue, fendue. Décolletée. Un collier de cuir fin orne ma gorge. Quand je reviens dans la pièce, Derek m’attend, assis dans le grand fauteuil de cuir. Son regard me dévore. — Parfaite. Il tend la main. — Viens. Je reste un instant figée. Il rit doucement. — N’oublie pas, Juliette. Ici, chaque bonne décision… est récompensée. Je m’approche lentement. Quand je suis à sa portée, il m’attrape par la taille et me fait asseoir sur ses genoux. — Bien. Très bien. Ses doigts caressent mon dos nu. Lentement. — Pour ce soir… tu vas obéir. Sans discuter. Si tu le fais bien… tu seras récompensée. Sinon… Il se penche à mon oreille. — Tu connaîtras mes punitions. Son ton est suave, cruel. Je frémis. Il me fait lever. M’emmène vers le centre de la pièce, où une large table basse est dressée. — Allonge-toi. Je le défie du regard. Mais il attend. Patient. Je finis par obéir. Je m’allonge, le cœur battant. Il s’approche, attrape mes poignets, les attache délicatement avec des rubans de soie aux poignées de la table. — Ce n’est qu’un jeu… rappelle-toi. Ses mains parcourent lentement mon corps, à travers le velours de la robe. Je ferme les yeux. Ma respiration s’accélère. Son souffle caresse ma peau. Ses lèvres effleurent mon cou, mes épaules. — Chaque frisson… chaque soupir… je les commande. Il s’écarte soudain. Je le sens qui s’éloigne. Le vide me fait frissonner. Puis il revient. Un bandeau de soie noire entre les mains. — Ce sera plus intense… si tu ne vois rien. Avant que je ne proteste, il me b***e les yeux. Tout devient noir. Je retiens mon souffle. Le silence. Puis… une caresse, légère, brûlante, sur ma cuisse. Je tressaille. Un rire bas résonne. — Tellement sensible… Ses gestes deviennent plus appuyés. Plus audacieux. Chaque sensation est décuplée. Je suffoque. — Respire, Juliette. Sa voix est partout. Dans mes oreilles. Sous ma peau. Ses doigts glissent, explorent. Sa bouche suit. Je perds toute notion de temps. De lieu. Je me déteste de céder. Mais je cède. Un gémissement m’échappe. Il rit. — Voilà. Tu apprends. Il se redresse. Me libère soudain les poignets. — Tu vois ? Obéir… amène des récompenses. Il enlève doucement le bandeau. Je cligne des yeux. Son visage est tout près du mien. — Mais n’oublie pas… la désobéissance se paie cher. Il se lève, s’éloigne. — Ce n’était qu’un avant-goût. Il se retourne vers moi, sourire cruel aux lèvres. — la prochaine fois… nous irons plus loin. Beaucoup plus loin. Et il disparaît dans l’ombre, me laissant pantelante, tremblante, perdue entre haine… et désir.
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