Episode 6

3129 Words
À huit heures, nous attaquons le ménage dans les chambres. Vers dix heures, je descends pour prêter main-forte en cuisine. La gouvernante arrive avec les courses, et je l’aide à tout déballer avant de retourner à mes tâches. — Tu dois venir, j'ai besoin d’aide pour installer les tables dehors. Ils ne vont pas tarder à arriver, me dit-elle. — J’arrive, réponds-je en m’éloignant. Le ciel est légèrement nuageux, mais la terrasse est couverte, donc la météo ne pose aucun souci. Nous disposons les tables en longues rangées, puis y plaçons les assiettes, les couverts, les tasses, ainsi que les thermos de café et de lait. Des carafes de différents jus viennent compléter le tout, accompagnées de serviettes impeccablement pliées. La gouvernante arrive alors avec des assiettes pleines de viennoiseries, tandis que le jardinier dépose des bouquets de fleurs frais. — Il a dit qu’il n’était pas intéressé par moi, que cette nuit était une erreur, me confie Lilya d’une voix basse, presque tremblante. — Je ne sais pas quoi te dire… réponds-je, tentant de masquer ma surprise. — Il s’est passé quelque chose entre vous ? demande-t-elle, la curiosité perceptible dans sa voix. — Non… Non, répliqué-je rapidement, le cœur battant un peu plus fort. Juste à ce moment-là, la gouvernante entre dans la pièce avec ses assiettes de viennoiseries, et, sans le savoir, me sauve d’un interrogatoire qui commence à devenir gênant. Je m’éclipse discrètement pour aller chercher le reste du petit-déjeuner. Les invités de Gabriel arrivent peu à peu. Ils sont accueillis chaleureusement, à bras ouverts, avec des sourires et des poignées de main. Vêtues de jupes noires et de chemises blanches, Lilya et moi restons dans les parages, servies boissons et vérifiant que tout se passe bien. Nous ne prenons de pause que lorsque la terrasse est débarrassée et nettoyée. La moitié des invités, en majorité des hommes, suit Gabriel pour une balade à cheval, tandis que les autres préfèrent une séance de massage au spa. Pendant ma pause, je me rends dans la petite chapelle en ruine. Je reste là un moment, seule, simplement à regarder le ciel, sans penser à rien. Le silence est paisible, et je me laisse envahir par la tranquillité du lieu. De retour, je me remets à la préparation du déjeuner. À midi, je préfère me retirer dans ma chambre pendant la pause déjeuner. Je mange un sandwich simple et prends ma dose d’insuline. Nous servons le déjeuner sur la terrasse, restant à la disposition des invités, comme ce matin. Le vin rouge coule à flots et les bouteilles se vident à vue d’œil. L’atmosphère devient plus légère, certains invités commencent déjà à perdre leurs repères, un peu ivres. Une fois le repas terminé, Lilya et moi partons préparer la zone près de la piscine pour la soirée. Un DJ arrive entre-temps, apportant sa sono et commençant à installer son matériel. Nous l’aidons, répondons à ses questions sans trop de bavardages. Une fois les tables du buffet prêtes, nous les garnissons d’assiettes, de verres et du reste du nécessaire. Lilya ne me parle plus, et franchement, je préfère cela. Gabriel passe en coup de vent pour vérifier notre travail. Il jette un regard approbateur, satisfait, et nous remercie brièvement. Il est encore vêtu de sa tenue de cavalier, cette tenue qui met en valeur son corps sculpté. Un instant, je suis distraite, presque hypnotisée, avant qu’il ne prenne la parole : — Les filles, enfilez des robes blanches. C’est le dress code pour ce soir. Et prenez une bonne pause avant, vous avez l’air fatiguées. Il me lance un sourire discret, à peine visible, avant de s’éclipser pour se préparer pour la soirée. Je n’ai pas de robe blanche… Zut ! Il aurait pu nous prévenir plus tôt. De retour dans ma chambre, je découvre un paquet soigneusement posé sur mon lit. Une robe chemise élégante, accompagnée d’une ceinture, et un petit mot glissé à l’intérieur. Je le lis, une sensation étrange me saisissant : “J’ai hâte de te voir dans cette petite robe.” Ce simple geste me fait frissonner, un frisson qui parcourt mon dos. Pourquoi est-ce que ce mot, si simple, me bouleverse autant ? Je prends une douche rapide, séche mes cheveux, et les relève en chignon soigné. Puis j’enfile la robe et des escarpins noirs, me sentant à la fois un peu nerveuse et étrangement excitée. En quittant ma chambre, je croise Lilya, resplendissante dans sa robe blanche bohème. — Jolie robe, lui dis-je, un léger sourire sur les lèvres. Est-ce le calme avant la tempête ? — Merci, toi aussi, répond-elle d’un ton presque trop poli. Nous descendons ensemble jusqu’à la cuisine, où Madame de la Croix nous attend. Elle est là pour nous briefer sur la soirée à venir, sur ce qui est attendu de nous et sur le comportement à adopter. Elle a l’air plus stricte que d’habitude, et l’atmosphère se tend légèrement. — Je remplace la gouvernante ce soir. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à venir me chercher dans ma chambre, nous dit-elle d’une voix ferme mais calme. Lilya, tu as l’habitude de ce genre d’événements, donc je n’ai rien à t’expliquer. Sarah, je veux que tu suives les instructions de Lilya, et surtout, prends exemple sur elle. Si tu fais ça, tout se passera bien. — Oui, Madame. — Vous pouvez commencer. Vers vingt heures, les collègues et les collaborateurs de Gabriel arrivent par groupes. Les invités se mélangent, discutent, la musique monte en puissance, et certains se lancent dans des danses effrénées, seuls ou en couple. Gabriel papillonne entre ses invités, toujours parfait dans son rôle d’hôte. Depuis le début de la soirée, il n’a pas croisé mon regard une seule fois, et cela m’agace plus que je ne veux bien l’admettre. C’est étrange, mais cette indifférence me touche, comme si j’avais cessé d’exister à ses yeux. Vers vingt-deux heures, je m’absente sous prétexte de prendre ma dose d’insuline, prévenant Lilya sans lui expliquer pourquoi. Je n’ai pas vraiment envie de lui en dire plus. De retour, je me poste à nouveau près du buffet, observant la scène qui se déroule autour de moi. — Mais qu’est-ce que tu fais ? Nous devons faire une tournée avec les verres de vin et de champagne, Gabriel va faire son discours bientôt ! — Je t’ai prévenue que je devais m’absenter un moment. — Tout va bien ? me demande Gabriel, son ton plein de sollicitude mais aussi de méfiance. — Oui, j’ai dû… Non, rien. Il fronce les sourcils, visiblement agacé par ma réponse évasive. — Non, ce n’est pas rien, Mademoiselle. Tu t’es permis de t’absenter alors que j’ai besoin de ton aide. Je ne peux pas tout faire toute seule. Je sens mon cœur s’accélérer. Le regard de Gabriel, aussi perçant qu’autoritaire, m’intimide un instant, mais je me reprends rapidement. — Bon, ça suffit, commencez la tournée. Je prends le plateau, l’équilibre précaire, et je commence à distribuer les verres. Mais alors que je m’approche d’un groupe de femmes, Lilya me bouscule brutalement. Une cascade de verres de vin rouge se déverse sur l’une d’elles, puis sur ma jambe avant que le tout ne se fracasse au sol dans un bruit strident. — Mais tu es complètement folle ! hurle la jeune femme, la colère brûlant dans sa voix. — Je suis désolée… Je… — Vous avez une idée du coût de ma robe ? Peut-être cinq fois ton salaire ! — Tout va bien, Marie ? demande Gabriel d’une voix qui essaie de rester calme, mais qui trahit une pointe d’agacement. — Cette idiote a renversé du vin sur moi, s’écrie la jeune femme. — Viens avec moi, je vais te montrer où te nettoyer et te changer. Sarah, nettoie-moi tout ça. Le monde autour de moi semble se rétrécir, et un frisson de honte m’envahit. La gorge serrée, les mains moites, je me sens comme piégée dans cette scène absurde. Mais c’est surtout cette solitude, cet isolement cruel, qui me frappe de plein fouet. Chaque regard dirigé vers moi me brûle comme une plaie ouverte. Je sens une boule de frustration et de honte grandir en moi, mais je ravale ma fierté, force mes jambes à se mouvoir, et vais chercher ce qu’il faut pour nettoyer le dégât. Une fois la tâche accomplie, je sors précipitamment, me réfugiant à l’extérieur. Là, à l’air libre, je ne peux plus retenir mes larmes. Elles coulent, chaudes et amères, sur mon visage. Une vague de détresse m'envahit, mais je la laisse faire. Il est trop tard pour faire semblant. Je me dirige vers la terrasse, m'éloignant de la foule, à la recherche d'un endroit où personne ne pourrait me voir. Dans l’obscurité et le silence, je laisse mes larmes couler librement. Je renifle, respirant difficilement, cherchant à calmer le torrent de frustration et de honte qui me submerge. — Que vous arrive-t-il, Mademoiselle Sarah ? me demande une voix familière. Je sursaute, surprise de découvrir Noé dans l'ombre. — Que... Que faites-vous ici ? m’étonné-je. — Je prends l'air, je vis la nuit, comme vous le savez, tel un vampire, répond-il d’un ton un peu moqueur. Je le regarde, incrédule. "Il se croit drôle ?" — Vous avez eu des ennuis avec ces petits fils à papa ? — J'ai renversé du vin sur l'une des invitées. Et elle m'a fait savoir que sa robe coûte cinq fois mon salaire. Comme si ça avait de l'importance. Noé me regarde avec un sourire cynique. — Ne te mets pas dans un état pareil. Ce ne sont que des abrutis qui ne connaissent pas la vraie valeur de l'argent. Je le fixe un moment, mais avant que je puisse répondre, j’entends Gabriel m’appeler d’un ton sévère. — Sarah ! Je panique, réalisant qu'il ne voit pas que je suis sur la terrasse. — Je dois y retourner, lui dis-je, une pointe d’agacement dans la voix. — Tu n'es pas obligée, me répond-il calmement. — Si, c'est mon travail, et je dois le finir. Je n'ai pas le choix. Je relève le menton, m’efforçant de garder mon calme malgré la rage qui monte en moi. Noé tend un mouchoir en papier. — Dans ce cas, essuie tes larmes et lève la tête, dit-il simplement. Je prends le mouchoir, mais mes larmes reprennent immédiatement. Je les laisse couler à nouveau, incapable de me retenir. Quand je retourne à la fête, Gabriel m’intercepte. — Où étais-tu passée ? Tu as pleuré, je vois bien. Je me crispe à sa question, n’ayant pas envie de lui mentir, mais ne voulant pas qu'il me voie vulnérable. — J'avais juste besoin de prendre l'air, c’est tout. Et non, je n'ai pas pleuré, dis-je rapidement, bien que ma voix trahisse la vérité. Il ne semble pas convaincu. — Va te nettoyer la jambe, tu en as encore des traces. — Non, ça va aller. Je préfère finir mon service. Je suis payée pour ça, après tout, je rétorque, d’un ton qui se veut ferme. Gabriel me fixe intensément, un éclair d'inquiétude dans ses yeux, mais il ne dit rien. Il soupire. — Ne sois pas têtue, Sarah. Je hoche la tête et continue de m'éloigner, mais il me bloque un instant, me forçant à le regarder. — Pardon, mais j'ai du travail qui m'attend. Je reprends ma tournée. Je me détourne, sentant son regard peser sur moi, mais je l'ignore, me concentrant sur ma tâche. Vers deux heures du matin, la fête touche à sa fin. Lilya continue de m'éviter, me lançant des regards furtifs, gardant ses distances. Mais je suis déterminée à régler ça. Une fois les invités partis, je réglerai nos comptes. La salle se vide lentement. Certains ont déjà appelé un taxi, d’autres sont montés dans les chambres qui leur étaient réservées. Alors que nous ramassons les assiettes et les verres éparpillés, je croise Lilya près de la piscine. Elle essaie de passer discrètement, mais je bloque son chemin. — Lilya, attends, je l’interpelle froidement. Elle me regarde, surprise, mais ne tente pas de s’échapper. Elle sait que ce moment est inévitable. — Alors, c’est ça ta stratégie de vengeance ? Me ridiculiser devant tout le monde ? — Oui, et crois-moi, tu n’imagines même pas à quel point je suis satisfaite de voir ton humiliation. Je serre les dents, mes nerfs à vif. — Vraiment ? dis-je d’un ton glacé, avant de saisir un verre de vin encore plein. D’un geste précis, je le renverse sur sa tête. — Sale g***e ! Cette robe m’a coûté une fortune ! Elle rugit de rage, ses yeux lançant des éclairs. — Tu pensais que je resterais là, les bras croisés ? C’est mal me connaître. — Tu n’es qu’une s****e, il te saute et t’offre des robes, c’est ça le deal ? Ses mots résonnent dans ma tête, mais sans attendre, je la gifle violemment. Elle me rend la gifle aussitôt et, dans un élan de colère, me pousse avec force dans la piscine. Je lutte, paniquée, lorsque je sens l’eau m’envahir. Je coule lentement, l’air m’échappant tandis que le regard de Lilya, diabolique, me perce. Je tente désespérément de reprendre mon souffle, mais tout devient flou. Quand j’ouvre enfin les yeux, je découvre Noé, penché au-dessus de moi, ses yeux pleins de préoccupation. — Sarah... Tu m’entends ? Sa voix m’arrive comme un écho lointain, brisée par le tumulte de l’eau. — Oui… Oui… Je tente de parler, mais l’eau s’échappe de ma bouche, ma respiration haletante. — Après que la musique se soit arrêtée, je suis venue m’assurer que tu allais bien, et je t’ai trouvée, immergée au fond de la piscine. Qui t’a fait ça ? — Lilya m’a poussée... Je ne sais pas nager… Je tousse violemment, l’eau s’échappant de ma bouche. — Je vais demander à Gabriel de la virer. Ce n’est pas possible d’agir de la sorte, un comportement pareil ne peut pas être toléré. — Non, non… C’est à cause d’un différend entre elle et moi. Je tente de reprendre mon souffle, mes mots se brisant encore. — Sacrebleu, que s’est-il passé ici ? Gabriel arrive en courant, visiblement affolé, ses yeux cherchant une explication. — Elle a failli se noyer. Noé ne lâche pas mon regard, ses traits tendus. — Tu vas bien ? Gabriel s’accroupit près de moi, l’inquiétude visible sur son visage. — Oui… Votre frère m’a sauvée. Ma voix est faible, mais j’essaie de lui faire comprendre que je suis en sécurité. — Je suis désolé pour ce qui s’est passé ce soir… Il s’interrompt, cherchant les mots, l’angoisse encore présente dans sa voix. — Comment éviter qu’elle soit humiliée, Gabriel ? — Ne te mêle pas de ça, Noé. Gabriel se tourne brusquement vers lui, une froideur dans sa voix. — Si, puisque toi et tes petites troupes croyez pouvoir écraser les gens comme elle. La colère l’envahit, et il serre les poings. — C’est absurde ce que tu racontes. Toujours la même histoire avec toi… Réveille-toi, Noé, on n’est plus au Mali. Gabriel réplique, son ton sec et agacé, mais quelque chose dans son regard trahit un conflit intérieur. — Cette situation n’a rien à voir avec ce que j’ai vécu au Mali ! — Tu te prends toujours pour le sauveur, le héros… Le regard de Gabriel le transperce, mais Noé reste imperturbable. — Arrêtez, s’il vous plaît, j’ai besoin de me reposer… Je fais un pas en arrière, sentant l’épuisement me gagner. Je rentre dans ma chambre. — Sarah… Gabriel me suit du regard, sa voix douce, presque suppliante. Laisse-moi t’accompagner, s’il te plaît. — Non, je veux être seule. Ma voix est ferme, mais pleine de douleur. — Dans ce cas, prends ta journée demain. Il ne me force pas, mais son regard se fait lourd de regret. — D'accord. "Ne t'attends pas à ce que je te remercie", je pense, une amertume sourde empoignant ma gorge. Il pose sa veste sur mes épaules, un geste presque trop tendre pour ce qu’il vient de laisser se passer, puis il s'éloigne, me laissant seule avec mes pensées. Lorsque je franchis la porte de ma chambre, je m'effondre sur le lit, la douleur de l’humiliation m’atteignant en plein cœur. Les larmes, implacables, coulent sans que je puisse les arrêter. "Règle numéro 5 : Gabriel doit assurer la sécurité et le bien-être de Sarah pendant cette période. Mon c*l, ouais." Le son de mon téléphone brise soudainement le silence. C’est Gabriel. Je raccroche immédiatement, un geste presque automatique. Il m'envoie un texto presque instantanément : "J'ai besoin de te parler, n'oublie pas notre contrat, tu dois me répondre." Je l'ignore, incapable de lui accorder plus de mon attention. Je vais prendre une douche, espérant que l'eau me débarrasse de cette lourdeur, mais l'humiliation persiste. Lorsque je retourne dans la chambre, je trouve Gabriel assis sur mon lit, son regard lourd de culpabilité. L'irritation m'envahit, mais je me force à garder mon calme. — Que... ? J'allais m’écrier, mais je retiens mes mots, ne voulant pas attirer l’attention de Lilya qui est dans la chambre voisine. Que fais-tu dans ma chambre ? — Nous devons discuter. — De quoi ? De mon humiliation ? Du fait que j’ai failli mourir ? Il ne répond pas tout de suite, ses yeux m’évitent, puis il reprend d’une voix plus calme. — Lilya sera virée. — Non, non. Vous êtes responsable de cette situation. Tu as couché avec elle pour la jeter le lendemain, tu ne comprends pas ce qu’elle ressent ? Un silence lourd s’installe, et je vois bien qu’il ne sait pas quoi répondre à cette accusation. Il m’observe intensément, cherchant les mots justes. — Pourquoi te préoccupes-tu d’elle ? Elle a failli te tuer ce soir ! Si tu veux me rendre responsable de tout, d'accord. Mais je vais quand même la virer, je m’en occupe. Elle trouvera un autre travail, ne t'en fais pas. — Je me sens coupable, tu ne comprends pas... La colère et la douleur montent en moi, et je sens mes yeux se remplir de larmes que je tente désespérément de retenir. Mais elles m’échappent, se répandant sur mes joues sans que je puisse les stopper. Il se lève, s’approche de moi et me prend dans ses bras. Je me laisse aller, mes sanglots éclatent de plus belle, même si c’est justement ce que je voulais éviter. — Je suis désolé, je ne voulais pas t'humilier. Je pensais rester pro en m'occupant de mon invité... Il s’interrompt, son regard fuyant un instant, avant qu’il ne dépose un b****r léger sur ma joue puis sur mon cou. Un frisson me traverse, et je me recule brusquement, ne pouvant tolérer cette proximité.
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