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1363 Words
Le froid mordant de la nuit enveloppait Susan Mayer alors que Carlos Solis l’entraînait hors de la maison de Bree Van de Kamp, loin de la panique qui régnait à l’intérieur. Le hurlement, ce cri primal qui semblait surgir des entrailles de la forêt, résonnait encore dans ses oreilles, amplifiant la peur qui lui serrait le cœur. La pleine lune, suspendue dans le ciel comme un œil implacable, baignait le campus de Duke d’une lueur argentée, donnant à chaque ombre une vie menaçante. Susan trébucha sur une racine, mais Carlos la rattrapa d’une main ferme, ses doigts chauds contre sa peau glacée.— Lâche-moi ! s’écria-t-elle, arrachant son bras de son emprise. Je ne vais nulle part tant que tu ne m’expliques pas ce qui se passe !Carlos s’arrêta net, se tournant vers elle. Ses yeux, brillant d’une intensité presque surnaturelle, la transpercèrent. La marque sur son poignet – identique à celle de Susan – semblait pulser sous la lumière de la lune, comme si elle répondait à un appel silencieux. Il passa une main dans ses cheveux noirs, visiblement déchiré.— Tu veux des réponses, Susan ? Très bien. Mais une fois que tu sauras, tu ne pourras plus faire marche arrière.Elle croisa les bras, tremblante mais déterminée. — Je suis déjà trop impliquée. La note, la marque, les hurlements… et toi. Dis-moi la vérité.Carlos soupira, jetant un regard nerveux vers la forêt. Le silence qui suivit le hurlement était presque plus terrifiant que le cri lui-même. Il s’approcha d’un pas, baissant la voix comme s’il craignait que les arbres eux-mêmes puissent écouter.— Ce que tu as entendu, ce que tu ressens… ce n’est pas une coïncidence. La marque sur ton poignet signifie que tu es liée à nous. À moi. À… lui.— Lui ? répéta Susan, son cœur s’emballant. Tu parles de Mike ?Carlos serra les mâchoires, une lueur de jalousie traversant son regard. — Oui, Mike Delfino. Il n’est pas ce qu’il prétend être, Susan. Et moi non plus.Elle sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine. — Qu’est-ce que tu veux dire ? Arrête de parler par énigmes !Il hésita, puis, d’un mouvement rapide, il retira son blouson, exposant ses avant-bras musclés. Sous la lumière de la lune, Susan remarqua des cicatrices, fines mais nombreuses, comme si sa peau avait été lacérée à maintes reprises. Il planta son regard dans le sien, et ce qu’elle y vit la fit reculer d’un pas : une sauvagerie contenue, une douleur ancienne.— Je suis un loup-garou, Susan, dit-il, sa voix rauque. Et Mike… il est l’un des nôtres. Mais nous ne sommes pas du même clan. Nous sommes ennemis, depuis des siècles.Susan sentit le sol se dérober sous ses pieds. Un loup-garou ? C’était absurde, impossible. Et pourtant, tout s’alignait : les hurlements, la marque, l’étrange lueur dans les yeux de Carlos, les avertissements de Mike. Elle porta une main à sa bouche, les larmes lui montant aux yeux.— Non… murmura-t-elle. Ce n’est pas possible. Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec ça ?Carlos s’approcha, mais elle recula, secouant la tête. — Ne me touche pas ! cria-t-elle, sa voix brisée par la peur et la confusion.Il s’arrêta, une expression de douleur traversant son visage. — La marque sur ton poignet… elle signifie que tu es l’élue, Susan. Une humaine choisie par le destin pour unir ou détruire nos clans. Ton sang, ton cœur, ils ont un pouvoir que tu ne comprends pas encore. Et Mike le sait. Il t’a approchée pour une raison.Susan sentit ses jambes trembler. Elle repensa aux regards de Mike, à ses mots cryptiques, à la façon dont il semblait toujours savoir plus qu’il ne disait. Était-il vraiment un loup-garou ? Et s’il l’avait manipulée, jouant sur ses sentiments pour elle ? L’idée la poignarda en plein cœur, et une larme coula sur sa joue. — Pourquoi me dis-tu ça maintenant ? demanda-t-elle, sa voix à peine audible. Pourquoi pas avant ?Carlos baissa les yeux, comme s’il portait un fardeau trop lourd. — Parce que je ne voulais pas t’entraîner là-dedans. Mais la pleine lune… elle révèle tout. Et maintenant que tu portes la marque, ils vont venir pour toi. Les autres. Ceux qui ne veulent pas de paix.— Les autres ? répéta-t-elle, terrifiée.Avant qu’il puisse répondre, un craquement retentit dans les bois. Carlos se raidit, ses sens en alerte. Il attrapa Susan par le bras, cette fois sans lui laisser le choix. — Viens. Tout de suite.Ils coururent à travers la forêt, les branches griffant le visage de Susan. Elle peinait à suivre le rythme de Carlos, mais la peur lui donnait des ailes. Un nouveau hurlement, plus proche, déchira la nuit, suivi d’un grognement guttural qui semblait vibrer dans l’air. Susan sentit son cœur s’arrêter. Quelque chose les traquait.Ils débouchèrent dans une clairière, où la lune illuminait un vieux chêne noueux. Carlos s’arrêta, se plaçant devant Susan comme un bouclier. Ses yeux brillaient désormais d’une lueur dorée, et ses muscles semblaient se tendre, comme s’il était prêt à bondir.— Reste derrière moi, ordonna-t-il.Susan, le souffle court, obéit, mais son regard fut attiré par une silhouette qui émergeait des ombres. Grand, élancé, avec des cheveux en désordre, l’homme s’avança lentement. Son cœur manqua un battement lorsqu’elle reconnut Mike Delfino. Mais ce n’était pas le Mike qu’elle connaissait. Ses yeux, habituellement d’un bleu apaisant, scintillaient d’une lueur argentée, et une aura de danger émanait de lui.— Carlos, dit Mike, sa voix grave teintée de mépris. Je t’avais dit de rester loin d’elle.— Et toi, tu crois que tu peux la manipuler ? rétorqua Carlos, ses poings serrés. Elle mérite la vérité, Delfino.Susan, paralysée, les regardait tour à tour. Les deux hommes, face à face, semblaient prêts à s’entretuer. Elle sentit une vague de panique l’envahir.— Arrêtez ! cria-t-elle, s’interposant malgré elle. Arrêtez, tous les deux ! Je ne suis pas un pion dans votre guerre !Mike tourna son regard vers elle, et pendant un instant, elle crut voir une lueur de regret dans ses yeux. — Susan, je voulais te protéger. Tu ne comprends pas ce que tu représentes.— Protéger ? s’écria-t-elle, les larmes coulant librement. Tu m’as menti ! Vous m’avez tous les deux menti !Carlos s’avança, mais Mike leva une main, un grognement sourd montant de sa gorge. — Ne t’approche pas d’elle, Solis.L’air vibrait de tension, et Susan sentit une douleur soudaine dans son poignet, comme si la marque brûlait. Elle étouffa un cri, tombant à genoux. Carlos et Mike se précipitèrent vers elle, mais un nouveau hurlement, plus proche encore, les figea. Des ombres bougèrent dans les arbres, et Susan sentit une terreur viscérale l’envahir.— Ils sont là, murmura Mike, son regard scrutant l’obscurité. — Qui ? demanda Susan, sa voix tremblante.— Les chasseurs, répondit Carlos, ses yeux dorés fixés sur les ombres. Ils veulent ta marque. Ton sang.Avant qu’elle puisse comprendre, une flèche siffla dans l’air, frôlant l’épaule de Carlos. Il grogna, sa silhouette semblant se brouiller sous la lune. Mike attrapa Susan, la tirant derrière le chêne. — Reste ici ! ordonna-t-il.Mais Susan, malgré la peur, refusait d’être passive. Elle se releva, son cœur battant à tout rompre. Elle vit Carlos bondir dans l’obscurité, sa forme changeant, ses membres s’allongeant, ses yeux brillant comme des flammes. Un loup, immense et majestueux, surgit à sa place, son pelage noir luisant sous la lune. Susan étouffa un cri, son monde s’écroulant.Mike, à ses côtés, posa une main sur son épaule. — Je suis désolé, Susan. Je ne voulais pas que tu le découvres comme ça.Elle se tourna vers lui, les larmes brouillant sa vision. — Et toi ? Tu es comme lui ?Il hocha la tête, une douleur profonde dans les yeux. — Oui. Mais je ne suis pas ton ennemi.Un nouveau hurlement déchira la nuit, et Susan sentit son cœur se serrer. Elle était au centre d’une guerre qu’elle n’avait pas choisie, déchirée entre deux hommes – deux loups – dont elle ignorait encore les véritables intentions. Mais une chose était certaine : sous la pleine lune, son destin s’était scellé, et l’amour, aussi magnifique que dangereux, allait la consumer.
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