Fin avril 1915Inespéré, incroyable, ma compagnie est en permission dès demain ! Je ne me comprends pas, je devrais exulter, chanter, que sais-je ? Mais non, je me contente de me répéter que je retourne au pays et que je vais revoir les miens. Ils m’auraient attendu tout ce temps, les lettres d’Anne ne disent rien d’autre ; mon père décline, m’annonce-t-elle. Je me suis promis de ne pas montrer mes notes, je les considère comme un testament, ce sera lu après ma mort peut-être. De plus en plus souvent, je tente d’imaginer la vie des miens après ma disparition. Ces idées sombres, j’ai beau les chasser, elles réapparaissent aussitôt.

