Chapitre 18 : Affirmer la Possession

947 Words
Chapitre 18 : Affirmer la Possession La soirée s’étira dans une atmosphère lourde, tendue. Après le dîner, l’ambiance avait pris une tournure différente, presque palpable, comme si les invités avaient tous senti la tension entre Dante et Marco. La manière dont il avait repoussé Marco, sans un mot de plus, avait suffi à instaurer une nouvelle dynamique. Et j’étais là, au centre de tout, dans une position qui me déstabilisait. Dante ne m’avait pas adressé la parole depuis cet incident, mais son attitude avait changé. Il était plus distant, plus autoritaire, si c’était possible. Il se comportait comme s’il m’avait marquée d’une manière invisible, comme une marque de propriété, et il n’avait pas l’intention de laisser qui que ce soit d’autre se l'approprier, même par un regard. Je pouvais le sentir dans son corps, dans sa manière de s’approcher de moi. Il n’avait pas besoin de mots, il n’avait besoin que de sa présence. Après le dîner, la soirée se poursuivit dans une petite salle à côté du salon, où quelques invités restaient pour discuter affaires autour d’un verre. Dante me fit signe de le suivre, et sans hésiter, je me levai. Il ne me laissa aucune option. Nous étions ensemble, et cela, d'une manière que tout le monde pouvait désormais voir. Il n'y avait plus de place pour l'incertitude. Lorsque nous entrâmes dans la pièce, les conversations se stoppèrent brièvement, puis reprirent, mais un silence s’était installé autour de nous, comme une reconnaissance tacite. Dante était là, et avec lui, je devenais, de manière implicite, l’objet de toutes les attentions. Il s’approcha de moi d’un pas décidé, sa main se posant légèrement dans le bas de mon dos, une simple pression suffisante pour que tous les regards se tournent vers nous. Il me regarda, cette fois-ci sans aucune réserve. Son regard n’était pas un simple échange, c'était une affirmation. Il me voulait là, à ses côtés, et il n'y avait aucune place pour le doute. "Ce soir," dit-il d’une voix qui résonna à travers la pièce, "je vous présente Carmen. Elle est… sous ma protection. Et elle le restera." Les mots étaient simples, mais puissants. Chacun des invités sembla saisir la portée de ce qu’il venait de dire. Il n’avait pas besoin de plus pour établir ce qu’il considérait comme un fait accompli. C’était un territoire marqué, une frontière tracée. Carmen était à lui, dans ce monde, et il n’y avait pas de place pour les questionnements. Je sentis les regards se poser sur moi, certains curieux, d’autres, plus calculateurs, tentant de comprendre ce que cela signifiait. Mais Dante n’attendait pas de réponse, il avait déjà pris position. Il se tourna vers les autres invités, comme s’il n’avait pas besoin de plus d’explications. "Je vous laisse reprendre vos discussions. Mais sachez ceci : tout ce qui se passe ici doit rester dans les limites de ce que nous avons convenu." Son ton était ferme, presque autoritaire. Il n’était pas question de négociation. Il était celui qui fixait les règles, et tout le monde autour de la table savait que cela ne se contestait pas. Alors que la conversation reprenait lentement, je pouvais sentir le poids de l’attention de tous sur moi, un regard collectif qui me marquait, me poussait à réfléchir à la manière dont j’étais perçue à présent. Dante ne m’avait pas seulement revendiquée par ses gestes, il l’avait fait publiquement, devant tout le monde, et il n’y avait pas de retour possible. J’avais l’impression de devenir une partie intégrante de son empire, un symbole de ce qu’il pouvait revendiquer. Mais il n’y avait pas de douceur dans ce geste. Ce n’était pas de l’amour, ni même de l’affection. C’était une démonstration de pouvoir. Dante avait voulu que tout le monde sache que j’étais à lui, et il l’avait fait de la manière la plus directe et la plus évidente possible. Le reste de la soirée se passa dans une sorte de flou, un mélange de silence et de paroles feutrées. Les invités semblaient plus réservés, plus sur leurs gardes. Il n’était plus question de simples échanges d’affaires. Dante avait posé une règle, et ceux qui la comprenaient n’osaient plus remettre en question ce qu’il venait de déclarer. Je ne savais pas vraiment comment réagir à cette situation. Une part de moi se rebellait contre cette démonstration de pouvoir. Mais une autre part, plus faible, acceptait cette nouvelle place dans ce monde complexe et impitoyable. Dante se tourna vers moi à un moment, me prenant doucement par le bras pour m’attirer plus près de lui. "Tu vois," murmura-t-il dans un souffle, "ce n’était pas si difficile, n’est-ce pas ?" Je lui répondis par un sourire nerveux, tentant de ne pas trahir la tempête qui faisait rage en moi. "Non," répondis-je simplement, me sentant à la fois plus proche de lui et plus étrangère à ce monde qu’il avait ouvert devant moi. Alors que la soirée se terminait et que les invités commençaient à se retirer, je restai en retrait, observant Dante échanger quelques derniers mots avec Marco et d’autres partenaires. Les choses avaient changé ce soir. Il m’avait revendiquée, et tout le monde l’avait vu. Une nouvelle étape s’était amorcée dans cette dynamique complexe que j’étais en train de vivre avec lui. Je n’étais plus simplement Carmen. J’étais sa Carmen, et dans ce monde, cela signifiait bien plus que tout ce que j’aurais pu imaginer. La question maintenant était de savoir comment j’allais accepter cette nouvelle identité, et quelle place j’allais vraiment avoir dans cette relation de pouvoir. Mais pour l’instant, tout ce que je pouvais faire, c’était suivre le fil de ce jeu. Et peut-être que, tout comme Dante, j’allais apprendre à y jouer.
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