~LA VILLE DE LILLE~
~MANOIR VEK~
Dans ce manoir, Monsieur Jean VEK vit avec son fils aîné, Aksel VEK. Étrangement, Aksel est jumeau, mais il l'ignore. Jusqu'à ses 29 ans, il ne sait toujours pas qu'il a un frère, et cela est le fruit de la volonté de leur père, Jean VEK.
Jean a grandi dans une famille riche, mais il avait des voisins qui avaient des jumeaux. Cette proximité avec des jumeaux ne lui a pas plu, et il s'était juré de ne jamais avoir à faire avec des jumeaux dans sa propre vie. Cependant, comme on dit, l'homme propose, mais c'est Dieu qui dispose. Il épousa Élisabeth, la femme de sa jeunesse, celle qu'il avait tant aimée. Lors de leur première grossesse, ils étaient tous deux ravis d'accueillir le fruit de leur union. Cependant, à la grande surprise de Jean, Élisabeth accoucha de jumeaux : deux garçons. Jean était furieux ce jour-là contre sa femme, mais son amour pour elle était si fort qu'il ne pouvait envisager de la quitter. Élisabeth, belle et sage, était d'une nature soumise ; elle ne contestait jamais les désirs de son mari et exécutait ses volontés sans hésitation. Pour Jean, Élisabeth était un cadeau précieux qu'il ne pouvait se résoudre à abandonner, convaincu qu'il serait impossible de trouver une femme comme elle dans le monde d'aujourd'hui.
Jean prit alors la décision de séparer leurs enfants. Lorsqu'ils atteindraient cinq ans, il les ferait vivre dans deux villes différentes : Lille et Bruges, la ville natale de ses enfants. Ainsi, Élisabeth resta avec le cadet tandis que Jean s'installait dans son manoir à Lille avec l'aîné, Aksel. Le but du père était que ses enfants ne grandissent pas avec les caprices de jumeaux, et pour lui, les séparer était une bonne option car ils vont vivre comme des gens normaux et non comme des jumeaux, car lui, il n'a jamais aimé l'attitude de ces derniers.
Les deux enfants n'ont jamais eu l'occasion de se rencontrer et ignorent l'existence de l'autre. Leurs parents avaient tout prévu pour dissimuler cette vérité : ils avaient même fait disparaître toutes les photos et informations susceptibles de révéler leur lien.
Cette décision fut difficile pour Élisabeth, mais de nature calme et docile, elle accepta la séparation de son fils aîné qu'elle chérissait tant. Les deux enfants n'ont jamais pu poser de questions sur leur situation ou quand ils osent le faire, leurs parents changent immédiatement le sujet. Chaque année, Élisabeth avait droit à cinq mois avec Aksel, répartis sur des périodes non consécutives choisies par son mari. Les parents échangeaient les enfants sans que l'un ou l'autre ne sache où vivait l'autre parent. Ainsi, Aksel ignorait où se trouvait sa mère et le cadet ne savait non plus où se trouvait son père. L'aîné voyait sa mère quand voulait son père, et le cadet voyait le père,quand ce dernier le voulait. C'était juste lui qui décidait quand qui devrait voir qui et non le contraire.
Monsieur Jean est un homme arrogant, fort de sa richesse et de ses décisions égoïstes. Il agit selon ses propres intérêts, sans se soucier des conséquences pour ses enfants ni sa femme. Il remercie toujours Dieu d'avoir épousé une femme comme Élisabeth. Cependant, son autoritarisme a profondément marqué la vie d'Aksel. Le pauvre jeune homme n'a pas vécu une existence normale ; sa vie était dictée par son père : ses études, ses activités et même ses notes scolaires étaient contrôlées. Aksel n'a jamais eu l'occasion de s'opposer à son père, ce qui a engendré en lui un profond ressentiment.
Malgré leur cohabitation, Aksel n'aime pas son père ; il préfère sa mère. Bien qu'il soit un jeune homme mature et majeur, il reste au fond un grand enfant qui manque d'affection maternelle. Étant le fils préféré de sa mère, il ressent une forte connexion avec elle, mais cette relation est constamment entravée par son père. Lorsque Jean a remarqué l'attachement croissant entre Aksel et Élisabeth, il a décidé de réduire leur temps ensemble.
Il ne voit sa mère que deux fois par an maintenant, et la semaine qui suit, il passe plusieurs mois sans la voir. Ces périodes de séparation, entrecoupées de rencontres sporadiques, n'ont fait qu'aggraver la rancœur qu'Aksel ressent envers son père. Monsieur Jean a même initié son fils à la sexualité alors qu'il n'avait à peine que dix ans, en lui faisant regarder des films pornographiques et en payant des femmes pour qu'il puisse pratiquer avec elles. Il l'a également introduit à l'alcool, tout cela en lui affirmant qu'il devait devenir un bon successeur et un vrai homme. Élisabeth, quant à elle, n'a jamais été au courant de ces agissements, de ce Jean faisait à Aksel ; sinon, elle aurait probablement cessé d'obéir à son mari. Aksel a ainsi été frustré d'avoir été exposé à des choses d'adultes bien trop tôt. Ce manque d'affection maternelle le pousse aujourd'hui à coucher avec n'importe quelle femme, cherchant désespérément à combler un vide affectif en se jetant dans les bras de femmes, même si cela ne dure que quelques heures.
Alors qu'il est déjà presque l'après-midi, Aksel décide de sortir. Il descend de sa chambre, vêtu d'un jean et d'un t-shirt noir, complété par une paire de baskets. En descendant les escaliers, il ne prend même pas la peine de vérifier si son père est encore à la maison. En voulant sortir, il croise son père au salon, qui sirote tranquillement son café mais il ne le calcule pas.
— Où vas-tu, Aksel ? demande son père en levant les yeux de sa tasse.
La voix autoritaire de Jean le stoppe net. Aksel le regarde quelques secondes avant de faire un pas vers la sortie, mais son père l'interrompt encore.
— Je t'ai demandé où tu vas ? répète-t-il sur un ton légèrement élevé.
Pour cette fois, Aksel s'arrête et s'avance vers lui.
— Tu as divorcé de maman ? demande-t-il en le regardant droit dans les yeux, sans peur ni respect.
— Non, répond son père.
— Alors puis-je savoir où vit ma mère ? insiste-t-il.
— Tu sais bien que je ne peux pas te... commence Jean, mais Aksel l'interrompt, conscient que son père ne lui révélera jamais où se trouve sa mère.
— Inutile de continuer, je le savais déjà, dit-il en partant sans que cette fois-ci son père n'essaie de l'arrêter.
Aksel pose ces questions sachant pertinemment que son père n'allait pas lui répondre. C'est une manière pour lui de se libérer l'esprit, car chaque fois qu'il aborde ce sujet, son père esquive la conversation et le laisse faire ce qu'il veut. C'était donc son objectif : ne pas révéler à son père où il allait d'où il a posé ses questions.
Une fois dans sa voiture, il démarre et se dirige vers une boîte de nuit pour retrouver ses amis. C'est tout ce qu'il a à faire en ce moment, car il ne travaille pas, la marchandise n'est pas encore venue.
Son père est un homme d'affaires prospère et Aksel travaille avec lui malgré leur relation tendue.
Après être arrivé à destination, il est 17 heures. Il se sent comme le boss du groupe car il est le plus riche. Ses amis l'attendent déjà. Il descend de sa voiture et s'approche d'eux.
— Ça roule ici ? demande-t-il en les rejoignant.
— Salut Aksel ! Heureux que tu aies amené ta Mercedes. On a une escale qui va t'intéresser, dit l'un de ses amis.
— Et ça signifie quoi ? Ma bagnole a quoi à faire? Je ne comprends pas, répond-il, perplexe.
— Il y a une fête dans un bar à Bruges, c'est à deux heures et demie d'ici. Et tu es un VEK, donc on peut facilement traverser la frontière, surtout avec ta voiture, explique un autre ami.
Dans la famille VEK, leurs véhicules et leurs maisons sont tous connus car leur nom y est mentionné. Un VEK n'a pas de problème pour traverser les frontières, car Monsieur Jean est très en vue dans le milieu des affaires.
Aksel reste calme face à la demande de ses amis. Ils le pressent tant qu'il finit par accepter. Tous montent dans sa voiture en joie tandis que d'autres prennent un autre véhicule qui passera sous la couverture d'Aksel.