«J'ai un côté sombre bien trop prononcé. »
Satis
? : Je ne voulais pas te faire peur.
Je n'arrive pas à répondre, parce que je suis très intimidée.
Avec toute la voix crédible que je peux avoir, je tente d'ouvrir la bouche.
—Vous ne m'avez pas fait peur.
Miracle, je n'ai pas bégayé !!
Il me sourit.
Son sourire est magnifique.
Ce qui m'a le plus étonné en le voyant était son visage.
Il a un très beau visage et de beaux yeux marrons clairs.
Il a les cheveux blonds bouclés qui volent au vent.
Il est surtout grand de taille et porte un costume bleu marine qui lui va à la perfection et qui révèle sa musculature incroyable.
? : Je suppose que tu es la captive de mon frère. Moi c'est Abdénadiel.
- La captive de votre frère? Mais qui est votre frère?
Abdénadiel: Evann.
Je fronce les sourcils.
- Evann?
Abdénadiel: Tu ne connais pas son prénom? Je parle de celui qui t'a ramené ici. Le chef de la mafia latine.
—A..Ah.
J'ai tout à coup pris peur.
Je suis embarquée dans une histoire bien louche.
Abdénadiel: Tu n'as pas à avoir peur de moi. Et tu peux me tutoyer aussi.
Je le jauge du regard.
Abdénadiel: Tu peux au moins me dire ton prénom?
Il me sourit encore.
- Je m'appelle Satis.
Il fronce légèrement les sourcils, l'air songeur.
Abdénadiel: Satis? Quel magnifique prénom. Il te va à la perfection.
L'envie me brulait de lui demander la signification de ce fameux prénom.
Mais ils l'apprenaient, ils me feraient sûrement mal.
Et vous voyez, moi, j'en ai marre d'avoir mal.
Je ne veux pas goutter à la douleur.
Du moins, je ne veux plus.
—Merci.
Abdénadiel: Et ..
? : Qu'est-ce que tu fais là?
La voix de mon ravisseur retentit dans mes oreilles comme un tintement.
Il s'appelle donc Evann.
Lorsque je les vois tous les deux, tout me paraît bizarre.
Ils sont complètement contradictoires.
Abdénadiel a l'air complètement angélique, mais son frère est tout son contraire.
Evann a un air bestial, un air sauvage qui se dégage de lui.
Il ferait peur à n'importe qui à cause de sa carrure démesurée.
Son regard figerait n'importe qui sur place.
Ce qui se dégage de lui me fait frémir.
Ça me fait peur .. parce que je n'ai jamais rencontré un être humain, avec cette chaleur ancrée en lui.
Je baisse les yeux, honteuse de les fixer tous deux autant.
Abdénadiel: Où sont passés tes bonnes manières, petit frère?
Je relève la tête.
Ils ont à peu près la même taille.
Seulement, Evann est plus musclé que son grand frère.
Ça m'étonne même que ce soit Abdénadiel le plus grand.
Evann: Ne commence pas.
Il dérive son regard.
Celui-ci se pose sur moi et me brûle la peau.
Evann: Pourquoi est-ce que tu es sortie?
Je le regarde fixement encore.
Son regard est noir, et j'ai l'impression qu'il est près à moi bondir dessus, tel un lion affamé.
—Je voulais juste prendre l'air.
Evann: Parce qu'il n'y en a pas assez dans ta chambre?
Il se rapproche, et instinctivement, je recule.
Abdénadiel a rencontré sa main sur l'épaule de son frère.
Abdénadiel: Tu lui fais peur. Arrête.
Evann me sourit, froidement.
Evann: Je n'en demande pas moins. Remonte, et tout de suite.
Je n'attends pas qu'il le répète deux fois.
Je cours rapidement et vais dans ma chambre aussi vite que je suis entrée.
Il cherche donc à me faire peur?
Si c'est le cas, c'est bien réussi.
Abdénadiel
—Toujours aussi doux.
Evann: Je sais.
—Evann ..
Il ne répond pas, et plonge son regard vide dans le mien.
Il faut avouer que mon petit frère a bien changé.
—Où est-ce que tu l'as trouvée ?
Evann : Dans un lycée.
—Et pourquoi tu l'as emmenée ici ?
Il souffle.
Evann: Je n'en ai pas la moindre idée. On avait trouvé une fille apte au réseau de p**********n dans son école, du prénom d'Adeline je pense. Après, je voulais qu'on cherche encore. On est allé dans sa classe et je l'ai vue.
Je suis un des seuls à qui Evann échange plus d'une phrase.
Un garçon aussi taciturne n'aime pas gaspiller la salive de sa bouche.
—Elle est d'une grande beauté et d'une finesse exquise.
Il fronce les sourcils, et me regarde dans les yeux comme pour déceler quelque chose.
—Donne-la moi.
Evann : Pourquoi ?
Je passe ma main dans mes cheveux.
—Parce que sans la connaître, elle m'attire déjà. Je la veux juste à côté de moi.
Evann : Elle est déjà avec moi. Et en plus de ça, elle est à moi.
Son regard est devenu possessif.
Comme d'habitude.
Ce n'est pas très étonnant, vu que c'est son caractère. Il aime être propriétaire d'absolument tout.
Il souffle encore.
Evann : Ne t'approche pas d'elle.
Et bien, je suis..étonné ?
Je ris.
Non, pas du tout. Je ne suis pas étonné.
Impossible de prendre à Evann ce qui est à lui.
—Très bien. Je respecte ta décision.
C'est dommage, parce que j'aurais aimé connaître cette fille.
Elle m'intrigue énormément, et son physique encore plus.
Il y avait un manque de confiance énorme qui émanait d'elle.
Elle baissait les yeux à chaque fois, et je me suis surpris à trouver que cela lui conférait un charme énorme.
Pourquoi ce sont celles qui ressemblent à des poireaux qui se sentent les plus belles, et les filles qui ont une magnificence rare qui manquent de confiance en elles ?
J'ai discrètement admiré l'ossature de son corps.
J'ai admiré son long coup, fin.
J'ai surtout admiré son visage.
Ses cheveux courts font ressortir sa beauté.
Ses sourcils sont dessinés à la perfection.
Ses beaux yeux verts pétillaient de peur , mais je pouvais distinguer une infime malice.
Elle a pour tic de les refermer un peu et de regarder sournoisement à travers ses longs cils noirs.
Son nez est fin, et droit.
Sa bouche... sa bouche.. sa bouche.
Pulpeuse, et agréablement dessinée.
Je me surprends à lui trouver de la beauté partout.
Sa taille lui donnait encore plus de charme.
Elle a tout pour être dans mon métier, cette fille.
Evann : Arrête de penser à elle.
Je ris.
—Comment tu le sais ? Et c'est quoi cet intérêt que tu as pour elle ?
Evann : Tu me connais Abdénadiel, même lorsque quelque chose n'a aucune valeur, lorsque je le prends, c'est à moi et rien qu'à moi.
Il a bien raison.
Même les choses de peu de valeur sont inaccessibles une fois dans les mains d'Evann.
Pourtant, j'ai l'impression que cette fille a plus de valeur qu'il pense.
A mes yeux surtout.
Je décline la pensée qu'il puisse ressentir une quelconque chose.
MDR.
Evann n'a pas de sentiment.
Il veut juste que tout soit à lui.
Je reconnais mon petit frère, là.
Evann: Et ton entreprise?
—Ça va. Je suis juste à la recherche d'une égérie. D'une belle fille qui va demander tout ce qui sort de nouveau.
Evann: Ouais. Je vois.
Il faut que je trouve une égérie.
Dans mon entreprise, il y a la fabrication de vêtements, de chaussures et de parfums.
J'ai ma propre marque, qui est d'ailleurs très connue.
J'ai besoin de l'icône parfaite à vrai dire.
Le téléphone d'Evann sonne.
Il s'éloigne.