Après des jours à rouler, nous atteignîmes enfin le village du chauffeur. C’est comme si les villageois ne voyaient presque jamais des véhicules, les enfants couraient après notre voiture et les plus âgés nous regardaient d’un air interrogateur. Au moins ça me rassurerait que nous soyons dans un trou perdu. Hubert n’aura aucune chance de nous retrouver ici me disais-je. Nous arrivâmes dans la maison du chauffeur et il nous présenta une chambre pour moi et Jenna. Mon frère et Yohann devraient dormir dans une autre. Le chauffeur avait une femme et deux enfant, des garçons, ils me rappelèrent mes enfants, tant de temps s’était écoulé sans que je ne les serre dans mes bras. Ils me manquaient tellement.
Nous étions arrivés la nuit, donc nous devrions dormir. Après m’être douché je montai sur le lit. La fatigue de mon corps n’égalait pas celle de mon esprit. J’étais très fatiguée mentalement. Je me mis même à douter. Y arriverons-nous ? Hubert ne nous retrouvera pas ? Est-ce une bonne idée de s’enfuir ? Me demandais-je.
Je pensais à ma vie d’autres fois. Quand je n’avais pas de craintes, j’avais l’impression de vivre un rêve. La liberté est quelque chose de très importante dans la vie. Comment peut-on être heureux sans être libre ? Pourquoi ne puis-je pas retrouver ma vie d’avant ? J’étais terrorisée. Mon cœur battait cent à l’heure. Je demandai à Dieu de m’accorder une dernière chance d’être heureuse. Jenna me sorti de mes pensées.
- À quoi tu penses Ann ? T’as l’air perdu
- Je pense à ma vie
- Tu te fais du mal
- Je pense à mes enfants. Ils croient que je suis une criminelle. Crois tu qu’ils me pardonneront ?
- Ils n’ont je besoin de te pardonner puisque t’es innocente. Arrête de t’inquiéter avec tous ça, tu es libre maintenant
- Libre ? Je ne suis pas libre Jenna, je suis toujours sous l’emprise de mon mari. Dès qu’il remarquera mon évasion, il remuera ciel et terre pour me trouver. Et j’ai peur de tous vous mettre en danger.
- Ann tu n’es pas seule. Arrête de te comporter comme si tu de vrais affronter Hubert toute seule. Ma chérie on est là avec toi, et on combattra ce monstre ensemble. Il a peut-être du pouvoir, beaucoup de pouvoir, mais il n’est pas Dieu, donc il peut être vaincu, il a une faille et on va le trouver. Il n’est pas un être supérieur, il saigne quand on le blesse comme nous tous. On va se venger de ce porc et là tu pourras enfin profiter de la liberté. Mais en attendant que cela se produise tu dois arrêter de tracasser, tes enfants ont besoin de toi vivante et en bonne santé.
- Merci Jenna, tu sais toujours me remonter le moral.
- Comment ils s’appellent ? Tes enfants ?
- La plus grande c’est Tamar et l’autre Teddy. Tamar a 15 ans maintenant, et Teddy 12 ans. Ils sont mon bonheur, je t’assure Jenna si ils n’étaient pas là rien ne m’aurait empêché de retenter d’autres tentatives de suicide.
- Ne pleures pas Ann. Dieu n’abandonne jamais ses enfants, bientôt tu pourras serer tes enfants contre ta poitrine et sentir à nouveau leur chaleur.
- J’aimerais tellement les revoir
- Tamar a utilise les réseaux sociaux ?
- Oui pourquoi ?
- Xxx m’a donné un téléphone pour nous deux, au cas où quelque chose se produit. On peut se connecter et voir lez comptes de ta fille
- Oh mais oui, c’est une excellente idée
Jenna se connecta et tapa le nom de ma fille. Je ne pu retenir mes larmes en voyant les photos de ma fille, il y avait aussi celui de son frère. Tamar avait ma photo sur son profil, et c’était écrit : « estimez vous heureux vous qui pouvez prendre vos mamans dans vos bras, moi je ne le pourrai peut-être plus et ça me fends le cœur. Je l’aime tellement ma petite maman et elle nous manque » dans sa bio. Je pleurai de plus belle en lisant cela. Jenna faisait son possible pour me calmer.
- Tu vois maintenant pourquoi est-ce que tu dois être forte ? C’est pour eux. Maintenant tu sais qu’ils t’attendent, tu dois être forte pour eux. Nous allons vivre des choses effroyables été épuisant physiquement tout comme mentalement. Nous ne devons pas abandonner. Tu n’as le droit d’abandonner. Qui sait ce qu’il fait vivre à vos enfants ?
- Hubert peut se montrer cruel, mais il aime ses enfants.
- Tamar est en ligne, il est déjà tard.
- Envoie-lui un message
- T’es folle ? On ne peut pas faire ça
- Dans ce cas j’ai son numéro, on peut l’appeler juste pour attendre sa voix. Je te jure que je ne parlerai pas. T’as pensé à si Hubert a mis tous les téléphones de la maison sur écoute ?
- Je ne pense pas qu’il ait fait ça. Stp Jenna j’ai besoin d’entendre sa voix. Ça ne sera que quelques minutes et puis Hubert n’est pas au courant de mon évasion.
- Qu’est-ce qui te fais dire ça ?
- Même à la radio ils n’ont pas parlé de l’incendie de la prison, ça veut dire que la directrice a gardé ça pour elle.
- C’est quand même risqué.
- Je sais Jenna, laisses moi entendre la voix de ma fille stp. qui sait si j’aurais encore cette chance ?
- Okay je vais passer l’appel mais 10 secondez seulement
- D’accord
- Donne le numéro
- 08xxxxxxxx
- Okay ça sonne
- Mets sur hautparleur dès qu’elle décroche
- D’accord
- Allô ! Allô oo ! C’est qui à l’appareil
- Oh mon Dieu. Dis-je avant que Jenna n’essaye d’étouffer mon cri.
- T’as vu ce que t’as fait ? On était d’accord pour que tu ne parles pas. Dit-elle en colère après avoir coupé l’appel
- Excuse-moi je n’ai pas pu me retenir. Dis-je en larmes
- Viens là. Dit-elle en me prenant dans ses bras.
Le téléphone se mit à sonner et c’est ma fille qui appelait.
- Qu’est-ce qu’on fait ? Dis-je
- Elle appelle parce qu’elle a compris qui tu étais, je dois casser la carte sim
- Non attends tu peux le faire après que j’ai parlé avec elle
Je décroche l’appel
- Maman ! C’est toi maman !