- T’es un fantôme, t’es un fantôme, t’es un fantôme
- Calme-toi Annie. Me dit-Yohan. Tu risques de réveiller tout le monde
- Je suis belle et bien vivant chère sœur. Viens me toucher.
J’avance, je le touche, et je le prends dans mes bras en pleurant
- Ils avaient tous dit que tu étais mort ! comment est-ce possible ?
- Lors de l’accident mon corps a été projeté hors de la voiture, juste avant que la voiture explose. Un villageois m’a trouvé dans les broussailles et m’a soigné artisanalement dans son village. Quand je me suis réveillé une semaine après, il a voulu m’emmener à l’hôpital le plus proche ; mais j’ai refusé me doutant bien que ton mari aurait pu en finir avec moi.
- Tu es sûr que c’est lui qui est derrière ça ?
- Deux voitures m’ont poursuivi à la sortie de la ville. C’est à cause de ça que j’ai eu cet accident. Qui crois-tu que ça peut être ?
- Quand on m’a annoncé ta mort, je me doutais bien que ce soit lui derrière. Il est allé trop loin Hubert. C’est quoi cet acharnement ! n’a-t-il donc pas de cœur ? pas de sens d’humanisme ?
- Laissons d’abord Hubert. Dit mon frère. Le plus important c’est de te sortir de cette prison.
- Mais je serais une fugitive ! je vais faire les choses bien Jo !
- Ouvre donc les yeux ! tu crois vraiment à une potentielle justice en restant ici ? il faut que tu sortes d’ici. Et en plus, en restant ici tu es à la merci d’Hubert ; il peut même décider de te tuer sans que personne ne sache quoi que soit.
- Tu as raison. Dis-je. Mais sortir d’ici est plus facile à dire qu’à faire. Comment allons-nous procéder ? je vais passer une semaine dans la salle d’isolement.
- Ça faisait partie de notre plan, c’est Yohann qui a placé ce paquet dans tes affaires.
- Ok quel est le plan pour me faire évader ?
- Tu ne dois rien savoir. Dit Yohann. C’est pour ta sécurité.
- Qu’est-ce que je dois faire alors ?
- Soit tranquille et fait-moi confiance. Dit mon frère. on va te sortir d’ici
- J’imagine que Yohann aussi fait partie du plan
- Oui bien-sûr, dit Yohann
- Et tu vas rester ici après le plan soit effectué ?
- Non, je viendrai avec vous. Je connais Yohann depuis le lycée. C’est un ami de longues dates. Il m’a contacté et m’a expliqué ce qui t’es arrivé. Et ne t’inquiètes pas j’ai un plan infaillible pour te sortir d’ici. Quand tout sera prêt, je viendrai te chercher
- Quand cela va-t-il se produire ? dans deux jours ? trois ? demandai-je
- Ne sois pas impatiente. Me dit Yohann
- T’inquiètes, c’est juste que cette salle est très effrayante.
Mon frère et son ami s’en allèrent, tandis que moi je retournai dans cette salle horrible. Juste une année passée dans cette prison, la possibilité d’être à nouveau libre me semblait être presqu’un rêve. Je priai et demandai à Dieu de nous aider à sortir ; je demandai à Dieu de me rendre libre. Mais en sortant de la prison, nous serons poursuivis, me dis-je. Serait-elle vraiment de la liberté ? Me demandai-je. Et si les policiers nous attrapaient, que ferions-nous ? J’avais l’impression que peu importe ce que je ferai, Hubert sera toujours gagnant. Je me demandai si un jour je pourrai établir la vérité sur la mort de George et mettre Hubert en prison. Je me demandai aussi s’il pouvait dormir en paix tout avec la conscience lourde. Tuer son meilleur ami et envoyer une innocente en prison. Il y a vraiment des monstres sur terre. Je ne me plaindrai plus, me dis-je. Je me vengerai d’Hubert. Il regrettera d’avoir posé les yeux sur moi. Dès que je sortirai d’ici, je serai une toute autre Ann, forte et déterminée, sûre d’elle et très confiante. Je vais remuer ciel et terre pour trouver des preuves l’incriminant. Et si jusque-là, la justice ne fait rien, je m’en occuperai moi-même. Cette fois-là j’aurai une bonne raison d’être en prison.
J’étais encore dans mes pensées quand j’entendis des cris. J’eus peur, je m’approchai de la porte pour essayer d’entendre quelque chose de concrète. Je n’entendis que des cris ; quelques minutes après, j’ai sentis comme de la fumée, je paniquai et me mis à taper sur la porte tout en criant. La prison prenait feu et j’étais enfermée.
- Ouvrez-moi !! ouvrez-moi s’il vous plaît !!
Je sentis la fumée dans mes poumons, je toussai, ça devenait insoutenable. Je commençai à avoir des vertiges et je m’écroulai. J’entendis la porte s’ouvrir et mon frère qui m’appelait de toutes ses forces, mais c’était comme si je l’entendais de loin ; il s’approcha de moi, me souleva et je m’évanouis dans ses bras.
Dans les cellules, ce fut la pagaille, les gardiens étaient obligés d’ouvrir aux détenues, sinon elles mourraient carbonisées, les détenues libérées s’enfouillaient, les moins rapides se faisaient capturer.
Par la grâce de Dieu, nous pûmes sortir de la prison, les garçons avaient pris soins d’emmener aussi Jena ; il y avait une voiture qui nous attendait à quelques pats de la prison. Mon frère et son ami avaient tout prévu.
Quand je me réveillai, nous étions sur l’autoroute et très loin de la prison. Je sentis un poids sur mes mains, et je vus des bandages.
- Qu’est-ce que c’est ? dis-je en montrant mes mains
- Tu t’es brûlée hier. Dit mon frère. heureusement que la blessure est superficielle.
- C’est vous qui avez créé l’incendie ? demandai-je
- Oui ! dit Yohann
- Mais vous êtes fous ! on est des meurtriers maintenant
- Ne t’inquiètes pas, on a pensé à tout ça avant d’agir, personne n’est morte ou n’a des blessures graves, on a pris toutes les précautions.
- Tu es sûr !
- Oui, ma sœur, arrête de t’inquiéter ; on a maintenant un long chemin à faire.
- Oui je sais. Les choses sérieuses peuvent commencer
- Ça va aller Ann
- Jena ! oh ! je n’ai pas remarqué que tu étais là ! comment tu vas ?
- Ça va, il n’y a que toi qui es blessé, alors tu dois reposer ;
- Je vais bien.
- Je suis sérieuse, il te faut beaucoup de repos.
- Oui chef ! et c’est qui le chauffeur ?
- Quelqu’un de confiance. Dit mon frère
- On va dans sa maison, dans son petit village ; crois-moi ton ex-mari ne viendra te chercher là-bas.
- Nous devrons mettre au point un plan pour ruiner la campagne électorale de votre ex-mari
- Comment ça ?
- Il est candidat aux élections présidentielles
- Ça ne m’étonne pas ! ç’a toujours été son rêve. S’il y arrive, on ne pourra plus rien faire.
- C’est pourquoi nous devons faire vite.
- Vous pensez que la police n’est pas à nos trousses ?
- Laisses-moi m’en occuper ; comme a dit Jena, repose-toi, t’as ingéré une quantité considérable de la fumée, et tes blessures quoi que superficielles ne sont pas moindres. Elles peuvent s’infecter, repose-toi d’abord le temps qu’on arrive au village de Jacques (le chauffeur) où tu pourras te faire soigner. Nous avons encore des kilomètres à parcourir. Le village de Jacques se trouve à 60 km d’ici. Donc on court derrière le temps, plus on s’éloigne plus on peut les échapper ; tout n’est pas encore fait.
- Et s’il faut acheter du carburant ?
- On a tout prévu : le carburant, l’eau à boire et les vivres.
- Que Dieu nous vienne en aide.
Dans la prison
- Comment cet incendie a-t-il pu avoir lieu ? à quoi vous servez ? qu’est-ce que je veux faire maintenant, comment vais-je expliquer ça Mr Hubert. Sa prisonnière s’est enfouit ! c’est ma mort que vous voulez ? b***e d’incapables ! trouvez-moi vite qui est derrière tout ça. et toi ! emmène-moi mon téléphone !
- Madame, je crois Yohann est derrière tout ça, il n’est pas là ! et certaines détenues témoignent l’avoir vu hier soir avec Jena et un autre homme ayant Ann dans les bras.
- Comment cet homme a pu entrer ici, sans qu’on le remarque !
- Il a dû se camoufler sous l’uniforme des gardiens
- Vous êtes des incapables ! je serai blâmée, cette femme devrait pourrir ici en prison. Vous l’avez laissé s’échapper, j’espère que vous prendrez votre responsabilité dans cette affaire devant Monsieur Hubert.
- Mais Madame, on a rien avoir dans tout ça ! on n’était pas au courant tout comme vous, pourquoi vous voulez nous faire porter le chapeau.
- C’est vous qui avez fait entrer cet homme. Et vous étiez amis avec Yohann, c’était votre collègue, je suis sûre que vous étiez tous des mèches. Je vais vous faire couper la langue. Comment un homme peut entrer et se faire passer pour un soldat sans que vous ne soupçonniez quoi que ce soit. Ne me prenez pas pour idiote.
- Eeeh Madame on était au courant de rien. Yohann a du tout préparé. On est innocent
- Fermez-là ! et moi je risque de perdre mon travail à cause de vous.
- Madame votre téléphone sonne
- Qui appelle ?
- C’est Monsieur Hubert.
- Seigneur donne-moi la force.
Au téléphone
- Allô Monsieur Hubert, comment vous allez ?
- Comment je vais ? qu’est-ce que je vois à la télé ! un incendie ?
- Oui Monsieur, c’est à cause de l’électricité. Mais nous nous remettons de cette tragédie ; heureusement qu’il n’y a pas d’énormes dommages.
- Et Ann !
- Elle a eu des brûlures et est en ce moment même dans l’infirmerie.
- Ah heureusement, par ce que les journalistes ont dit que certaines détenues s’étaient évadées.
- Oui mais j’ai toujours l’œil sur Ann, elle n’aurait jamais pu s’évader.
- D’accord, je t’envoie demain ta prime du mois
- Merci Monsieur, vous êtes si généreux
- Oh ! je traite bien les gens qui font du bon travail. Bon ! à demain
- A demain Monsieur
Fin de l’appel téléphonique
La directrice s’adressant aux gardes :
- Nous avons une seconde chance. Vous devez tout faire pour retrouver Ann sinon on va tous mourir ; et à des conditions affreuses, croyez-moi je l’ai déjà vu à l’œuvre.
- S’ils ont pris une voiture ils doivent être très loin d’ici, et on ne sait même pas quelle direction suivre.
- C’est ça soit la mort ; et si l’idée vous prend de vous enfouir, il n’y a aucun endroit sur terre où vous pouvez vous cachez sans qu’il ne vous retrouve. Préparez une équipe et poursuivez-la, notre survie en dépends.
Les gardiens se subdivisèrent en plusieurs groupes pour nous retrouver ; mais nous étions déjà très loin ils n’avaient aucune chance. Les quelques rares fois que nous nous arrêtâmes c’était pour faire le plein et pas dans une station, nous avions tout un réservoir. Faut dire que la chance était de notre côté.
Après avoir erré pendant des jours, les gardiens furent désespérés, ils savaient que c’était peine perdu d’essayer de nous retrouver. Ils n’eurent d’autres choix que de rentrer. Arrivés à la prison centrale, la directrice les attendait de pieds fermes, avec espoir qu’ils rentreraient avec sa prisonnière. Quel fut sa colère et déception de s’apercevoir que les gardiens rentraient mains vides.
- Vous vous foutez de moi ? dit la directrice. Qu’êtes-vous venus faire ici ? vous rentrez tranquillement, bras branlants !! où est Ann ?
- Madame nous sommes désolés mais n’avons rien pu faire ? répondit un garde
- Rien pu faire ? vous êtes partis il y a seulement une semaine ! une semaine ! qu’allons-nous faire à présent ?
- Madame vous devez engager des gens qualifiés pour la traquer. C’est sûr qu’elle a été aidée par des professionnels, nous aussi nous devons engager des professionnels.
- Et ces professionnels, c’est toi qui va les payer peut-être ?
- Madame !
- Quoi encore ?
- Monsieur Hubert est là ! il veut vous voir ; il est en compagnie de son avocat, il est venu faire signer les papiers du divorce à Ann.