Chapitre 3

3562 Words
Je me réveillai à l’infirmerie de la prison, j’étais tellement fatiguée et j’avais l’impression qu’on avait déposé deux gros marteaux sur mes bras. J’ouvris les yeux et je vis Jena au bord du lit. Elle sursauta, quand elle sentit mon pied bouger. - Dieu soit loué ! tu t’es réveillé ! cria-t-elle. Ne bouge pas je vais appeler le médecin. Quelques minutes plus tard, un homme vêtu d’une blouse blanche, entra dans la pièce. Il m’ausculta. - Comment vous sentez-vous ? dit le médecin. - Très lourde. Répondis-je en bougeant à peine les lèvres. - Pouvez-vous soulever votre main gauche ? Je la soulève difficilement. - C’est bien ! vous avez juste besoin de beaucoup de repos - Merci Docteur. Dit Jenna. Je vais m’en occuper - Oui et il ne faut surtout pas la laisser toute seul. Elle pourra retourner dans sa chambre d’ici une semaine. Tout dépendra de comment son organisme répondra aux médicaments. Mais ce qui est sûr, le pire est passé - Que Dieu soit loué ! - Et espérons que ça ne se reproduira plus, elle n’aura pas peut-être la même chance la prochaine fois - C’est d’accord Docteur Le Docteur sort. - Qu’est-ce qui t’a pris Annie ? - Je voulais juste en finir - Et tes enfants ? Tu ne crois pas qu’ils ne méritent pas ça - Je ne sais pas si je vais les revoir ! ils vont m’oublier, mon mari fera tout pour - Arrête ! tu crois que t’es la seule qui soit dans une telle situation - Je sais que ton histoire non plus n’est pas facile, mais excuse-moi de ne pas avoir autant de force que toi - Il y a des moments où être forte reste la seule option - Je n’y arriverai pas Jenna, je n’y arriverai pas. - Tu vas y arriver. Crois-moi beaucoup font une dépression en venant en prison, mais tu verras, tu vas apprendre à éradiquer ta douleur, surtout toi qui es innocente. Je ne dis pas que ça sera facile, mais je vais t’accompagner dans ce long chemin si tu le veux bien - J’aimerai, mais mon destin est scellé. Mon mari m’a tout pris - Arrête de l’appeler ton mari. Il ne le mérite pas - Je n’aurai jamais cru que ça m’arriverais. Si je dois rester vivre ici, je dois m’accrocher sur quelque chose qui peut me donner de l’espoir. Mais quoi ? - Dit-toi que Dieu s’occupera de lui. Même en grandissant tes enfants se souviendront de toi, ils chercheront à savoir ce qui t’es arrivé, rien ne peut rompre le lien entre une mère et ses enfants, peu importe ce que pourra faire cet homme, il ne pourra jamais changer cela. - Ouais tu as raison. - Et aussi quoi qu’on fasse dans ce monde on finit toujours par passer à la caisse pour payer ce qu’on doit - Merci de me réconforter Jenna, tu me rappelle ma petite sœur. Je me demande même comment ils vont. Comment père va, il était un peu souffrant. - Espérons que ton mari ne leur fasse pas la misère - Je l’espère aussi Une semaine s’écoula, pendant tout le temps passé à l’infirmerie, il ne se passa pas un seul instant sans que Jenna ne soit avec moi, je me demandai même qui est la grande sœur de nous deux. Une fille tellement charmante, je me demandais pourquoi la vie a-t-elle était si dur avec elle. En une semaine passée à l’hôpital, je n’avais plus envie de me suicider, je voulais vivre et espérer qu’un jour je pourrai regarder Hubert se faire embarquer par la police pour purger une peine pour le meurtre de George. Que pouvais-je faire d’autre ? A part espérer. Espérer qu’une justice divine s’opère. Parce que c’était sans compter sur la justice du pays. Pourquoi les gens ne peuvent-t-ils pas faire correctement leur travail ? Qu’est-ce qui leur manque pour faire régner la justice ? Condamner des innocents sans preuves. Je ne pouvais qu’espérer que Dieu fasse quelque chose. - Allez ! c’est l’heure de rentrer dans notre cellule, on ne viendra ici que pour changer tes bandages jusqu’à ce que tes plaies cicatrisent. Dit Jenna. - Oui allons-y. répondis-je. - Tu te rends compte de la chance que tu as eue ? ça ne viendra peut-être pas deux fois. Si je ne m’étais réveillée cette nuit-là, tu serais morte aujourd’hui. - Je comprends Jenna, crois-moi je ne le referai plus - Je te crois, mais je vais quand-même garder un œil sur toi - Alors c’est ici que se cache la suicidaire ! dit la directrice en entrant. - Le docteur nous a permis de rentrer dans notre cellule, elle va mieux maintenant grâce à Dieu. Dit Jenna. - Eh bien, comme elle va mieux, elle peut toute de suite se mettre aux corvées de la prison, je viens des toilettes et elles sont dans un état affreux. Dit la directrice - Je suis désolé de vous décevoir. Dit le Docteur en entrant. Elle n’a pas encore assez de force pour faire des corvées. - Vous la chouchoutez beaucoup trop, ce n’est qu’une criminelle. - Je ne fais que mon travail madame la directrice. Et si j’apprends que vous l’avez forcé à faire quoi que ce soit, j’irai me plaindre auprès d’associations des droits de l’homme. - Inutile de vous emporter Docteur, elle peut récupérer toutes ses forces. - Eh bien je suis ravi. Dit le Docteur avant que la directrice s’en aille. Je viendrai changer vos bandages tous les jours Annie, si on vous maltraite de n’importe quelle manière, faites-le moi savoir. - Merci Docteur. Que Dieu vous bénisse et vous rende tous vos bienfaits. Répondis-je. - Oh ne vous en faites pas, je ne fais que mon travail. Je n’arrive pas à comprendre comment l’être humain peut être aussi inhumain. Qui plus est une femme, censée porter la vie. Pour un peu d’argent tu acceptes de maltraiter un autre être humain. - Oh Docteur il y a des gens qui n’ont aucun sens d’immunité, ils pensent qu’ils sont au-dessus des autres parce qu’ils ont de l’argent, du pouvoir, des connaissances. Dit Jenna. C’est vraiment pitoyable, au point où on en est plus rien ne m’étonne. Nous vivons comme dans une jungle, et c’est la loi du plus fort qui règne. Dans ce cas, pourquoi avoir une loi si elle n’est appliquée que pour certaines personnes et que d’autres personnes en sont exempté ? et ces gens sont les premiers à crier : « nul n’est au-dessus de la loi ». - C’est la triste réalité. Dit le Docteur. J’écoutai la discussion entre Jenna et le Docteur, je n’eus pas d’avis à donner, je me forçai de ne plus penser aux réalités qui étaient les miennes, je me dis que je m’étais beaucoup plainte, que je devrais accepter ces réalités, qui étaient miennes désormais. Je décidai de m’abandonner à Dieu, à mon destin. Je décidai de ne plus m’apitoyer sur mon sort. Hubert en m’envoya en prison, il voulait me détruire, me briser, me faire perdre goût à la vie ; eh bien je n’allais pas lui donner ce plaisir. Jenna m’accompagna dans notre cellule, j’avais besoin de me reposer un peu mais j’avais aussi hâte de retrouver toutes mes forces. Les autres détenues étaient furieuses du fait que je sois dispensée des corvées. - La reine d’Angleterre est arrivée ! - Trycida il faut toujours qu’on remarque ta présence ! dit Jenna - Et toi, t’es devenue la domestique de cette femme. Tu l’aides à marcher, tu fais sa lessive, tu l’aides à manger et tu essuies ses fesses quand elle va aux toilettes, excuse-moi, mais à ce niveau c’est carrément de l’esclavage (Tout le monde s’esclaffe) - Si pour ton cerveau de moineau, rendre service à quelqu’un c’est forcément de l’asservissement, t’es encore plus stupide que je ne le pensais - Ouuuuuuuuhhhh !! font les autres détenues - Ce n’est qu’une grosse p**e alors arrête de la traiter comme une reine - Oh je ne savais que tu t’étais transformée en la vierge Marie. - Un de ce jour je vais te casser la gueule - J’aimerai bien voir ça - Bagarre ! bagarre ! bagarre ! bagarre ! criaient les autres détenues Jenna m’aida à aller sur le lit, et se dirigea vers Trycida malgré toutes mes supplications. Jenna poussa violemment Trycida et celle-ci répliqua avec un coup de poing, Jenna fit pareil et les deux s’enlacèrent violemment, se tirant les vêtements ou les cheveux sous les acclamations des autres détenues. Les gardes entrèrent et les séparèrent, mais Trycida eu le temps de glisser un couteau du côté de Jenna. - Elle a voulu me poignarder Monsieur l’Agent ! cria Trycida - C’est complètement faux, ce n’est pas à moi ce couteau. Répliqua Jenna - Tais-toi, tu connais la sentence pour ce genre des cas, nous savons que tu as une relation très particulière avec les couteaux, tu vas passer une semaine à la salle d’isolement. - C’est injuste, il ne m’appartient pas ce couteau. Supplia Jenna Malgré les supplications de Jenna, les gardes l’emmenèrent à la salle d’isolement, pendant que Trycida faisait des grimaces pour montrer sa victoire à Jenna. Il était tard, et les gardes verrouillèrent les cellules. Nous étions voisines des cellules avec Tycida, elle ne manqua pas un seul instant pour me narguer. - Alors la suicidaire, t’es inquiètes pour ta copine ? on ne la verra pas avant une semaine. Dit Trycida - C’est à cause de toi qu’elle est à la salle d’isolement, j’imagine que t’es contente de toi. Tu es tellement mauvaise. Dis-je - Ooohh ! je suis aux anges. Maintenant que ta super héroïne n’est plus là pour te protéger, je vais me faire le plaisir de te faire vivre un enfer sur terre. - Pourquoi tu me hais autant ! je ne t’ai jamais rien fait de mal. - Tu es avec ma pire ennemi, c’est largement suffisant. Et pout ton info c’est moi qui fait la loi ici, donc si tu m’obéis, tu vivras en paix. Tu dois juste faire tout ce que je te dis de faire ; t’as compris ? - Si tu veux me tuer, fais-le, tu veux m’envoyer à la salle d’isolement, fais-le, je n’ai plus rien à perdre, je ne suis qu’une épave. Mais ne t’entends pas à ce que je sois ton larbin, ça jamais ! - T’es vraiment une épave comme tu l’as si bien dit, tu fais pitié. Ahhahaha !!! Rit-elle - En fait c’est toi qui fait pitié, tu t’obliges à être méchante avec les autres pour avoir un peu de l’intérêt ; regardes-les ! Elles en ont rien à foutre de toi, personne ne t’aime, tu n’as pas d’amis, tu es seule au monde. Regarde la vérité en face ! dès que tu montreras un peu de faiblesse, elles se jetteront toutes sur toi. - Tais-toi sale g***e ! Cria-t-elle à réveiller un mort. Le lendemain matin je me réveillai, je pris une douche et me dirigeai à la cantine. La nourriture n’était pas terrible. Je me servis, et choisis un banc vide pour prendre mon petit déjeuner. Trycida et ses copines vinrent à ma direction. Dès qu’elle fit à mon niveau elle renversa son thé brûlant sur moi, je sursautai et avant qu’elle ne s’éloigne j’ai pris ma tasse de café qui était bien trop chaude et la renversai sur son visage. Elle cria, ses copines allaient me toucher quand les gardes s’approchèrent. - Trycida encore toi ! s’exclama un garde - Vous êtes aveugles ou quoi ? dit-elle en pleurant. Cette vielle folle vient de me bruler les yeux. - Eh bien tu l’as mérité ! j’ai bien vu comment tu as versé ton thé sur elle. Honteuse, elle s’en alla suivi de ses copines. Le garde qui m’avait défendu pris ma tasse et alla me prendre du café. Je trouvai son geste si chaleureux. Quand il revint avec la tasse de café, il s’assit en face de moi. - Tu es encore très faible, tu ne devrais pas t’adonner à des combats corps à corps - C’est elle qui m’a cherché. Dis-je en rougissant du fait qu’il savait que j’avais tenté un suicide. - Je ne te juge pas. Je pense qu’il doit y avoir une raison importante pour en arriver là. - T’inquiètes ce n’est pas grave. - Moi c’est Yohann. Et toi ? - Annie. Mais je suis sûre que tu le sais déjà. - (Sourire) - Tout le monde m’appelle la suicidaire - Ne t’occupe pas de ce que les autres disent de toi. - Je ne fais pas attention à ça, ils peuvent m’appeler comme bon les semble je m’enfiche - Moi je pense que tu es une chouette femme, je sais reconnaître un criminel quand j’en vois un, et toi tu n’es pas du tout un criminel ; je me demande juste comment t’as pu te retrouver ici. - J’ai fait des mauvais choix dans la vie ; en voilà les résultats. - Dernier conseil : soit loin de Trycida et compagnie - Pourquoi ? elle ne me fait pas peur - Tu devrais avoir peur d’elle, crois-moi. Sur ce, je te laisse ; tout le monde nous regarde déjà comme si je te draguais. - Ahhhahahhaha ! Je ne me rendis même pas compte que j’étais en train de sourire, c’est un jeune homme tellement charmant, et tellement gentil. Rire c’est thérapeutique. Là j’ai pu prendre mon petit déjeuner aisément. Après une année passée en prison, rien n’avait changé mise à part que les autres détenues en prison me craignaient à cause de ce que j’avais fait à Trycida. Mes journées en prison n’étaient pas mauvaises que ça. Je passai mon temps à lire dans la petite bibliothèque de la prison. Les journées en prison étaient très mouvementées, il y avait des bagarres, disputes, tous les jours. Elles ne se fatiguaient pas. Malgré que les autres me craignaient, je me fis toute petite. La Directrice fit tellement des manigances pour me nuire, mais elle n’eut pas ce plaisir, elle dû abandonner l’idée de me mener la vie dure. Je ne dis pas qu’on était devenu copines, elle me détestait toujours mais au moins là je pouvais me réveiller et dormir en paix sans qu’elle ne me cherche des noises. Une année en prison, mes enfants me manquaient énormément. Ma famille me manquait énormément. Je me demandai comment ils allaient, est-ce que papa avait vaincu la maladie ? Comment s’était passé les obsèques de Jonathan ? Mes enfants m’avaient-t-ils cherché ? Qu’est-ce qu’Hubert les avaient-ils dit ? Depuis mon incarcération je n’avais reçu aucune nouvelle de ma famille ; après un mois d’incarcération Hubert envoya son avocat me faire signer les papiers du divorce. Je ne tremblai pas une seule seconde, je les signai directement. C’était beaucoup plus un soulagement pour moi. Pendant ces mois passés en prison, je faisais l’effort d’être heureuse, d’étouffer la douleur qui était toujours présente, de voir le bon côté des choses. Je me disais qu’être vivante, il y a fortement une raison. J’étais dans mes pensées à la bibliothèque quand Jenna vint s’asseoir auprès de moi. Nous étions devenues plus que des simples amies, nous étions devenues des sœurs. - Eeeh ! à quoi tu penses ? - A rien - Hum ! tu étais perdue dans tes pensées et tu ne pensais à rien ! - Ma famille me manque Jena, j’aimerai ne fusse que savoir comment ils vont ? Surtout mon père ! il était malade quand j’ai été incarcérée. - Arrête de t’inquiéter, je te l’ai dit des millions de fois. Tu n’en sais rien, peut-être que les membres de ta famille se démêlent pour avoir de tes nouvelles. - Oh tu fais toujours tout pour me remonter le moral. Mais je crois que là j’ai le droit d’être triste. - Je ne vais pas te laisser t’apitoyer sur ton sort. C’est comme ça que débute une dépression. - Aaahhahahahahh !!! Très drôle ! J’ai promis de ne plus retomber. - T’inquiète ! Je te fais confiance - Toutes les autres détenues sont appelées dans leurs cellules, il y a une fouille. Dit une gardienne. - On arrive. Répondit Jenna - Qu’est-ce qu’il y a encore ! dis-je - Allons-y voir ! dit Jenna On alla dans la cours des cellules, il y avait plein de gardes et toutes les autres détenues. - Nous avons été mis au courant de source sûre, qu’une détenue dans cette prison cache des stupéfiants. Dit la Directrice. Je ne tolérerai pas ces genres de comportements ; je vais m’assurer que la coupable passe un long séjour dans la salle d’isolement, et quand elle en ressortira, elle ne touchera plus jamais aux stupéfiants. Les gardes fouillaient partout, quand vint notre tour, une garde souleva mon lit et vit des sachets contenant une poudre blanche. J’étais étonnée et tétanisée. - Madame ! je crois que j’ai trouvé. Cria cette garde - Que vois-je là ! où l’as-tu trouvé ? demanda la directrice - Sous le lit d’Annie. Répondit-elle - Alors comme ça Madame est remplie des vices ! en plus d’être une suicidaire, t’es aussi une droguée ! dit la directrice. Emmenez-la au trou ! - Attendez Madame ! dit Jenna, ça ne lui appartient pas, c’est moi qui ai mis cette d****e sous son lit - Tu veux vraiment me faire croire ça ! - Non Jenna, inutile de prendre ma défense ; j’ai déjà abandonné ma vie à Dieu, j’y vais peu importe ce qui va m’arriver là-bas - Non Annie, tu ne vas pas y survivre. - Assez discuter ! emmenez-là ! tonna la directrice Les gardes m’emmenèrent dans une salle obscure, il n’y avait pas une moindre lumière. J’ai dormis à même le sol, pleurant, priant Dieu de me libérer de ce monde. Tous les événements depuis la mort de George défilèrent dans ma tête. Ça ne faisait que quelques minutes depuis que j’étais dans cette salle que j’avais déjà l’impression de devenir folle. Je me demandai comment les autres supportaient de faire deux semaines. Après avoir passé une ou deux heures du temps dans « le trou noir », la porte s’ouvrit et je vis Yohann. Je me levai en pleurs, il me demanda de sortir, je ne comprenais toujours pas quand en sortant je vis un fantôme. - Non je rêve !! non non non non !!!! je suis en train de rêver. Tu es mort !! tu es mort ! Yohann tu vois cette personne, c’est un fantôme.
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